‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 56 sur 156 · LXX · texte numérisé non relu

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10" Ne point se courber , ni se cacher derrière les bancs , ni cacher ses mains sous les habits.

. Se courber peut facilement nuire à la santé; se cacher et cacher les mains, se fait rarement dans une bonne intention, ou peut du moins donner lieu à différents amusements qui ne troublent pas seulement l'attention des enfants, mais qui les mettent aussi souvent en danger de perdre leur innocence.

Deuxième <(|uestlon.

Comment un instituteur peut-il et doit-il porter ses Hèves à observer ce qu'exige le bon ordre d'une école ?

Outre les avis énoncés dans les §§ précédents, je vais vous donner ici quelques règles qui non-seule-

ment pourront servir de réponse à celte question,, muis qui montreront en même temps comment l'insliiuteur doit, en général , se conduire pour être vraiment ulile à ses élèves.

§ LXXl.

PuoiiÈRE Règle. — Avant tout, cherchez à vous concilier l'estime, l'amour et la confiance de vos élèves.

Si vos élèves ne vous estiment point, vous ne pour-, rez produire que très-peu de bien ou plutôt nul bien; vos iustructions, vos remontrances , vos réprimandes, vos menaces et vos punitions; tout sera inutile, s'ils n'out point de respect à votre égard, s'ils ne vous estiment point, s'ils vous méprisent. C'est donc pour vous un devoir bien important de gagner et de conserver l'estime de vos élèves.

a) Moyens peu propres. Plusieurs instituteurs cherchent à l'obtenir par une mine sombre, grondeuse, composée; d'autres, par des invectives et des injures continuelles; d'autres encore, par l'usage fréquenl du bâton et de la verge. Ce sont là certainement d( bons moyens d'inspirer aux enfants de la crainte el de la terreur pour leur maître;^ mais ce sont des moyens très-peu propres à gagner leur estime. Lej enfants ha'iront, comme leur plus grand ennemi, ur instituteur si rude; la colère et la vengeance rempliront leur cœur, et ils ne viendront à l'école qu'avec aversion pour lui , pour l'étude et même pour le; instructions qu'il veut leur donner : de tels maître sont la peste des écoles et la véritable cause de I; démoralisation de la jeunesse.

Mais, d'un autre côté, ceux qui pour s'acquéri l'amour et l'estime des enfants et de leurs parents ne maintenant pas leur autorité, laissent aux enfant toute liberté, passent leurs fautes sous silence c punissent à peine leur méchanceté par un reproch<

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un peu sévère, ne sont pas moins répréhensibles. Si ceux-ci ne paraissent pas évidemment faire un si grand tort que les maîtres rudes et misanthropes, cependant ils ne gâtent pas moins la jeunesse et ne la conduisent pas moins à sa perte : l'estime et le respect que les enfants avaient d'abord pour leur maître dégénérera bientôt en une familiarité trop intime qui leur fera perdre l'une et l'aulre; sachant qu'ils n'ont rien à craindre , ils deviendront hardis et effrontés : dans cet état de choses, tout le fruit des travaux et des peines du maître est irréparablement perdu. Il en sera de même pour les maîtres qui se montrent souvent timides et embarrassés en leur présence, ou qui n'ont à la bouche que murmures, critiques et plaintes sur leur pétulance, leur paresse et leur négligence.

b) Moyens propres à conserver l'autorité sur les enfants. Pour conserver un respect convenable de la part des enfants , il faut garder un juste milieu entre une trop grande sévérité et une trop grande indulgence. Ayez une sévérité paternelle, que toute votre conduite soit grave, sérieuse, discrète et décente ; évitez tout ce qui peut donner aux enfanis sujet de vous mépriser , de rire ou de se moquer de vous; veillez surtout à ce que vos élèves aient une haute opinion de votre capacité et de votre vertu , et qu'ils vous considèrent comme un modèle qu'ils n'imiteront qu'avec peine. Cela donne de l'aulorité et n'est point si difficile à obtenir des enfants, pourvu que vous vous efforciez d'être graves, justes et impartiaux, capables et vertueux; et que vous vous conduisiez partout de manière à ce que le monde ne puisse dire que du bien de vous.

Vous devez aussi avoir la prudence nécessaire pour qu'ils ne vous trouvent pas en faute. Quand il vous arrive de faire o\\ de dire mal qsielque chose, sans

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qu'aucun enfant l'ait remarqué, cherchez à le réparer aussi en secret; mais, si l'un ou l'autre s'en est déjà aperçu, le mieux est d'en convenir aussitôt sincèrement et de le Caire sans se montrer ni confus ni embarrassé : J'ai mal parlé; j'ai mal vu; c'est ainsi, c'est comme cela, etc. Ne croyez pas que cette mesure de prudence soit inutile près des enfants , même près des petits, qui ne sont pas en effet aussi simples qu'ils le paraissent quelquefois : ils voient très-clair et pénètrent vos pensées qui les concernent et qu'ils ont pu entrevoir. Malgré leur inexpérience et leur ignorance, ils s'aperçoivent ordinairement des dispositions de leur maître, de son côté faible ou fort, bien avant que celui-ci n'apprenne à connaître leurs dispositions, leurs penchants et leur caractère. Ils savent le plus souvent mettre à profit leur découverte et en tirer autant d'avantages imaginaires pour eux, même à un âge où on ne les croit pas capables de réfléchir.

Une minutieuse circonspection en présence des enfants vous est donc très-nécessaire, si vous voulez conserver votre autorité sur eux; une fois perdue, elle ne peut être récupérée que très-diflicilement, et le tort qui en résulte est souvent irréparable.

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