AUTEURS LATINS. VIGILE, VICTOR, ETC
un rang considérable comme homme d’Etat, il prefera se consacrer à la vie ascétique au sein d’un monastère, . où, malgré sa résistance, il fut élu évêque de Ruspe (508). Il put encore se faire sacrer par un évêque qui partait pour l'exil, bien que le roi Thrasamond eût défendu d’instituer de nouveaux évêques. Il ne tarda pas à être exilé en Sardaigne, avec soixante autres évêques. Après la mort de Thrasamond, il remonta sur son siége sous le roi Hildéric, et y mourut en 533. Il est le plus remarquable écrivain dogmatique du sixième siècle. « Toute l’Afrique crut voir en lui un autre Augustin, » dit Bossuet!. Il a composé plusieurs écrits en faveur de la doctrine augustinienne. Nous avons de lui treize Lettres dogmatiques et morales, et dix Sermons. Les plus importants de ses écrits sont : 1. De fide ad Petrum, seu de regula veræ fidei, résumé excellent et méthodique des principaux enseignements de la foi : Trinité, incarnation, création, homme, état primitif, péché originel, jugement et résurrection. Il indique ensuite les moyens d'éviter les châtiments de Dieu : foi, baptème, grâce; il traite de l'Eglise et des réprouvés, c’est-à-dire de ceux qui vivent hors de l'Eglise, ou qui vivent mal dans le sein de l'Eglise. 2. Liber de Trinitate ad Felicem notarium; 3. Liber contra Arianos; k. Liber ad Victorem contra sermonem Fastidiosi ariani; 5. Libri III ad Thrasamundum, regem Vandalorum. Thrasamond avait rappelé Fulgence de l’exil pour qu'il enträt en discussion avec les ariens, espérant qu’il succomberait. Il fut vainqueur et dut repartir pour l'exil. En partant, il laissa ses trois livres au roi des Vandales. On y voit les objections que les ariens faisaient alors contre la Trinité, et les eutychiens contre l’incarnation. 6. De incarnalione Christi et vilium unimalium auctore ad Scarilam, réponse à diverses questions. Il écrivit dans la même circonstance : De remissione peccatorum ad Euthymium (deux livres) : 1 Cit. du trad, |
Dieu ne remet-il les péchés qu’en ce monde? s’il les
remet aussi dans l’autre, est-ce avant le jugement uni-
versel ? Les traités suivants peuvent servir à la défense. de saint Augustin : Libri III ad Monimum de duplici
prædestinatione Dei, una bonorum ad-gloriam, altera ma-
lorum ad pœnam ; — Libri III de veritale prædestinationis
et gratiæ Dei ad Joannem et Venerium, rédigé après son
retour de Sardaigne, contre les semipélagiens.
Opera, ed. in Hagena 1520, in-f.; Venet., 1696; ed. Sirmond, Par., 1613; ed. Raynaud, Lugd., 1633 ; ed. Chifflet, Divion., 1649 ; la meilleure (ed. Mangeant), Paris, 1684, in-4°; Venet., 1742 f.; Migne, ser. lat., t. LXV. Cf. Ceillier, t. XVI, ed. 2®, t. XI; Fessler, t. II, p. 830.
5 80. Saint Pierre Chrysologue et saint Maxime, orateurs chrétiens.
Vita S. P. Chrysolog., de Mita, ed. Oper., appareil littér., Migne, t. LU.
Pierre, surnommé Chrysologue ou le Chrysostome des Latins, à cause de son éloquence, naquit à Imola, vers 405, et fut élevé avec tant d'amour par l'évêque Corneille (d’Imola) que, dans la suite, il l’appelait encore son père !. A la science, il joignit le goût de l’ascetisme, qu'il avait puisé dans l’enceinte d’un couvent. En 433, il fut nommé évêque de Ravenne, siége de l'empire d’Occident, et sacré par Sixte III. Dans un temps où l'Etat était sérieusement menacé par l'émigration des peuples, où l'Eglise était déchirée par les sectes et les hérésies, il réalisa par l’austérité de sa vie, son amour de la prière et ’accomplissement exact de ses devoirs, l'idéal du vrai pasteur : de là l'immense réputation dont il jouit. Il fut étroitement lié avec le pape Léon et les hommes les plus considérables de son temps. En Orient, Eutychès invoqua sa médiation lorsque le pape Léon dut prononcer sur sa doctrine. Chrysologue, ne voulant point entrer dans le débat, se contenta d’exhorter Eutychès « à se sou-
1 Serm. CLXY.