Société de biologie. Séance du 26 décembre
â. Chaunard. Lombricose à tonne typhoïde. La semaine métÊitiA, 1S95, p. 505; Caramayer. Cescarides lombricoïdes dans la fièn* typhofde. La Presse médicale^ 1896,p. 64.
I MALADIES typhoïdes. i85
g grés dès le premier jour n'est pas une fièvre typhoïde : I cette deuxième proposition n'est pas acceptable, et la I première est sujette à beaucoup d'exceptions. La grippe, I la méningite cérébrale, la méningite cérébro-spinale, , l'endocardite infectieuse, la tuberculisation aiguë sont les . maladies qui peuvent simuler le mieux la fièvre typhoïde. , Qui de nous, soit dans sa carrière hospitalière, soit auprès des malades confiés en ville à nos soins, qui de nous ne s'est trouvé plusieurs fois en face de ces situations pénibles, où il nous était impossible de savoir si les malades en question avaient ou n'avaient pas la fièvre typhoïde? Yoici, par exemple, un jeune garçon de vingt ans : il a été pris, il y a quelques jours, de fièvre, de céphalalgie violente, de vomissements; il tousse. L'auscultation de la poitrine, décèle des râles sibilants disséminés, la température atteint le soir 40 degrés; il n'y a point de diarrhée; l'insomnie est persistante, et on se demande avec anxiété si on se trouve en face d'une fièvre typhoïde, maladie le plus souvent curable, ou en face d'une granulie commençante, maladie presque fatalement mortelle. Sur quoi baser le diagnostic; est-ce sur la courbe de la température? Mais elle est loin de suivre, dans l'un et l'autre cas, le schéma classique que nous lui connaissons. Est-ce sur l'apparition des taches lenticulaires? Mais elles n'ont pas encore apparu, et elles ne paraîtront peut-être pas. Et cependant, les râles se généralisent, la dyspnée apparaît, tout fait redouter la granulie, les jours se succèdent, et le diagnostic reste toujours indécis.
Pour nous aider dans ce diagnostic, la bactériologie avait mis à notre service l'examen du sang de la rate retiré par ponction, moyen fort compliqué et souvent impraticable ; Elsner avait proposé la recherche du bacille dans les selles, moyen peu pratique et du reste insuffisant, car des recherches récentes nous ont appris que le bacille typhique peut exister à l'état saprophytique dans les selles de gens bien portants, comme le pneumocoque dans la
salive à l'état normal. Sur ces entrefaites, Widal a HAÏ la Société médicale des hôpitaux * une communicatioD de la plus haute importance. Dans cette communicatioD, 1 nous indiquait le moyen de faire, en quelques instants» d'une façon précise, indiscutable, à la portée de tons, k diagnostic, parfois si difticile, quelquefois même impossible, de la fièvre typhoïde.
Je me suis empressé d'en contrôler les résultats, et fea ai fait aussitôt l'objet d'une présentation à rÂcadémie de médecine*. Cette méthode nouvelle de séro-diagmMe tA basée sur ce fait, que le sérum des gens atteints de fièvre typhoïde, ou même en convalescence, possède la propriété d'immobiliser et de réunir en amas, in vtiro, la bacilles d'Ëberth répandus dans un bouillon.
Ainsi, si l'on place sous le microscope une culture jeime, en bouillon, du bacille d'Ëberth, on voit tous les badtttf
isolés, comme Tindique b figure ci-jointe, et doués d'une mobilité extrême'.
1. F. Widal. — « Séro-diagooitk de la fièvre typhoïde >. SoeiM médicale des hâpitaur^ 96 jûi 1896. — Congrès de Nancy, 189& — JPresse médicale^ 8 avril 1896.
2. Dieulafoy. Ck>ininuniciitiOi faite à l'Académie de médeciMi le 7 juillet 1896.