PROGRÈS DE LA LITTÉRATURE CHRÉTIENNE
es invasions des Germains. Uutre les disputes et les kissions innombrables qui dechirerent le sein de l’Eglise, ntre les subtilités fastidieuses des sectaires, les empeteurs grecs exercèrent sur la foi un despotisme complet. C'était plus qu'il ne fallait pour perdre l’ancien monde et étouffer insensiblement la littérature chrétienne chez les Grecs et chez les Romains.
Cette période est encore remarquable par la disparition soudaine de la langue grecque à Rome et en Occident depuis Constantin. Il paraît que, sous le pape Zosime (7), on ne possédait pas même à Rome le texte grec des canons de Nicée, et en 430, le pape Célestin mandait à Nestorius qu'il n’avait pas répondu plus tôt à ses lettres, parce qu’il n’avait pas de traducteur latin!.
Progrès de la littérature chrétienne.
Non-seulement le champ de la littérature s'agrandit . tonsidérablement, mais le progrès se relève encore en ce que les diverses branches de la théologie sont traitées séparément. Nous allons citer ses principaux représentants dans ces diverses catégories.
1. L'Histoire ecclésiastique a été fondée par Eusebe, évêque de Césarée. Ce Père de l’histoire de l'Eglise, comme on l’a surnommé, eut pour continuateurs Philostorge, Théodore, lecteur de Constantinople, Evagre, avocat d’Antioche. On vit paraître ensuite, chez les latins : Rufin, continuateur et traducteur d’Eusebe , Cassiodore (Histor. tripart.), Sulpice-Sévère (le Salluste thretien), Paul Orose; parmi les hérésiographes : Epiphane, évêque de Salamine, Théodoret, évêque de Cyr, et Jean Damascène chez les Grecs; Philastrius, évêque de Brescia, et Augustin chez les Latins. Citons enfin les actes des conciles et les collections des canons, chez les Grecs par Jean Scholastique, patriarche de Constantinople; chez les Latins par Denis le Petit. Saint Jérôme,
'Dellinger, Hippolyte, etc.
en rapportant dans son catalogue les travaux de ces divers auteurs, a inauguré l’histoire littéraire du chris. tianisme.
2. L’apologetique, chez les Latins, a été traitée dans le sens d’Arnobe et de Lactance, par Firmin Materne, de Sicile, et par Commodien, probablement son contemporain ; chez les Grecs, par Cyrille d'Alexandrie, qui a refute Julien à la facon d’Origene contre Celse; Grégoire de Nazianze l’a fait aussi partiellement‘. L’apologetique gagne en étendue dans la Préparation et la Démonstration évangélique d’Eusebe, et atteint à son apogée dans saint Athanase* chez les Grecs, et dans saint Augustin chez les Latins®.
3. L'’exégèse, au milieu des opinions divergentes sur l'inspiration des Ecritures et la méthode d'interprétation, a été largement cultivée dans les écoles rivales d’Alexandrie, d’Antioche et d’Edesse, d’une part par Athanase, Didyme, Cyrille d'Alexandrie, Hilaire, Augustin; d'autre part par Diodore de Tarse, Théodore de Mopsueste, Théodoret, Ephrem le Syrien, mais surtout par saint Chrysostome chez les Grecs, et saint Jérôme chez les Latins, qui ont tenu le milieu entre ces deux écoles. Ce dernier perfectionna aussi la critique biblique. Aux exégètes succédèrent, avec Procope de Gaza, les collections de travaux d'exégèse, extraits des commentaires et des homélies des meilleurs exégètes anciens, désignés par le nom de Chaînes. On publia aussi d'excellents guides pour l'explication et la lecture de la Bible. A l'exemple du donatiste Tychonius, en ses Regulæ VII ad investigandam inlelligentiam sacrarum Scripturarum", saint Augustin traita ce sujet avec plus de details dans son livre de la Doctrine chrétienne, et Cassiodore dans son Jnslilulio divinarum lillerarum. .