PURPURA. — SCORBUT
A. Purpura.
Ce mot de puffura (pourpre), pris dans son acception 1> plus vraie, signifie « éruption de taches sanguines » . C'est une hémorrhagie de la peau. Ces taches rouges et' pourprées, de dimensions différentes, siègent à diffé-
t. Sénon. Deux cas de titano» traités par le sérwn antttoxique *niitlei de riiwUtut Pastear, 1S92.
^ Bon et VaiUard. Annales do l'Institut Pasteur, 1893.
rentes régions. Elles sont arrondies, proéminentes, discrètes ou confluentes. Chaque pétéchie dure six à sept jours et passe du rouge au violet et au vert; l'épiderme se desquame à ce niveau. Aux pétéchies s'adjoignent souvent des ecchymoses plus ou moins diffuses, plus ou moins étendues. Telle est la description succincte de rhémorrhagie cutanée nommée purpura. Limité à 1 peau, le purpura est dit simplex, mais à cette dénomina tion de purpura s'attache une autre idée : c'est que 1 malade qui est atteint de purpura a une disposition plu ou moins grande à avoir d'autres hémorrhagies (hémor — rhagies nasales, buccales, intestinales, etc.), et cett idée est nettement formulée dans cette autre dénomina— tion de purpura hemorrhagica qui indique la tendanc9i de la maladie aux hémorrhagies multiples.
Toutefois, entre le purpura simplcx et le purpur^^^'^f^ hemorrhagica f il n'y a pas de limite nettement tranchée nul ne peut savoir si tel purpura qui débute avec le apparences d'un purpura simpléx ne deviendra pas ui purpura hemorrhagica avec toutes ses modalités.
Fragilité des capillaires, embolies capillaires, altén lions du sang, rôle pathogène d'agents toxi-inlectieu: tels sont les processus pathogéniques qui cherchent expliquer le purpura.
Le purpura se présente tantôt comme un symptôra survenant au cours de maladies diverses, tantôt il pren^ les allures d'une entité morbide. Les classifications n manquent pas au sujet des différentes variétés de pucffpura (Rayer) *. Je ne puis les reproduire ici, car c'e^ plutôt une question de séméioiogie, et je me contenus d'énumérer les principales variétés de purpura symptc^ malique, en me fondant sur leur étiologie apparente; ji^ dis apparente, parce que, dans cette étiologie grossière ^plusieurs facteurs sont souvent réunis.
l. Barthélémy. Arch. génér. de méd.y décembre 1882. — Du Castes*"— ^^' Des diverses espèces de purpura. Paris, Ih. d'agrég., 1883.
KàLADIES INFECTIEUSES PROPRES A L'HOMME. 277
Oaos le cours des maladies infectieuses, maladies typhoïdes, fièvres éruptives, le purpura est fréquent. Tantôt il se limite à la peau, sous forme de pétéchies et d'eechymoses, avec ou sans exanthèmes (rash), tantôt il €st le prélude d*hémorrhagies multiples qui sont d'un terrible pronostic.
Dans la plupart des états cachectiques, mai de Bright, lymphadéme, le purpura ne reste pas toujours limité aux pétéchies de la peau. Le purpura de la tuberculose mérite une mention spéciale ; il est plus fréquent dans la tuberculose aiguë que dans la phthisie chronique, et il se tra- «faût aussi par des hémorrhagies généralisées.
Le purpura peut survenir sous l'influence de troubles ^ieneux d'origine et de nature diverses ^ Dans quelques cas, il est associé à des lésions de la moelle épinière *, tabès, myélite, cancer du rachis. Les taches purpuriques sont habituellement symétriques et accompagnées d'anesthésie, d'hyperesthésie, d'arthralgies multiples et inohOes.
Certains médicaments, mercure, copahu, belladone, iode, provoquent des éruptions de taches purpuriques précédées ou accompagnées d'éruptions exanthématiques. Le purpura iodique siège presque toujours à la face antérieure des jambes'.
Après avoir passé en revue ces différentes variétés du purpura symptomatique, variétés qui ont parfois plu- ^seurs causes communes, nous devons nous occuper de ^^«ox autres variétés qui ofiTrent des caractères assez xietteraent tranchés : le purpura rhumatoïde et le purpurt infectieux.
Purpura rhumatoïde. — Le purpura rhumatoïde, purpora exanthématique rhumatismal, péliose rhumatis- >i^le (iccXi6c, livide), est rarement associé au rhumatisme articulaire aigu; dans la majorité des cas, il s'agit plutôt
1< Goatj. Purpura d'origine nerveuse. Gas. hebdom., Paris, 187& 1 Faisans. Du purpura myélopathique. Th. de Paris, 1882. ^ Voamier. Revue mensuelle. Paris. 1877.
de purpura avec pseudo-rhumatisme que de rhumatis avec purpura (Besnier)*.
Cette forme, plus fréquente chez les enfants que < .^heî les adultes, survient surtout au printemps et en éU comme les érythèmes polymorphes, comme réryth^^smc
noueux avec lesquels le purpura rhumatoîde a tan^K de points de contact. A l'exanthème purpurique s*assoc^Sent des douleurs, des œdèmes et des troubles gastro-intt— î—iîtinaux; en voici un exemple : Un jeune garçon, après ^E"atignes ou sans cause apparente, est pris de douleurs -^ux jointures et dans les masses musculaires, aux genciz^ux, aux cous-de-pieds, aux mollets, à la cuisse, aux bras; ces douleurs, réveillées parla pression, sont parfois accoir^^^pagnées d'une légère hydarthrose. En même temps ^surviennent des troubles gastro-intestinaux, vomissem^^nts bilieux ou alimentaires, douleurs à l'estomac, coliq^LJes, diarrhée parfois sanguinolente. A ces symptômes ^ '**" socie un œdème blanc, plus ou moins limité autour ^^ jointures, plus ou moins étendu au reste du co^^*Ps» atteignant parfois la face, et simulant l'œdème brightL ^ï^e ou l'œdème cardiaque*.
C'est au milieu de ces symptômes, qui, suivant le c::^*^, sont plus ou moins accusés, que l'éruption purpuri^^3^* apparaît. Les taches purpuriques siègent surtout ^^'^ membres inférieurs, elles sont quelquefois symétrique- ^» habituellement pétéchiales et rarement ecchymotiqi^ ^' Ce purpura est accompagné d'un léger mouvem^^^"^ fébrile, il peut se faire par poussées successives et du:^*''^ plusieurs semaines, plusieurs mois, mais il est rarem^^ associé à d'autres hémorrhagies. Accompagné de dém^^"" geaisons, il prend le nom de purpura urticans,
A l'éruption purpurique s'associe parfois une érupt^ ^ d'érythème papuleux, d'érythème noueux, association «^^^[î" montre l'affinité qui existe entre le purpura rhumato^^ et les érythèmes orties et polymorphes.