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VÉSICATOIRES

Les vésicatoirea sont voîanti ou permanents.

Le vésicatoire volant est celui qui est appliqué dans le but, soit d'irriter la peaUf soit de déterminer une évacuation plus ou moins grande de sérosité, comme le fait remarquer H. le professeur Velpeau. Dans tous les cas, le vésicatoire volant ne doit point

(1) Supplément au Dictionnaire des diciionnaireê, p. 155.

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suppurer, ou du moins aussitôt que la vésicalion est produite, on doit favoriser la cicalrisation de la plaie.

Le vésicatoire permanent, au contraire, doit déterminer une irritation continue; il doit suppurer pendant un temps plus ou naoins long.

g I. — Véslcatolres volants.

Certains praticiens ont appelé vésicatoire volant celui que Ton ne laisse pas assez longtemps en contact avec la peau pour dé* terminer des phlyctènes ; d'autres, et c'est leur opinion qui me paraît préférable, ont appelé vésicatoire volant celui qui ne doit pas suppurer.

Quand on pose un emplâtre vésicant pour obtenir un vésicatoire volant, on le laisse, en général, moins longtemps appliqué sur la peau que quand on veut faire un vésicatoire permanent. Cependant il n'y a pas grand inconvénient à le laisser pendant un temps aussi long. On devra se rappeler que la vésication est beaucoup plus rapide chez Tenfant que chez Tadulte ; chez ces derniers il ne faut pas moins de douze, quinze, ou même vingtquatre heures pour que l'action soit complète ; tandis que chez l'enfant le vésicatoire produit son effet en six heures et môme en deux heures. Ou ne saurait donc recommander trop de surveillance, surtout chez les enfants très-jeunes. Il faut savoir encore que chez Tenfant Faction des vésicants détermine une irritation beaucoup plus vive que chez Tadulte. La phlyctène étant produite, on fait évacuer la sérosité, soit en perçant l'ampoule à la partie déclive, soit en enlevant Tépiderme brusquement, ou ce qui est mieux, après l'avoir coupé circulairement avec des ciseaux.

11 est à remarquer que la seconde méthode diffère beaucoup de la première. Quand on enlève Tépiderme, bien que la cicatrisation ne se fasse pas plus longtemps attendre, qu'elle soit môme moins longue quelquefois, la plaie étant tout à coup au contact de l'air, le malade éprouve une douleur excessivement vive, que l'on peut éviter avec quelques précautions.

Il arrive souvent que les sujets sont très -irritables, et qu'il faut user de grandes précautions pour enlever l'épiderme, opération excessivement douloureuse. Il est bon d'appliquer alors sur le vésicatoire un cataplasme émollient ; l'épiderme ^ détache le lendemain avec une facilité beaucoup plus grande, et l'on panse avec du linge ou *un4l)apier brouillard enduit de oérat. On emploie aussi le beurre frais; mais il ne tarde pas

à devenir rance sur la surface de la plaie, et à produire une irritation qui retarde la guérison. Quand on ne veut pas enlever répidenne, on perce, avec une lan< elte ou avec des ciseaax, la pblyctène dans le point le plus déclive, pour donner issue à la sérosité accumulée au dessous, et Ton fait le pansement comme il a élé dit plus haut. Dans les deux cas la guérison ne se fait pas longtemps attendre ; irois à six jours sont le plus souvent suffisants.

Douglas Maclagan prescrit un mode de pansement qui épargne des douleurs aux malades, et rend très-rapide la guérison des vésicatoires Voici «omment il procède :

Après avoir laissé 1 emplâtre en place pendant le nombre d'heures suffisant pour produire la vésication, il Fenlève et le ' remplace par un cataplasme de mie de pain et de lait qu'il laisse appliqué pendant deux heures. Lorsque le cataplasme est enlevé, si répiderme ne se déchire pas de lui-même, on le déchire de manière à donner isfuc au liquide, puis on recouvre immédiatement avec une épaisse couche de coton. Si au bout de quelques heures cet appareil est imbibé par la sérosité qui s'écoule du vésicatoire, on en enlève le plus qu'on peut sans détacher Tépiderme, et on le remplace par une nouvelle couche de coton. Lorsqu'un nouvel épiderme s'est formé, celui que le vésicatoire avait soulevé vient avec le coton et Ton trouve au-dessous de loi une surface lisse et polie.

Le premier pansement d'un vésicatoire mérite une grande attention : en effet, la méthode de pansement sera le plus souvent subordonnée à la maladie que le vésicatoire sera destiné à combattre. Si l'on veut, comme le fait remarquer Martin-Solon, sortir le malade d'un état comateux profond, il faut, après avoir incisé la circonférence de la vésicule et même sans celte précaution, saisir l'épidermeet l'enlever rapidement. La douleur causée par le contact subit de lair et des pièces du nouveau pansement sur les houppes nerveuseï» 'du derme excite fortement le système nerveux, cause un ébranlement salutaire, renouvelle et augmente la fluxion sur la surface du vésicatoire. Lorsqu'au contraire la douleur causée par la vésication est suffisante et qu'il faut en épargner de nouvelles au malade, on incise circulairement lavésicule pour faire sortir la sérosité, et l'on applique par-dessus répiderme une compres^^e enduite de beurre ou de cérat que Ton a eu la précaution de chauffer pour mettre la température en rapport avec celle de la peau.

