‹ Manuel de patrologieChapitre 32 sur 97 · I-ınnaz somuieiqnues · texte numérisé non relu

I-ınnaz somuieiqnues

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VMETIGeS LiGUCIUTUES Sl PO ÉEUTRES

4. Demcastrsis de Christie et eu:whrıte dix-sept chapitess., Ad.» a un de ses amis noœmmme Théophile. Dans en traité, k pins anrien qui existe sur Faulechrist, Hippiste expos d'abord que le Verbe a reveie depuis longtemps som incarnation aux prophetes. et qu'il est devenu en s'incarnant le ministre de Dieu pour la rédemption de tous. « Il cherche à mstruire les ignorants et à ramener dans la droite voie ceux qui se sont egares. Ceux qui le cherchent dans la foi le trouvent facilement; ceux qui frappent à sa porte avec des veux purs et un cœur chaste, il leur ouvre aussitôt. Il désire sauver tous les hommes, les faire tons enfants de Dieu ; il les appelle tous à la virilité parfaite, Car c’est lui, le Fils de Dieu, qui régénère par le Saint-Esprit ceux qui désirent parvenir à l'état d'homme céleste et parfait. »

Considérant l’antechrist comme un être personnel, il cherche à fixer par l’Ecriture, son origine, le temps de son arrivée, ses séductions et ses impiétés. Il commente longuement les visions de Daniel et de Nabuchodonosor, et trouve dans les dix cornes et dans les dix doigts des pieds un symbole de l’antechrist. Il emprunte aussi des traits pour son tableau à Isaie et à l’Apocalypse.

1 Hippolyte et Calliste, p. 24.

L’antechrist, dit-il, se fera passer pour Dieu et persécutera l'Eglise. Il finit en exhortant Théophile à s'abstenir de tout péché. Cependant Hippolyte n’est pas bien sûr que tout cela soit vrai, et il hesite ®.

2. La petite Démonstration contre les Juifs (en dix chapitres) semble plutôt détachée du commentaire sur les psaumes que former un travail à part.

3. Adversus Platonem, ou Discours aux Grecs. Cet écrit, dont il ne reste qu'un fragment , roule sur les idées de Platon touchant l’origine du monde.

4. Il se peut aussi que les dix chapitres contre l’hérésie de Noët ne soient qu'un fragment. L'auteur y combat l'hérésie patripassianiste de Noët de Smyrne, et lui oppose sa propre doctrine sur l’incarnation du Fils.

5. Sur les Charismes. Plusieurs croient, non sans vraisemblance,, que l'écrit touchant la statue d’Hippolyte est le même que celui qui figure dans les Constitutions aposloliques *, et qui développe la pensée de l’apötre®. Seulement, il était peu séant d’y faire parler l’apôtre en son propre nom et à la première personne.

6. Philosophumena , seu omnium hæresium confutatio, dix livres. Avant 1842, le premier livre de cet important

ouvrage était seul connu, sous le titre de Philosophumena Origenis*. Depuis, Mynoides Mynas a retrouvé en Grèce les sept derniers livres, dont le manuscrit est conservé à Paris dans la bibliothèque impériale. Cependant les éditeurs E. Miller, Dunker et Schneidewin ® continuerent de l’attribuer à Origene ”. Maintenant, après tant

IC. ret xxx. Dellinger, Christian. et Eglise. —* Lib. VII, c. ı et 1.— 8 I Cor., c. xu. — + Orig. Op., t. I, ed. Bened. — 5 Oxon., 1851. — ® Græce et lat., Gotting., 1859. Migne, ser. grecq., t. XVI, pP: à.

TLe Manuscrit de Paris (lib. X, c. xx1) contient cette glose marginale : Qpryévns xal *Qpryévous Ô6Ex. Comme elle se rapporte à un passage significatif, la profession de foi de l’auteur, on a soupçonné qu'elle pouvait provenir de quelque copiste qui aurait mal entendu

