ONGUENTS
ooctions on en frictions. Lorsqu'on veut agir sur réconomie tout entière, elle g' emploie à faible dose de 2 à 8 grammes en frictions deux fois par jour. Quand on veut agir d'une manière toute locale, dans la péritonite, dans les phlegmons, il faut en prendre de 8 à 4 2 grammes pour une friction toutes les deux heures. H faut surveiller altentivomcnt remploi do cette pommade, qui détermine quelquefois très- rapidement la salivation.
La pommade à tiodure de plomb peut exposer aux accidents des préparations de plomb, tels que des coliques, des paralysies saturnines; aussi doit-elle être également surveillée avec soin.
En général, il faut surveiller avec soin toutes les pommades qui contiennent des préparations de mercure ou de plomb.
La pommade épispasliquey ayant pour principe actif If s can- Iharides, sert à activer les vésicatoires. Nous verrons plus tard comment celte pommade doit être employée, mais je dois faire remarquer que faction des cantharides sur les voies urinaires peut quelquefois déterminer des accidents : aussi a-t-on conseillé (l ajouter un peu de camphre à cette pommade. Dans les cas cependant où cette addition ne suffirait pas pour empocher l'inflammation de la vessie, il faudrait employer une autre pommade, la pommade au garou, également épispastique, à la vérité moins active, mais qui n*agit pas sur l'appareil urinaire.
Les pommades employées en frictions adhèrent toujours à la peau. Lorsqu'on veut en cesser l'usage, ou qu'on veut faire de nouvelles frictions, on doit avoir soin de nettoyer les téguments ; pour cela il faut les laver avec un peu d'huile ou avec de l'eau de savon légère.
g 4* — OogaeDt§.
On nomme onguents^ûes composés de consistance molle, pouvant 86 liquéfier à la température du corps, et qui contiennent des résines ou des huiles essentielles. Ils se distinguent des pommades ra ce que celles-ci ne contiennent pas de résine, et des emplâtres en ce que ceux-ci contiennent des sels métalliques qu'on ne ntroovepas dans les onguents.
i La composition des onguents est extrêmement variable; quoi (|ii*il en soit, ils possèdent en général des propriétés irritantes.
Très-employés autrefois, leur usage est presque complètement slxttdonné ; on ne s'en sert plus que pour activer les plaies dont la suppuration marche mal : tels sont V onguent styrax ^ Vonguent digesti/, le baume d'Arcéus, Vonguent basilicum. Pour employer cet onguent, on en étale une couche plus ou moins épaisse sur
un plumasseau qui est appliqué sur la plaie. Le blanc Rhasis^ ou oîiguenl blanc camphré, a été conseillé comme répercussif dans les entorses, les brûlures.
L'onguent basilicum^ l'onguent de lamère^ ïonguenl Canet^soni encore employés comme maturatifs ; le premier sert souvent de base aux autres onguents.
§ B. - Emplâtres.
Les emplâtres diffèrent des onguents on ce qu'ils conliennenl des oxydes métalliques. Ils sont plus consistants et se ramollissent beaucoup plus difficilement. Solides à la température ordinaire, ils doivent être préparés de telle manière que la chaleur des parties sur lesquelles oii les applique puisse les ramollir assez pour leur faire contracter avec ces parties une certaine adhérence, sans cependant leur permettre de les liquéfier assez pour couler.
En général irritants, ils doivent celte propriété, non-seulementr à leur composition, mais encore à leur solidité. En effet, appliqués sur la peau, ils la ramollissent en empochant la sueur de s'évaporer, aussi causent-ils des érysipèles fr^^quents : c'est co que nous verrons plus tard en décrivant les bandelettes agglutina tives.
L'oxyde métallique le plus souvent employé dans la composition des emplâtres est la litharge : c'est celui qui se combine \o mieux avec la graisse.
