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de brûler les parties que Ton veut protéger. Un tube de carton lisse, sec ou imbibé de solution d'alun, est bien préférable; on effet, le carton est un mauvais conducteur do la chaleur et pro* tége beaucoup mieux les parties environnantes. Il va sans dire que le carton est employé d^une manière tout aussi avantageuse quand on garantit de larges surfaces.
Enfin, on doit avoir soin, lorsqu'on pratique la cautérisation pour détruire des parties cancéreuses que Ton ne peut atteindre avec le bistouri, de cautériser jusqu'à ce que Ton suppose que le mal été détruit entièrement; car s*il en restait encore quelques parcelles, on ne tarderait pas à le voir répulluler avec une nou* velle force.
La cautérisation inhérente est employée pour arrêter les hémorrhagies, les progrès de la gangrène, de la carie des os, désorganiser les parties de mauvaise nature, les cancers, par exemple ; détruire les virus, les venins, introduits dans Tintérieur des plaies, etc.
b. Cautérisalion transcurrente, — La cautérisation transcurrgnte consiste à promener légèrement et avec vitesse sur la surface de la peau un cautère cultellaire, ou la pointe d'un cautère conique de manière à ne brûler que la moitié de l'épaisseur du derme. Le nombre et la direction des lignes doivent être en rapport avec la nature de la maladie et la disposition de la région où l on veut pratiquer la caulérisation. Les lignes que Ton trace sur les téguments doivent être parallèles, ne jamais se croiser, et être éloignées de 2 centimètres, afin que Tulcération ne détruise pas toute la surface de la peau.
M. Malgaigne conseille, afin d'éviter toute hésitation, de tracer d*abord les lignes avec de l'encre, d'effleurer à peine la peau avec le premier cautère, afin qu'il suffise à parcourir toutes les lignes tracées; puis on en emploie un second, ou l'on fait réchaufferie premier, s'il est nécessaire, et on 16 repasse sans appuyer sur les mêmes lignes (4 ). ^
Les eschares sont jaunes, étroites, s'élargissent au bout de quelque temps, lorsque l'inflammation éliminatrice commence à se développer. Cette espèce de cautérisation produit une douleur vive, mais peu profonde, qui se calme très-rapidement, surtout, si l'on enveloppe la partie brûlée de compresses mouillées. La cautérisation transcurrente peut être faite avec la plus grande facilité à l'aide de deux fils de platine que Ton maintient en contact par l'une de leurs extrémités, celle qui doit être en
(1) Malgaijjne, Manuel de médecine opératoire^ ^^ ç^vV\\..> v- "^^^
lappuri avec les tissus, et qui par l'autre extrémilé communiquent avec les deux pôles d'une pile. Ce fil, enfoncé dans une fistule, peut parfaitement en cautériser les parois (voy. Gdlpaiiocausiique).
La cautérisation transcurrente s emploie dans les engoigements articulaires, pour en amener la résolution.
c. Cautérisation objective. — La cautérisation olqecUveaefeil au moyen d'un charbon ardent, ou d*un métal chaufle aa ronge. Par cette espèce de cautérisation, on se propose d'obleoirMe rubéfaction intense et prolongée. Pour arriver à un résullilsi- i tiïfaisant, il faut prendre un cautère assez large oaaneptaqw mélallique chauffée au rouge ; les charbons ardents se refnMssent trop vite ; on le place aussi près du malade que la seaâbOilé le permet, puis on l'approche peu à peu jusqu'à ce qu'on ait pni duit tout l'effet désirable.
M. Malgaigne professe qu'on obtient des résultats fort reBl^ quablcs de cette méihode, dans les plaies en voiedecicatriali*i en tenant le cautère à distance pour dessécher la sarfoce «■ l'irriter, et continuant pendant une heure et plos. 11 a i^ souvent ainsi à obtenir en une seule séance, pour de pttîM plaies, une cicatrice complète, et sur des plaies plus laigtt* les voit, dit-il, quelquefois se rétrécir à vue d'œil (I).
