‹ Manuel de patrologieChapitre 74 sur 97 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

AUTEURS GRECS

$ 86. Sophrome, patriarche de Jérusalem; Jean Moseh.

Sophrone, né à Damas vers 560, fut d’abord sophiste, c'est-à-dire rhéteur, et se lia, probablement à Alexandrie, avec Jean Mosch, moine de Palestine, qui entreprit de longs voyages pour visiter les couvents de la Syrie, de l'Egypte et même de l’Occident, et consigna ses recherches sur les moines et les ascètes dans un ouvrage historique, le Pré spiriluel‘. Sophrone entra ensuite, comme religieux, dans la laure de saint Sabas. Pendant son séjour à Alexandrie, il constata le premier l'invasion du monothélisme dans l'Eglise et en informa les patriarches d'Alexandrie et de Jerusalem. Elevé bientôt après (633 ou 634) sur le siége patriarcal de Constantinople, Sophrone convoqua un concile à Jérusalem en 634, et publia une lettre synodale où il exposait la doctrine des deux volontés en Jésus-Christ et rejetait le monothelisme ?. Il envoya à Rome Etienne, évêque de Dora, pour instruire les évêques d'Occident de cette nouvelle hérésie. Témoin, en 637, de la prise de Jérusalem par les Mahométans, Sophrone , voyant Omar pénétrer dans l’église de la Résurrection, déclara que c'était là le commencement de l’abomination de la désolation dans les Lieux-Saints. Il mourut peu de temps après.

Ses ouvrages sont : 1. La lettre synodale mentionnée

1 Ed. Fronton Duc., auctar., t. II; Par., 1634; Coteler., Monument. Eccl. gr., t. II, Par., 1681; Migne, ser. gr., t. LXXXVII. — 3 Voir l'analyse dans l'Histoire des conciles, de Héfelé, 3e vol., 8 297.

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plus haut‘. 2 Sept Svours sur des ftes et des saints, dont Le second meriie surtout d'être mentionne ; c'est un long traiie où apres avosr park de la Trinite et de la personne de Jesus Christ. j'auleur décrit. avec une émotion presque dramatique, l'sicre de FAnnonciation de Marie. 3. Temoin. à Alexandrie. des miracles qui s’etaient operes par l'istercession des martvrs Cyre et Jean, il écrivit leur panégyrique et le récit de leurs miracles. 4. Les Anacréoaliques sont une suite de pièces de vers agréables, d'une beanie simple et naive, sur le Sei- | gneur, les fêtes, les saints, etc. 5. En matière liturgique, nous citerons : le Triodion, recueil de belles prières, et le Commentaire liturgique, courte explication des prières de la messe ?. 6. La Confession des pécheurs est une sorte de manuel pratique à l'usage des confesseurs, puisé dans les canons; « car ceux qui ignorent les saints canons et enseignent des erreurs, donnent la mort spirituelle à leurs pénitents. »

Plusieurs de ses travaux ont été découverts par A. Mai Cf. Spicileg. rom., 1. Il et IV. Voir aussi Ballerini, Syllog. monxm., t. IL, et sur tout Migne, ser. gr.,t. LXXXYVIE, part. In.

6 87. L'abbé Maxime, comfesseur (mort en 662).

Voir l’ancienne Vie et les Actes de saint Maxime, dans Combifl, et la Notice de Fabricius, Bibl. gr., IX; Migne, ser. gr.,t. XCL

Maxime, né à Constantinople, d’une ancienne famille noble, étudia spécialement la rhétorique et la philosphie, et fut le premier secrétaire de l’empereur Heraclius (610-641). Il ne tarda pas à entrer dans le monastère de Chrysopolis, près de Constantinople. L'amour de la re traite et l'apparition du monothélisme l’avaient décidé à quitter la cour et à se rendre en Occident. Il séjourm

1 Mansi, Conc. yener., coll., t. XL — 3 On appelle Triodion la partie du bréviaire grec qui contient les offices depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques; chaque chant contient trois strophes.

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