‹ Manuel de petite chirurgieChapitre 12 sur 152 · COLLODION · texte numérisé non relu

COLLODION

les bandelettes ainsi taillées servent à fixer les pièces de pan« sèment ; dans ce cas, elles sont dirigées dans tous les sens, et se croisent sur le milieu des premières pièces d'appareil ; elles servent à rapprocher les bords des solutions de continuité, à agir comme topiques sur les ulcères, et à les comprimer, etc. Nous décrirons plus loiu la manière d'appliquer les bandelettes.

Lorsque les plaies siègent à la face, aux doigts, qu'elles sont pea étendues, on se sert d'une autre espèce d'agglutinalif : c'est ^^taUélas d'Angleterre. Il est composé d'ichthyocolle dissoute dans Feau, et que Ton fait bouillir avec de FalcooL Ce taifetas est extrêmement adhérent; on l'applique en mouillant légèrement la surface recouverte par le mélange. Pour l'enlever, il sufBtde l'humecter de nouveau jusqu'à ce qu'il soit complètement ramolli.

g 7. -* Gollodlon.

Le eollodion est un produit d'un blanc jaunâtre, de consistance sirupeuse, insoluble dans Teau, et qu'on obtientpar la dissolution ^9 k poudre-coton, fulmi-coton, xyloïdine, dans l'éther sulfurique

Pour préparer le eollodion, M. Mialhe conseille le procédé suivant. Il prend 8 grammes de xyloïdine qui contient un petit excès d'acide sulfurique, l'introduit dans 125 grammes d'éther solfuriqne rectifié, agite le tout pendant quelques minutes ; puis il ajoute 8 grammes d'alcool rectifié et continue à agiter le mélange jusqu'à ce qu'il forme un liquide homogène de consistance sirupeuse; il passe le tout à travers un linge avec une forte expression, et conserve le produit dans un vase hermétiquement fermé. Ainsi préparé, le eollodion est fortement adhésif, sèche en <Nques secondes par l'évaporation de l'éther et peut être employé leul sur des solutions de continuité peu étendues ; le chirurgien ^t les lèvres de la plaie rapprochées jusqu'à ce que le collo- ^soit desséché. Plus souvent on trempe dans le liquide une ou P^Qsieurs bandelettes de linge que l'on applique comme la ban- ^^de diachylon, mais très-rapidement, afin que la dessiccal»n ne s'opère pas ayant l'application.

,^e substance étant insoluble dans l'eau, lien résulte que s cas bandelettes sont appliquées de manière à laisser passage ^P|i8) l'appareil peuf rester fort longtemps appliqué ; de plus, si Ion juge les cataplasmes nécessaires, ceux-ci peuvent être mis en ^ge; on peut même faire prendre des bains aux malades sans T'^e l'appareil soit ramolli ni décollé. Cet appareil doit sa solidité 'D feutrage des fibrilles do coton non dissoutes dans l'éther.

II peut être facilement enlevé, il suffit de le mouiller avec do 1 elher.

Nous avons déjà vu que dans les solutions de continuité peu étendues, le collodion pouvait être directement appliqué sur la plaie ; que dans celles qui étaient plus larges, une bandelette do linge imbibée de collodion pouvait être mise en usage pour opérer la réunion : dans ces circonstances, le collodion a pu être destiné à remplacer les sutures. M. llairion Ta appliqué aux maladies des yeux : interposée entre les paupières, la couche de collodion prévient Taction de Tair sur les surfaces malades. M. Valette (de Lyon] le considère comme un hémostatique trèspuissant. Le collodion a élé mis on usage dans le traitement de la brûlure, de certains ulcères, dos érysipèles, des maladies de la peau, etc. M. Robert-Latour, ayant remarqué que le collodion devenait cassant ot qu'il ne garantissait qu'imparfaitement les surfaces du contact de Pair, a cherché à le rendre souple : il a d'abord ajouté du caoutchouc; plus lard, après les recherches de M. Hogé, il y introduisit Thuile de ricin, qui est parfaitement soluble dans le collodion. M. Guersant fait ajouter au collodion, dans les cas d'érysipèle, 2 grammes d'huile de ricin dsDS 30 grammes de collodion. M. £. Lauras a proposé pour la înbncation du collodion élastique la préparation suivante. Il fait fondre ensemble 2 grammes de térébenthine de Venise, d'huile de ricio et de cire blanche, ajoute 6 grammes d'éther sulfurique. et met dans ce mélange la quantité de collodion qui résulte de la dissoiotion de 8 grammes de xyloïdino dans 4 25 grammes d'éther k laquelle il a ajouté 40 grammes d'alcool à 40 degrés (1).

Nous n'avons pas voulu passer outre sans signaler quelqueiunes des applications de ce corps singulier; il en est encore deux autres qui tiennent plus particulièrement à notre sujet, noo* voulons parler : 4 " des appareils inamovibles dans lesquels ^ collodion a été substitué aux blancs d'œufs, à la dextrine et ^ l'amidon; 2° du collodion cantharidal. Nous reviendrons sur ce* applications en décrivant les vésicatoires et les appareils à^ fractures.

§ 8. — GalaplabDieg.

Les cataplasmes, ou épUhèmes, sont des topiques mous, hnmîd0^> formés de poudres ou de farines délayées de manière à en fiiif^ une bouillie épaisse, et que l'on étale sur on linge, afin qa'*^^ puissent être appliqués à la surface des parties.

i; HéjM.'r(oirc do pharmacif, 1152, l. IX, p. 31.

Page 1