Cette espèce de cautérisation a été employée autrefois M succès pour arrêter le flux hémorrhoîdal, les hémorrhagieJ •■ sales, pour guérir les chutes de l'utérus. Percy pense qoelleV plutôt par la frayeur qu'elle inspire aux malades, surtonl p* arrêter les hémorrhagies et pour réduire les hernies, aii»<P* cela a été fait par un empirique.
2° De la cautérisation par les liquides bouillants. — beaucoup employé.^, les liquides bouillants ne sont presque P en usage pour pratiquer la cautérisation. Il n'y a plus qœl' dont on se serve maintenant; car, si les anciens croyôent' d'une manière différente selon qu'i^ employaient o chargé de tel ou tel principe médicamenteux, il est bien aujourd'hui que la chaleur seule a de l'action. Par les substances ajoutées à l'eau no servent qu'à modifier rature, et les autres liquides, l'huile, l'alcool, arrivant de rébullition à des températures diftérentes, doivent à des profondeurs variables.
L'eau bouillante, appliquée sur la peau au moyen presses épaisses, d'épongés mouillées, peut produire
1' Miilgai^no, luo. nl..\. \V^.
CAUTÉRISATION PAR LA CHALEUR. 5^l9
des eschares qui envahissent toute Tépaisseur du derme, car une chaleur de 60 degrés suffit, lorsque Tapplication dure pendant quelques minutes, pour désorganiser nos tissus. Le cautère est préférable à Teau bouillante quand on veut produire une eschare ; en effet, son action est beaucoup plus rapide , et il n'y a pas à craindre des brûlures, qu'il faut avoir soin d'éviter en empêchant le liquide bouillant de s'écouler au delà du point que Ton veut cautériser. L'eau bouillante sert, employée de cette manière, à faire des vésicatoires ; mais il ne faut laisser que très-peu do temps le linge humide appliqué sur la peau.
3° Cautérisation par le marteau, — On se sert souvent de corps métalliques trempés dans Teau ou dans un liquide bouillant pour rougir la peau, et quelquefois pour déterminer la vésication et môme la cautérisation : telle est la caulérisation avec le marteau. Ce nK)de de cautérisation est très-simple; on plonge un marteau dans l'eau bouillante et on l'applique sur la peau. Le marteau est un instrument que l'on rencontre très-facilement, dont le volume permet de concentrer une quantité de calorique assez grande pour qu'il ne puisse se refroidir rapidement, et dont le manche de bois est assez mauvais conducteur du calorique pour que l'usage de cet instrument soit très-commode. Nous devons à M. Mayor d'avoir popularisé ce procédé de cautérisation ; il a consacré à la description de cett« méthode un très-long chapitre dans son Traité des bandages^ etc.
Nous avons vu tout à l'heure qu'on pouvait, au moyen du marteau, produire des effets très-différents; ceux-ci tiennent à la température du liquide dans lequel on l'a plongé, à l'état de sécheresse ou d'humidité de l'instrument, au temps pendant lequel on le laisse appliqué.
Si l'on plonge un marteau dans l'eau bouillante et qu'on le retire ensuite, sa température s'abaisse, en séchaqt, de 8 à 4 0 degrés; et si l'on applique sur la peau à cette température pendant dix secondes seulement, on produit une eschare. Il ne peut pas en être autrement, car la fibrine se coagule à 45 ou 46 degrés, l'albumine de 60 à 62 degrés, et l'instrument reste appliqué pendant assez longtemps pour que le calorique ait le temps d'agir sur nos organes et d'en déterminer la destruction en changeant l'état des principes qui les composent. Si l'on interpose entre les téguments et le marteau un morceau de linge ou de taffetas gommé , 1 effet est moins rapide , et au bout de quatre ou cinq secondes on détermine la vésication. Lorsqu'on plonge rinstrument dans un liquide de 55 à 65 degrés, la va\^ risation de l'eau lui en fait perdre 7 ou 8, el &\ V\tv^\.tvi\sAii\.\^*&\.^
550 OPÉRATIONS DE PETITE GHIRtJBGIE.
appliqué pendant trois ou quatre secondes, on produit également la vésication.
