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CHAPITRE VII

CAL'TÈaE.

On appelle cauièrr^ ou [onticulc, un exutoire établi dans le tissa cellulaire sou^culané, que Ton applique sur divers points do corps, el dont on entretient la suppuration pendant on temps plus ou moins long, suivant TelFet que Ton veut produire.

Les parties du corps sur lesquelles on pose des cautères varient avec le résultat que Ion veut obtenir. Si Ton veut établir un can« tère permanent, il faut l'appliquer sur une partie du" corps abondiimment pourvue de tissu cellulaire, où les mouvements ne soient pas gênés, et où le pansement soit facile. On doit toujours éviter les saillies oi^seuses ou musculaires, et les points où il existe des nerfs et des vaisseaux assez considérables. Ceat ainsi qu'on applique des cautères :

Au braSj entre Finsertion inférieure du deltoïde el rinsertioB supérieure du brachial antérieur : cest ce cautère qui est le plus souvent appliqué.

A la cume, sur son côté interne, à 7 ou 8 centimètres au-dessus du condyle interne du fémur, en avant des tendons du couturier et du droit interne, sur le vaste interne un peu en avant do tendon du grand adducteur. Ce cautère est quelquefois trop gênant, et les pièces d'appareil y sont moins solidement appliquées que dans le cautère précédent.

A la jambe, au-dessous du condyle interne du tibia, entre le jumeau interne et les tendons du couturier et du. droit interne. Ce cautère est préférable à celui de la cuisse.

A la nuque, M. Velpeau conseille de le placer dans la fossette sous-occipitale, c*est-à-dire dans l'espèce de creux limité en haut par Tos occipital, sur les côtés par les splénius, en bas par l'apophyse épineuse de l'axis. Cette place lui semble préfénd)ie à celle qui est généralement indiquée, la partie moyenne de la région postérieure du cou. « Dans le point indiqué, en efifet, le cautère est alimenté par une masse cellulaire considérable qui m continue en quelque sorte avec la face externe de la dure-mère et qui avoisine de très-près des vaisseaux et des nerfs importants. C'est donc une région très -favorable à Taction des exutoires, quand il s'agit de modifier les affections do l'encéphale ou des yeux (4 ).

fi) Velpeau, Mél<*rweo{iéi'atatre, 2* éïlit., 4839, t. I, p. 351.

CALltRE. 561

Lorsqu'au contraire on ne veut établir qu'un exutoiro passager, on peut, on se guidant d'après les mêmes règles, rappliquer sur toute la longueur des gouttières vertébrales, en arrière des muscles qui forment la masse sacro-lombaire, pour les maladies des vertèbres ou de la moelle ; sur toute la paroi antérieure de Tabdomen, dans les affections chroniques des viscères, mais principalement dans les régions du foie, du pylore; sur les fosses iliaques; sur toutes les parois thoraciques, dans les espaces intercostaux et au-dessous des clavicules, dans les affections chroniques ou tuberculeuses du poumon. Enfin on applique les cautères aux membres autour des articulations malades.

Ces divers cautères sont très- rarement uniques; le plus souvent on en met plusieurs à des distances variables les unes des antres.

On peut établir un cautère de diverses manières.