M. N. Gueneau do Mussy a proposé de remplacer le diachy- Ion à base de plomb par du diadujlon à base de zinc, M. Boileau fils (de Luchon) mit une solution de savon blanc en contact avec une solution de sulfate de zinc, et' obtint un précipité d'oléomargarate de zinc qui, lavé et séché, fut combiné avec les gommesrésines et les autres substances qui entrent dans la composition du diachylon ; seulement, connaissant les propriétés très-siccatives des sels de zinc, M. Boileau augmenta les proportions de l'huile et de la cire pour conserver à l'emplâtre une consistance convenable. Ce diachylon a été d'un excellent us3ge et s'est trèsbien conservé; et outre l'utilité toute locale qu'il offre dans teflj^ établissements d'eaux sulfureuses, il possède des propriétés qoî semblent devoir en généraliser l'emploi : la suppuration a paru à M. Gueneau moins abondante et la cicatrisation plus rapide qu'avec le diachylon ordinaire.
Pour conserver les emplâtres, on les roule de manière à en f^ire dos cylindres assez volumineux ; de cette manière Tair.
EMPLATRES. 33
l'agissant qu'à leur surface, laisse intacte la plus grande partie le l'emplâtre; autrement ils se dessécheraient, deviendraient as-sants et no pourraient plus servir.
Quand on veut faire usage d'un emplâtre, on le ramollit et on 'étale sur une pièce de linge ou un morceau de peau de mouton. Cette dernière espèce de préparation a reçu des pharmaciens .e nom d'écusson. Cette dénomination a été d'ailleurs appliquée à toutes les préparations pharmaceutiques : emplâtres, extraits, matières résineuses, électuaires étendus en couche mince sur de la peau, de la toile, etc.
Les écussons sont de forme et d'étendue variables, en rapport (V ailleurs avec la forme et l'étendue de la partie qu'ils sont doslinés à couvrir ; la consistance de la substance doit être telle, que la température du corps ne puisse la liquéfier assez pour les faire couler.
Pour faire ces écussons , on procède de la manière suivante :
On taille dans une feuille de papier im moule, dont l'intérieur représente exactement la forme de l'écusson ; ce moule est appliqaésurle morceau de peau, et au centre on place la substance que l'on doit étendre. Lorsque l'emplâtre est d'une consistance assez grande, on le ramollit avec un fer dit fer à (kusson; on ittélaoge les parties intérieures" et les parties extérieures, afin 'l'avoir une teinte' uniforme; on peut même, si l'emplâtre est un peosec, ajouter quelques gouttes d'huile pour le rendre plus
Lorsque la teinte de l'emplâtre est uniforme, on prend un peu d emplâtre avec le fer, on pose le fer sur les bords du moule et fon étend l'emplâtre en le dirigeant de la circonférence au centre, ^-wgque l'écusson est achevé\ c'est-à-dire lorsque la masse Maplastique est uniformément étendue, on la lisse en passant 'Rarement le fer chaud sur la surface de l'écusson ; on retire le "loole et l'on taille le bord de la peau.
Lorsqu'on n'a pas à sa disposition de fer à écusson, on peut raniollir l'emplâtre avec les doigts, poser la masse emplastique «wla peau et l'étendre avec le pouce, que l'on mouille de temps ^ • temps. Pour avoir, par ce procédé, un écusson bien fait, il est nfessairede tracer sur la peau la forme de l'écusson etd'étendre fwnplâtre du centre à la circonférence, en conservant devant le fooce un bourrelet emplastique. Si le pouce glissait sur la masse emplastique et faisait disparaître le bourrelet, il serait plus difficile d'obtenir un écusson régulier. Lorsque la masse emplastique est étendue, il est utile, pour avoir un bourrelet uniforme, de
repousser avecronglede l'index la masse emplaslîque qui dépasse
le diamètre de Técusson (4 ) .