Lorsqu'on veut produire la rubéfaction, on trempe le mirteia dans Feau à 55 ou 65 degrés, on applique i'instrameot lurii peau et on le retire immédiatement ; on bien, si on leliiiwjMH dant quelques secondes, il faut placer entre les téguDiBnts et le marteau un morceau de soie sèche.
On peut voir, d'après ces indications, que le marteaapnUt très- rapidement des effets certains, subordonnés à desrègkilii^ précises, et dont il faut avoir soin de ne pas s^écarter, li l'oa ae veut pas avoir à se repentir de sa négligence.
« M. Rayer a fait Timportante observation que les agonittiii pouvaient être rappelés à la vie pendant quelques Dinatei pv des applications du marteau de Mayor. J*eus la pensée qe'oi pourrait utiliser cette découverte pour ranimer lasenubililédé* faillante, dans les conditions o(i la vie s*éteint accideotellMal sans qu*il existe de lésions irrémédiables dans les orgines M^ tiels de la vie. Je suis convaincu que le marteau do Ma7€r[ii> drait, dans les cas d^asphyxie par strangulation, par ii par inspiration des gaz délétères, des services inattendas. Tta" drats aussi ce moyen à plusieurs autres empoisonnenttls ^ Tasphyxie joue un rôle considérable, tels que rempoiflooMBelt par l'acide cyanhydrique, par les strychnées, la ciguë, etc. Depok que j'ai écrit ce qui précède, on a appliqué ce moyen Ibénpt* tique dans les cas de fièvre intermittente perniciease. Oo ^ ainsi gagner du temps pour faire absorber de la quinine et p^ venir un accès mortel (1). »
4" Caulérisation par des çorpê en igniîion, — On a piéC(rf le phosphore pour déterminer la cautérisation ; M. Paillard Mi obtenu de très-bons résultats dans plusieurs cas. Ce procédé i^ très-douloureux, incertain, car Tépaisseur des enchères est lri|^ variable. Pour l'appliquer, on taille des morceaux de ' de diflérents volumes, depuis la grosseur d'une téta' d'( jusqu'à celle de la moitié d'une lentille ; on approche on enflammé du phosphore qui brûle immédiatement en une chaleur très-intense. Si Ton veut produire uneeschare large, on peut appliquer plusieurs petits morceaux de , ' les uns à côté des autres, et les enflammer tous eosembil bien isolément. La douleur, très-vive pendant la combaaiitfi phosphore, est encore très-intense après que le corps a oesié<
(1) Bouchardat, Nouveau formulaire magistrat, 1868, •• é PO^ 43.
CAUTÉRISikTION PAR LA CHALEUR. 551
hruler. Eu effet, il reste de Tacide pbosphorique dans Tépaisseur de Teschare et sur les phlyctènes de la circonféronco, et si ces phlyctènes sont rompues, ce qui arrive le plus souvent, cet acide se trouve en contact avec la couche papillaire dos léjçu monts, et cause des douleurs intolérables; il fautalors le neutraliser avec de Tammoniaque étendue d*eau.
Le camphre peut cautériser de la même manière, mais son action est aussi incertaine.
La poudre à canon a été employée : elle brûle avec une rapidité extrême, et ne produit pas d'eschares assez profondes pour que Ton puisse compter sur elle.
Enfin, en brûlant du coton roulé en cylindre, des tiges d'artemisia ponLica, en contact avec la peau, on forme des moxas (voy. MoxÀs].
Ij'^ Caulérisaiion par let rayons solaires. — La cautérisation par les rayons solaires, réunis en foyer à l'aide d'une ou plusieurs lentilles, est excessivement douloureuse; elle a été plusieurs fois employée sans résultat satisfaisant. Ce moyen doit être rejeté ; car non-seulement on ne Ta pas toujours à sa disposition, mais il est lent et infidèle dans son action.
