Voici la marche adoptée ftt
Culture jeune de bacilles d'Ëberth. ^'^^a^ P»"'' ^^ pratique du s&o-
— Bacilles isolés et extrême- d»ag"ostic: «Je commence, dlt41,
ment mobiles. Par l'examen extemporané an
microscope, après mélange di sérum à une culture en activité dans la proportion de 1 pour 10 et môme de 1 pour 5. Lorsque la préparation est agitée de nombreux mouvements browniens, on a toot intérêt à la laisser reposer un quart d'heure ou une demi-heure pour bien saisir la formation des amas. On doit toujours examiner pir comparaison une préparation de la culture faite arant l'addition do sérum. L'usage d'une culture jeune, datant d'un ou deux joarSi est préférable. Je dirai n>ême que. si le développement d'une cul-
Mais, par contre, si, dans un tube à expérience, on fait un mélange contenant, 10 gouttes du bouillon de culture de bacilles d'Eberth et 1 goutte de sang ou mieux 1 goutte de sérum provenant de quelques gouttes de sang retiré de la pulpe du doigt d*un malade atteint de fièvre typhoïde, et, si Ton place sous le microscope une préparation de ce mélange, on assiste à un spectacle des plus saisissants : les bacilles ne restent plus
ture est suffisamment riche, plus elle est jeunes meilleure elle est. Une culture en bouillon bien neutre, vieille de plusieurs jours, peut permettre le diagnostic, pourvu qu'on se conforme aux indications fournies plus loin. En pratique, dans un laboratoire d'hôpital, on peut toujours avoir des cultures datant de quelques jours, suffisantes pour permettre l'examen immédiat.
c Si l'examen extemporané me montre les amas nombreux et coofluents, franchement bactériens et parsemant tous les points de la préparation, à la façon des ilôts d'un archipel, mon diagnostic est fait. Si les amas, tout en étant caractéristiques, ne sont pas très confluents, ou si je ne trouve que des bacilles mobiles et isolés, j'examine de nouveau le mélange, après plusieurs heures, à l'œil nu et au microscope. Après ce temps, le phénomène, lorsqu'il existe, est souvent apparent. En cas de résultat négatif, je réitère plusieurs jours de suite l'examen, tant que les symptômes suspects persistent.
« Si l'on ne possède qu'une culture très ancienne ou même une culture datant seulement de quelques jours, mais donnant, par le microscope, avant l'addition du sérum, des précipités de faux amas, il ne faut pas hésiter à rajeunir la culture et à remettre la réponse au lendemain. On peut mélanger le sérum au bouillon, ensemencer et mettre à l'étuve. En quinze heures, et même moins, les microbes se sont amassés au fond du tube, pour y former de petits flocons blanchûtre?, et laissent le bouillon presque complètement clair. Par agitation, ces flocons n'arrivent pas à se dissoudre complètement; ils laissent toujours un précipité nageant dans le liquide sous forme d'une très fine poussière. J'emploie constamment ce procédé, concurremment avec le procédé extemporané, quand je dispose d'un sérum pris dans des conditions de pureté absolue. La prise dans la veine donne seule une certitude à peu prés complète. Si je ne suis pas sûr de l'asepsie de mon sérum, je rajeunis une culture en l'ensemençant en bouillon simple. En moins de vingt-quatre heures, j'ai une culture nouvelle, suffisamment troublée pour donner le phénomène au microscope, immédiatement après l'addition du sérum des typhiques. J'ajoute que, quelques heures après ce mélange, les grumeaux peuvent être visibles à l'œil nu. >
ici isolés et très mobiles, comme dans la préparation précédente; ils tendent à perdre leur mobilité, ils se déforment, ils s^agglutinent, ils se réunissent par tas, ils forment, sur la préparation, de grandes plaques, de gros îlots séparés par des espaces vides. Ces espaces vides sont encore parcourus par quelques bacilles, moins mobiles, indécis dans leur orientation, et comme sidérés, et attirés, en fm de compte, vers Tun de ces amas, dans lequel ils
sont englobés à leur tour, ainsi qu'on peut le voir dans la figure ci-jointe.
