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CAUTÈRE

Quelques chirurgiens ont conseillé, lorsque Teschare était trop longtemps à se détacher, ou lorsqu'ils voulaient en accélérer la chule, de pratiquer à son centre une incision cruciale, et d'y in* troduire aussitôt le pois à cautère. Mais pour que cette méthode soit couronnée de succès, il faut que l'incision traverse toute Tépaisseur de Teschare, que le pois soit en contact avec les tissus vivants, afin que sa présence puisse déterminer une irrilalion plus grande : cette opération ne servirait exactement à rien si Tincision ne portant que sur une partie de Teschare seulement, les pois ne se trouvaient qu'au milieu des parties mortes. L'incision complète de Teschare a Tinconvénieiit ae causer aux malades une douleur assez grande, elle est souvent inutile ; car Teschare ne se détache pas avec beaucoup plus do rapidité, et il vaudrait mieux activer la suppuration en pansant la surface du cautère avec une pommade irritante, telle que Tonguenthasilicum, de la mère, la pommade épispastiquc, etc.

Ou est quelquefois obligé, lorsque les eschares sont assez étendues, que la suppuration est considérable, et que le pus sort difficilement à Textérieur, de les fendre crucialement, aPm de rendre plus facile Técoulement du pus.

La potasse présente, comme nous venons de voir, plusieurs inconvénients; (ce sont : rirrégularîlé de Tescharequi est subordonnée à la liquéfaction de la potasse, la lenteur de la cautérisation.

On peut facilement les éviter en faisant usage de la pûte de Vienne, Nous avons vu plus haut quelle était la manière d'appliquer ce caustique. Son action est beaucoup plus rapide que celle de la potasse ; Teschare qu'elle produit sur les téguments est toujours d'une grandeur égale à la surface du causli(|ue employé, à moins que, par une ignorance ou une incurie que rien ne saurait justifier, on ne laisse cette pâte appliquée fans surveiller son action, et qu'on ne la maintienne en contact avec les tissus pendant un temps plus que suffisant pour déterminer la destruction de la peau. Dix minutes suffisent pour produire assez d'effet, . chez les enfants six minutes sont suffisantes. Il arrive quelquefois, quand on fait usage de ce caustique, et qu on ne le laisse pas assez longtemps appliqué, que la peau n'est pas brûlée dans toute son épaisseur : alors l'eschare est sèche, ne se ramollit pas par l'inflammation éliminatrice, qui manque complètement; et lorsqoe l'eschare se détache, au lieu d'une ulcération, on trouve une cicatrice parfaite. Dans ces cas on doit appliquer une seconde fois le caustique.

Il est quelquefois arrivé, lorsque les causUoca^* xe&Viv^wX \x^^

6()'l OPÉKAIJO.NS Dli PETITE CHIRURGIE.

longtemps en conlact avec les légumonts, que ceux-ci, les muscles sous-jacenls, ont été perforés de telle sorte que Tcschare avait pénétré jusque dans l'intérieur d*une articulalion, dans la cavité abdominale ou dans le thorax. Aussi faut-il toujours surveiller les caustiques avec beaucoup de soin, laver Teschare lorsqu'on la suppose suffisante, aBn qu'il ne reste pas de potasse ou de pâle do Vienne qui puisse, en prolongeant leur action, causer les accidents dont nous venons do parler. Il vaut mieux réappliquer da caustique que d'avoir déterminé une lésion aussi grave.

2" Le bistouri. — L'emploi du bistouri pour établir les cautères est un moyen sur, très-prompt, moins douloureux que le caustique; mais, d'un autre côté, il ne présente pas l'avantage de déterminer une irritation, souvent nécessaire lorsqu'on veut obtenir une révulsion active de l'emploi du cautère. Ainsi il doit être tout à fait rejeté quand on applique les caustiques dans les cas où l'on ne veut pas prolonger la suppuration. Le cautère établi avec le bistouri ne détermine pas, comme le caustique, de perte de substance ; il a beaucoup plus de tendance à se fermer. Ce procédé ne peut être mis en usage chez les personnes qui redoutent l'instrument tranchant. Enfin, l'action d'un corps étranger dans une plaie récente peut, dans certaines circonstances, causer des érysipèles et des phlegmons plus souvent que le caustique.

Pour établir un cautère avec le bistouri, on peut ou tendre la peau avec le pouce et l'indicateur de la main gauche, et avecle bistouri tenu de la main droite comme une plume à écrire, faire au lieu de l'élection une incision qui occupe toute l'épaisseur de la peau. La longueur de l'incision sera proportionnée à la grandeur du cautère. Si cependant on voulait avoir un cautère trèsgrand, une incision cruciale serait préférable à une incision trop longue.

On peut encore faire un pli de la peau au lieu où l'on veut établir le cautère et avec le bistouri tenu de la main droite comme un archet, on coupe la peau dans toute son épaisseur, perpendiculairement à la direction du pli. Si Ton voulait avoir par ce procédé une incision irès-allongée, on ferait un pli beaucoup plus épais.

Aussitôt après l'incision, on place entre les lèvres de la plaio, soit un pois à cautère, soit une petite boulette de charpie que l'on maintient par un bandage assez fortement serré. Au bout de quelques jours l'action de ce corps étranger détermine la suppuration, et l'on fait les pansements consécutifs, ainsi que nous le verrons plus loin.

3" Le vésicaioire. — C'est, sans contredit, le plus mauvais

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