De Inaction de la cautérisation sur l'économie,
« l^uod remedium non sanat, ferrum sanat ; quod ferrum non sanaty ignis sanat ; quod ignis non sanat, insanahile dici débet. »
On voit par cet aphorisme qu' H ippocrate avait la plus grande confiance dans remploi du feu pour guérir un certain nombre de maladies ; ses successeurs ont continué à faire usage de la cautérisation. Mais déjà, du temps de Pline, elle était abandonnée en partie ; car il se plaint de ce que la pratique des anciens médecins était pliTs heureuse ; que ses contemporains aient abandonné l'esprit d'Hippocrate pour se livrer à celui des systèmes. Malgré Texemple des Chinois et des Japonais, qui font un si fréquent usage du moxa ; des Arabes et des Égyptiens, chez lesquels le coton que Ton brûlait sur les parties malades était un des principaux remèdes ; quoique Linné ait rapporté que les peuples de la Laponie suédoise se servaient souvent et avec succès d'un vieux morceau de bois de bouleau qu*ils faisaient brûler comme un moxa, la cautérisation était, au commencement du siècle dernier, tout à fait abandonnée chez nous. Dionis, montrant à ses auditeurs diverses formes de cautère actuel, leur disait : « Vous » pouvez juger par ceux-ci de tous les autres, qui ne diffèrent » qu'en figures, et qui ne sont pas moms ctw^\%. ^^i\^\ti\%'^v^*
:>5'2 OPKRATIONS UK PKTITE ClIIRURGIE.
» aucun chirurgien qui les melio en usage, et si je les ai fuil » graver, c'est plutôt pour vous en donner de l'horreur que pour » vous conseiller de vous en servir. » Cependant, en 4751, de Lafaye disait dans ses Principes de chirurgie, 5* édition, pageîOI « Les anciens faisaient peut-être un usage trop fréquent du eau- » tère actuel; les modernes, au contraire, le négligent un peu X trop. » En 4753, 1 Académie de chirurgie mentionnait honorablement le mémoire do Louis sur Tusage du feu ; mais, grâce aux efforts de Pouteau, qui vante la cautérisation dans ses Mélanges de chirurgie, 4 760, et dans ses OEuvres posthumes, dans lesquelles on trouve un très-long Mémoire sur les avantages du feu immédiatement appliqué sur les parties attaquées de douleurs rhumatismales fixes et invétérées, 1783 ; grâce à ceux doPercy, dont la Pyrotechnie chirurgicale fut couronnée par T Académie; à ceux de Dupuytren, deLarrey, ce moyen héroïque est désormais acquis à la chirurgie.
Les phénomènes qui accompagnent la cautérisation sont : la douleur, la formation d'une oschare par la destruction des parties cautérisées, la destruction des parties malades et des virus morbifiquo^, enfin Tinflammation qui détermine la chute de Feschare.
La douleur est excessivemenL vive ; toutefois, plus la température des cautères est élevée et plus la cautérisation est rapide, moins la douleur est considérable : aussi n'y a-t-il jamais d'inconvénient à porter la température du cautère au rouge blanc ; et si au moyen d'un cautère échauffé de cette manière on voulait avoir une cautérisation superficielle, il faudrait se contenter d'appliquer l'instrument pendant un court espace de temps. On a essayé d'empêcher la douleur d'être aussi intense en exerçant une constriction très-forte sur la partie au-dessus du point qui doit être cautérisé ; mais cette manœuvre a été rejetée cmnme inutile. La méthode anesthésique est bien préférable quand on veut épargner au malade les douleurs que détermine la cautérisation. La douleur diminue dès que le cautère n'est plus en contact avec les tissus, et l'on peut même la faire cesser presque immédiatement en versant un liquide froid sur l'eschare.
Si, dans la crainte de la douleur, un malade ne voulait passe laisser cautériser, on pourrait, en lui présentant un cautère médiocrement chauffé, lui faire croire qu'on va l'appliquer ainsi, et pendant qu'on détournerait son attention , le remplacer par un autre, chauffé à une température convenable. Ce moyen peut réussir d'autant mieux que la cautérisation au moyen d'on fer très-fortement chauffé est moins douloureuse que celle produite avec un fer qui l'est beaucoup moins.
