Brieger. Congrès de Heidelberg^ sept
2. Chantemesse et Widal. Annales de Vlnstitut Pasteur^ 25 février
5. Brouardel et Thoinet. Épidémie de fièvre typhoïde du Havre,
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Tione et celle de TOurcq n'en renferment habituellement pas.
A certaines époques de l'année, lorsque l'eau de ces dernières riviëres vient à manquer, on livre à la consommation de certains quartiers de Teau de Seine : presque aussitôt la fièvre typhoïde apparaît sous forme épidémique dans ces mêmes quartiers, et presque toujours on a pu s'assurer que l'eau livrée à la consommation contenait des bacilles pathogènes. Il est donc nécessaire de faire bouillir l'eau de Seine destinée à être bue. Les huîtres peuvent servir de réceptacle au bacille typhique et devenir une cause de transmission de la flëvre typhoïde', comme elles peuvent transmettre le choléni.
L'air peut aussi servir de véhicule à l'agent contagieux. Les matières fécales des malades atteints de fièvre tvphoide, mélangées au sol, finissent par se transformer en poussière ; les bacilles qui y sont contenus, par suite de leur grande vitalité, conservent à l'état latent leurs propriétés pathogènes pendant un espace de temps plus oamoins long, puis, mélangés à l'atmosphère, ils finissent par pénétrer dans les bronches, et la contagion se produit ainsi, quoique beaucoup moins fréquemment, que par l'ingestion d'une eau souillée.
C'est par un procédé analogue que les linges imprégnés des matières fécales des typhiques arrivent à être, dans certaines familles, un élément de contagion important.
Le bacille typhique est inoculable à certains animaux, tds que souris, cobayes, lapins. Les produits soliibles de divers microbes, injectés aux animaux, favorisent l'infection par le bacille d'Eberth, même lorsque celui-ci est peu wulent (Chantemesse et Widal, Sanarelïi). La maladie ainsi produite n'est pas calquée sur la fièvre typhoïde hunuine; c'est une sorte de septicémie expérimentale per-
!• Qmittmeiie. Académie de médecine, 2 juin 1896.
mettant de manier la virulence du microbe et de faire des tentatives de vaccination et de sérothérapie chez TanimaL
Des expériences de Chantemesse et Widal*, ont montré que le sérum des animaux vaccinés par les produits solubles des cultures de bacilles d*£berth possède des propriétés immunisantes contre l'action de ce virus et que ce même sérum possède également contre l'infection typhique expérimentale, en voie d'évolution, des propriétés curatrices. Le sérum de l'homme guéri de la fièvre typhoïde depuis quelques semaines, depuis quelques mois et même depuis quelques années, possède des propriétés préventives et thérapeutiques contre l'infection typhique expérimentale, tandis que le sérum d'un homme n'ayant pas eu la fièvre typhoïde n'est pas en général doué du même pouvoir.
On a voulu récemment enlever au bacille typhique sa spécificité en l'identifiant an coli-bacille ou bactertum coli commune, microbe vulgaire de l'intestin (Rodet et Roux).
Dans une polémique récente, Chantemesse et Widal ont répondu aux divers arguments opposés. En s'appuyant sur la clinique et sur l'anatomie pathologique, ces auteurs ont montré que le coli-bacille, en passant par l'organisme humain, ne prend pas de caractères éberthiformes comme on l'avait supposé et qu'il conserve au contraire ses caractères propres, il ne sait déterminer chez l'homme que des lésions multiples et banales et jamais les lésions spécifiques de la dothiénentérie. On sait en effet que le colibacille, hôte ordinaire de notre tube digestif, peut, comme le pneumocoque, devenir pathogène et déterminer entre autres accidents des pleurésies purulentes, des péritonites suppurées, des accidents cholériformes et même les suppurations de l'infection urineuse d'après Krogius, Renaut et Achard.
