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XI. Grandeur des personnages que le

PEINTRE VEUT PLACER DANS UN TABLEAU. j

La déterminer avec un horizon réel, — Suppo- ; sons d’abord, pour plus de simplicité, que la scène se passe sur mer, ou dans une plaine 1 dont la surface bien horizontale s’étende à perte de vue.

Le peintre est assis. — La ligne d’horizon ou l’horizon visuel se trouve au niveau de ses yeux; dès lors la ligne d’horizon du tableau doit passer par les yeux de tous les personnages qui y sont assis, et couper en deux tous ceux qui* seront debout ; car, sans nous occuper. des différences de stature, un homme assis est sensiblement moitié moins grand qu’un homme debout. Ainsi ^fig. 39) P est le point principal; AP est la hauteur sur la base du tableau d’un spectateur assis; « et è sont deux personnagessur une même ligne ah , parallèle à l’horizon ou à la base du tableau , dont l’un , a , est assis , et l’autre , 6 , est debout.

Le peintre est debout. — L’horizon visuel sc trouve au niveau de ses yeux ; il est aussi dès lors au niveau des yeux de tous les personnages qui sont debout dans le tableau , et passe audessus de la tête de ceux qui y sont assis, à une distance égale à la hauteur qu’ils occupent assis. Ainsi 40) AP est sur la base du tableau

la hauteur d’un personnage debout, « et tous deux sur une horizontale a h , sont deux personnages, dont l’un est debout et l’autre assis. >

Le peintre est élevé sur une estrade de sa taille. — L’horizon se trouve toujours au niveau de ses yeux ; mais il passe alors au-dessus de la tête de tous les personnages d’une quantité égale à la taille de chacun d’eux. Ainsi ( Fig. 4 1 ) A P est sur la base du tableau la hauteur d’un personnage debout sur une estrade AE de même hauteur que lui \ a eX a sont deux personnages placés sur deux estrades ae.,c^ e , de leur taille ; mais a y est debout , et y est assis ; è et c sont deux personnages , l’un debout et l’autre assis , sur le sol où reposent les estrades et sur une même horizontale parallèle à la base du tableau.

Ihi personnage placé sur la. plate-forme ou à

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différens étages d'un bdthnent , y conserve la meme grandeur (^ue s’il est au bas de l’édifice , dans un meme plan vertical parallèle au tableau, et passant par l’axe de son corps dans ces diverses positions. On détermine donc , pour placer des personnages en un point quelconque du bâtiment , lé plan horizontal sur lequel reposent leurs pieds, le plan horizontal qui passe immédiatement au-dessus de leurs têtes, et leur hauteur est dès lors comprise entre ces deux plans. Ainsi [Fig. 42) AP est la hauteur d’un personnage sur la base du tableau; a est la hauteur d’un personnage sur la plateforme ou bien au bas de l’édifice M ; ^ ^ est la hauteur d’un personnage en un point quelconque b du bâtiment; b B est le plan horizontal sur lequel reposent les pieds de h , et le plan horizontal qui passe immédiatement au-dessus de sa tête.

Si des gens placés sur un édifice très élevé nous paraissent parfois plus petits que ceux qui sont en bas , c’est que tout près de cet édifice , nous sommes forcés de lever les yeux pour apercevoir ceux qui sont en haut , et que nous changeons ainsi machinalement, sans y songer et sans bouger de place, l’angle optique

DE l'F.RSPECTIVE. 'j5

SOUS lequel nous considérons ceux qui sont en bas, en un angle bien plus aigu, qui nous les fait dès lors paraître d’autant plus petits que nous sommes forcés de lever davantage les yeux. Mais si nous nous reculions assez pour voir les uns et les autres d’un seul coup d’œil , comme dans un tableau, alors ces différences de stature disparaîtraient , et , ainsi que nous l’avons dit tout à l’heure , le personnage placé sur le faîte d’un bâtiment y est sensiblement de meme grandeur que celui placé en bas dans un même plan vertical. Ainsi {Fig. 43 ) AP est la hauteur d’un spectateur assez éloigné pour comprendre dans le même angle optique le bas et le sommet de l’édifice M; le personnage ET ou e t placé au pied de l’édifice ou sur la plateforme est pour lui de même hauteur; mais s’il s’avance en/?, n’embrassant plus le bas et le sommet de l’édifice M , il est forcé de lever les yeux; le colosse cT' lui semble de même hauteur que ET qu’il voit sous un autre angle optique , et et, qui n’est autre que E T , lui paraît beaucoup ])lus petit, ed par exemple; epd est un angle optique bien plus aigu que E>K ou son égal EPK'.

Les statues colossales que l’on place sur les

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édifices très élevés sont, indépendamment de l’intention de mettre leur masse en rapport avec celle du bâtiment , une concession faite à cette irréflexion du public, à son habitude de regarder les édifices de très près , de lever dès lors les yeux forcément pour apercevoir les statues qui les dominent; habitude qu’on le contraint d’ailleurs à prendre, en encombrant les alentours de ces édifices de manière à l’empêcher de se placer convenablement pour en considérer l’ensemble dans son vrai point de vue.

