‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 71 sur 198 · Arch. dephysiol.j · texte numérisé non relu

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3. Cette dégénérescence granulo-graisseuse a été obsenrée dans la variole (Desnos et Huchard), dans le typhus pétéchial (Lokes), dans la tuberculose aiguë, dans les fièvres intermittentes graves (ValJin).

4. Les adducteurs de la cuisse, le droit interne de l'abdomen, le diaphragme, les intercostaux, etc. Quand cette altération est très accentuée dans les muscles de la respiration, elle peut avoir sur les symptômes asphyxiques, d'après la remarque de M Laveran, une influence assez marquée.

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ïi*épfiTgae pas toujours le muscle cardiaque, et Ton re-

trmae à Tezamen histologiquedeux lésions concomitantes, fime portant sur la fibre musculaire, l'autre sur les petits viisseanx. La fibre musculaire perd sa transparence et sa Mition, elle devient granuleuse et s'infiltre d'éléments graisseux; le tissu conjonctif qui l'entoure et le périmysinin sont le siège d'une prolifération active qui encombre la surface des faisceaux primitifs. La tunique externe des petits vaisseaux participe à ce travail de prolifération, leur membrane interne devient le siège d'endartérite (Hiyem, Laveran)S et ces altérations ne sont sans doute pis sans influence sur la production des hémorrliagies intra-musculaires qu'on observe quelquefois dans la dotldénentérie. Le bacille typhique existe souvent dans le muscle cardiaque (Ghantemesse et Widal).

Le âang présente quelques altérations, les leucocytes sont augmentés pendant la première phase (Brouardol), les globules rouges diminuent de nombre et perdent une certaine quantité d'oxyhémoglobine. Les bacilles ne séjoument pas dans le sang.

Les antres altérations ont été signalées au sujet des cmplicatioTU,

Traitement. — Le traitement de la fièvre typhoïde, le traitement par excellence, celui qui prime tons les autres, foserais dire le traitement spécifique, c'est le bain froid^. Après avoir étudié de très près l'action et les résultats du bain froid, depuis déjà bien des années, après en avoir prescrit des milliers, à mes malades de l'hôpital ou à mes malades de la ville, je rends pleinement justice à la méthode de Brand, je suis pénétré de la conviction profonde, absolue, que le bain froid est aussi utile dans la fièvre typhoïde, que la quinine dans le paludisme et lo mercure dans la syphilis.

Faut-il appliquer la méthode de Brand dans toute sa

1. Ceit M. Glénard (de Lyon) qui, le premier, a mis en usage en fnnee cette excellente médicalion.

rigueur ; les bains doivent-ils être donnés à 20 à 18 degrés centigrades et renouvelés toutes les trois heures si la température rectale atteint ou dépasse 59 degrés! Faut-il être plus excessif que Brand et donner le bain toutes les deux heures à 15 ou 16 degrés? (Juhel-Renoy.) le ne peux reproduire ici toutes les discussions qui ont eu lieu à ce sujet, et je demande la permission d'exposer le traitement de la fièvre typhoïde, tel que je Tai institué, depuis des années, à mon service de Thôpital Necker, où Ton peut consulter les observations et les statistiques, qui mieux que tous les raisonnements du monde pourront donner une idée de l'opportunité du traitement.

Je pose d'abord en principe que tout malade atteint de fièvre typhoïde doit être soumis aux bains froids. Dès les premiers jours de la fièvre typhoïde, alors même que les taches rosées lenticulaires n'ont pas encore apparu, tout individu, qui dans nos climats, est pris de fièvre avec céphalalgie, insomnie, épistaxis, inappétence, abattement, élévation croissante de la température, avoisinant le soir 39 degrés, cet individu a très probablement la fièvre typhoïde, il est passible des bains froids. Attendre pour donner les bains froids que les taches rosées aient apparu, que la température ait atteint 40 degrés, c'est attendre trop longtemps ; on perd un temps précieux à donner la quinine ou autres médicaments et Ton ne se décide que trop tard à plonger le malade dans l'eau froide.

