‹ Manuel de patrologieChapitre 16 sur 97 · Ouvrages certainement authentiques · texte numérisé non relu

Ouvrages certainement authentiques

La première Eplire aux Corinthiens, ‘Entorok} mode Koptvôlouc rpwra, divisée en cinquante-neuf chapitres. Cette lettre, au témoignage d’Eusebe et de saint Jérôme, était lue dans les Eglises chrétiennes dès la plus haute antiquité. Les efforts tentés récemment pour aflaiblir l'authenticité de cette lettre, démontrée par de si puissants témoignages, et pour l’attribuer au martyr Flavius Clément, de la famille de l’empereur Domitien, sont aussi vains que les doutes élevés précédemment sur son intégrité.

Cette lettre fut écrite à l’oecasion des disputes qui avaient éclaté parmi les fidèles de Corinthe, et qui existaient déjà du temps de saint Paul. Les Corinthiens avaient poussé l'audace jusqu'à déposer leurs supérieurs ecclésiastiques et à exiger que Clément, évêque de Rome, approuvât leur conduite. Clément, au nom des fidèles de Rome, leur répondit par la présente lettre et leur adressa de vifs reproches sur ce qui s’etait passé. Dans le Nouveau Testament, leur dit-il, institution de la hiérarchie ecclésiastique n’est pas moins divine que

4 Aujourd’hui la Crimée. (Note du trad.)

sous l'Ancien; il leur montre les tristes conséquences des dissensions et des schismes, et, après de sévères réprimandes (c. xxix et xLv), il reprend un accent plus affectueux et les exhorte à rétablir la concorde parmi eux. Le ton un peu äpre qui règne dans certains passages de cette lettre l’a fait appeler par saint Irénée une épitre « forte, massive » (fxavurérn). Elle fut sans doute rédigée vers l’an 96, car l’allusion qui y est faite à une persécution violente qui venait d’avoir lieu s'applique mieux à la persécution de Domitien qu’à celle de Neron. Les indications contenues dans les chapitres xı et xrı ne signifient pas absolument que le temple de Jérusalem subsistait encore. Du reste, saint Clément affirme lui-même, au chapitre xziv, que les successeurs des apôtres avaient déjà institué des prêtres qui, eux-mêmes , « depuis longtemps, » jouissaient d’un crédit universel peuaprupoumevor moXdoïs Xpvors nd révrwv.

Parmi les lettres de saint Clément, on considère comme douteuses :

4. La seconde Epitre aux Corinlhiens, 'Erwrorh po Kopıvölous Geurépu. Cette lettre, composée de douze chapitres, ne commence et ne finit point avec les formules accoutumées du genre épistolaire et ne roule point sur un sujet précis, ce qui a fait supposer que c'était un fragment d’homelie ecclésiastique. Gallandi, dans ses Prolégomènes, a fait de grands efforts pour établir son authenticité par des raisons intrinsèques et extrinsèques. D’autres, prenant le parti opposé et sacrifiant le titre, d’ailleurs insignifiant : IIpös Kopivôlouc, ont rappelé ce fait consigné dans saint Epiphane', qu'il circulait de son temps des Lettres encycliques de Clément, renfermant une doctrine antiébionite, et qu'on lisait dans les communautés chrétiennes. C'est là ce qui a fait croire que

1 Hares., lib. XXX,c. xv. Cf. Hieron., Advers. Jovinian., lib. 1, C. Xl. |

notre lettre pouvait bien être une de ces lettres circulaires, d'autant plus qu’elle ne portait pas l'adresse des destinataires. Quant à l'absence d'une conclusion, elle s'explique suffisamment par la brusque interruption du texte.

Après une étude plus attentive de cette question, Hagemann a essayé d'établir que ce fragment servait de lettre d'accompagnement au Pasteur d'Hermas, avec lequel il présente de nombreuses et grandes analogies.

Consulter Hagemann, Tub. Theol. Quart.-Sch., 1864, p. 509-531 , et Hilgenfeld, les Pères apostoliques, p. 118-121.

2. Epistolæ Il ad virgines, seu de laude virginilatis. Ces épîtres, en traduction syriaque, ont été découvertes au dix-huitième siècle par Wetstein, et publiées avec une traduction latine. On les trouve aussi dans Gallandi, Biblioth., 4° vol., et dans Migne, série grecque, 1 vol. Beelen en a donné récemment une édition plus correcte, à laquelle on serait tenté de reprocher trop d'appareil critique, Louvain, 1856, in-4°. Elle a été traduite en allemand par Zingerle, Vienne, 1827.

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