cetendroit. On sait que les copistes se servent du signe (%) wpatoy

de recherches laborieuses, on a cessé de croire à la paternité d’Origene, de même qu’à celle de Caius, de Tertullien et de Novatien, alléguée pendant la controverse ; et Hippolyte a été généralement admis comme auteur. Ces obscurités viennent sans doute de ce que ce livre était peu connu de l'antiquité, et qu’on n'y faisait guère usage que du dixième livre sans nommer l’auteur, comme a fait Théodoret. Le premier expose les systèmes philosophiques, où l’auteur place le point de départ des hérésies; viennent ensuite les écoles des brahmes indiens, des druides celtiques et d’Hesiode. Le second et le troisième livres font encore défaut. Le quatrième traite de la magie, de l'astrologie et des divers systèmes de superstition ; le cinquième jusqu’au neuvième cite les doctrines de trente-trois hérétiques, parmi lesquels figure le pape Caliste; l’auteur termine par les écoles juives des esseniens, des pharisiens et des sadducéens. Le dixième livre est une longue récapitulation de l'ouvrage, qui se ferme par un coup d’eil sur la propagation du peuple de Dieu en Palestine (plus ancien, dit Hippolyte, que les Chaldéens, les Egyptiens et les Grecs), par la profession de foi de l’auteur, remplie d'erreurs, et par une exhortation à reconnaître le vrai Dieu !.

Quoique souvent d’accord avec saint Irenee et les pour appeler l'attention sur des passages particulièrement importants. Ce signe étant aussi employé dans les écrits d'Origène, un copiste aura rendu cette abréviation par *Qpryéyns au lieu de spaio». (Revue autrich. de théol. cath., p. 618.)

1 Voir sur les éditions de Dunker, Schneidewin, Cruice, le docteur Nolte dans la Revue de Tubingue , 1861 et 1862, avec différentes corrections ; sur celle de l'abbé Cruice, Krauss, dans la Revue autr. de theol. cath., 1862. Ont écrit sur Hippolyte : Moretti, Rome, 1752; Ruggieri, De Portuensi S. Hippolyti sede disserlatio, Rome, 1771. Sur l’auteur même : Fessler, Hergenræther, Deellinger, Freppel, Le Normant, Cruice, Pitra, de Rossi, Armellini, Wordsword, Bunsen, Baur, Jacobi, Volmar (Hipp. et ses contemp. de Rome), Zurich, 1855, Ces travaux ont été appréciés par Doællinger (Hipp. et Call., ou l'Eglise rom. dans la prem. moitié du troisième siècle, Ratisb., 1853);

par Hergenræther, Hipp. et Novatien, dans la Revue autr. de théol. cath., 1863,

auteurs grecs qui ont traité des hérésies, Hippolyte fournit souvent des données toutes nouvelles qui facilitent singulièrement l'intelligence des systèmes hérétiques : quelquefois même il les contredit directement; aussi la publication des Philosophumena a-t-elle modifié bien des vues et des jugements. Cependant il ne faudrait pas exagérer la valeur de ces données nouvelles.

Le cycle pascal d’Hippolyte, gravé sur sa statue, parait avoir excité une attention particulière ; il disait que tous les seize ans Pâques retombait le même jour.

Nous ne sommes pas bien certain que le Züyrayua xarx racüy aipéoswy et le Ax6bpryBos ?, de même que le Zuxpds Aabüupıvdos 3, soient d’Hippolyte; il ne nous semble pas qu’ils aient quelque rapport avec les Philosophumenes.

D'autres écrits sont entièrement perdus, tels que : Hept Geoû (?) xat oupxôc dvastéoews ( De Deo et -carnis resurreclione ) ; Ilepi 1’ dyadou xal nödev ro xaxdv ( De bono et unde malum) ; d’autres n’ont pas même de titres certains : Dat el; nacas ypapés ( Odæ in omnes scripturas) ; peutêtre IIpös naoas rag aipkoeıs ( Adv. omnes hereses). Les fragments d’un ouvrage contre Beron et Heliæ (peut-être Kara Bépwvos xal fhwrüv), Contre Beron et ses contemporains, sont évidemment apocryphes ®.

Le style d’Hippolyte, un des meilleurs auteurs ecclésiastiques, n’est pas d’un atticisme bien pur ; il est parfois guindé *. |

Doctrine d’Hippolyte.

