Combemalc. Médecine moderne^ w S
2. Spillmann. Typhus exanthématique. Bevuê de méd.<, tOaoAt IM.
MALADIES typhoïdes. 105
le coup de phlegmasies pleuro-pulmonaires, d'abcès multiples, d'otites moyennes suppurées, d'accidents gangreneux des extrémités, de parotidites, d'érysipèle, qui peuvent du reste survenir pendant l'évolution du typhus.
Diagnostic. Pronostic. — Les principaux éléments du diagnostic différentiel entre le typhus et la fièvre typhoïde sont : le début brusque, la stupeur plus prononcée que dans la fièvre typhoïde, l'absence de météorisme, la constipation; l'abondance et la générahsation de l'éruption, son caractère pétéchial et souvent la guérison rapide sous forme de crise. En outre le typhus frappe des sujets généralement plus âgés que ceux qui sont atteints par la fièvre typhoïde ; il est beaucoup plus contagieux que celle-ci, et il atteint surtout les vagabonds, les misérables, les prisonniers, les armées en campagne. Certaines fièvres éruptîves malignes (rougeole, scarlatine) s'accompagnent d'une adynamie aussi prononcée que le typhus, mais la répartition de l'éruption et la marche de la maladie difi'èrent suffisamment pour éviter l'erreur.
Le séro-diagnostic (Widal), longuement décrit dans le chapitre précédent, permet de lèverions les doutes et d'affirmer le diagnostic.
La mortalité du typhus est variable suivant les épidémies et suivant les circonstances qui ont présidé à l'éclosion de la maladie ou qui l'entretiennent, ce qui explique pourquoi cette mortalité varie de 15 pour 100 au chiffre énorme de 50 pour 100. Entre les cas bénins qui guérissent en quelques jours et les formes intenses auxquelles j'ai fait afiusion dans ma description, il y a place pour tous les intermédiaires. La mort arrive habituellement dans les derniers jours du second septénaire; il y a cependant, dans les épidémies graves du typhus des années, des cas empreints de malignité qui occasionnent la mort dès le troisième jour {typhus sidéi'ant),
Anatomie pathologique. — La fièvre typhoïde a dans la lésion des plaques de Peyer une altération qui lui est spéciale; le typhus manque de lésion qui puisse lui ser-
iÔ6 MALADIES GÉNÉRALES ET INFECTIEUSES.
vir de signature anatomique. Gomme dans toutes pyrexies graves, la rate est volumineuse, les fibres mua laires sont atteintes de dégénérescence; la même
ration s'observe sur le muscle cardiaque, qui est fia
et décoloré ; le sang a les caractères du sang dissous^
Traitement. — Le traitement prophylactique doit . mis en usage dans toute sa rigueur : disséminatioiH isolement des malades dans les lieux bien aérés, dM fection des milieux contaminés.
Une médication tonique et alcoolique, des lotions fro^ quelques calmants, une alimentation modérée, résu S2 le traitement du typhus.
fi 3. MÉNINGITE CéRéBRO-SPINALE ÉPIDÉMIQUr.
Successivement considérée comme une phlegtDasi< cérébro-spinale (Maillot), comme une maladie pyogéniqtK analogue à la fièvre puerpérale et à rinfection purulente (Michel Lévy), comme une maladie du genre typhus (Boudin), il est impossible actuellement de savoir dans quel groupe on doit classer la méningite cérébro-spinale épidémique.
Quelle que soit la façon dont on Tenvisago , il s'agit ici d'une maladie infectieuse, dont l'agent pathogène n'est pas encore nettement défini.
Ëtiologie. — La méningite cérébro-spinale est épi<iémique ; elle frappe l'élément militaire plus que l'éléoieol civil, et dans ce dernier cas elle a pour l'enfance une notable prédilection. Elle est importable, et les relations (les épidémies passées nous montrent qu'elle se défiUce avec nos régiments et les suit à Rome, en Algérie, elc Elle parait être contagieuse, mais la contagion est limitée et n'a point le malade pour agent de transmission. Us conditions atmosphériques, climatériques ou teUuri(lucs
4^i seraient favorables à son éclosion nous sont incon- ^^^es, cependant elle apparaît plus volontiers pendant les 5^îsons froides. Les épidémies se développent lentement, 'ogressivement, frappant d'abord une caserne, quelques aisons, un quartier, a le troisième étage du bâtiment ^Ordy et le deuxième étage du bâtiment sud » (Lemoine), ^t. rayonnant de là sous formes de foyers secondaires.
Un fait est important à signaler, c'est que la méningite
^^rébro-spinale est presque toujours associée à une con-
^(itution médicale régnante. Ainsi, en 1848, Michel Lévy
^^onstata le. coexistence de la méningite et de la grippe;
^ ans répidémie de Rastadt en 1864 la méningite coïncida
^>'ec la fièvre typhoïde; on a signalé sa coexistence avec
1^ typhus (Boudin), avec les oreillons (Massonaud) S avec
t^ rougeole (Yallin), avec la scarlatine (Laveran). A ce
^ujet le mémoire de M. Lemoine est des plus intéressants^ :
4ans l'épidémie qu'il a observée à Orléans, en 1886, la mé-
Xlingite cérébro-spinale évoluait en même temps qu'une
double épidémie de scarlatine et de pneumonie; les ma-
l.ades attisints de méningite présentaient des maux de
Q;orge rappelant la scarlatine, et à l'autopsie des malades
c^ue la méningite enlevait (dans la proportion de 50 pour
100), on constatait le pneumocoque, comme dans les cas
^e méningite cérébro-spinale pneumonique(Netter). Tout
ceci n'est pas fait pour élucider la nature de la méningite
«érébro-spinale épidémique. Doit-elle conserver ses attri*
t)Uts de maladie spécifique, n'est-elle qu'une modalité
^'infection secondaire, la méningite prédominant là où
prédominent la scarlatine, la rougeole, la pneumonie?
Pour le moment il n'est pas possible de répondre à pareilles
questions, mais cliniquement, et jusqu'à nouvel ordre, h
maladie conserve son autonomie.
La bactériologie a trouvé un grand nombre de microorganismes dans l'exsudat purulent de la pie-mère, tels