AUTEURS LATINS. FIRMICUS MATERNUS
à Paulin de Nole par Muratori. De nos jours, dom Pitra lui a attribué, avec assez de vraisemblance, le Carmen apologelicum adversus Judæos et gentes, intitulé dans le manuscrit : Traclatus sancli Episcopi. Ce carmen, qui a beaucoup d’analogie avec les Institutiones, a été découvert dans un manuscrit du huitième siècle, rapporté d'Italie en Angleterre (Middle Hill), et réimprimé dans le Spicilegium Solesmense , tomes I et IV, avec des prolegomenes et des éclaircissements. Pitra presume que le titre, incomplet dans le manuscrit, pouvait être celui-ci : Commodiani, episcopi africani, carmen apologeticum adversus Judæos et gentes. Il croit que les deux ouvrages sont du commencement du troisième siècle.
Découvertes par le jésuite J. Sirmond, les Instructiones ont été éditées par N. Rigault, Tulli Leucorum, ap. Belgrand, 1650 ; editio repetita per Priorium, avec les œuvres de saint Cyprien, Par., 4666 ; avec des dissertalions par Dodwell et Schurzfleisch, Viteb., 1750; ed. Davidius, avec l'Octavius de Min. Félix, Cantabr., 1712; ed. (Ehler, dans la Bibl. Patr. eccles. latin., de Gersdorf, vol. x,
avec Min. Félix, Materne, et le Poème de Paulin contre les paiens. Cf. Lumper, p. xl, 390-407; Ceillier, t. IV, ed. 29, t. II.
S 59. Firmieus Maternus.
D’après les renseignements fournis par son ouvrage, il était probablement originaire de Sicile, où il remplissait, comme paien, une charge importante. Ses [uit livres de mathématiques et d'astronomie, respirent encore tout-à-fait l'esprit paien ‘. Apres sa conversion, il rédigea, vers l’an 348, le livre intitulé : De errore profanarum religionum libellus ad Constantium el Constanlem Augustos. La difference d’esprit qui regne dans ces deux ouvrages, le style plus correct du second ont fait soupconner qu'ils n'étaient pas du même auteur. Ce petit traité apologétique se distingue en ce qu’il parle non-seulement de la religion des Grecs et des Romains, mais encore de celle
Ed. Venet., 4501, et Basil., 4551.
luciférien. En 863, Lucifer retourna à Calaris et mourut en 371. Son schisme lui survécut encore quelque temps ; et en 384, un prêtre de ce parti, nommé Faustinus, adressait encore sous le titre : De Trinitate, seu de fide contra Arianos, un écrit à l’impératrice Placidie, où il défendait son parti et accusait ses adversaires, surtout le pape Damase. D’autres écrits de Lucifer, qui ont mérité les éloges de saint Athanase, sont, outre quelques lettres : 4. De non conveniendo cum hæreticis, ad Constantium imperatorem, où il démontre, par l’autorité de l’Ecriture, qu'il ne pouvait, au concile de Milan, se réunir aux ariens, comme le voulait l'empereur ; 2. De regibus apostaticis ad Constantium imperatorem. L'occasion et l'objet de cet écrit sont indiqués dans ces paroles du commencement : « Puisque vous osez dire que vous seriez mort depuis longtemps si votre foi n'était point intacte et les mesures que vous prenez contre nous agréables à Dieu, j'ai éprouvé le désir de vous soumettre l’histoire de quelques rois à qui vous ressemblez dans l’apostasie et la cruauté, afin de détruire l'opinion qui consiste à dire : Si la foi d’Arius, c’est-à-dire la mienne, n’était pas la foi catholique, et si en persécutant la foi de Nicée je n'étais pas agréable à Dieu, aujourd’hui mon empire ne serait certainement plus florissant. 8. Pro sancto Athanasio ad Constantium imperatorem, libri II. L'auteur, dans ce livre, démontre qu'il n'est pas permis de rejeter la vraie foi en condamnant Athanase. Constance, étonné de la franchise et de la violence de cet écrit, le fit remettre à son auteur. Lucifer, non content de s’en déclarer l’auteur, justifia encore sa conduite dans un nouvel écrit intitulé : 4. De non parcendo in Deum delinquentibus, ad Constantium imperatorem. C’est le devoir des évêques, dit-il, de ne se point taire par crainte des hommes, en présence des fautes et des erreurs des princes. 5. Son dernier écrit : Moriendum esse pro Filio Dei, ad Constantium imperatorem, poursuit le même but ; il y montre un désir ardent de subir la mort du martyre. Suivant Coleti, ces divers écrits furent rédigés de 356 à 860.
Editeurs : J. Tilius, Paris, 1586 ; la meilleure édition est de Coleti, Venet., 1775; avec des Prolégomènes, dans Migne, sér. lat., t. XII.