1. Sur la Trinité, il professait le subordinatianisme et se servait de la terminologie usitée avec l'apparition de l'arianisme. Pour lui, le Logos est la raison impersonnelle du Père; par un acte de la volonté du Père, il est

1 Hilgenfeld, dans la Revue citée, 1862. — ? Photius, cod. 38. — Théodoret, Hæret. fab., ıv, 5; cf. Euseb., Hist. eccl., V, xxvil. — *Dœllinger, Hippolyte, p. 318. — 5 Voir des jugements anciens et nouveaux dans Migne, t. X, p. 381. |

devenu une personne distincte, et Fils de Dieu par l'incarnation seulement. Voici peut-être l'expression la plus choquante de toute sa theorie: « Si Dieu avait voulu faire de vous un Dieu, il l'aurait pu; vous en avez une preuve dans le Logos ‘. » Le Saint-Esprit, quoique nommé, n'est point une hypostase particulière ; de là vient que le pape Caliste a accusé l’auteur de ditheisme, 8tdeol êote *1

2. De U Incarnaltion, il dit en termes clairs et corrects: « Nous savons que le Verbe a pris un corps dans le sein de la Vierge et porté le vieil homme en adoptant une forme nouvelle ; il a parcouru dans sa vie tous les degrés de l’âge, afin de servir de loi à tous les âges.» Îl insiste principalement sur l’incarnation du Verbe et sur la réalité de son corps, où xar& guvraslav AN &xnbüe yen pevos dvépwros*, et pour dépeindre ses travaux, il compare le Christ avec Adam : « Le Verbe premier-né cherche la première créature Adam, dans le sein de la Vierge;

celui qui vit à jamais cherche celui qui est mortpa

la désobéissance ; celui qui est du ciel appelle en haut

celui qui est de la terre; celui qui est libre a voulu pa .

la servitude affranchir l’esclave®.» C’est pour la même fin

qu’il est mort sur la croix, c’est pour racheter l'homme

perdu 6.

3. Voici comment il parle de la création : « Dieu na- | vait rien qui lui fût contemporain, quand il résolut de .

créer le monde. Il nous suffit donc de savoir que rin

n’était contemporain de Dieu, qu'il n'existait que lui’. »

4. «a L'Eglise est un vaisseau en pleine mer, ballotté : par les flots, mais qui ne périt point, car il est dirigé

par un pilote habile, Jésus-Christ. Avec le trophée de la croix du Christ, l'Eglise triomphe de la mort; et ave .

ses autres moyens dont elle dispose, elle conquiert ke.

1 Philosoph., X, xxxıu. — 2 IX, XI. —® Ibid., X, xxx, — * Conl.

Noet., c. zvil. — 5 Serm. de cant. magn., ap. Theodaret., Dial. I;

Migne, t. X, p. 866. — © De Christo et Antich., ec. IV. 7 Philosoph, “

X, xxxu; Cont. Noet., x.

monde. L’Eglise, est aussi une chaste épouse à laquelle les hérétiques osent faire violence *. » Les ministres de l’Eglise sont les évêques, les prêtres et les diacres. Comme saint Irénée, notre auteur donne aussi le nom de prêtres aux évêques 5.

5. Hippolyte a quelques beaux passages sur le bapème et l’Eucharistie : « Le Logos est descendu vers l'homme pour le laver dans l’eau et dans l'Esprit ; il l’a régénéré à l’incorruptibilite de l’äme et du corps, en lui inspirant l'esprit de vie et en le revêtant d’une armure impénétrable. Celui qui descend avec foi dans ce bain de la régénération , renonce au mal et se dévoue à Jésus- Christ. 11 sort du baptême, resplendissant, comme le soleil des rayons de la justice *. »

Eucharistie. « Chaque jour son corps précieux et immaculé est consacré et offert sur la table mystique et divine en souvenir de cette première table à jamais mémorable où fut célébré le mystérieux et divin repas. » Dans le commentaire de ces mots : Venile, comedite panem meum , il représente l’Eucharistie comme sacrifice : «Il a donné sa chair divine à manger, et son sang prédeux à boire pour la rémission des péchés 5. »

La législation de l'Eglise sur le mariage ressort nettement de l'accusation intentée à Caliste par Hippolyte, d'avoir outrepassé les bornes de la modération 6.