1. Chantemesse et Widal. AnnaUi de Vlmtitut Paiteur^ 1892, p. 755.
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Au point de vue technique, Ghantemesse et Widal ont tonijoun soutenu que le bacille typhique et le coli-bacille, soos des apparences de similitude, ne présentaient que des différences. Ils ont donné, pour distinguer rapidement eei deux microbes» un procédé simple et facile, consistant à ensemencer avec l'un ou Tautre des bouillons additionnés de lactose. Dans ces conditions, le coli-badlle détermine des bulles de fermentation qui manquent tooyours lorsque ces bouillons sont inoculés avec le bacille tyi^ique.
La propriété coagulante (Widal) que nous venons d'étudier au suyet du séro-diagnostic, clôt Tére des discussions, et affirme au bacille typhique sa spécificité.
Aaatoinie pathologique. — a A n'envisager que les premières phases anatomo-pathologiques, on assiste à llnvasion et à la puUulation des bacilles et au combat que leur livrent les phagocytes. En plus de cela, les cellules fixes des tissus, les éléments nobles des parenchymest incapables de détruire le microbe, subissent ses atteintes, d'où les dégénérescences de nature et de gravité variables, granuleuse, granulo-graisseuse, graisseuse, eveuse, pigmentaire, etc. A ces lésions s'ajoutent les modifications qui portent sur la physiologie et sur la structure des vaisseaux.
ttudiée dans chaque organe, l'évolution du processus se résume en ces termes : infiltration bacillaire, réaction phagocytique, modifications circulatoires, dégénérescence des parenchymes, réparation normale ou anornule. 9 (Ghantemesse.) il n'est pas possible de mieux caractériser le processus. Les altérations caractéi'istiques de la fièvre typhoïde portent sur l'intestin grêle, et Frincipalement sur les follicules isolés et sur les pla- <iue8 de Peyer, dont je rappelle en quelques mots la <iupo8itîon analomique.
La muqueuse de l'intestin grêle est formée par un tissu conjonctif réticulé qui loge dans ses mailles un grand nombre de cellules lymphatiques (His). A cette muqueuse
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appartiennent des folHcuIes clos, isolés ou agminés : les follicules isolés sont arrondis et mesurent un demincnillimètre ou 1 millimètre de diamètre ; les follicules agminés sont aplatis les uns contre les autres et se groupent au nombre de 20, 30, 50, 60, pour former les plaques de Peyer.
Les plaques de Peyer commencent dans Tiléon et deviennent plus nombreuses à mesure qu'on se rapproche de la fin de l'intestin grêle ; elles sont situées sur le bord libre de l'intestin, celui qui est opposé à l'insertion du mésentère ; leur relief et leur opacité permettent de les reconnaître facilement par transparence. Elle ont une forme allongée, parallèle à l'axe longitudinal d l'intestin ; leur grand diamètre varie de quelques milli mètres à plusieurs centimètres ; leur nombre est d 13 à 50.
Tous ces organes, follicules isolés et plaques de Peyer sont formés par un tissu réticulé lymphatique, très vascu laire, qui se continue ins^^usiblement avec le tissu adja cent, sans membrane d'enveloppe.
A Vautopsie, les lésions intestinales varient suivan l'époque de la fièvre typhoïde ; ces lésions, prises dan l'ordre de leur évolution, présentent les particularités suivantes :
a. Pendant une première période, dite catarrhaie, qaS dure de quatre à cinq jours, la muqueuse est congés-^ tionnée et sécrète du liquide diarrhéique, les folliculei? isolés font relief comme dans le choléra {psorentérie), les plaques de Peyer sont tuméfiées. Pendant cette période, les bacilles qui abondent dans le mucus pénètrent dans les glandes de Lieberkûhn et gagnent les couches pro^ fondes de la muqueuse, sous forme diffuse ou en colo' nies. Quelques jours après les follicules prennent l'aspect de boutons durs et saillants et les plaques de Peyer se présentent sous deux formes différentes, les plaques dures et les plaques molles (Louis). Les plaques dures sont résistantes au toucher, et très saillantes, elles té*
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moignent de l'intensité du processus, auquel prennent part k plupart des follicules qui composent la plaque. Les plaques molles sont moins saillantes et plus souples au toucher, parce que les follicules qui composent la plaque ne sont pris qu'en partie ; peut-être aussi représeotent-elles une période plus avancée du processus. Les plaques dites gaufrées réticulées doivent leur aspect à llnégale répartition de l'inflammation des follicules qui composent la plaque de Peyer.