Un reproche que Ton fait avec raison aux emplâtres confectionnés à Taide du doigt qui étend de la matière emplastique sur une toile ou un morceau de peau, est d'être irréguliers, c'est-à-dire de présenter des saillies et des dépressions qui s'opposent à un contact parfait. M. Soufisseau a communiqué au cercle pharmaceutique du Haut-Rhin un moyen aussi simple qu'ingénieux pour rendre Templûtre très-lisse et égal dans toute son étendue : il consiste à rouler rapidement sur la surface de l'emplâtre un tube de verre rempli d'eau fraîche, la fraîcheur de Teau empêchant le verre de s'échauffer et l'emplâtre d'adhérer.
Pour préparer les écussons avec des électuaires ou des masses emplastiques très-molles, on étend la composition avec une spatule, et on lisse l'écusson avec le même instrument mouillé avec de l'eau, s'il s'agit d'un électuaire, ou légèrement échauffé, s'il s'agit de matière emplastique.
Les emplâtres sont beaucoup plus adhérents que les onguents: ils restent plus longtemps appliqués, ordinairement de huit à quinze jours.
Il est quelques onguents qui présentent une consistance aussi grande que celle des emplâtres. On leur a donné le nom d'onguents emplastiques , ils diffèrent de ceux-ci en ce qu'il n'entre pas d'oxyde métallique dans leur composition ; ils s'emploient do la même manière que les emplâtres: tels sont la poix de Bourgogne, Vempldtre d'André de la Croix, Vonguent solide de blanc de baleine.
L'usage des emplâtres est presque entièrement abandonné: cependant on prescrit assez souvent Vemplâtre de poix de Bouf" gogne simple ou saupoudré avec du tartre stibié. Pour étendre cette poudre sur les écussons, il faut la chauffer légèrement oa la mouiller avec un peu d*alcool. Ce dernier emplâtre agit de la même manière que la pommade d'Autenrieth. Enfin M. Mialhea préconisé l'emploi d'un sparadrap stibié, qui aurait l'avantage de produire une éruption plus discrète et plus égale, que celle obtenue à l'aide des moyens précédents. On se sert encore de Y emplâtre narcotique: c'est un emplâtre simple auquel on ajoute d6 Vextrait de ciguë. Mais ceux dont on fait le plus fréquemment usage sont Vemplâtre de Vigo cum mercurio, Vemplâtre de diachylon ou sparadrap de diachylon, dont on fait les bandelettes agglutinât! ves.
(1) Deschamps, Manuel de pharmacie, p. 306. In-18, 1856.
AGGLLTINATIFS. 35
Vemplûtre de Vigo est employé comme résolutif ; il s'applique surles cngorgemenls ganglionnaires, scrofuleux ou syphilitiques ; il sert aussi à faire des bandelettes que Ion met sur certains ulcères. Il a été employé avec beaucoup do succès pour faire avorter la variole à la face, et empêcher ces cicatrices qui défigurent quelquefois les malades d'une manière si horrible. Du reste, nous reviendrons sur ce sujet dans la deuxième partie de
cet ouvrage, en parlant du traitement abortif de l'éruption va-
riolique.
g 6. - AirslaUnaUrs.
Lorsque les emplâtres sont étendus d une manière uniforme sur un tissu de linge de toile ou de coton, etc. , on leur a donné le nom de sparadraps. Ces topiques sont employés comme agglutlDalifs.
Pour qu'un sparadrap soit bon, il faut que l'emplâtre ne se détache pas par écailles, qu'il soit assez souple pour pouvoir se mouler sur les parties, qu'il se ramollisse assez à la température du corps pour se coller parfaitement sur la peau ; enfin, qu'il puisse s enlever en totalité sans laisser sur la peau des parcelles qui la
Us sparadraps sont employés en morceaux de formes diverses 00 découpés en bandelettes.
