CHAPITRE m
MALADIES INFECTIEUSES PROPRES À l'hOMMB.
§ 1. ÉRY8IPÈLE DE LA FACE. — 8TREPT0C0CCIC.
le
Je n'ai pas à m'occuper ici de l'érysipèle traumati^P . ou chirurgical, devenu du reste d'une extrême raf^* depuis l'usage des procédés antiseptiques. Je n*aienvU^« dans ce chapitre, que Vérysipèle dit médical ou sponta^^^ dont le siège le plus habituel est la face.
Bactériologie. — La nature infectieuse de Térysip^^ ^ (Ipuffoç, rouge, itéXXa, peau) et son origine microbief^^ ^ sont bien connues aujourd'hui. L'agent qui le prod^^^ est le streptocoque (Nepveu, Fehleisen). Il est à la ft^^ aérobie et anaérobie. ^
Gomme tous les streptocoques, le streptocoque ^^ l'érysipèle est un microcoque dont les grains dispo^^
lALADIES INFECTIEUSES PROPRES A L'HOMME. 201
Iwot i bout prennent Tapparence de chaînettes ou de cbapelets.
La chidnette peut être courte et ne contenir que 3 à 4 grains ; elle peut être longue, incurvée, flexueuse et contenir 6, 8, 10 grains. Mais dans Térysipèle, les chaînettes ne sont jamais bien longues ; les longues chainettes, sinueuses, à 30 et 40 grains, s'obtiennent dans certiins milieux de culture. Parfois le streptocoque se rédniti deux grains accouplés sous forme de diplocoque, il y a même des grains isolés.
Tous les grains d'une chaînette ont sensiblement la même dimension surtout dans les cultures jeunes, parfois on trouve dans un même chapelet des grains plus nriomineux.
Le streptocoque se colore facilement avec les couleurs iTiniline ; il ne se décolore pas par le Gram.
Sar tubes inclinés de sérum gela tin isé ou de gélose, plaeésà l'étuve à 37 degrés, les cultures de streptocoques tppuraissent en vingt-quatre heures et même plus vite, nus forme d'un semis blanchâtre, poussiéreux. Ces colonies ont peu de tendance à s'accroître.
hrfois les colonies sont tellement confluentes sur le tnyet de la raie d'ensemencement, qu'elles s'étalent nos forme de traînées irisées et déchiquetées qu'on a comparées un peu emphatiquement à une feuille de foug^.
Les cultures dans le bouillon, à 37 degrés, donnent les ptiticularités suivantes : Après douze ou quinze heures je bouillon se trouble et il s'éclaircit après deux ou trois jours, quand les grumeaux blanchâtres qui le troublaient sont tombés au fond du tube.
Dans les cultures sur bouillon, le streptocoque perd niMdement sa virulence ; en quelques jours ou en quelques semaines sa vitalité est épuisée, ce qui constitue un ol)stacle sérieux pour l'expérimentation. Mais M. Marmorek a trouvé un milieu de culture dans lequel le ilreptocoque peut conserver toute sa virulence. Ce milieu
20fi MÂUDIES GÉNÉRALES ET INFECTIEUSES.
est un bouillon-sérum ' . En voici les différentes compositions classées suivant leur valeur :
a — Bouillon, 1 partie ; sérum du sang humain, 2 parties.
b — Bouillon, 2 parties; sérum de Tascite ou de la pleurésie, 2 parties.
c — Bouillon, 1 partie; sérum d'âne, 2 parties.
Dans le bouillon-sérum la culture du streptocoque n*exalte pas sa virulence, mais cette virulence est conservée intacte, à tous ses degrés, différence capitale avec les autres milieux de culture dans lesquels la virulence du streptocoque s'affaiblissait rapidement. Le bouillonsérum est tellement favorable à la culture du streptocoque, que des cultures vieillies et paraissant mortes si on les ensemence dans du bouillon ordinaire ou sur la gélose, recouvrent leur vitalité si on les ensemence dans du bouillon-sérum. Nous verrons plus loin au sujet du traitement de l'érysipèle par injections de sérum, comment toutes ces notions ont été utilisées.
Expénmentation» — Pour expérimenter le streptocoque le lapin est l'animal de choix. Si on inocule sous la peau de Toreille d'un lapin une culture de streptocoque provenant d'un érysipèle, on voit apparaître un ou deux jours après un érysipèle tout à fait semblable à l'érysipèle humain. L'oreille rougit et se tuméfie, elle devient chaude et dans les phlyctènes qui ne sont pas rares, on trouve des chaînettes de streptocoques. Le lapin est somnolent, abattu, sa température atteint 40 degrés et la mort peut survenir avant que la plaque érysipélateuse ait abouti à la desquamation.
Parfoisi l'inoculation intraveineuse du streptocoque érysipélateux atténué, provoque à la longue, chez le lapin, des myélites infectieuses avec paralysies*, eschares, contractures, atrophies musculaires', troubles