URTICATION
Vurlicaifon a la plus grande analogie aveo la rubéfaction. Les frictions légères et pendant une courte durée avec la pommade d'Autenrieth, ou l'huile de crolon tiglium, déterminent une éruption qui peut être comparée à celle que provoquent les piqûres d*ortie. Mais ce n'est pas encore là Turtication proprement dite, celle-ci est déterminée en. flagellant une partie du corps avec des orties brûlantes [Uriica urens). Ce remède est peu commode pour celui qoi l'applique , il ne peut pas toujours être mu en usage ; il est excessivement douloureux, et les résultats qu'on en obtient sont loin d'en compenser les inconvénients.
M. Blatin (1) a proposé de produire Turticationà l'aide d*uQé pommade composée d'axonge dans laquelle on incorpore par simple mélange sans trituration les soies épineuseà du poil tr gratter {DoliehosprurimSy Lin.) à la dose de 50 centigrammes pour 30 grammes de graiése. Son action est immédiate, elle produit une sensation analogue à celle qu'excite le contact des orties. Le malade est obligé de frictionner pendant dix, quinze à vingt mi-^ notes la partie que le médicament a touché. Pendant la friction, {i chaleur brûlante et le prurit s'apaisent et disparaissent complètement en moins d'une demi-heure. La peau se couvre ordinairement de papules blanches et plates, qui ne tardent pas à s'effacer et devient le siège d'une chaleur incommode.
L'urtication produite par les soies épineuses du Dolichos pruriens n'est due qu'à l'introduction do ces soies dans nos tissus ;
(1) Revue médic<ychirurgicale^ 1853, t. XIII, p, 150.
des essais variés ont démontré qu'elle ne dépendait d'aucune matière soluble de nature irritante. La dose de pomnoade à employer dans chaque friction est de 50 à 60 centigrammes.
M. Blatin pense qu'en associant à la pommade diverses substances médicamenteuses et, entre autres, des sels solubles, de rhydrochlorate de morphine par exemple, on les ferait facilement pénétrer dans le tissu de la peau, comme s'ils avaient été inoculés avec une aiguille ou une lancette.
Dans les essais qu'il a tentés de cette médication, aucun malade n'a éprouvé d'inconvénients ; les enfants eux-mêmes la supportent facilement; la main qui fait la friction n'en ressent pas TefTet. Quant aux indications, ce sont précisément les mômes qui déterminent le praticien à recourir à la pommade stibiée ou à l'huile de croton.
Certaines chenilles possèdent des propriétés urlicantes, telles sont les chenilles du Bombyx processionnea , de la Phalœna quer- CMS, du Liparis auriflua^ etc. Au«si les nids de processionaires ont-ils été proposés pour déterminer une rubéfaction cutanée rapide. L'action urticante de ces nids tient à la pénétration, dans le tissu de la peau, des poils fins et pointus dont ils sont formés. En outre, M. Ch. Morren ^dmet l'existence d'une matière spé* ciale, active, dans l'intérieur de ces productions pileuses.
Enfin, nous devons rapprocher del'iiction urtîcantd-des poils animaux et surtout végétaux, celle produite par divers instruments révulseurs proposés dernièrement pour donner Heu à une rubéfaction rapide.
Parmi eux nous citerons : ^ ° Le dermahioiicon, inventé par M. Baunscheidt (de Bonn), C'est un plateau circulaire, muni de 40 aiguilles et supporté par un manche, ce disque entre et smi à volonté dans une sorte d'étui, selon que l'on veut cesser oo produire la rubéfaction. L'emploi de cet instrument donne naissance à une éruption vésiculeuse assez confluente.
T La roue révulsive de M. Mathieu n'est rien autre qu'un cylindre muni d'aiguilles saillantes d'un millimètre et demi. Le cylindre, monté sur une chape avec manche, peut être prom^ sur la surface cutanée, on peut même augmenter son action révulsive en agissant avec un courant électrique.
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