‹ Manuel de patrologieChapitre 56 sur 97 · C. XXIX · texte numérisé non relu

C. XXIX

"'TEURS | LACTINS. S. HILAIRE. 339

“ment il s'exprime à la fin de son

“le Dieu lni-même : Quod ex te

“anctus Spiritus tuus est, etsi

», sed tamen teneo conscientia.

* Trinité est incomprehen-

ler; si saint Hilaire ose

*s hérétiques l’ont forcé

mble et infirme pa-

‚oit point le parfait : »

‚.ctum, neque quod ex alio

‚„loris sut potest inlelligentiam

4 La connaissance humaine n’est

sure de ce qui est possible et connais-

ı toute incrédulité est-elle une folie : Omnis

‚fidelitas stultitia est, quia imperfecti sensus sui

pientia, dum omnia infirmitalis suæ opinione mode-

ır, putat effici non posse quod non sapil. Causa enim

fidelitatis de sententia est infirmitatis, dum gestum esse quis non putat, quod geri non posse definial .

3. Dieu a revêtu ses vérités révélées de certaines expressions qui s'adaptent au sujet aussi convenablement que le permettent les bornes du langage humain. Il faut en maintenir le sens véritable : « Dieu a dit qu’il faut baptiser les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. La forme de la foi est donc certaine, mais le sens en est incertain pour les hérétiques. Il ne faut donc rien ajouter aux préceptes ?.» Et plus loin : Immensum est autem quod exigitur; incomprehensibile quod auditur, ut ultra præfinitionem Dei sermo de Deo sit. Posuit naturæ nomina Patrem, Filium, Spiritum sanctum. Extra significantiam sermonis est, extra sensus intentionem, extra inlelligentiæ conceptionem, quidquid ultra

quærilur; non enunliatur, non altingitur, non tenetur. 4. Il parle surtout, dans un beau et lumineux langage, de la nécessité d’une révélation et de l'obligation 1 De Trinit. II, xxıv. — 2 Ibid., lib. IE, c. v.

l'origine même du christianisme. Comme il est fait allusion dans d’autres passages de cet écrit à des faits survenus au commencement du cinquième siècle, et que les badinages littéraires ne conviennent guère à une époque de persécutions, on peut admettre peut-être que son apologie fut écrite vers 411.

Ses Instructiones adversus gentium deos pro christiana disciplina per lilleras versuum primas, sont partagées en deux livres et en quatre-vingts chapitres. C'est la division adoptée par Etienne Baluze, d'après un ancien manuscrit de Saint-Albin d'Angers. Dans le premier livre, l’auteur dévoile aux paiens l’absurdite de l’idolätrie, et les exhorte à embrasser le christianisme. Il s'efforce ensuite d'attirer les Juifs à la religion chrétienne, et traite en particulier de l’antechrist, qui est, dit-il, apparu en Néron. Dans le deuxième livre, après avoir parlé du dernier jugement et de la résurrection, il adresse, dans un langage affectueux et brülant de zèle, des instructions aux catéchumènes, aux fidèles, aux clercs, aux chrétiens entaches de différents vices. Ce traité renferme différentes erreurs sur le système millénaire, la chute des anges et l'antechrist. Ses idées sur la Trinité manquent de précision. Commodien se complait dans les jeux de mots. Il écrivit en vers rhythmiques, poésie populaire usitée chez les Romains et qu'on trouve déjà avant lui.

Ce qui lui appartient en propre, ce sont, outre plusieurs expressions africaines inusitées, les acrosliches. Le contenu des chapitres est indiqué par les lettres initiales de chaque vers. La préface elle-même est traitée en acrostiches. A la fin, c'est-à-dire au quatre-vingtième chapitre, intitulé Nomen Gasæi, les lettres initiales, en allant du dernier vers au premier, forment ces trois mots : Commodianus mendicus Christi.

Gallandi a pretendu, sans succes, que Commodien etait l’auteur d’un autre ouvrage (adversus Paganos) assigné

1 Cf. Baluze, sur le De mortib. persecut, de Lactance, c. x et XL

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