L'efficacité des bains froids est d'autant plus active qu'ils sont donnés à une époque plus rapprochée du début de la maladie ; cette assertion me paraît indiscutable, car je l'ai bien souvent vérifiée. Quand on nous amène à l'hôpital un malade qui en est déjà au douzième ou treizième jour de sa fièvre typhoïde, les bains froids n'ont pas sur lui la même efficacité que chez le malade qui est traité à une époque moins avancée. En effet les bains froids n'ont pas seulement une action bienfaisante sur les symptômes du moment, ils agissent également sur les symptômes de V avenir, c'est-à-dire qu'ils transforment er une maladie

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de moyenne intensité une fièyre typhoïde qui aurait pu être fort grave. Malheureusement, je le répète, la décision est souvent bien lente à venir, surtout quand il s*agit de malades delà ville : un malade a depuis dix ou douze jours une fièvre typhoïde intense, les médications mises en usage jusque-là n'ont pas réussi, le médecin ordinaire du malade, ou mieux encore la famille, n*ont pas encore voulu entendre parler de bains froids; mais en face du danger croissant, en face de Timpuissance du traitement, on a changé d'avis, on a demandé une consultation et l'on est tout disposé maintenant à accepter la balnéothérapie ; le médecin consultant prescrit donc les bains froids dans toute leur rigueur, mais il n'obtient pas tovgours, hélas ! le succès désiré, parce que la médieaiion a été trop tardive. Il y a des courants qu'on ne remonte pas. La médication par les bains froids, je le répète, n'a pas seulement pour but de conjurer des accidents déjà déclarés, elle a pour but de modérer la maladie, d'en modifier les allures, d'en équilibrer les manifestations, d'abaisser la virulence du bacille, elle n'est donc pas une médication réservée à quelques symptômes spéciaux, elle est presque la médication tout entière.

Passons maintenant à l'application de cette médication tdle que j'ai l'habitude de la prescrire *

La baignoire est dans la chambre du malade, près de son lit On prépare le bain à 24 degrés centigrades. On met le nuilade tout nu dans son bain, et aussitôt on tjottte progressivement une assez grande quantité d'eau froide pour abaisser la température du bain à 22 degrés, î SI degrés, à 20 degrés ; à mesure qu'on ajoute Teau froide, on retire du nain une égale quantité d'eau. Ce procédé a l'avantage d'éviter ou de modérer l'impresûm très pénible et le frisson qui accompagnent le bain <pii est donné d'emblée à 20 degrés. Le malade doit rester dans son bain 13 à 15 minutes. Pendant la durée du ^n, on tient sur sa tète des compresses d'eau froide et M peut loi frictionner le corps et les membres.

sont très accusés; maison peut les modifier par la mcdi cation que nous étudierons plus loin, et alors les bains froids sont indiqués.

La balnéothérapie telle que je viens de Texposer ne constitue pas, à elle seule, le traitement de la fièvre typhoïde ; une autre indication de premier ordre doit être remplie, il faut alimenter et faire boire les malades. Poui cela, rien ne vaut le régime laciez qui est à la fois aliment, boisson et diurétique. A Thôpital, mes malades prennent au moins 2 litres de lait par vingt-quatre heures. Outre ces 2 Utres de lait, on leur donne un ou deus litres d'eau filtrée, de bonne provenance, bien fraîche, additionnée de 50 grammes de lactose par litre, avec citron, orange, vin de Bordeaux, vin de Champagne. Si le malade a le dégoût ou Tintolérance du lait, qu'il peul du reste prendre froid ou chaud à son gré, on lui donne des bouillons de viande, du bouillon de légumes, des œufs crus, mais rien ne vaut le régime lacté.

Sous rinduence de ce double traitement, bains froids et boissons abondantes, les urines sont belles et claires; le malade, qui avant le traitement ne rendait que 300 oi 400 grammes par jour d'urines sédimenteuses, renc maintenant 2 litres, 5 litres d'urines presque normales Cette diurèse abondante est un des meilleurs éléments de pronostic. Tant que les reins fonctionnent bien, les symptômes auraient-ils une notable intensité, on peu être tranquille, le poison est à peu près éliminé, le: grands accidents sont habituellement écartés.

