‹ Manuel de patrologieChapitre 65 sur 97 · AUTEURS GRECS. THEODORET · texte numérisé non relu

AUTEURS GRECS. THEODORET

Parmi les griefs des paiens contre le christianisme, Theodoret cite la nécessité de croire, l'ignorance des apôtres, le culte et l’invocation des martyrs. C'est afin de guérir ces préjugés de l’âme que Théodoret, utilisant les écrits de ses devanciers (Clément d'Alexandrie, Eusèbe, etc.), composa son apologie. Son principal but est de montrer la supériorité des idées chrétiennes sur celles de la philosophie païenne touchant l'origine et la fin du monde, l'excellence de l'homme, la Providence. Ce qui caractérise cet ouvrage, ce sont les parallèles entre le culte des martyrs et le culte que les païens rendent aux morts, entre les oracles et les prophètes, entre la moralité des philosophes et celle des chrétiens. Pour le fond, on y trouve peu de choses qui n’aient été dites avant lui; cependant il est conçu à un point de vue plus général que la plupart de ses devanciers, et il insiste moins sur le côté extérieur du paganisme, par exemple les absurdités de la mythologie.

Ouvrages dogmatiques.

4. L’Eraniste, ou Polymorphe, est dirigé contre les idées monophysites, ramas de plusieurs hérésies, bien qu'à cette époque (448) Eutychès n’eüt pas encore paru. ll consiste en trois dialogues, dont le premier enseigne que la divinité du Fils unique est immuable; le second, que dans le Christ les natures ne sont point confondues ; le troisième, que la divinité du Fils est impassible. 2. Le même sujet est traité dans la Démonstration par syllogisme, comme quoi Dieu le Verbe est immuable. 3. Les dix Discours sur la Providence ne sont point des sermons proprement dits, mais des traités en forme oratoire. Les cing premiers contiennent les preuves, les cinq derniers réfutent les objections contre la Providence. Cet écrit, digne de son sujet, témoigne de l'expérience et du sens chrétien de son auteur. 4. Le traité de la Divine et Sainte Charité développe cette vertu, qui a été le ressort des

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AUTEURS GRECS. THÉODORET. 439 procède du Fils*; il n’admet que sa procession du Père. Le Saint-Esprit, dit-il, n’est pas une création, et on ne peut pas dire de lui, comme du Fils, qu'il a été engendreS.

Il n’admet pas que les anges aient rien de corporel, ni qu'ils soient androgynes ; aussi l’explication qu'il donne du mariage des enfants de Dieu avec les enfants des hommes diffère-t-elle de celle des anciens Pères; il croit simplement qu’il s’agit de mariages entre les descendants de Seth et ceux de Caïn. Quant aux mauvais anges, ils sont devenus tels par leur propre volonté, Dieu ne pouvant pas créer un être incapable de rien faire de bon.

Dans le chapitre de l'Homme, nous trouvons ce passage significatif : « L'Eglise, fidèle aux divins enseignements , déteste souverainement les doctrines de ces hommes-là, tout en rejetant les fables des autres. Elle

enseigne, sur la foi de l’Ecriture, que l’äme est créée en même temps que le corps, qu’elle n’emprunte point à la matière de la semence la cause de son origine, mais qu'elle est formée par la volonté du Créateur après la formation du corps. »

Garnier a jugé trop défavorablement, et souvent par des raisons insoutenables, le point de vue dogmatique de Théodoret. Ainsi, de ce que Theodoret ne parle pas de Pélage et de Célestius, il ne s’ensuit point qu'il fût d'intelligence avec eux, mais tout au plus qu'il appréhendait d’en parler, d'autant plus que dans les matières un peu difficiles, il manque d’une certaine profondeur et décèle la tendance rationaliste de l’école d’Antioche. Son style est clair et agréable, maïs il donne trop d’étendue aux parallèles où il se complait.

Editeurs : Sirmond, Par., 1642 ; complété par Garnier, Auctarium, Par., 1684 ; mieux, par Schulze, Halle, 1769, in-8°, 5 vol.; avec glos-

1 Reprehens. xıı anath., ad n. 9. —% Epist. cLı; Comm. in Rom., Vi, 11 ; I Cor., 11,12. — 3 Hæret. fab.; comparez : V, c. I.

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