‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 82 sur 156 · CX · texte numérisé non relu

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A) Quelques exercices particuliers propres à éveiller Pallenlion et la réflexion.

a) Pour les commençants.

V Faites-vous nommer par les petits, qui sont nouveaux dans votre école, différentes choses connues. Pour les amener à prononcer le nom de ces choses , mettez-vous à causer familièrement avec eux , et à leur demander s'ils connaissent déjà telle et telle chose : par exemple, connaissez-vous une bêle à quatre pattes? Quelle bête? s'ils vous en nomment une, montrez-vous satisfaits et, s'ils l'ont nommée en patois, dites-leur le nom de cette bêle en français et tenez à ce qu'ils se servent aussi à l'avenir du mol français, afin qu'en s'exerçant à être attentifs, ils s'exercent aussi à bien parler. Continuez à demander s'ils connaissent encore d'autres bêtes à quatre pattes, etc., et interrogez tantôt l'un, tantôt l'autre, seulement évitez de prolonger les exercices de manière à occasionner du dégoût à vos élèves.

â'' Faites-vous indiquer les signes caractéristiques et distinctifs des objets qu'ils ont nommés. — Après qu'il vous ont cité une foule de choses connues , demandez-leur à quoi ils les reconnaissent ; mais ayez bien soin de ne jamais parler que d'une chose à la fois , et n'exigez pas qu'ils vous en énumèrent tous les signes distinctifs. Soyez contents s'ils vous disent ce qui les frappe le plus; car il ne s'agit pas ici de leur faire faire une description, mais d'exciter leur attention. Lorsqu'ils vous auront dit comment ils les reconnaissent et comment ils les distinguent, vous leur direz que ce qui nous fait reconnaître ou distinguer un objet , s'appelle signe caractéristique ou distinctif, et qu'il faut rechercher et examiner ces signes avec soin, si l'on veut bien connaître les objets.

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Expliquez aux plus grands la dilFérence des signes dont je parle brièvement plus loin (§ 106).

5" Rendez-les attentifs à l'utilité de certaines choses qui frappent leur yeux , et à l'usage qu'on peut en faire. Entretenez-vous amicalement avec eux de cette utilité et de cet usage. Un tel exercice vous fournit, en outre, une belle occasion de forcer vos élèves à réfléchir aux qualités que chaque chose doit avoir pour qu'on puisse en faire tel ou tel usage; cet exercice est très-utile.

4" Après avoir consacré quelque temps à ces exercices , apprenez à vos élèves à faire des comparaisons de choses connues et visibles. On appelle comparer , opposer deux ou plusieurs objets l'un à l'autre en considérant en quoi ils se ressemblent. Par ce moyen, on apprend à connaître l'identité ou la différence, la ressemblance ou l'opposition des objets. Si l'on n'y remarque aucune différence on dit qu'ils sont égaux; s'ils ne se ressemblent que dans quelques points, on les nomme semblables.

Or, pour apprendre à vos élèves à comparer deux objets, rendez -les attentifs et demandez ensuite : Que remarquez-vous dans cet objet là, qui se trouve aussi dans celui-ci? Que remarquez-vous ici qui ne se trouve pas là? Si les élèves ne peuvent trouver tout de suite en quoi deux choses diffèrent ou se ressemblent, aidez-les. Quand ils savent déjà un peu comparer, demandez brièvement : En quoi se ressemljlent ces deux choses ? En quoi diffèrent-elles?

Quand vous vous proposez de les questionner sur les qualités ou sur l'utilité de certaines choses, ou que vous voulez les exercer aies comparer, dites-le leur parfois d'avance, et engagez-les à remarquer plus attentivement à la maison ou en chemin différents objets, et à faire attention à ce qui peut les faire reconnaître; en quoi ils sont utiles, en quoi ils se

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ressemblent, ou en quoi ils diffèrent les uns des autres. L'exercice dans l'art de comparer doit se faire longtemps et avec soin, et l'instituteur doit s'y préparer diligemment, et avoir prêts un bon nombre d'exemples convenables.

b) Pour les plus avancés.

Les exercices ci-dessus continuent avec les élèves dont l'inlelligence est plus développée , passant toujours à des choses plus difficiles et que présente l'instruclion journalière. Ainsi , par exemple, on leur parle des marques ou signes caractéristiques du mensonge, de la calomnie, du serment, etc. Ils comparent l'homme avec l'animal; un enfant sage avec un méchant; la dévotion avec l'hypocrisie.

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