Grâce à cette médication, aussi simple que bienfaL santé, l'aspect des malades ne rappelle plus l'andenn* description, l'ancien tableau classique de la fièvre I}' phoïde ; on ne voit plus, ou presque plus la langue sèch^ et rôtie, les dents fuligineuses, les narines pulvérulem tes, le ventre météorisé, la figure empreinte de stupeur* la maladie a changé d'allures, les deux grands facteun du mal, Vinfeclion et V intoxication, sont puissainiiieu combattus. Je dirai même que, sous finfluriicc des bail J

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Troids donnés à temps, les grandes complications sont fieTcnuos beaucoup plus rares, ce qui abaisse le taux de la morlalilé ; le laryngo-typhus, les péritonites, les perroratioiis intestinales, les symptômes ataxiques se voient beaucoup moins souvent qu'autrefois ; voilà bien des années que je n*ai pas observé la mort subite, que j'avais autrefois trop souvent signalée.

Ces heureux résultats tiennent-ils à la médication tctoellc, ou sont-ils le résultat d'une heureuse modificatioD naturelle qui se serait faite dans révolution cyclique de la maladie ? La fièvre typhoïde n'est-elle pas moins meurtrière, qu'elle n'était il y a vingt-ans; s'est-elle atté< nuée, est-elle de sa nature moins virulente? Ces hypothèses seraient admissibles, car les maladies épidémiques, l'histoire de la médecine est là pour nous le dire, les maladies épidémiques paraissent subir non seulement des modifications annuelles, saisonnières (constitntion médicale), mais elles paraissent subir également des modifications plus durables et à plus longue portée (fièvre stationnaire de Stoll). Je veux bien admettre cette hypothèse, j'ai respect et croyance pour certaines traditions qui nous ont été léguées par nos deranderSy je ne suis pas de ceux qui pensent que la médecine date d'hier, mais enfin je ne peux méconnaître que dans une foule de circonstances et notannnont dans le traitement de la fièvre typhoïde, les plus grands progrés ont été réalisés ; la balnéothérapie méthodique, systématique, bien appliquée, a réduit la mortalité de la fièvre typhoïde de 18 à 20 pour 100, à 5 ou 6 ou 7 pour 100 ; elle a donc réalisé un immense progrès.

Le plus habituellement je limite l'action thérapeutique inx moyens que je viens d'indiquer ; les bains froids, le lait, les boissons en abondance, résument pour moi le mitement; la quinine me parait absolument inutile; néanmoins quelques médicaments peuvent être, suivant les circonstances, employés avec avantage; nous allons toir qudies en sont les indications :

Contre la céphalée du début , Tantipyrine est un excdient médicament, on la donne à la dose de 1 à 2 granunes en vingt-quatre heures, par cachets de 50 centigrammes.

Les purgatifs sont indiqués au début de la maladie, mais plus tard, à la période des ulcérations intestinales, il faut être prudent et ne donner que des lavements froids ou des laxatifs doux, tels que la manne à la dose de 15 à 25 grammes répartis dans le lait.

La diarrhée est combattue efficacement par la décoction blanche de Sydenham à la dose de 150 grammes par jour, ou par le sahcylate de bismuth à la dose journalière de 2 à 6 grammes. L'antisepsie intestinale (Bouchard), pour être rigoureuse, est difficile à réaliser et parfois mal acceptée par les malades.

On combat les hémorrhagies intestinales au moyen de la potion suivante, administrée par cuillerées :

Eau 120 grammes.

Sirop de ratanhia 30 —

Eau de Rabel 5 —

Si le cœur faiblit, si les pulsations radiales sont faibles, très fréquentes, irrégulières, on pratique des injections sous-cutanées de caféine à la dose journalière de deux ou trois seringues de Pravaz, suivant la formule suivante :

Eau distillée 10 grammes.

Benzoate de caféine 2 —

Benzoate de soude 2 —

Le musc à la dose de 20 centigrammes à 1 gramme dans une potion, Téther, le chloral,le bromure de potassium à la dose journalière de 2 à 5 grammes, rendent également de véritables services dans les formes nerveuses, délirantes à prédominance ataxique.