h"^ Les caustiques. — La polnsse à l'alcool est le caustique le plus souvent employé pour établir un cautère. Elle doit être bien sèche et avoir été conservée à Tabri du contact de Fair ; elle produit une eschare dont le diamètre est, en général, trois fois plus grand que le sien. L^eschare est formée par la destruction de toute l'épaisseur de la peau. Pour ouvrir un cautère avec ce caustique, on prend gros comme la moitié d'une lentille de potasse caustique, deux morceaux de diachylon d'inégale grandeur : le plus petit est percé d'un trou au centre ; tous deux ont les angles fendus, aGn qu'ils puissent mieux s'appliquer sur les téguments ; enfin un très- petit plumasseau de charpie. On place sur l'ouverture faite au morceau du diachylon (cette ouverture doit être moitié moins grande que l'eschare que Ton veut produire) le petit fragment de potasse, sur le diachylon le petit plumasseau de charpie, et l'on recouvre tout l'appareil par le plus grand morceau de sparadrap. L'appareil ainsi établi, on l'applique sur le point où l'on veut établir le cautère, et on le fixe solidement. De cette manière, la potasse est en contact avec la peau ; mais la charpie absorbe la plus grande partie du liquide qui résulte de sa liquéfaction, et empêche la formation d'une eschare trop étendue. En outre, la charpie, se trouvant maintenue fixée entre les deux morceaux d'emplâtre, ne peut se déplacer; enfin les bords de l'emplâtre le plus grand, qui dépassent l'appareil, le maintiennent solidement de tous côtés, et préviennent toute espèce de déplacement. Les inconvénients résultant du déplacement de l'appareil seraient de déterminer la formation d'une eschare beaucoup trop grande, ou bien de cautériser sur un point où l'on n'aurait pas voulu appliquer le cautère.

Si l*on voulail étabnr plusieurs cautères, il Taudrait faire sur lo plus petit morceau de diachylon autant de trous queVonveot proiiuire d'eschares. placer dans chacun des trous un fragmenl de jXilassc, et procéder de la mùme manière. On feraaHenliona no pas trop rapprocher les ouvertures failes au diachylon. car Ici cschare.^ étant, comme nous Tavonsdit, le double des ooTcrtam, si celles-ci étaient trop rapprochées, il arriverait qu'au lieo lie plusieurs eschares on n*en aurait qu'une seule, mais trèft-gnnâe. Si, au contraire, on voulait établir un cautère très-alIoDgécoiDnielB sont ceux qu'on applique dans les gouttières vertébrales, on demil rapprocher assez les trous pour que chacun des petits fngowrii produisît une eschare qui se réunirait à Teschare voisine.

Il ne faut jamais mouiller la potasse, car on pourrait, en ip* sant ainsi, déterminer la formation d'une eschare très-élendae, irrégulièro : ce qu'il faut toujours éviter.

Aussitôt que la potasse est appliquée, lo malade éproufe dm légère chaleur, puis un peu de douleur; celle-ci augmenlepemW tout le temps que l'escharo met à se former, cinq oa slxbenV environ. Au bout de ce temps, elle diminue insensiblement. Hii que la douleur est affaiblie, il faut enlever l'appareil :toatreW est produit, et l'on trouve quelquefois une petite quantltéde |i0' tasse qui n'a pas agi, mais toujours une eschare noirâtre, sani' ncuse. avec un cercle inflammatoire sur ses limites; on panU alors avec un morceau do diachylon, que l'on fixe avecnDeco*" presse et un bandage circulaire.

Peu à peu l'inflammation éliminatrico se développe; eOecit môme quelquefois assez considérable pour causer des acddeili généraux, alors on la combat par les émollients ; si au coninfl elle était trop faible, il faudrait l'exciter avec une pommade* peu irritante. Sous l'influonce de celte inflammation, l'esclan^ détache do la circonférence vers le centre, se ramollit, dwirf grisâtre, et laisse après sa chute une petite ulcération dont d doit entretenir la suppuration.

Le temps que met Tescharo à se détacher est estrémetB^l variable; la constitution du malade, le siège du cautère, laïF*" titéde potasse employée, sont autant de causes qui apportent J variations. Si elle se détache chez certains sujets aubouldeiP ' jours, chez d'autres elle est quelquefois un mois à s'élimiitf-/ arrive aussi qu'elle adhère à l'ulcération par une piosooB>j| grande quantité de filamenLs, soit de petits vaisseaux, soil* tissu cellulaire ; il faut les couper avec des ciseaux. i^P*? se forme pendant le travail d'élimination sort entre la circrf* rence del'cschare ol les téguments.

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