‹ Manuel de patrologieChapitre 68 sur 97 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

$ 77. Continuation de la querelle pélagienne, surtout dans le sud de la Gaule.

I. Paul Orose était prêtre de Tarragone en Espagne. L'intérêt qu’il portait à la science théologique , les in- Cursions des barbares qui desolaient sa patrie et les maux que les priscillianistes causaient à l’Eglise , le décidèrent en 415 à se rendre en Afrique pour y consulter Augustin sur son Commonitorium de errore priscillianistarum et origenistarum. Muni d'une lettre de recommandation de saint Augustin, il alla trouver saint Jérôme, qui était alors à Bethléem, et combattit les pélagiens, favorable-

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2. Collationes Patrum, in Scythica eremo (vingt-quatre chapitres), entretiens spirituels de Cassien et de Germain avec les moines d'Egypte sur la perfection de la vie chrétienne et ses conditions. Dans la treizième conférence, justement attaquée dans la suite, sur la grâce et le libre arbitre, Cassien, invoquant le témoignage de Zachée et du bon larron, a développé le système semipelagien 4. Il en fut repris par saint Prosper, qui l’accusait justement «d’avoir, par son érudition, mis une arme redoutable aux mains des adversaires de la grâce divine. » Le commencement de la grâce vient de nous, disait Cassien, son supplément vient de Dieu. Ce traité, qui renferme certainement des expressions exagérées, ambiguës, est surtout destiné à servir de livre de méditations aux religieux et à les diriger dans la perfection chrétienne; comme tel, il a été fort utilisé par les disciples et les partisans de Cassien, notamment dans les fameux couvents de Lérins et Léro (aujourd'hui saint Honorat et Marguerite), et dans la suite par les mystiques. Denis le Chartreux, par respect pour Cassien, essaya même, quoique avec peu de succès, d'expliquer cette treizième conférence dans un sens catholique. |

3. De incarnatione Christi (sept livres), écrit en 431 sur le désir de Léon, archidiacre romain, puis pape. Cassien y montre les affinités de Nestorius avec Pélage, et prouve que le Verbe de Dieu n’a pas seulement habité dans la chair, mais qu’il s’est incarné ; que Marie n’est pas seulement la mère du Christ, mais la mère de Dieu.

1 On lit dans cette conférence XIII, c. XII : « Cavendum est nobis ne ita ad Dominum omnia sanctorum merita referamus, ut nihil nisi quod malum ac perversum est human» adscribamus nature. » — GC. x1: «Sin vero gratia Dei semper inspirari bonæ voluntatis principia dixerimus, quid de Zacchæi fide, quid de illius in cruce latronis pietate dicemus, qui desiderio suo vim quamdam regnis coelestibus inferentes, specialia vocationis monita pr®venerunt? » (Contre saint Augustin.) — « Consummationem vero virtutum et executionem mandatorum Dei, si nostro deputaverimus arbitrio, quomodo oramus : Confirma Deus, quod operatus es in nobis? » (Contre Pölage.)

Ses autres ouvrages sont: Commonitorium adversus Æzæresim Pelagii et Cælestii, ou : In scripla Juliani. Garnier a prétendu que la majeure partie de cet écrit devrait être intitulé : Liber subnotationum in verba Juliani. Comme Julien en appelait à Théodore de Mopsueste, Marius écrivit la Réfutation du symbole de Théodore, ou Expostlio pravæ fidei Theodori, et Comparalio dogmatusm Pauli Samosaten: et Nestorii.

Opera, ed. Brux., 1673 (mcompl.). Complet : Garnier, Par., 1673, in-fol.; mieux par Baluze, Paris., 1684; Gallandi, t. VIE ; Migne, ser. lat., t. XLVIL.

Ill. Jean Cassien (mort vers 435), dont le pays et le jour natal nous sont inconnus, fut élevé dans un couvent de Bethléem, où il contracta avec Germain une amitié indissoluble. Passionnés tous deux pour la vie cénobitique, ils visitèrent ensemble l'Egypte, ce berceau des ordres religieux (vers 390-397). A Constantinople, Cassien fut promu au diaconat par saint Chrysostome, qui lui imprima aussi sa direction théologique. Quand ce maitre bien-aime, dont il avait porté la lettre à Innocent I”, fut parti pour l'exil, il alla fonder à Marseille, sur le modèle des couvents orientaux, deux établissements religieux qui en suseiterent plusieurs autres dans la Gaule et l'Espagne. Les écrits conservés de lui sont :

4. De institutis cœnobiorum (vers 417), composé à la demande de Castor, évêque de Apta Julia, dans le sud de la Gaule. Les quatre premiers livres décrivent les institutions, le régime, les règles, etc., des couvents orientaux, les huit derniers traitent des vices capitaux, communs aux religieux comme aux autres hommes (gastrimargia, fornicatio, philargyria, ira, tristilia, acedia, cenodoæiu, superbia). La propriété de ces termes latins ne permet pas de croire que l'original fût en grec. Saint Benoît, Cassiodore, Grégoire le Grand, etc., en recommandaient la lecture.

Far MANUEL HE PATROLOGIE.

Genuenn cıvılale sum! suisse. — De gratia et libero arbitrıo, ommire la tresièeme conférence de Cassien, qui parait ici sous le titre De protectione Dei. C’est sans doute le plus important écrit de Prosper; le style en est bon pour l'époque. Cassien v est traité avec beaucoup d'égards. Erpssitio psalmorum (c-c1). écrit vers 433 : ce n'est guere qu'un extrait de l'ouvrage analogue de saint Augustin. Senienliarum ,oocxcn} er operibus S. Augustini delibatarum : habilement choisies et bien ordonnées,

ces sentences sont une excellente introduction à la doctrine de saint Augustin Dans le même sens : Liber sacrerum epigrammalum cvi) ex senlentiis S. Augustin, en distiques, sauf quelques morceaux en prose. Les deux dernières piéces : Preces ad Deus, sont les plus animées. Le Chronicon. ouvrage historique, existe sous une double forme : Chrenicon consulare, et Chronicon ımperiale; dans la premiere, les événements sont rapportés d'après les consuls romains; dans la seconde, d'après les années des empereurs. On a beaucoup discuté sur leur identité. Quelques-uns ont attribué le Chronicon imperiale, le plus court et le moins parfait, à un certam Prosper Tiro; mais l'existence de ces deux Prosper n'est pas suffisamment démontrée. L'auteur reproduit, en les abrégeant, les deux ouvrages analogues d’Eusebe et de saint Jérôme et les continue jusqu'en 455. D'autres ouvrages de Prosper sont perdus. On lui attribue encore plusieurs travaux en prose et en vers, tels que De vocatione gentium , qui lui appartiennent difficilement.

Cf. Fessler, t. IL, p. 786. Operum ed. princeps, Lugd., 1539, in-fol.; Colon., 1565, in-4*; Rom., 1611. La meilleure, Paris., 1674, sou. reimpr. (par Mangeant) ; Venet., 1744 et 1782, in-4°; Migne, sér. lat, t LI (accedunt Idatii et Marcellini comitis Chronica) ; Gennad., De

script. eccl., c. LXXXIV, et Photius, Bibl, cod. 54; Tillemont, t. XVI: Ceillier, t. XIV, ed. 2, t X.

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