Tel est, en quelques mots, le phénomène constant auquel on assiste ; dès lors le diagnostic est fait; le malade qui fournit un sérum capable d'imprimer de pareilles modifications à^ un bouillon de culture typhique, avec propriétés agglutinantes et immobilisantes par tas, ce malade est at-
i^,l^%ue '^'Il^ntlrZt «eint de fièvre typhoïde, et
ne peut être attemt que de fièvre typhoïde.
Le phénomène que je viens de décrire a été constaté un grand nombre de fois par Widal sur des malades qui étaient au 7% 12% 15% 16% 49% 21* jour de leur fièvre typhoïde; par contre, le sérum de malades atteints d'affections diverses, néphrites, tuberculoses, pneumonies, ictère, rhumatisme, etc., mis en contact, comme il a été dit précédemment, avec un bouillon de culture de bacilles d'Eberth, laisse ces baciMes mobiles et isolés.
J'ai contrôlé dans mon service à l'hôpital Necker, et bon nombre de nos collègues ont également contrôlé, les faits si intéressants annoncés par Widal. Voilà donc « un
Culture de bacilles d'Eberth, addi tionnée de sérum de typhique.
KAUOIES nPHOlDES. i69
prooédé simple et rapide, extemporané, ne nécessitant iDcmi matériel de laboratoire, pas même de matières colorantes. 11 suffit d'avoir à sa disposition une culture pure en bouillon de bacilles d*Ëberth, que Ton peut conserrer pendant des semaines, un microscope avec objectif à immersion, et quelques gouttes, à la rigueur une leole, du sang ou du sérum du sang d*un malade i (Vidal).
L'expérience peut encore être faite d*une autre ma- DÎëre : si l'on additionne de sérum typhique un bouillon de culture de bacille d'Eberth en activité, ou si Ton ensemence un bouillon vierge immédiatement après ravoir additionné de sérum, on voit après quelques heures d'étuve, le bouillon se clarifier et de petits flocons blanchâtres s'agglomérer au fond du tube û la façon d*uu précipité.
La propriété agglutinante parait être attachée aux matières albuminoides du sang ou des Iiumeurs qui forment autour des microbes une sorte de précipité chiidqne (¥^idal et Sicard)^. Du reste, la réaction agglutinante ne s'obtient pas seulement avec le sérum typhique, •n peut l'obtenir avec quelques sécrétions ou quelques knmeors des typhiques, sérosité des vésicatoires, liquides d'œdème> larmes, bile, exceptionnellement avec l'urine (Widal et Sicard).
On a constaté la réaction agglutinante avec le lait des nourrices atteintes de fièvre typhoïde (Achard et Bensande).
Dans un cas publié par Etienne', la réaction ne s'est pis faite avec le sang d'un fœtus, dont la mère, dothiénentérique, possédait, elle, la réaction agglutinante ; cette constatation ne doit pas être encore érigée en principe, car- le passage de la propriété agglutinante se fait, pour les lapins, de la mère au fœtus (Widal et Sicard).
t La Pnawt wtédieaie, octobre 1896.
1 U Pmêê wtééiealet 1886, p. 4i65.
Dans les contrées où elle est endémique, c*est en automne qu'elle atteint son apogée (Besnier).
Elle est épidémique, mais elle n'est contagieuse qu*à un faible degré et une première atteinte confère en général l'immunité.
Ici, comme pour toutes les maladies épidémiques, chaque épidémie peut se présenter avec des allures spéciales, avec des caractères propres qui la distinguent des autres épidémies.
La fièvre typhoïde attaque de préférence les jeunes gens, surtout ceux qui viennent de province à Paris et qui s'y trouvent dans des conditions spéciales de réceptivité, favorisées par une mauvaise hygiène, par la nostalgie, par des chagrins, par des excès de fatigue ou de travail.
Bactériologie. — L'agent pathogène de la fièvre typhoïde, soupçonné depuis longtemps, a été réellement mis en évidence par Eberth, en 4880. Depuis cette époque, de nombreux observateurs, parmi lesquels Friedlander et Meyer 1881, Letzerich 1883, Gaffky 1884, Artaud, Brieger 1885, etc., ont contrôlé la découverte d'Eberth et y ont ajouté plusieurs données intéressantes.
