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Quel est le moyen de faire cesser le chant de mauvaises chansons? — Nous n'en connaissons pas de plus propre que d'apprendre aux enfants do bonnes chansons, et de les répandre, par là même, parmi les adultes. Tout autre moyen que celui-ci ne peut produire aucun effet ou qu'un effet insignifiant.
Mais le chant de bonnes chansons produit encore d'autres avantages que celui de faire cesser le chant des mauvaises. Un moraliste distingué assure qu'on trouverait très-difficilement un moyen plus efficace et plus facile ^ de réformer les inclinations et les mœurs des hommes; car c'est un moyen de rendre les âmes, tant des adultes que des enfants, plus sensibles, plus paisibles et plus susceptibles de s'ouvrir à de bonnes instructions et à de salutaires impressions.
Plus le naturel des enfants est rude et grossier, plus le chant de bonnes chansons est nécessaire et avantageux pour leur éducation. Une école dans laquelle on fait de bons exercices de chant, en surpassera bientôt une autre qui, quant au reste, ne lui serait pas inférieure.
Outre que le chant de bonnes chansons forme le caractère, dispose l'âme à faire le bien, il est encore un excellent moyen d'assurer les progrès et de maintenir la discipline; le chant des canliques a aussi cet avantage, qu'il imprime dans les cœurs une
viaie crainte de Dieu , l'y ranime et l'y conserve vivacc. Que de salutaires effets pour l'âme n*a pas souvent produits un chant instructif composé avec goût et avec talent, s'écrie un savant Pédagogue? Que de tête légères n'a-t-il pas fait réfléchir? Que de cœurs affligés n'a-t-il pas consolés et tranquillisés? Rarement un cœur insensible est ému par la lecture d'une pièce de vers pleine de pensées élevées et de sentiment; mais, quand elle est chantée sur un air approprié aux paroles, que de force n'a-t-elle pas alors pour émouvoir? Et combien ne sont pas fortes et salutaires ces émotions, lorsqu'elle est bien chantée! Que de bons sentiments ne fait elle pas naître dans le cœur?
Et, qu'on ne pense pas que les hommes instruits soient seuls susceptibles de ces émotions intérieures ; l'homme du peuple, même privé de toute instruction , est sensible aux paroles et à l'air harmonieux d'un chant religieux; souvent même son cœur en est vivement ému.
Mais le plus grand effet que produisent les chants religieux, c'est lorsqu'ils sont chantés avec solennilé par un grand nombre de voix. S. Augustin confesse devant Dieu, en ces termes, l'effet que ce chant majestueux produisit sur son âme : « Que de larmes je répandis en entendant chanter les hymnes? Combien mon cœur fut ému par le chant solennel de l'Eglise! Pendant que le chant résonnait à mes oreilles , la vérité pénétrait dans mon cœur et le touchait vivement. Je me mis à réfléchir et à fondre en larmes, me trouvant cependant dans une joie ineffable. » (Conf. de S. Aug. L. 9. c. 6).
C'est à cause de ces effets si salutaires, produits par le chant religieux, que l'Écriture sainte nous le recommande si instamment, en appuyant d'exemples ce qu'elle en dit. Après que les Israélites eurent
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passé miraculeusement la mer rouge. Moïse chanta avec eux, pour en rendre grâces à Dieu, un hymne dont les premiers mots étaient : Chantons le Soigneur; il s'est montré grand et glorieux. (Ex. 15. 1). Marie, sœur de Moïse, répéta le même chant avec les femmes. Il est à présumer que ce ne fut pas dans cette seule occasion que cet hymne majestueux fut chanté, mais que, pendant le voyage de quarante ans dans le désert, il y retentit souvent. Et vers la fin de ce voyage. Dieu dit à Moïse : Ton dernier jour approche; écris cet hymne et apprends-le aux enfants d'Israël , afin qu'ils le sachent par cœur et qu'ils le chantent eux-mêmes : cet hymne servira chez les enfants d'Israël à me rendre témoignage.... Moïse l'écrivit et l'apprit aux Israélites. (I)eut. 31). Depuis ce temps le pieux usage de chanter des cantiques a toujours été en vigueur, et a été révéré comme saint et agréable au Seigneur parmi le peuple de Dieu, comme le prouvent l'hymne de Débora (Juges V), les psaumes de David, etc. Les Apôtres, dans leurs Épîtres, recommandent aussi aux chrétiens le chant des cantiques comme un usage pieux et agréable à Dieu. S. Jacques le recommande autant que la prière : Si quelqu'un d'entre vous est triste, qu'il prie; s'il est joyeux, qu'il chante. (V. 45). S. Paul exhorte les chrétiens en ces termes : Instruisezvous et animez-vous les uns les autres par des psaumes, par des hymnes et par des cantiquss spirituels ; chantant à l'honneur de Dieu du fond de vos cœurs, avec un esprit de reconnaissance,