Occupons-nous maintenant , avec un horizon fictif , de déterminer, dans le tableau d’un site quelconque, la grandeur de tous les personnages qui s’y trouvent disséminés , et abandonnons cette hypothèse de la mer ou d’une plaine sans fin, que nous n’avions choisie que pour fixer les idées du peintre sur un horizon visuel tracé distinctement dans la nature. Dans le cas d’un horizon fictif, le peintre indique sa position par un personnage que l’on voit ou que l’on suppose debout sur la base du tableau. Si les yeux de ce personnage sont sur l’horizon , le peintre a travaillé debout et sur un terrain parfaitement de niveau avec la ligne de terre; si les yeux du personnage sont au-dessus de

l’horizon, le peintre était dans un bas-fond; s’ils sont au-dessous, le peintre était sur une hauteur, toujours relativement au niveau de la ligne de terre. Ainsi {Fig. 44 sur la

base du tableau , indique le peintre A P sur un terrain de niveau avec cette base ; a t indique le peintre AP sur un terrain au-dessous du niveau de la base, de AB égale à ti ; 3°. at indique le peintre A P sur un terrain au-dessus du niveau de la base, de AB égale à ti.

Quels que soient les plis du terrain, l’élévation des montagnes , la profondeur des vallées, le bas-fond des rivières, l’abîme des ravins , la hauteur des arbres et des édifices où l’on voudra placer des personnages, il suffira, comme dans l’exemple précédent de personnages placés à différens étages d’un bâtiment, de déterminer le plan horizontal qui passe sous leurs pieds , et le plan horizontal qui passe sur leurs têtes , puisqu’ils seront dès lors forcément compris entre ces deux plans. Tout se réduit donc à examiner la hauteur du plan où ils se trouvent relativement à l’horizon , et le rapport numérique qui existe entre cette hauteur et la stature d’un homme ; cela fait , et la stature d’un homme étant donnée sur la base ou bien

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en tout autre point du tableau , le reste s’en déduit sans difficulté. Ainsi 45 ), AP étant

la hauteur 'd’un personnage sur la base du tableau , a est élevé au-dessus du niveau de la ligne de terre de deux statures d’homme , et moitié de la verticale ia, est la hauteur du personnage placé en a ; a est un bas-fond de trois statures d’homme au-dessous du niveau de la ligne de terre , eX. a \ y tiers de 3 , est la hauteur du personnage placé en d ; d' est un rocher de douze statures d’homme au-dessus du niveau de la ligne de terre , et d' t' , douzième de d' l'i y est la hauteur du personnage placé en d' ; B est un bas-fond de deux septièmes de stature d’homme au-dessous du niveau de la ligne de terre, menant la verticale BF, et la divisant en neuf parties égales, BT sera la hauteur du personnage , dont la tête sera de deux septièmes de cette hauteur , ou de F T au-dessous de l’horizon.

Échelle de proportion. — Un personnage étant placé de grandeur convenable en un point du tableau, cette dimension donne celle d’autres personnages placés au meme niveau relativement à l’horizon , par une simple échelle de proportion qu’on trace sur le tableau en menant

deux droites, l’une par les pieds , l’autre par la tête du personnage , et aboutissant toutes deux à un même point de l’horizon. On peut même rapporter cette échelle en un autre point du tableau par un quart de cercle. Ainsi {Fig-. 46 ), AT étant la grandeur convenable d’un personnage quelconque, on mène par les pieds A, cl par la tête T deux droites AF, T F qui aboutis sent sur un même point F pris au hasard sur l’horizon ; toutes les verticales a t comprises entre AF et T F sont perspectivement de même grandeur que AT, et ce sont les hauteurs de différons personnages, placés sur des plans plus ou moins reculés du tableau , au même niveau A , par rapport à la base. Si l’on reporte A T de A en T' sur l’horizontale AT' et qu’on joigne T' F , tous les a t' seront perspectivement de même grandeur et représenteront sur des horizontales les hauteurs at*

On sent avec quelle facilité ce que nous venons de dire pôur la hauteur des personnages s’applique à celle de tous les objets de la nature, en établissant le rapport numérique qui existe entre la hauteur de ces objets et la stature de Thomme. Que l’on fixe celte statue à 2*“, ou

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à i“, 67 , 10“ eu seront le quintuple ou le sextuple , etc.

Quand on compose un tableau, il est bon,

’ pour donner aux objets toute la grandeur que l’on veut , d’observer la position qu’occupent les pieds de ces objets par rapport à l’horizon , et leur hauteur par rapport à celle des personnages placés h ces pieds , dans un même plan vertical parallèle au tableau ; par exemple ( Fig. 47 )? étant la hauteur d’un personnage placé sur le tableau, les arbres a' plantés sur le terrain horizontal aa n’ont que trois statures d’hommes , tandis que les arbres h‘ plantés sur le terrain horizontal bh' ont onze statures d’hommes.

Nous n’avons, dans tout ce qui précède, ni dû ni voulu entrer dans les détails de la différence des statures d’un homme à un autre homme, à une femme, à un enfant; ces détails, inutiles à l’établissement d’une mesure commune à laquelle nous voulions l'apporter les grandeurs de tous les objets d’un tableau, se déduisent d’ailleurs immédiatement des principes généraux que nous venons d’établir.

§. XII. Principes généraux et vérités

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