CAUTÉRISATION PAR LA CHALEUR
Le manche (fig. 958) se compose d une partie mélalliquo qui s'enchâsse dans un morceau de bois assez allongé, de 12 à 4 5 centimètres environ. Tantôt elle est à demeure; dautres fois la soie se trouve fixée dans le manche par une vis de pression ou un ressort, de sorte que le même manche peut servir à plusieurs cautères.
M. Charrière a naguère imaginé une pince spéciale à pression continue et à point d'arrêt, pour saisir la soie du cautère. Cet instrument (fig. 261] est beaucoup plus commode que le manche mentionné plus haut.
L'extrémité qui doit cautériser est la plus importante, c'est d'après sa forme que les cautères ont reçu leur nom. Tels sont les cautères en roieau (fig. 263), conique (fig. 257), ruUellaire ou en rondache (fig. 264), circulaire ou nummuiaire (fig 265), olivaire droit [i\g. 266), olivaire coi/rèe (fig. 267). Déjà assez nombreux, les cautères Tétaient bien davantage autrefois. Ambroiso Paré a figuré quarante espèces de cautères; le nombre est bien plus restreint maintenant. La partie intérieure du cautère doit avoir assez de volume pour qu'il pni>se s'y accumuler une quantité de calorique telle^ que le cautère soit chaud pendant un temps suffisamment long : aussi faut-il, lorsque l'extrémité du cautère est effilée, qu'il y ait un peu au delà de la courbure de la tige une espèce de boule qui concentre le calorique (fig 259. D).
H arrive souvent que le chirurgien n'a pas sous la main un cautère; il peut le remplacer par une tige métallique quelconque. C'est ainsi qu'on se sert souvent de ces tiges dont les femmes font usage pour relever et arrondir les plis des garnitures de leurs bonnets.
Le cautère doit être chauffé dans un réchaud, où l'on fait brûler du charbon de bois dur, dont on active la combustion à l'aide d'un soufflet. Il faut avoir soin, lorsque le manche est permanent, de le tenir asgez loin du foyer pour qu'il ne vienne pas à brûler.
Le degré auquel doit être chauffé le cautère varie avec le résultat qu'on veut obtenir. Veut-on avoir une cautérisation profonde et rapide, on chauffe jusqu'au rouge blanc ; le rouge jaune, le rouge-cerise, le ronge obscur, cautérisent plus lentement et 4 des degrés beaucoup moindres; le rouge gris est le plus faible degré que l'on choisisse. 11 est bon de noter que la douleur est en raison inverse de l'intensité de la chaleur accumulée dans le cautère.
On peut distinguer trois espèces de cavUèrmV.m% \\^wxHièY\-
mtioH inhi'imle, la cautérisation Iranscurrente et la cautéritation
objective,
a. Cautérisation inhérente, — La caulérisalion inhérenle est celle qui est le plus souvent employée. Elle consisle à appliquer un cautère très-fortement chauffé sur une partie que Ton veut profondément désorganiser. Immédiatement après son applicalion, il se forme une escbare plus ou moins épaisse, selon la chaleur du caulère, la nature des tissus caulérisés. Si rcscharc n*était pas assez profonde , il faudrait employer plusieurs cautères, mais non laisser le premier appliqué pendant plus de cinq ou six secondes; car il se refroidit très- rapidement, cause une plus grande douleur au malade, et adhérant fortement à Teschare, il peut la déchirer, et produire non-seulement une douleur très-vive et complètement inutile, mais encore des béœorrhagies.
Le lieu sur lequel on applique la cautérisation est n^essairement subordonné au point malade ; il faut seulement faire attention à ne pas l'appliquer dans le voisinage de gros troncs artériels, veineux ou nerveux, dont la lésion pourrait entraînw à des accidents inùparables. Il est cependant des cas dans lesquels on ne peut pas même choisir : telles sont les morsures d'animaux venimeux, les hémorrhagies que la ligature, le tam* ponnement n*ont pu arrêter. Il faut dans ces circonstances, cautériser, quel que soit le point où la lésion existe, à moins qu'il ne soit certain que la cautérisation entraînera la perte du malade.
On doit prendre beaucoup de précautions quand on applique le cautère sur un point quelconque de réconomie. On étanchera avec le plus grand soin les liquides qui s*écoulent d*une plaie, car la plus grande partie du calorique serait épuisée par la volatilisation de ces liquides, et le cautère serait refroidi avant qu*il pût se produire une eschare suffisante. De plus, les liquides, échauffés par le cautère, pourraient, m s'écoulant sur les parties voisines, causer des brûlures trds-douloureuscs et complètement inutiles. Enfin, il faut préserver les parties environnantes de Taction du cautère ; on peut y arriver facilement, si le trajet n*est pas fistuleux, en plaçant dans le voisinage du point où Ton veut pratiquer la cautérisation des linges imbibés d*eau contenant une certaine quantité d*alun en dissolution. Il faut, dans ce cis^ faire attention à ce que Teau ne touche pas le cautère, car elle le refroidirait et celui-ci ne produirait pas tout l'effet désirable. Si le trajet était fistuleux, on pourrait se servir d*une canule métallique ; mais celle-ci a Tinconvénient de s'échaoifor assex vite et