XXVIII
6° La rigueur et la sévérité paternelles.
Ces deux qualités doivent constamment accompagner votre charité. Gardez-vous bien du défaut de certains parents qui, aveuglés par leur amour, s'abandonnent à une coupable indulgence en gâtant leurs enfants par une excessive douceur et des flatteries continuelles. Vous devez vous conduire envers vos élèves comme un père aimant ses enfants, mais les aimant raisonnablement, en sorte qu'il ait toujours en vue leur bien réel, et qu'il règle en conséquence toute sa conduite Il permet volontiers à ses enfants le jeu et la gaîte; il ne leur défend que ces jeux qui, maintenant ou plus lard, pourraient leur être nuisibles. Est-ce le temps de travailler? il ne les laisse pas jouer, quelque vif désir qu'ils en aient; mais, en revanche, il tâche de leur rendre le travail le plus agréable possible, de sorte qu'ils perdent bientôt de vue leurs jeux.
Ce bon père ne passe pas sous silence les fautes de ses enfants; mais il fait néanmoins une grande différence entre des fautes dues à l'inattention et à la légèreté propres à la jeunesse, et des fautes qui dénotent la malice du cœur. Il n'a recours aux punitions que lorsqu'il a épuisé les moyens de douceur.
Il esta leur égard plein de condescendance, écoute leurs questions avec plaisir, prend part à leurs jeux, se gardant bien toutefois d'agir en enfant avec eux, et de leur permettre une trop grande familiarité à sou égard. Par cette conduite, il s'attire l'amour de ses enfants, sans qu'ils perdent rien du respect et de l'estime qu'ils lui doivent. Si vous en agissez de même avec vos élèves, ils vous aimeront, vous estimeront, fréquenteront vos leçons avec plaisir, vous écouteront attentivement, mettront vos avis en pratique et plusieurs vous combleront de joie pendant toul< olre vie.