CHAPITRE PREMIER
Principale édition des apologistes grecs du deuxième siècle (Justin, Tatien, Athénagore, Théophile et Hermias), par le bénédictin Prudence Maran, Paris, 1742, in-fol.; Gallandi, Biblioth., t. I et II; Otto, Corpus apolog. christ., ed. 2%, lenæ, 1847 et seq., 9 vol. Reproduit en grande partie avec l’appareil littéraire dans Migne, ser. gr., t. VI.
Après la Lettre à Diognète, écrite par un des disciples des apôtres, au rapport d’Eusebe et de saint Jérôme, Quadrat, évêque d'Athènes, et Aristide, philosophe athenien, adressèrent à l’empereur Adrien des écrits en faveur du christianisme méconnu et persécuté. Des écrits analogues furent présentés par Méliton, évêque de Sardes, à l’empereur Antonin; par Miltiade et par Apollinaire, évêque d’Hierapolis, en Phrygie, à l’empereur Marc-Aurèle. Ces apologies, à part quelques fragments, sont aujourd’hui perdues ; celle de Méliton a été
publiée dernièrement en une version syriaquet, par l'Anglais Cureton, et traduite en allemand par Welte ?. Comme cette dernière, différente pour le fond comme pour la forme du fragment qui se trouve dans Eusèbeï, ne renferme que des idées générales sur la confusion que les paiens faisaient du vrai Dieu et des créatures, des avertissements à l’empereur de ne se point faire illusion, et de reconnaître, lui et ses fils, le Dieu unique, père de toutes choses, qui n’a point été créé, mais par qui tout subsiste, afin que Dieu le reconnaisse aussi dans l’autre vie, c’est à Justin que nous sommes obligés de demander le premier modèle complet d'une apologie chrétienne.
$S 21. Justin, philosophe et martyr (mort en 166).
Voir les Prolégomènes dans Maran, Gallandi et Otto, vol. I-V. Dans Migne, série grecque, t. VI, Héfelé, dans l'Encyclopédie de la théol. cath., éd. Gaume, Paris.
Justin, Grec de nation, naquit d’une famille paienne, a Flavia Neapolis (l’ancienne Sichem, aujourd'hui Nablus), vers l’an 100 après Jésus-Christ, et fut élevé dans le paganisme. Poussé vers la philosophie par le désir de s’instruire, ainsi qu’il le raconte dans son Dialogue avec le juif Tryphon, c. u-vi, il fréquenta successivement l’école d’un stoicien, d’un péripatéticien et d'un pythagoricien, et crut enfin avoir trouvé dans Platon la science véritable. Un jour qu’il se promenait sur le rivage de la mer, plongé dans ses méditations philosophiques, un vieillard entre en conversation avec lui, lui parle de la nécessité d’une révélation divine, des prophètes de l'Ancien Testament et de Jésus-Christ. Cet entretien le détermina à de nouvelles recherches et fut suivi de sa conversion au christianisme (de 133 à 137). Quoique baptisé, il garda cependant le manteau
1 Londres, 1855. — % Tubing. Quart.-Schr., 1869, p. 392-409. — 8 Hist., lib. IV, c. xxIu.
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"des philosophes, et sans être investi, à ce qu'il parait, “+ aucune fonction ecclésiastique, il prit, dans ses paroles et dans ses écrits, la défense du christianisme contre les - païens, les juifs et les hérétiques. A Rome, il le défendit contre Crescent le Cynique, et se consacra à l’enseigne-
: ment (Tatien fut son disciple) ; à Ephèse, il discuta avec
le juif Tryphon. Il termina sa vie, comme il l'avait ; pressenti, par la mort du martyre, et fut décapité, pro- © bablement en l’année 166, sous le préfet Rusticus, avec
Ir.
‚Six autres chretiens.
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Iren., Adv. hæres., I, xxx1; Tertull., Adv. Val., c. v; Chron. pasc., ed. Dindorf, 1, 482. Voir son martyrologe (authentique) dans Maran, p. 585. Voir des détails sur lui dans Eusèbe, IV, xvi-XVuls; saint Jérôme, Catal., c. xx; Photius, Bibl., cod. 125.
Ouvrages certainement authentiques de saint Justin.