UI. Pacien, après un mariage heureux, fut à cause de la sainteté de sa vie, promu au siége épiscopal de Barcelone en 370, et resta à la tête de cette Eglise jusque vers l’an 391. C’est à son fils, Dexter Paciani, que saint Jérôme dédia son Catalogue des écrivains ecclesiastiques. Nous avons de Pacien : trois lettres à Sempronius contre jes novatiens ; Parænesis ad panttentiam, douze chapitres; Sermo de baptismo , sept chapitres. C'est dans la première lettre à Sempronius qu'on lit ces célèbres paroles : « Mon nom, c’est chrétien ; mon surnom, c'est catholique : » Christianus mihi nomen, catholicus cognomen.
5 62. Saint Optat de Milève.
Cf. Dupin, Prolegomena, historia Donatistarum et geographia sacra Africæ, dans son édition.
Optat était évêque de Milève, en Numidie. Tout ce qu’on peut dire de précis sur le temps où il vivait, c’est qu’il écrivit contre les donatistes vers 370, et qu'il existait encore à l'époque du pape Sirice et sous le règne de Théodose.
Son traité du Schisme des donatistes contre Parménien, en sept livres, et d’abord en six seulement, le septième ayant probablement été ajouté plus tard , lorsqu'il revisa son travail, était une réplique aux détestables écrits de Parménien, évêque donatiste de Carthage ‘. Je commencerai, dit-il, 4. par faire l’histoire du schisme et de son origine? : «Ne de la colère, il a été nourri par l’ambition et affermi par l’avarice 5; » 2. je montrerai quelle est l'Eglise et où elle est; 3. je prouverai que nous n’avons pas demandé de soldats et que nous ne sommes point coupables des crimes qu'on dit avoir été commis par ceux qui ont voulu procurer la réunion; 4. s’il est vrai que les catholiques soient de grands criminels; 5. du baptème ; 6. sur diverses pratiques liturgiques des donatistes, non justifiées et offensantes pour les catholiques, comme de laver les autels sur lesquels les catholiques avaient célébré, etc. Le septième livre examine à quelles conditions on doit recevoir les donatistes qui reviennent à l'Eglise.
L'ouvrage de saint Optat, d'une étendue commune, est infiniment estimable; outre les notices historiques qu'il contient, il expose avec beaucoup de clarté, de précision et de justesse plusieurs points essentiels de la
doctrine catholique, et donne une foule de détails pratiques d’une grande valeur. Il dit, en parlant de l'Eglise
1 Cf, Lib. 1, n. 6. — 3 Lib. I, n. 7, —"# Lib. I, 19.
visible, sur l’unité de laquelle il insiste en divers endroits ! : « Que devient donc la propriété de ce nom de catholique, puisque l'Eglise est appelée catholique par la raison qu'elle est répandue partout? Si comme vous le préteridez, elle est renfermée dans un étroit espace (comme la secte donatiste), que devient le mérite du Fils de Dieu? ? » Il énumère cinq caractères de l'Eglise, qu'il présente sous l'emblème d’une chaire, d’un ange, d’un esprit, d’une source et d’un sceau. Il dit du premier : « Vous ne pouvez nier que vous ne sachiez que la chaire épiscopale a été donnée à Rome, premierement à Pierre, en laquelle a été assis Pierre, le chef de tous les apôtres, qui a été pour cela appelé Céphas; c'est dans cette chaire que l'unité devait être gardée par tous les fidèles, afin que les autres apôtres ne pussent pas s’attribuer la chaire, et que celui-là füt tenu pour pécheur et pour schismatique, qui élèverait une autre chaire contre cette chaire singulière 5. » Sous la figure de l'ange, il entend les évêques des Eglises particulières : ils sont au-dessus des prêtres, et les prêtres au-dessus des diacres. L'Eglise n’en est pas moins sainte pour renfermer des pécheurs dans son sein *.
De l'homme, saint Optat enseigne qu’etant naturellement faible et imparfait, il a besoin de la grâce : Est Christiani hominis quod bonum est velle, et in eo quod bene voluerit currere; sed homini non est datum perficere, ut post spalia, quæ debet homo implere, restet aliquid Deo, ubi deficienti succurrat, quia ipse solus est perfectio°.
Trois choses sont nécessaires à la validité du baptème : Prima species est in Trinitale, secunda in credente, tertia in operante. Les deux premières, l'opération de Dieu et la foi dans celui qu’on baptise, sont indispensables. L’indignite du ministre ne nuit pas à la validité du sacrement, car « les sacrements sont saints par euxmêmes et non par les hommes, » Si la foi est nécessaire,
1 Lib. Il, D, 1. — 8 Ibid. — Il, 4, —! VIL,3. — 6, 20. — 6 V, &,