Le bacille d'Ëberth se cultive dans le bouillon, sur la gélatine, sur Tagar-agar, sur la pomme de terre. Les colonies du bacille d'Ëberth obtenues par la culture sur gélatine en plaques, examinées au microscope à un très faible grossissement, apparaissent sous forme d'îlots à bords découpés. « Elles paraissent parcourues dans toute leur étendue par des sillons plus ou moins marqués. Souvent leur surface est plus tourmentée encore, et toute la colonie semble formée de circonvolutions d'intestin grêle enroulées sur elles-mêmes. La combinaison de ces deux aspects, jointe à la coloration brillante de l'ensemble, donne quelquefois à la colonie l'aspect d'une montagne de glace. » (Ghantemesse et Widal.)
Dans les cultures, le bacille typhique est polymorphe.
MAUDIES typhoïdes.
n est extrêmement mofrti^, il mérer. fiaUtaellement, il a rondi aux extrémités et trois fois plus long que large. A cAté de ces formes habituelles, le bacille typhique est paifois très court, parfois allongé sous forme de ûiaments ayant deux ou trois fois la longueur du bacille. Le bacille coloré, présente souvent au centre ou à ses extrémités des espaces clairs pris à tort pour des spores.
Après coloration on aperçoit parfois des cils qui peuvent être nombreux, touffus, et qui partent des extrémités du bâtonnet ou du corps même du bacille. Le les matières fécales, les parois de l'intestin, les plaques de Peyer, les ganglions mésentériques, le foie, les reins» les poumons, la rate, d*où l'on peut l'extraire pendant la vie dès le dixième jour de la maladie, en ponctionnant cet organe à l'aide d*un trocart capillaire. On ne Ta pas trouvé dans le sang, sauf dans le sang des taches rosées lenticulaires.
Les urines en renferment parfois, ainsi que l'avait démontré Bouchard bien
n'apasde tendance à s'agrglola forme d'un bâtonnet, ar-
Cuîliire de î^acilîe dTh?rth. On voit sur celle préparalion des bacilles ayant la longueur la plus habituelle ; on y voit ogalemcnt des bacilles tr^s courts et des bacilles allongés comme dos filaments.
bacille d'Eberth existe dans
Bacilles d'Ebcrth avec cils colorés.
avant la connaissance des
caractères morphologiques de ce micro-organisme.
Au moyen des cultures du bacille d'Eberth on a obtenu une typhotoxine spécifique qui, injectée au cobaye, provoque une forte sécrétion des glandes intestin-ales et salivaires et anéantit chez Tanimal la motiUté volontaire *. Le microbe de la fièvre typhoïde sécrète «ne matière vaccinante encore à l'étude *.
L'eau lui offre un milieu de culture naturel excellent. C'est grâce à cette propriété qu'on tend à expliquer aujourd'hui la plupart des épidémies de Oèvre typhoïde.
Les infiltrations des fosses d'aisances et des fumiers sur lesquels on déverse parfois, dans les campagnes, les déjections des typhiques, suffisent pour souiller l'eau des puits, des citernes, des cours d'eau, etc. Il en résulte, suivant les cas, des épidémies locales, des épidémies de maison, ou bien au contraire l'épidémie apparaît dans une ville éloignée du foyer primitif de contagion, mais située sur la même rivière.
Les épidémies récentes de Zurich, d'Auxerre, de Plymouth, de Pierrefonds, de Clermont-Ferrand, du Havre' en sont la preuve. C'est ce qui explique aussi comment, dans une ville, les habitants qui boivent l'eau d'une source peuvent être atteints, tandis que ceux des quartiers limitrophes, dont les réservoirs sont aUmentés par une eau différente de la première, peuvent échapper à la contagion.
A Paris, le fait a été maintes fois constaté (Chantemesse et Widal). L'eau de la Seine en amont et en aval de Paris (Thoinet) contient d'une façon presque constante des bacilles typhiques, tandis que l'eau de la