‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 22 sur 156 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

i)** La véritable diarilé envers les élèves.

Cette vertu est un excellent moyen, instituteurs, de conserver la douceur et de ne pas s'impatienter tout de suite. On souffrira, en effet, plus de choses d'un homme qu'on aime; on ne se fâchera pas aisément contre lui, et on fera avec plaisir ce qu'on fait pour lui.

Celui qui a déjà véritablement aimé quelqu'un, le sait par sa propre expérience. Le contraire a lieu lorsqu'on hait quelqu'un. D'ailleurs, la charité est aussi le meilleur moyen de gagner l'amour réciproque de vos élèves, et vous devez en venir là si vous voulez qu'ils écoutent avec plaisir vos instructions, et qu'ils les mettent en pratique.

§ XXVL

Ayez honte d'imiter ces maîtres indignes, qui ne traitent avec bienveillance que quelques-uns de leurs élèves, d'après la position sociale de leurs parents, ou

les piésenls dont ils les comblent. Un irislituleur, guidé par une si mauvaisii inleution, est aux yeux de Dieu et de tout homme raisonnable, un être digne de mépris. Aussi, le paysan même qui l'a gagné par ses présents , le méprise au fond de son cœur et lui reproche à l'occasion sa bassesse en ces termes grossiers : a Si l'on ne vous graisse bien la poche, instituteurs, nos pauvres enfants en souffriront! » Fi! qui voudrait supporter ce reproche, ou même, s'y exposer? Et un instituteur si partial, comment pourra-t-il soutenir le regard de Dieu, de ce juge si imparti?!?

§ XXVIÏ.

Vous devez aimer tous vos élèves sans distinction : tous ont le même droit à vos instructions; vous devez rendre compte de tous devant le tribunal de Dieu; vous remplacez les parents à l'égard de tous.

Les motifs que vous avez d'aimer tous vos élèves sont nombreux : leurs âmes sont l'image de Dieu; elles sont encore pour la plupart dans l'innocence baptismale; elles sont donc comblées des mérites précieux que Jésus-Christ nous a acquis par sa mort. Le ciel appartient aux enfants; nous devons leur ressembler si nous voulons y parvenir. Dieu les aime tous, et les estime tellement qu'il les fait garder par ses Anges. (S. Matth. d8. 10). Notre-Seigneur Jésus-Christ les prend sous sa protection particulière; ce qu'on fait à l'un d'entre eux, c'est comme si on le faisait à luimôme. (Ibid. 5). Avec quelle amitié il les traitait, lorsque les parents les lui apportaient : il les embrassait, leur imposait les mains et les bénissait! (S. Marc. iO. 13).

Les enfants pauvres l'emportent sur les riches par leur condition, qui leur donne une -plus grande ressemblance avec Notre-Seigneur; de là, ils doivent paraître

plus aimables aux yeux d'un vrai disciple de Jésus. Or, ces motifs puissants ne suffiraient-ils pas pour vous engager à estimer, à aimer également tous vos élèves, riches ou pauvres? Cerlainement, instituteurs, si vous y réfléchissez souvent, vous acquerrez un amour raisonnable et impartial envers tous vos élèves; et il s'augmentera à mesure que vous vous efl^orcerez, par amour pour Dieu et pour eux, non-seulement de remplir vos devoirs, mais d'organiser votre école le mieux possible.

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