Us morceaux de sparadrap sont d'un usage fréquent pour les pansements des cautères et de toutes les plaies ou ulcérations peo étendues ; on s'en sert encore pour empêcher la peau qui recouvre le sacrum de s'excorier, quand les malades restent long- ^mpsau lit. Lorsque les morceaux de sparadrap doivent avoir 0D6 certaine étendue, il faut, afin que l'emplâtre s'applique d'une nanière plus exacte, faire sur les angles des incisions, ainsi qu'il * été dit pour le linge plein taillé en croix de Malte.
Mais c'est sous la forme de bandelettes agglutinatives que les sparadraps sont le plus souvent employés.
Us bandelettes sont des lanières de sparadrap larges de 1 à 2 centimètres environ et d'une longueur proportionnée au vo- '•••e de la partie que l'on doit couvrir : si ces bandelettes, par •*ttnple, doivent servir à une plaie ou à un ulcère d'un membre, ^ doivent être asrflz longues pour faire une fois et demie le loordu membre; cette condition n'est cependant pas absolue.
Us bandelettes doivent être taillées dans un rouleau de sparadrap tel qu'on le trouve dans le commerce : ce sont de longues ^odes, larges de 30 centimètres environ, recouvertes d'une
couche assez mince d'emplâtre, soit de diachylon, soit de Vigo. M. Rey a proposé do couvrir le tissu de toile d'un agglulinalif composé de gomme ammoniaque^ de mercure et de camphre. Cette préparation renferme moins de mercure que Templâlrc de Vigo, mais Taddilion du camphre paraîtrait devoir rendre l'absorption du métal plus active (1). Ce sont à peu prôs les seuls omplâlres employés maintenant on bandelettes. L'emplAtre doit élre étalé d'une manière uniforme, et Tony arrive facilement en faisant passer la pièce do linge et TemplAtreà travers ujie espèce de laminoir horizontal qui ne permet le passage que de la lame de linge parfaitement tendue et d'une couche d'emplâtre. Cet instrument a reçu le nom de sparadmincr. La pièce de linge sur laquelle on étend l'emplâtre doit être assez mince, et présenter sur une de ses faces, celle qui doit être en contact avec Templâtre, des villosités, afin que celui-ci puisse mieux adhérer.
Pour tailler les bandelettes . on prend un de ces rouleaux, on déroule le sparadrap dans une longueur égale à celle que Ton doit donner aux bandelettes, on coupoles deux lisières, qui présentent sur leursbordsdes couches d'emplâtre plus épaisses et inégalement étendues. On saisit de la main gauche l'extrémité libre de la bande, pendant qu'un aide tient toute la lame de sparadrap, qui a été déroulée, convenablement tendue en tirant légèrement sur le rouleau lui-môme. De la main droite, le chirurgien tient des ciseaux qu'il dirige rapidement et à droit fd vers l'aide ; de cette manière on taille des bandelettes d'une largeur convenable et bien droite. Les ciseaux ne doivent pas[ôtre conduits en coupant, la simple pression do leurs deux bords tranchants suffit pour diviser le sparadrap; si l'on ne procédait pas de cette manière, les bandeletles ne présenteraient pas toujours toute la régularité désirable.
Il faut bien se garder de déchirer les bandelettes de leur extrémité libre vers leur extrémité adhérente ; car l'emplâtre, n'étant pas coupé, s'enroulerait par écailles, laisserait les bords des bandeletles dé^:,'arnis, et ceux-ci ne pourraient plus adhérer convenablement.
Pour employer ces bandelettes, il suftit le plus souvent de les apphquer sur la peau sans aucune préparation, niais il est quehîuefois besoin de les chaulVcr ; il faut avoir soin, dans ce dernier cas, de no pas les exposer à une chaleur trop vive ou trop longtemps prolongée, car lo linge absorberait remplàtrc, et celui-ci ne pourrait plus adhérer aux parties.
^1) lirjiertotrc 'h ithurmartr. \Ho?y, (. ÎX, |>. /i03.