A la fièvre typhoïde adynamique, avec tendance à la défaillance, au collapsusy il faut opposer le quinquina sous diverses formes, l'acétate d'ammoniaque, le vin de Malaga, le Champagne, les boissons alcooUsées, les injec-

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lions soas-cutanées d*éther (1 gramme à 2 grammes par jour), les injections sous-cutanées de sérum artificiel, les injections sous-cutanées d'eau distillée contenant 7 grammes de chlorure de sodium par litre.

Uquininesera réservée pour les cas spéciaux où la fièvre semblerait revêtir quelque périodicité d'origine palustre.

Je me suis longuement expliqué sur le traitement de la fMomU typhique, je n'y reviens pas.

Les eschares sont lavées à l'eau boriquée, ou avec une solution de sublimé au 5/1000 et pansées avec la poudre de quinquina.

Les détails dans lesquels je suis entré au sujet de la pathogénie de la fièvre typhoïde, disent assez quels doivent être les moyens prophylactiques.

S S. TVIHIUS EXANTHtMATIQUE.

Ibii/pkus, encore nommé iyphusexanthématique, typhus her, doit être nettement distingué de la fièvre typhoïde. Ces maladies font bien partie du même genre, mais, ainsi ^'on le verra dans le cours de cette description, elles forment deux espèces différentes.

ttiologie. — L'Irlande et la Silésie sont en Europe les <leQx principaux foyers du typhus : de l'Irlande il rayonne bernent en Angleterre, où le typhus et la fièvre typhoïde existait également; de la Silésie il rayonne dans les pays ^oiâns, et les épidémies de typhus qui ont éclaté à Berlin. ^ reconndtraient pas d'autre source, d'après Virchow. Nous avons eu le typhus en France, à diverses époques : il était d'importation étrangère; en 185(5, il a suivi le i^tour de nos soldats de Grimée.

Depuis 1870, il a fait plusieurs apparitions en Bretagne : Riantec (1870-72), Rouisson (1872-75), l'île de Holène (1878), l'île Tudy (1891). Enfin, en 1891-92, il a ^atë à la prison de Nanterre, et de là il a gagné Paris.

Quelques mois auparavant, Leloir* en avait observé un certain nombre de cas à Lille, et sa présence a été ultérieurement signalée à Beauvais, Amiens, le liavre, etc.

Le typhus est épidémique et contagieux : la contagion est prouvée par un grand nombre d'observations*; ainsi, en Crimée, la mortalité par le typhus était de 12,88 sur 400 pour les médecins militaires, tandis qu'elle n'était que de 0,47 sur 100 pour les officiers (Laveran). Dans la dernière épidémie parisienne, le personnel hospitalier a été tout particulièrement éprouvé. Net ter ' admet que la contagion s'effectue par le contact, Chantemesse au contraire accuse surtout le dessèchement des crachats rejetés par les malades et l'inhalation des poussières ainsi produites.

lllava (1888) a rattaché le développement du typhus à un strepto-bacille, mais Gornil et Babès pensent que celui-ci n'est qu'un organisme d'infection secondaire. Calmette et Thoinot*, lors de l'épidémie de l'île Tudy, ont trouvé dans le sang du cœur et de la rate des éléments anormaux : granules mobiles, filaments mobiles ou accolés aux héraa. ties; ces éléments ressemblent à ceux qu'on trouve dans le sang des malades atteints de pneumonie, de fièvre typhoïde, d'érysipèle, d'anémie et même chez certains individus en état de santé ; peut-être sont-ils formés simplement aux dépens des hématies en voie de destruction .

Le typhus éclate surtout dans les armées en campagne, dans les bagnes, dans les prisons et sur des bâtiments qui ne contenaient aucun typhique. L'encombrement, la misère, la saleté, les privations, les fatigues, sont les causes qui président généralement à l'éclosion du typhus.

Jaccoud, dans un remarquable rapport concernant une épidémie de typhus observée par lui dans une longue traversée, arrive à conclure « que l'accumulation de produits animaux en état de fermentation ou de décomposition

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