C/iUTÉRISATlON PAR LA CHALEIK. 55:^
Le premier effet d'une cautérisation est de déterminer la destruction de toutes les parties qui sont en contact avec la chaleur : aussi Temploie-t-on poor anéantir les venins ou les virus inoculés à la suite de morsures d*animaux venimeux ou enragés. Si, dans ces circonstances , le cautère peut servir , Faction des caustiques est préférable; car non -seulement le liquide pénètre beaucoup plus facilement dans des plaies anfractueuses, mais encore neutralise le viras, soit en agissant avec plus d énergie, soit au moyen de la réaction chimique. Mais c'est surtout pour détruire des parties malades que l'instrument tranchant n'a pu enlever, que Ion fait usage du cautère : tel est, par exemple, le cancfr.
Le cautère produit sur les téguments une eschare noirâtre, dont répaisseur varie avec la température de l'instrument et le temps pendant lequel on l'a laissé appliqué. Il faut remarquer que l'action du feu sur nos organes détermine non-seulement la carbonisation des solides et la volatilisation des liquides de l'économie, mais encore qu'elle se prolonge plus ou moins loin, cause Toblitératiou des vaisseaux qui se dirigent vers la partie cautérisée et dans son voisinage, et que, par conséquent, toutes les parties auxquelles ces vaisseaux vont se rendre sont frappées de gangrène. Aussi arrive-l-il pour la cautérisation ce que I on remarque pour les brûlures au troisième ou au quatrième degré : c'est que la plaie s'élargit jusqu'à la cbate de Tescbare, et qu'elle est plus large que Teschare elle-même. L*eschare qui succède à la cautérisation se détache plus rapidement que celle produite par les caustiques ; en effet l'action immédiate du cautère a déterminé vers la partie un afflux considérable de liquides, qui doit nécessairement causer plus vite l'inflammation et provoquer la chute de la partie morte.
La plaie qui résulte de la cautérisation guérit avec assez de rapidité, à moins que la suppuration ne soit entretenue artificiellement; mais il reste toujours une cicatrice plus ou moins apparente, en rapport avec l'épaisseur des parties qui ont été dé* truites
La douleur que provoque la cautérisation imprime à Téconomie une secousse violente, souvent très-favorable, surtout quand on veut se servir de cette médication comme moyen dérivatif. L'inflammation qui se développe autour de l'eschare agit de la même manière, mais son action dure beaucoup plus longtemps : c'est, en général, Tinflammation qui agit avec le plus d'énergie pour déterminer la dérivation ; elle est parfois même tellement intense, qu'elle provoque des accidents gèuëvauiL^ ù.^ W^^n\v^^
556 OPÉRATIONS DE PE TiTK CHIRURGIE.
ot l*on abaisse ainsi nii ressort qui lient les deux segments du fil écartés Tun de Tautre; de même en lâchant le bouton on interrompt la marche du courant.
Pour agir sur une plus large surface, on fait usage du cautèrii à double tige de Kuppelbrenner. Un manche d'ébène volumiDeux loge dans son intérieur deux gros fils de cuivre doré demi-cylindrique ; les deux bouts postérieurs de ces fils s*écartent et reçoivent chacun une extrémité du conducteur de la pile; sur le trajet du fil supérieur même biseau que précédemment.
Les deux fils, après leur sortie du manche, s^étendent dans une grande longueur parallèlement Tun à l'autre, et forment, en se juxtaposant, une sorte de cylindre dont les deux demi-cylindres constitutifs sont isolés au moyen d^une mince plaque d'ivoire ; l'extrémité antérieure reçoit Tanse do platine D et G. Quelquefois cet instrument doit avoir une forme courbe pour s'accommoder à la direction des parties.
Les cautères à olive de porcelaine augmentent considérablement la surface du corps qui doit cautériser. Ils sont constitués par un fil de platine qui s'enroule en spirale autour d*une boule creuse de porcelaine extrêmement mince ; pour empêcher le fil de glisser, la porcelaine offre à sa surface un sillon spiroïde, un trou creusé à Textrémilé de cette boule permet au fil de rentrer dans rinstrument. Ces cautères sont coniques, olivaires, aplatis, nummulaires, etc. Au moyen de ce support non conducteur on peut leur donner la forme que Ton désire.