Les follicules et les plaques présentent à la section des caractères qui les rapprochent du tissu des ganglions lymphatiques; il y a une abondante prolifération du tissu adénoïde et l'infiltration lymphatique s*étend également la tissu des villosités, au tissu conjonctif qui entoure les glandes et à la couche profonde de la muqueuse^. Les glandes en tubes sont allongées, sans doute à cause du dérebppement que prennent leurs cloisons, les vaisseaux et les capillaires sont gorgés de sang, les thromboses sont fréquentes.
Pendant cette période, les bacilles ont pénétré les follicutes et les plaques de Peyer, les phagocytes abondent, mais les bacilles très virulents sont difficilement saisis et digérés. Les vaisseaux lymphatiques sont encombrés de lôcocytes et de bacilles. Les bacilles pénètrent dans los ndaaeauxy dans les tuniques sous-muqueuse et même onueulaire.
h. Vuleiratwn commence vers le dixième jour de la nialadie. Sous l'influence des bacilles et de leurs toxines^ loua rinfluence de la dystrophie consécutive à l'oblitération des vaisseaux, les cellules flxes du tissu et les leucocytes qui se sont accumulés là en quantité subissent la dégénérescence granulo-graisseuse et vitreuse, les tis- HH nécrosés sont éliminés, l'ulcération se forme.
L'ulcération se fait par poussées successives et débute
KHiTent par les plaques et par les boutons qui sont le plus
l.GoniU. Biêiol, des liêUmê intest, dans la f, typh. {Arch, dcphy$.
rapprochés de la valvule iléo-cœcale. La mortification des plaques molles est lente et comme moléculaire ; l'ulcération qui en résulte n'est pas très profonde. Dans les plaques dures, au contraire, la mortification s'empare des parties les plus saillantes de la plaque ; il se forme comme des bourbillons fortement colorés par la bile, qui est très abondante à cette période de la maladie, puis les parties mortifiées se détachent et laissent à leur place des ulcérations profondes qui sont parfois au nombre de cinq ou six sur une seule glande de Peyer, et qui reposent habituellement sur la tunique musculeuse de l'intestin.
Les petites ulcérations sont cupuliformes, ovalaires ; les grandes ulcérations sont allongées suivant Taxe de l'intestin et peuvent mesurer plusieurs centimètres.
Les surfaces ulcérées se recouvrent de bourgeons charnus, elles sont pauvres en bacilles typhiques, dont le rôle est terminé, et riches en microbes étrangers qui créent parfois des infections secondaires.
L'inflammation atteint aussi le tissu conjonctif qui sépare les deux couches musculaires et le tissu sous-séreux, et le péritoine intestinal qui est en rapport avec les plaques dures ulcérées est parfois rouge, congestionné et épaissi. « Il est certain que l'infiltration de toutes les tuniques intestinales par des cellules, que le ramollissement et la friabilité des faisceaux fibreux, sont des conditions qui favorisent l'ulcération, sa marche en profondeur vers la séreuse péritonéale et la perforation qui peut en être la conséquence*. »
L'élimination des eschares et la structure embryonnaire des parois vasculaires favorisent les hémorrhagies.
Assez fréquemment, 60 fois sur 200 autopsies (Leudet), le gros intestin participe aux ulcérations de la fièvre typhoïde, car il possède, lui aussi, des organes lymphoîdes, il y a même quelques observations où la lésion siégeait exclusivement au gros intestin (coléotyphus).