6. À ceux qui niaient la résurrection des morts, il disait: « S1 vous croyez avec Platon que Dieu a fait l’âme inmortelle, vous devez croire aussi qu’il a le pouvoir de ranimer le corps et de lui conférer l’immortalité ; rien n'est impossible à Dieu 7. » Sur ce point, comme d’autres auteurs avant et après lui, l’auteur est millénaire.

| 1. Dans son rigorisme outré, Hippolyte reprochait au

! De Christo et Antich., Lix. — % P. Susan. Dan., xm, 15, 22. —

inger, op. cité. — * Hom. in Theoph., vu et x. — 5 Fragm. in

Prov., 1x, 4 ; Migne, ser. gr.,t. X. p. 626. — © Deellinger, op. cit. — ! De causa universi, c. 11 et II.

pape Caliste d'offrir à tous les pécheurs la rémission de leurs péchés. Mais ici, comme à propos du Logos, c'est la doctrine du pape qui est restée orthodoxe ; de lä les honneurs qui furent rendus à son tombeau dans les catacombes.

Voir dans Dallinger (Hippolyte, p. 111), la justification du pape

Caliste contre les accusations d’Hippolyte. Cf. Ceillier, éd. Ars, t. Il, p. 316; éd. 2e, t. I, p. 607; Mœhler, Patrol., p. 58.

$ 31. L'Ecole eatéehétique d'Alexandrie.

Eusèbe, Hist., V, x; Guerike, De schola quæ Alex. floruit catech., Halle, 1824 ; dans un sens presque opposé sous le même titre, Hasselbach, Stettin, 1826. Jules Simon, Hist. de l'école d’Alex., Paris, 184. Redepenning, Vie et doctrine d’Orig., Bonn, 1841, p. 57.

L’ecole d'Alexandrie, dont les origines sont controversées parmi les savants, parce qu'elle a été citée sous des noms divers, a exercé une influence considérable sur les progrès et principalement sur le caractère scientifique de la littérature chrétienne *.

Eusèbe ayant dit de cette institution qu'il nomme Starpıbh Tov riorüv, Giduoxahetov ray fepiv Adyuv et uducxudeiv is xarnyñoeus, qu'elle existait à Alexandrie, « selon une ancienne coutume, » et saint Jérôme l’ayant fait remonter jusqu à Jean-Marc, le fondateur de la chrétienté de cette ville, il est croyable qu’elle ne fut d’abord destinée qu'à l'instruction élémentaire des nouveaux chrétiens. Centre de l’erudition juive et païenne, foyer d'opinions philosophiques et d’hérésies nombreuses, Alexandrie sentit bientôt le besoin d'une institution scientifique qui fournirait aux clercs et aux laïques chrétiens des moyens de défendre leur croyance contre les attaques des paiens et des juifs, et contre les subtilités des hérétiques. Pour répondre à ces besoins multiples, on s’appliqua surtout à l'étude de l’Ecriture sainte et à l’exegese. Grâce à ces efforts et à la direction d'hommes libres, cet établisse-

I R edepenning, p. 57, note 1.

ment théologique, qu’on continua d'appeler l’école catéchétique d'Alexandrie, prit un caractère accentué, une direction précise, qui provoqua bientôt, sur le terrain de la théologie scientifique, de nombreuses dissidences.

Pantène passe pour en avoir été le premier chef. Né en Sicile, suivant une indication de Clément d’Alexandrie‘, partisan, dans sa jeunesse, des doctrines stoiciennes ?, converti ensuite par un disciple des apôtres, il sappliqua avec ardeur à l'étude de l’Ecriture ®, jusqu'au moment où il fut nommé chef de cette école. Sa réputation de philosophe, de théologien et d’exegete se répandit au loin. Du fond des Indes (s’agit-il des Indes proprement dites, ou de l'Arabie du sud?) on exprima le désir d'entendre l'Evangile de sa bouche. Il s’y rendit avec l’agrément de Démétrius son évêque, et on prétend qu’il y trouva l’évangile de saint Matthieu en hébreu. De retour à Alexandrie, il continua ses travaux jusqu'en 22, suivant saint Jérôme; selon d’autres indices, il n'aurait déjà plus été là vers 202. On lui doit, outre ses lecons verbales, plusieurs commentaires sur l’Ecriture sainte, dont il ne resie que de maigres fragments 5.