Nous n'essayerons pas de décrire ici toutes les formes que Ton peut imprimer aux cautères galvaniques. Veut-on faire pénétrer le fil dans une cavité profonde, dans un rétrécissement, dans le sac lacrymal, etc., le fil estréduit aux dimensions voulues, el la partie qui doit agir sur les tissus est seule en contact avec eux * le reste est isolé au moyen, aoit d'une petite gatne d'ivoire, d'une bougie de gomme, etc. Veut-on faire à l'aigle du galvanisme la section d'une tumeur, le cautère est constitué par des fils que l'on fait passer, soit dans des tubes de verre, soit dans des tubes métalliques et bons conducteurs, Tanse coupante fait saillie à l'extrémité des tubes. Les fils qui passent à travers les tubes permettent de donner à l'anse terminale le volume que l'on désire.
Sous le nom de sélons gahaniques on désigne des fils de platine de différentes grosseurs que l'on conduit au moyen d aiguilles droites ou courbes à travers les canaux ou les tissus dans lesquels on se propose de développer un travail inflamma-
DE LA GALYANOCAUSriQUE. J^l
Ce n'est pas ici le lieu de discuter les avantages et les inconvénients de la galvanocaustique. Miideldorpff a employé la gaivanocaustique dans un très-grand nombre de cas, qu'il serait trop long d'énumérer, et que ron peut d'ailleurs résumer facilement. Partout où Ton applique le cautère actuel, on peut faite usage du cautère galvanique; ce dernier peut en outre être porté dans des cavités plus ou moins anfractueuses, profondes, par cela même inaccessibles au fer rouge. I.e cautère galvanique, plongé dans les tumeurs érectiies, agit comme le cautère actuel, détermine la coagulation du sang, et provoque Tinflammation de la tumeur, de manière à déterminer sa cure radicale, au inoin» aussi sûrement et peut-être avec plus de certitude que les pointes de feu. Enfin, à l'aide des anses caustiques, on enlève parfaitement bien des tumeurs sans produire d'effusion de sang.
Mais cet agent peut-il toujours être employé? M. Regnault a étudié cette question avec soin, et, après avoir insisté sur quelques-uns des avantages du cautère électrique, a parfaitement déterminé les conditions auxquelles il n'est pas suffisant et les circonstances où son usage parait offrir des difficultés insurmontables.
« Pour produire, fait -il remarquer, des j)hénomène8 calorifiques puissants, au moyen de la pile voltaïque, il ne faut donner an circuit une résistance considérable qu'entre deux points assez rapprochés, car Tintensité de la pile diminue avec l'augmentation des résistances dans le conducteur interpolaire.
> Le diamètre des fils de platine ne doit pas dépasser une faible linaite, 0"",50 à 0"",75 au plus sur une longueur de 6 à 8 centimètres. On n'arriverait à rougir au blanc un fil métallique d'une plus grande section ou d'une plus grande longueur qu'à la condition d'employer des piles d'une puissance hors de toute proportion avec le but qu'on se propose d'atteindre. La faible masse que les conditions de production du phénomène thermique assignent au platine incandescent, est une raison pour rejeter remploi du cautère électrique toutes les fois que l'on veut détruire des tissus volumineux. Dans ces circonstances, en effet, il est nécessaire, indispensable, non-seulement d'avoir un cautère porté à une haute température, mais encore an poids de matières incandescentes suffisant pour détruire des parties gorgées de liquides, qui, dans lopération, vont s'échauffer, se réduire en vapeur et absorber beaucoup de calorique sans que l'ustion ou la carbonisation se produise. »
Le défaut de masse du platine, relaliyemeiil «i ^wv ^x^j^^ ^^
la faible chaleur spécifique de ce mêlai, paraissent à M. Regnault un obstacle insurmontable à la substitution du cautère électrique aux cautères rougis à blanc par le feu avec les formes et la massa que r usage leur a assignées.
