COUP D'ŒIL GÉNÉRAL
La paix accordée à l'Eglise, la faveur même qu'elle ‘ obtint de l'Etat, aidèrent au progrès de la science chrétienne. Le Seigneur, en lui accordant le don de la science, comme il lui avait donné au temps des persécutions le don de la foi, suscita aux quatrième et cinquième siècles un nombre si prodigieux d'écrivains ecclésiastiques, que cette période recut le nom de siècles des Pères de l'Eglise.
Ce mouvement fut particulièrement accéléré par les doctes écoles d'Alexandrie, Césarée, Antioche, Edesse, Nisibe, Rinocorura, par les derniers efforts de la pole-
» mique paienne, et, en Orient, par les nombreuses hérésies des ariens, des nestoriens , des monophysites et des monothélites, par les controverses d'Origène, Photin, Apollinaire, et par l'affaire des trois chapitres; dans le nord-ouest de l’Afrique, par le donatisme; en Occident, par l’hérésie de Pélage. Au rationalisme croissant des hérétiques les moines opposèrent le véritable esprit chrétien‘.
La décadence de la littérature chrétienne à la fin du cinquième siècle, et surtout aux sixième et septième siècles, s'explique à la fois par la situation extérieure el par les embarras intrinsèques de l'Eglise; en Orient par l'humeur conquérante, les passions sensuelles et adulatrices de l’islamisme ; en Occident et en Afrique, par
1 La littérat. chrét. et le monach., par Mahler (Feuil. hist. et politiques, t. VII).
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