Il eut pour successeur, au troisième siècle, Clément d'Alexandrie, qui parle souvent de lui avec admiration, Origene, Héraclas, Denis le Grand, Pierius (le jeune Origene), Théognoste et Pierre le martyr; au quatrième siècle, Didyme l’Aveugle et Rhodon, avec lesquals s’eteignit cette remarquable institution.

S 32. Clément d'Alexandrie (mort vers 217).

Cf, Notitia hist.-litterar. in Clem. Alex., in Fabric. Bibl. græca, ed. Harless, t. VIL et Potter, Préface de son édition des Œuvres de Clément, Paris, 1715; réimprimés tous deux, avec les Testimonia veterum de Clemente, dans Migne, ser. gr., t. VIII.

Titus - Flavius Clemens , né vraisemblablement à

I Strom,, E, 1. — 2 Hier., Catal., c. xxxv1; Euseb., Hist., V, x. — 3 Photius, Cod., 118. — * Hier., Ep. Lxx ad Magn. — ® Halloix, Vita

Athènes, avait parcouru durant le cours de ses études littéraires tous les systèmes philosophiques et religieux, sans y trouver l’entière satisfaction qu'il y cherchait. Ce bonheur ne lui échut que lorsqu'il entendit les lecons de Pantene, chef de l’école d'Alexandrie. Désormais, «il passa du culte criminel du paganisme à la foi au divin Rédempteur et à la rémission des péchés. » Chrétien et prêtre de l’école d’Alexandrie, il conserva cependant le goût des études philosophiques, et, comme Justin, il retint de la philosophie païenne, de Platon surtout, tout ce qui lui parut compatible avec le christianisme.

Nommé successeur de Pantène par l’évêque Démétrius, il accrut encore la renommée de l'école d’Alexandrie. Obligé de prendre la fuite en 202, lors de la persécution suscitée par Septime-Sévère, il passa quelque temps à Flaviades en Cappadoce auprès de l’évêque Alexandre, son ami, qu'il suivit à Jérusalem, lorsqu’Alexandre fut nommé coadjuteur de l’évêque Narcisse. Clément retourne-t-il à Alexandrie? Nous l’ignorons. Mort dans une haute vieillesse, vers 217, on lui a gardé un souvenir reconnaissant ‘. Dans l'Eglise orientale, il a été souvent qualifié de saint, et en Occident Usuard l’a inséré dans son martyrologe. Toutefois il ne figure pas dans la nouvelle édition du martyrologe romain, publié en 4751 sous Benoît XIV ; les raisons en sont indiquées dans la bulle Postquam intelleximus, que ce savant pape a placée en tête.

De ses écrits nous possedons les suivants : l’Avertissement aux Grecs *; le Pædagogue (trois livres), sorte d’introduction à la morale chrétienne ; les Stromates, ou Tapisseries (sept livres), examen approfondi des vérités

Pantæni, p. 851 ; Ceillier, 2e éd., t. I, p. 235-239; Tillemont, t. I, p. 170; Moshler, Patrol., p. 399.

1 Voir des détails sur lui dans son Pédagogue, Il, x; dans ses Stromates, I, 1; Eusèbe, Hist., VI, I, III, VI, XI, XIV; Prepar. Evang., Il, I; Epiph., Hæres., XXXII, vi; Hieron., Catal., c. xxxviu; Photius, Codex, 109-111.— ? Voir plus haut, 8 26.

de la foi, et enfin : Quel riche sera sauvé? Quis dives salvelur ? en quarante-deux chapitres.

Ce dernier écrit, plein d’attraits, est un commentaire pratique de ce texte évangélique : « Il est difficile aux riches d’entrer dans le ciel.» On y trouve aussi la belle legende de l’apôtre saint Jean courant à la recherche d'un jeune homme égaré dans une troupe de brigands ?. La conclusion de Clément est que le riche ne doit pas désespérer de son salut, que la richesse peut même lui servir de moyen pour l’opérer, que tout dépend ( comme le disait plus tard saint Jérôme) si on en est le maître ou l'esclave ; que la perte du riche ne vient point de ses richesses, mais des dispositions avec lesquelles il les a possédées.

