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POÈTES CHRÉTIENS. NONNUS, SILENTIAIRE, ETC

d'un Dieu manifesté d’une manière si frappante, c'était là pour le poète chrétien tout un monde idéal qui, en le transportant de la terre au ciel, offrait à son talent un but infiniment plus élevé. Aussi, c’est dans la période même des apôtres qu’il faut chercher les premiers vestiges de la poésie chrétienne, et saint Paul! atteste que . des chants chrétiens existaient déjà en dehors des psaumes et des cantiques de l'Ancien Testament. La poésie et l’art paiens, prêts à dépérir, furent sauvés par le christianisme, qui, en les animant d’un souffle nouveau, leur assigna une mission plus auguste et leur prêta un charme jusque-là inconnu.

La poésie chrétienne se rattacha d’abord à la forme didactique et morale de la poésie romaine de la dernière période ; mais la coutume que l'Orient avait empruntée à l'Eglise latine, de chanter dans les offices religieux, ne tarda pas à lui donner des allures indépendantes. Ainsi naquit, à côté de la poésie purement narrative et descriptive, une poésie lyrique, dont saint Ambroise, saint Damase et Grégoire le Grand allaient être les principaux organes. Ces deux directions sont surtout représentées par le poète Prudence.

$S 92. Poètes grecs.

Nous renvoyons ici aux œuvres déjà mentionnées de saint Ephrem le Syrien, Grégoire de Nazianze, Synésius et Apollinaire, qui réagirent souvent contre le mouvement poétique des gnostiques et des ariens. On peut leur associer encore Amphiloque, ami de saint Basile, et saint Jean Damascène.

I. Nonnus, de Panopolis en Egypte, a composé, étant encore paien : les Dionysiaques (huit livres), élaboration poétique de l’histoire de Bacchus?. Comme chrétien, on

1 Eph., v, 19; Col., m, 16. — 3 Ed. Falkenberg, Antw., 1579; Hannov., 16085 et 1610; Moser, Heidelb., 1809; Græfe, Lips., 1818,

lui doit une Paraphrase de l'Evangile de saint Jean , qui appartient plutôt à la critique biblique qu'à la poésie !.

ll. Paul Silentiaire, homme d'Etat considérable à Constantinople sous Justinien I”, fut un des poètes grecs les plus éminents. Il composa, dans le dialecte d’Homere, une Description de la grande église de Sainte- Sophie, pour la dédicace de cette magnifique église?, et la Description de la rotondes.

III. Georges le Pisidien florissait sous l’empereur Héraclius (610-641) ; il était diacre et bibliothécaire. Il a chanté les guerres d’Heraclius contre les Perses, et composé le Carmen iambicum de opificio mundi, et le De va-— nitate vitæ, dont il ne reste que des fragments*.

L’Occident est incomparablement plus fécond en productions et'en talents poétiques.

$ 93. Principaux poètes latins.

Carmina e poetis christianis excerpta, en latin et en français, éd Gaume, 2 vol.

I. Juvencus naquit en Espagne d’une illustre famille — et embrassa l’état ecclésiastique sous Constantin. Il fi ® des essais poétiques sur des sujets de l’Ancien et d'æ2 Nouveau Testament dans un temps où ces sortes de travaux, de même que l'art plastique, étaient en def=a— veur dans l'Eglise, ce qui faisait dire à saint Jerôme qu'il ne craignit point de faire passer sous les lois dax mètre la majesté de l'Evangile. Il ne reste que deu de ses poésies.

Liber in Genesim, où Juvencus conserve la division des

ı Ed. Passow, Vratisl., 1834. Cf. S. de Uwaroff, Noms cat Penop., poète; Græff, S. Petersb., 1818. — ? Gr. et lat, ed. Ds Fresne, 1670; in Hist. Byzant. script., Venet., 1729. — 3 Ge ed. Em. Becker, Berol., 1816, in-4°. Tous deux édités par GreiiP®, Leips., 1822. — * Ed. Morellus, Par., 1584 et 1618; gr. et lat, ei. Fogginius, Rom., 1777.

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