Gaz. hebd., 1877, n" 20 et
3. Mort subite dans la fièvre typhoïde. — Dewèvre, Arch de «tfoct. 1887.
MALADIES typhoïdes. 165
et réclamait à manger, la convalescence s'annonçait % lorsque tout à coup, sans angoisse et sans avertissement, le malade devient d'une extrême pâleur, il est pris de quelques mouvements convulsifs et il meurt, la scène entière ayant duré [moins de temps qu'il n'en faut pour la raconter. La mort est évidemment due à une syncope, mais comment expliquer cette syncope? J'en avais demandé l'explication à la physiologie. Il ne m'avait pas été difficile de réunir bon nombre d'observations où la mort subite, en dehms de la fièvre typhoïde^ est due à des circonstances en apparence insignifiantes : ingestion d'eau glacée, cautérisation ammoniacale du pharynx, appHcations de caustique, etc. On sait, d'autre part, que les corps étrangers de l'intestin, lombrics, noyaux de fruits, etc., provoquent volontiers des convulsions épileptiformes*, quelquefois suivies de syncope et de mort. Aussi, me basant d'un côté sur les faits cHniques, de l'autre sur les expériences de Brown-Séquard, de Goltz, qui démontrent l'excitabifité spéciale de l'intestin et le mécanisme des syncopes consécutives aux excitations intestinales, j'avais avancé la théorie suivante : La syncope de la fièvre typhoïde est due en partie à une action réflexe ayant son point de départ dans l'intestin malade; l'excitation est transmise par les filets centripètes du grand sympathique jusqu'aux cellules de la moelle et du bulbe, et produit sur les noyaux du pneumogastrique (nœud vital) une véritable action sidérante.
1, Sur trente-quatre observations, la mort subite est ainsi répartie :
2 cas de mort au 17* jour.
2. Nous avons observé, avec Krisbaber, un enfant de onze ans qui avait avalé des noyaux de prune : il fut pris de convulsions et mourut. A l'autopsie, nous avons trouvé les noyaux accumulés dans la dernière partie de l'iléon.
164 KAUDIES GÉNÉRALES ET IMFEGTIBIISBS.
M. Ilayem 8*est faille défenseur d'une théorie qui attribue la mort subite aux altérations du muscle cardiaqv qu'on rencontre dans la fièvre typhoïde comme dam h plupart des fièvres graves. Cette théorie est séduisute, car elle parait basée sur l'anatomie pathologique; maisfl l'on admet que la mort subite est due à la dégéok» cence cardiaque, on doit retrouver cette dégënéreseenee dans tous les cas de mort subite; or il n'en est rieii elle fait souvent défaut : dans sept cas qui ont été proque tous publiés (Laveran, Bussard, Malasseï, Mjerio^i l'examen bistologique n'a pas révélé d'altérations cardiaques. Donc, si la mort subite a pu se passer sept fois d'uM altération du cœur, c'est ailleurs qu'il faut rechercha la causes qui la provoquent. La mort subite par syncofe n'est donc pas l'aboutissant de la forme dite cardiaqu; ainsi que je l'ai déjà dit, elle est autre chose.
Diagnostic. — Tous les états typhoïdes peuvent àmuler la fièvre typhoïde, jusqu'à cet état provoqué pirb lombricose sur laquelle Chauffard vient de nouveau d'attirer l'attention, au sujet d'un jeune garçon» ayant Itt apparences de la fièvre typhoïde, et en réalité guérissari après avoir rendu 39 lombrics*.
Le diagnostic de la fièvre typhoïde livré aux secoon seuls de la clinique est souvent fort difficile ; les cas exceptionnels débutant par une angine, par un catarrhe gastrique, par une pneumonie lobaire, par des accès inta^ mittents, sont bien faits pour dérouter le clinicien; oa peut en dire autant des formes légères et des fonna ataxiques à délire précoce simulant la méningite on II manie aiguë. D'après Wunderlich, toute maladie daitt laquelle la température n'a pas atteint 40 degrés le sov du quatrième jour n'est pas une fièvre typhoïde» M toute maladie dans laquelle la température atteint 40 de*