Le plus considérable de ses écrits perdus sont les Adumbrationes, explication de certains passages de l’Ecriture et de quelques apocryphes : ouvrage plein d'erreurs théologiques, au dire de Photius, et rédigé probablement à l’époque de sa conversion. D’autres ouvrages perdus traitaient du jeûne, de l’abstinence, de la calomnie, de la patience ; il reste quelques débris de ses traités sur l'âme et sur la Providence. On regrette surtout la perte de De Paschate et De Canone ecclesiastico, qui roulent l’un et l'autre sur la fête de Pâques.

Le style de Clément est imagé, tour à tour obscur et diffus ; peu logique dans sa méthode, il change souvent de sujet sans transition.

En essayant de poser les fondements de la science de la foi, Clément a pris une place considérable dans la littéralure chrétienne; de là l'intérêt particulier qui s’attache à son Pédagogue et à ses Tapisseries, et à.ses vues sur les rapports de la philosophie avec le christianisme et la règle de foi. I1 y a là, de plus, une richesse d’érudition qui devient quelquefois accablante.

1 Matth., xıx, 91-24. — ? En grec, par Lindner, dans Biblioth. Patr. eccles. select., Lips., 1862.

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Le Prkiasermur est dre à Timstreclion des catechumemes (ee ir: et zum Pami. que le loi avait servi de RNSCACE Nur NIUE Immer à Besas-Christ, utilisée déjà dun & lextr C'Reme est reprise ic dans un sens Snrüne is Tu rıhin wur. » sssitre de la vie chre- Te :?X # CIC name. qui mous aide à la fois rüntre rer +7 cm Ihrem Chravat oppose Sa moar SuhlIme MES IDARICS NETIOUeS des paiens, qu'il dé- NU LREURALRLS ZUR IE Lane cradiée de langage.

„7s Srwmpir 2SRAURERC za puit de vue philosofut A minnei # Mets ae ia philosophie chre- Juute 1: à NUR crançee ei be judaisme !. «Le Qininrn it à NUIDEESSEEY jar. c'est la foi, l'es— TURN AO CRI. Ke Dur de ua fu, c'est de faire gts zu se pers ® » Les Ivrer Ill et IV traitent dun EN. 4 à wo. Dr mature: kb Evre V, de ln Qi. Nuitée € AUS UE Sem pr arniver à le vérité ; rei MTL. er a ve Dr vrai saxtèqee opposée à de de Jeter, Vus comment Fasleur résume Wu arm à à x Ar lives VIE - « eve me s'étonne WOK Zu Haute JUL alter Dar nes expialions ; ROUS NR AUS NATUR BEN, LE in des Grers. afin qu'on M Qu de & Le nus sirativesme et d'en extraire AU UN AUS ZU Ie Quiz > Clenmest avant annoncé WAR Nuit. du © NEIL JS par Photins con- NAN AV OÙ di A ANGE dimure. um dal considérer Rate WE vue suibencuum. malgre tot cæ qui a We AE de cvuinuie. Cast (aumritsm d'un svsièmne die- QaUque ques à otuun d'Acsoute et la methode de Phtuu, cuuvcpree Jens ie Qut d'eutier Les chrétiens à UNNA de à piveopitie, ait ils me sun pes infé- HOURS AUX ARE,

COUV ARU que tou une pme vient de Dieu.

Clément attribue à luence du Verbe divin avant lin- Mu Wus en ous sieuments de Lx philosophie

Le LS, 3 Lan

païenne ! : « Avant l'apparition du Verbe, les Juifs ont eu la loi, et les Grecs la philosophie®?; » de là le nom de « Moïse attique » qu'il donne à Platon®. La philosophie est le premier degré pour arriver à Jésus-Christ et à sa doctrine parfaite. L’etudier est le meilleur moyen de culture intellectuelle ; c’est par là seulement qu’on peut amener les païens au christianisme ; « car on inspire surtout de la confiance quand on joint la connaissance des choses à la réfutation. » La philosophie est un solide boulevard contre les attaques des hérétiques. Elevée par la foi chrétienne jusqu'à la gnose véritable, elle remplit le gnostique de délices et le purifie de ses passions. « La gnose lui enlève ses passions psychiques, le sanctifie et le soustrait aux vices; c’est le cas surtout d'appliquer cette parole : « Vous êtes lavés. » Le parfait gnostique est celui qui a blanchi dans l’étude des saintes lettres, « celui dont la vie n’est que paroles et actions conformes à la tradition du Seigneur. » Ainsi, tout en appliquant aux chrétiens lettres le terme vague et captieux de gnostique, Clément l’entend aussi dans un autre sens. La gnose, dit-il, n’est pas le privilège d’une classe particulière (les soi-disant spirituels) ; c’est un don analogue au don de la science que le Seigneur accorda à Pierre, à Jean, à Jacques et à Paul.