Lorsqu'au moyen de ce vésiflitoire on veut obtenir Tévacuation d'une ertaine quantité de sérosité, de manière à déterminer

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une émission séreuse, comme le professe M. Vclf>eau, la grandeur du vésicatoire doit dépasser la partie malade de quelques centimètres dans tous les sens.

Les pansements consécutifs des vésicatoires volants Font excessivement simples. Un linge, un morceau do papier brouillard enduit de cérat, sufBsentdans tous les cas; au bout de deux ou trois jours, Fépiderme soulevé par la sérosité se détache : ce fait ne présente aucune indication particulière, car à cette époque la surface dénudée, si elle n'est pas tout à fait cicatrisée, n'est plus douloureuse. Au bout de quatre ou cinq jours la cicatrisation est généralement complète.

Les vésicatoires volants ne laissent point après eux de cicatrice.

Il arrive quelquefois que, au lieu d'une seule phlyctène remplie d'une âérosité citrine, il en existe plui'ieurs, soit que les adhérences de Tépiderme avec le derme n*aient pas été complètement détruites, soit que Tirritation de la surface de la peau n*ait pas été partout égale. Il faut alors ouvrir toutes les phlyctènes 1(>8 unes après les autres, et faire écouler la sérosité comme nous TaVons dit tout à l'heure.

I a. — Véflcatolres pcmuincnu.

Les vésicatoires permanents sont ceux qui doivent suppurer. Les premiers pansements du vésicatoire permanent sont exactement les mêmes que ceux des précédents, seulement il faut toujours avoir soin d'enlever Tépiderme. Cependant si chez des personnes à sensibilité très-vive on était obligé de laisser Tépiderme, il ne faudrait pas trop s'en préocuper, car on peut renlever le lendemain : alors il se détache avec facilité et sans causer de douleurs trop vives.

Les pansements consécutifs sont généralement renouvelés toutes les vingt-quatre heures et sont principalement faits le matin ; les malades et les personnes qui les entourent sont moins gênés t)ar l'odeur qu'exhalent toujours les vésicatoires, môme ceux qui sont pansés avec le plus de soin, lis su font avec de la pommade aux cantharides, au garou, à la sabine ; en un mot, avec une pommade irritante, ou bien avec des taffetas irritants préparés à l'avance. La pommade à la sabine est spécialement employée en Angleterre; en France, on se sert plutôt de pommade aux cantharides ou au garou. Je ne m'arrêterai pas à décrire ces diverses pommades ; je dirai seulement que la pommade épispaslique verte, qui contient des cantharides eu nature .^ est

la plus active, et qu'elle agit davantage gur les voies urinaireB; que la pommade épispastique jaune est moins active que la précédente, ne renferme que lo principe actif de la cantharide, et, par conséquent, n'irriterait pas autant la vessie que la précédénie ; que la pommade au garou est la moins active de toutes. Quant aux taffetas et aux papiers vésicants préparés à Tavance, ils sont fort commodes, produisent le plus souvent tout Teflet désirable. Bien plus, lorsque les vésicatoires sont trop douloureux, on leur incorpore de l'extrait d'opium ou de belladone, afia de calmer l'irritation. On a aussi préparé des papiers vésicants plus actifs les uns que les autres, et pouvant être employés selon les indications. Tels sont les papiers vésicants que M. Thévenot avait préparés, et à l'aide desquels nous avons obtenu do très-bons effets.

Comme le [vésicatoire permanent doit suppurer quelquefois pendant longtemps, il faut faire attention à plusieurs particularités. D'abord on empochera l'emplâtre qui doit déterminer la vésicalion, ou les pièces d'appareil qui supportent la pommade, de se déplacer. On y arrive en les maintenant solidement fixées avec des bandelettes de diachylon qui viennent se croiser sur le milieu de l'emplâtre. Il faut encore prendre soin de ne pas irriter la peau saine qui est autour du vésicatoire, car il pourrait arriver que l'action do la pommade épispaslique fat assez considérable pour déterminer la vésication des téguments, et alors le vésicatoire s'agrandirait outre mesure. On évite facilement cet accident en taillant dans un linge une lunette de la grandeur du vésicatoire, et en appliquant le papier brouillard enduit de pommade par-dessus la lunette ; de cette manière, il n'y a que la surface que l'on veut faire suppurer qui soit en contact avec la pommade ; et la peau environnante se trouve complètement garantie par la lame de linge.

Il arrive quelquefois que le vésicatoire ne suppure pas ou suppure mal au bout d'un certain temps ; cela tient, ou à ce que la pommade n'est pas assez irritante, ou à ce qu'elle l'est trop. Dans le premier cas, on peut facilement y porter remède ea augmentant l'énergie delà pommade ; dans le second, on peut la rendre moins forte en*y ajoutant un peu de cérat ou d'axonge. Mais lorsque le vésicatoire est trop irrité, il se couvre d'une couche blanche pseudo-membraneuse, que l'on enlève bien fecilement en plaçant sur le vésicatoire de petits cataplasmes de fécule de pommes de terre ou de Airine de riz.

Lorsque ces pseudo-membranes sont peu épaisses, on peut les enlever en passant une lame mince entre le derme et la fausse

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