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Les auteurs de l'Histoire litiéraire de la France le revendiquent au contraire pour leur compatriote. Ce qui est certain, c’est qu'il se trouvait à Rome sous le pape Zephyrin et qu'il y discuta avec Proclus. Saint Jérôme lui donne le titre de prêtre, Photius celui d’évêque, rüv ébvéiv énloxonos. Eusèbe l'a surnommé Aoywratos vip, à cause des talents qu'il a déployés dans la défense du christianisme ; il le vante surtout comme un fougueux antagoniste des millénaires. On suppose qu’il mourut vers 220.
Il ne reste de ses écrits que des fragments conservés dans Eusèbe, saint Jérôme, Théodoret et Photius.
4. Refulalion du montanisme, conservée dans le Dialogue contre Proclus, un des coryphées de cette erreur en Orient. Saint Jérôme appelle ce travail insignis ; Photius, qui le qualifie de oxovdaïa, le cite sous le titre de xardk Tldrpoxdov, |
2. Théodoret! lui attribue encore le Parvus Labyrinthus dirigé contre l’hérésie d’Artemon et de Théodote. Photius l’appelle Tatouv rolnua; on a cru, mais à tort, qu'il s'en trouvait des fragments dans Eusebe ? : cet historien déclare lui-même qu'il ne cite que des paroles tirées d’un écrit anonyme contre Artémon.
D’après les Philosophumena complétés par de récentes découvertes, et d’après les recherches laborieuses faites sur l’auteur, quelques critiques ont attribué à Hippolyte l'ouvrage sur l'Univers ou sur la cause de l’univers, que Photius assigne à Caïus. Déjà précédemment on avait rejeté cette opinion, longtemps accréditée, que Caïus était l’auteur du fragment qui se trouve dans Muratori”, et qui contient les plus anciens renseignements que nous ayons sur le canon du Nouveau Testament.
Ci. Hug., Introd. au N. Testam., 1er vol., p. 123, et Kirchhofer, Collection des sources de l’histoire du canon du N. Testam. Les
1 Heret. fab., U, v. —3 Hist. ecci., V, xxVvim. — 8 Antiq. ital., t. II.
fragments qui ont été attribués à Caïus et qui ont été conservés se trouvent dans Gallandi, Bidlioth., t. I; dans Routh, Relig. sacr., t. Il, et dans Migne, sér. grecq., t. X, au commencement avec des Prolégomènes. Cf. Ceillier, L. II; Lumper, part. vor, p. 17; Mœbler, Patrol. p. 617.
$ 30. Hippolyte.
Voir les Prolégomènes dans l'édition des Œuvres d’Hippolyte, par Fabricius, Hamb., 1716; Gallandi, Biblioth., t. I, c. xvın; Migne, t. X.
Ce nom appartient à plusieurs hommes remarquables de l’antiquité, que l’on a souvent confondus ensemble, aussi bien que les renseignements qui les concernent. Celui qui nous occupe passe généralement pour avoir été évèque de Portus Romanus. La plupart ont cru qu'il sagissait de Porto, dans le voisinage de Rome, ou de Aden, ville maritime romaine de l'Arabie. C’est seulement depuis que les Philosophumena ont été complétés, et depuis les nombreuses recherches dont ils ont été l’objet, que nous connaissons un peu sa personne et sa vie.
Hippolyte aurait été disciple de saint lrénée, contemporain d’Origene et de l’antitrinitaire Bérylle de Bostra. Fixé ensuite à Rome, il aurait pris une part active aux querelles dogmatiques de ce temps, car il y avait là des représentants de presque toutes les sectes. Mais en combattant les sabelliens et les noetiens, qui soutenaient le patripassianisme, il tomba lui-même dans l'excès opposé , le subordinatianisme. Il défendit aussi le point de vue rigoriste contre la pratique mitigée qui avait prévalu dans le sacrement de pénitence et dont le pape Zéphyrin s’était fait le promoteur.
Convaincu de l’orthodoxie de ses opinions, hautement estimé pour son savoir, après la mort de Zéphyrin il s’eleva en qualité d’évéque contre son successeur Caliste, qui lui était personnellement odieux et souleva un schisme, qui heureusement ne s’etendit pas beaucoup. De là lui est venu, comme Deellinger l’a prouvé sans réplique, la dénomination d’Episcopus Portus Romani;
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car si des écrivains grecs lui ont donné plus tard le titre d’eveque de Rome, les catalogues des papes et les auteurs occidentaux ne connaissent point de pape sous ce nom. Son schisme peut avoir duré quinze ou seize ans; plusieurs témoignages attestent qu'avant son martyre il se réconcilia avec le Saint-Siege. Selon toute vraisemblance il mourut dans le même temps que le pape Pontien, vers 235, car les martyrologes et les liturgies les citent toujours ensemble. De son vivant, ou immédiatement après sa mort, ses partisans lui érigèrent une statue de marbre d’une grande valeur artistique (c'est le plus ancien exemple que nous avons en ce genre); conservée jusqu’à ces derniers temps dans la bibliothèque vaticane, elle est maintenant au musée de Latran. Son cycle pascal (depuis 223 à 333) et le catalogue (incomplet) de ses écrits, sont gravés sur ce monument.
Plusieurs écrivains ont rendu hommage à ses connaissances : Nescis, dit saint Jérôme, quid in libris ejus primum admirari debeas, eruditionem sæculi an scientiam Scripturarum !. Entre ses ouvrages, nous signalerons surtout :
Travaux d'exégèse.
Contemporain d’Origene, le vrai fondateur de l’exegèse, Hippolyte n’a rien qui rappelle sa methode et ses procédés. Dans ses commentaires sur la plupart des livres de la Bible, au lieu de poursuivre minutieusement le sens littéral ou le sens allégorique, il procède plutôt par la réflexion et le raisonnement, comme on le voit par les passages cités dans les Chaînes et rapportés par les exégètes postérieurs. Les plus importants sont ses commenaires sur le livre de Daniel et sur l’histoire de Suzanne, qui lui parait une allégorie de l'Eglise chrétienne. Dans le Nouveau Testament, il s’est principalement occupé de l'Evangile de saint Jean et de son Apocalypse.
! Hieron., Epist. Lxx ad Magnum.
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