Après avoir frayé les voies à la théologie, la philosophie, dit Clément après Aristote, doit lui rendre les offices d’une servante, ancilla theologiæ. « La philosophie des Grecs, tout en portant le même nom, diffère de la nôtre soit par l’étendue des connaissances, soit par l’évidence des preuves; car nous sommes enseignes de Dieu, et c’est par son Fils que nous connaissons les saintes Ecritures. » « Il faut donc emprunter la sagesse à la philosophie grecque comme on cueille des roses parmi

1 D'après Jean, 1, 4-5, 9-10. — % Lib. IV, v, 8 41. — 3 Strom., I, XXI, à la fin. — ® Strom., I, xx. .

des epines. » En philosophie, Clément avoue lui-memg' d qu'il est éclectique. À Pour que la science révélée demeure intacte dans lg. croyance traditionnelle de l'Eglise, Clément veut que lg! philosophie soit édifiée sur le fondement de la gno@ | chrétienne, de la foi ecclésiastique, d’après ce principe 4: Fides præcedit intellectum‘. Ce principe, valable seule-": ment pour le gnostique chrétien et non pour l’ineroyant;. est aussi nécessaire que fécond en conséquences ; car; dès que le chrétien admet que Jésus-Christ est Dieu et ug maître infaillible, il serait absurde de subordonner sol adhésion au christianisme à une démonstration scientis i fique : il suffit que Dieu ait répondu aux questions dét:! sives. La foi infaillible de l'Eglise est pour nous k:; criterium de la vérité ; en adhérant fermement à la dot: trine divine et en la gravant dans sa conduite, le chr& ih - tien , selon la promesse du Christ, arrive à reconnaitn »; qu'elle est divine ?. Aussi «la foi n’est pas moins nétes 4, saire à la vie spirituelle du gnostique que la respiralioß:., à la vie sensible. » « Ces deux choses, la foi et la scienc : |, sont inséparables. Pas de foi sans la science et pas à}; science sans la foi®. » A Le but de la science n’est donc pas d'ajouter à la foi: mais de la développer et de l’affermir : « La foi es k, fl connaissance résumée des choses essentielles ; la gnos ;;, c’est la ferme démonstration de ce qu’on a appris park. foi, comme elle est édifiée sur la foi par la doctrine di... Seigneur, la foi devient ainsi une connaissance inebraß..,, lable. » Le simple fidèle adhère à la foi uniquemen, | parce qu’elle vient de Dieu; le théologien, parce que,

est nécessaire et forme un tout harmonieux. h Mk ! Par le mot foi, Clément entend tantôt la doctrine même, tant}, l'adhésion à cette doctrine, adhésion qui est à la fois naturellet surnaturelle. Par son côté surnaturel, « la foi est une force pour!" El salut et une puissance pour la vie éternelle. » Strom., IL, x. tr 3 Jean, vu, 17. — 3 Strom., I, ı. Lib. VID. xp Ir

re

Cette théorie sur les relations de la foi et de la science, Clément n’y est pas toujours resté fidèle ; non-seulement

dla fait servir la philosophie à l'explication de la théot.Jogie, mais il l’a confondue quelquefois avec celle-ci; il

. Se dit lui-même au début des Stromates : « Ces livres

- contiendront les vérités chrétiennes mêlées aux doctrines : philosophiques , ou plutôt couvertes et cachées par … celles-ci, comme l'écorce cache le noyau du fruit; » pas- . sage qui, dans la suite, l’a fait accuser de platonisme.

Doctrine de Clément d'Alexandrie.

Le but pratique que Clemenf‘ dit s’être proposé dans

. son grand ouvrage ne permet pas d’y chercher un ordre systématique; en revanché, on y trouve quantité de

. beaux passages sur les doctrines de l'Eglise, ses insti-

. tutions, ainsi que sur la vie ascétique !.

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