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PROGRÈS DE LA LITTÉRATURE CHRÉTIENNE

a ouvert le plus vaste champ à la littérature chrétienne ; aussi les plus éminents auteurs ecclésiastiques sont-ils en même temps ceux qui ont écrit des hérésies.

Plusieurs Pères, après le malheureux essai d’Origene dans le De principiis, se sont appliqués à réduire la doctrine chrétienne en système, notamment, chez les Grecs, Grégoire de Nysse dans son Aöyos xarnynrixde 6 téya, et Jean Damascène dans son “Exôeow, ou Exposition de la foi orthodoxe; chez les Latins, saint Augustin dans : De doctrina christiana; Enchiridion de fide, spe et charitate; Fulgence de Ruspe : De ecclesiasticis dogmatibus.

5. Saint Ambroise est le seul qui traite ex professo de la morale chrétienne, dans son De officiis (lib. ID, opposé à la morale paienne du De officiis de Cicéron. Sans cela, la morale ne paraît guère que dans les sermons et les homélies.

6. La théologie pratique occupe une large place. Ce sont : 4. des ouvrages sur le sacerdoce, par Ephrem le Syrien, saint Grégoire de Nazianze et saint Chrysostome, en Orient; par saint Ambroise, saint Jérôme et saint Grégoire le Grand chez les Latins; 2. les instructions catéchétiques de Cyrille de Jerusalem et de saint Chrysostome !, de saint Ambroise et de saint Augustin ?; 3. des homélies et des sermons innombrables.

7. La poésie religieuse est aussi cultivée par de nombreux poètes. Les plus remarquables sont, chez les Grecs : Ephrem le Syrien, Grégoire de Nazianze, Synésius, Amphilogue, l’ami de saint Basile, Jean Damascene; outre ceux-ci, moins connus : Nonnus de Panopolis en Egypte, Paul le Silentiaire, sous Justinien I", et Grégoire le Pisidien. Chez les Latins : l'Espagnol Juvence, dont saint Jérôme a dit : Non pertimuit Evangelii majestalem sub metri leges mitiere; saint Ambroise, les papes

1 Deux catéchèses, Ad illuminandos (aux catéchumènes). — ® De catech. rudib.

Damase et Grégoire le Grand, sans compter les nombreux essais de Prudence de Saragosse, de Paulin de Nole, de Ceelius Sedulius, de Prosper d'Aquitaine, de Sidoine Apollinaire dans les Gaules, de Claudien Mamert, prêtre de Vienne, de Vénance Fortunat, dans la haute Italie, etc.

8. Le progrès de la littérature chrétienne est surtout remarquable en ce quelle fait entrer dans son domaine la philosophie, l'interprétation des classiques grecs et latins, l’histoire nationale et militaire, et jusqu’à la jurisprudence, la médecine et les sciences naturelles. La défense faite aux chrétiens par Julien d'apprendre et d'enseigner les lettres, passait, dit saint Augustin, pour le comble de l’insulte et de la cruauté, et Apollinaire en prit occasion pour faire servir les classiques grecs d’enveloppe à des idées chrétiennes.

La lecture de ces ouvrages, si divers par le fond et la forme, où toutes les questions pratiques sont abordées, principalement dans les lettres, qui sont fort nombreuses, loin d’être pénible et fatigante, est souvent pleine de charme, de sel et de critique; parfois même le langage y prend une singulière vivacité ?.

1 Alzog, Program. de litterar. grecarum atq. rom. studiis cum theol. Christ. conjungendis. Frib., 1857.

2 Voir l’ouvrage : Carmina e poetis christianis excerpta, édition classique, in-12. Le même traduit en francais sous ce titre : Les poètes chréliens depuis le quatrième jusqu’au quinzième siècle; morceaux choisis , traduits et annotés par Félix Clément, 1 vol. in-8°. Paris, Gaume, 6 fr.

LA LITTÉRATURE CHRETIENNE DE 320 A SAINT AUGUSTIN, 430, DANS LES CONTROVERSES ARIENNES, DONATISTES, PÉLAGIENNES, ETC.

Cf. Villemain, Tableau de l’éloquence chrétienne au quatrième siècle.

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