On a dit, il est vrai, que le fil de platine du cautère électrique, traversé sans cesse par un courant, compense par la continuité de son action ce qu'il perd sous les deux rapports susmentionnés. Les expériences de M. Regnault et les lois thermo-voltaïques démontrent qu'il n'en est point précisément ainsi. Le contact de tissus baignés de liquide refroidit le stylet d'une manière continue, Tempôche d'arriver à la haute température qu'il avait dans Tair. Par le seul fait du refroidissement, la résistance au passage de 1 eleclricité dans cette partie du circuit diminue, et l'on sait que l'élévation de température est en raison inverse du pouvoir conducteur; l'augmentation de la quantité d'électricité produite dans le même temps est très-faible, à cause du rapport très-petit de la résistance du fil de platine aux résistances totales du système. M. Regnault conclut de ses observations sur ce sujet, que si l'on emploie le cautère électrique avec une pile assez intense pour faire rougir à blanc le platine dans l'air, c'est par des apj)lications successives du stylet rougi hors des points attaqués que Ton aura la certitude d'arriver au résultat qu'on se propose.
II n'y a certainement pas impossibilité à faire rougir à blanc un fil de platine au sein des tissus gorgés d'humidité, maison se trouve en présence d un ensemble de difficultés quij dans la pratique, méritent d'être prises en sérieuse considération. M. Regnault appuie celte opinion sur le résultat de quelques expériences faites sur le cadavre. Que l'on veuille, par exemple, cautériser dans toute sa longueur un trajet fistuleux à deux orifices. Si la pile ne fournit pas une très-grande proportion de fluide électrique, le fil ne rougira pas dans l'épaisseur des tissus, il les chaufiera plus ou moins fortement, mais sans produire une véritable action. Si, au contraire, la pile est très puissante ou le 61 très-fin, on aura toutes les chances possibles de le fondre. Quelquefois cette section s'opère même au sein des tissus, parce que la constitution du liquide à l'état sphéroldal par le platine incandescent arrête la soustraction de calorique, et que le fil ne résiste pas à la trop forte proportion de l'électricité qui le traverse. Le plus souvent c*est à l'un des orifices que le phénomène a lieu ; en voici la raison. Quelle que soit l'intensité du courant, la portion du fil plongé dans les tissus leur cède de la chaleur, sa résistance diminue et l'intensité du courant augmente. Si, dans
OE Lk GALVANOGAUSTlQUfi, 559
ces circonstances, la plus grande longueur du fil de platine sort à ras de la peau, elle fond presque instantanément, malgré les apparences contraires, ainsi que M. Regnault Ta constaté par des dissections minutiftises.
M. Regnault résume son travail en concluant de ses recbercbes :
< 4 ^ Que les avantages de ces genres d*appareils résultent do leur faible masse qui permet de les porter aux plos hautes tempéra tures, sans avoir à redouter les effets du rayonnement sur les parties voisines de celles que Ton veut détruire.
» 2° Que cette qualité même du cautère électrique le rend impropre à la destruction de tissus volumineux, cas où le cautère reste seul efficace.
« 3<^ Que cet instrument a une grande supériorité sur les autres moyens pour les cautérisations exercées sur des surfaces peu étendue^, situées dans le voisinage d'organes délicats ou dans la profondeur de quelques cavités naturelles.
9 4° Que le mode le plus sûr d'application consiste à répéter successivement les contacts de stylet incandescent et de la partie sur laquelle on opère.
> 5^ Quant aux opérations dans lesquelles le fil de platine doit rester plongé dans les tissus (cautérisation de longs trajets fisluleux, exciëion et ablation de tumeurs volumineuses), sans nier absolument leur possibilité, j*ai déduit de mes expériences quo ropérateur se trouve entre deux écueiis : ou de fondre le fil métallique, ou de ne pas le porter à la température nécessaire pour produire une véritable cautérisation (4). »
Dans un très -remarquable rapport lu à la Société de chiiurgio, dans la séance du 5 novembre 4 856, M. Broca étudie avec soin les appareils de Middeldorpff. Nous ne suivrons pas Fauteur dans tons les détails extrêmement judicieux qu'il développe, nous engageons le lecteur à lire le travail de M. Broca (2), et Textrait très- étendu du mémoire de Middeldorpff publié par M. Âxenfeld (3).
(1) Becquerel^ Traité des applications de Véledmiié à la théi^ajmitiqiie, in-8. Paris, 1857, p. 335.
(2) Gazette d^s hôpitaux, 1856.
(3) Archives générales de médecine, 1855, 5* série, t. Il, p. 145.
560 OPÉIIVnONS DE PETrXE CHIBURGIE.