CAUTÈRE
moyen d'établir les cautères ; car il est exfrémomcnt douloureux. En oulre, les téguments n'élant point ulcérés dans toute leur épaisseur, mais seuliemenl à leur surface, sont simplement refoulés par Faction du pois, par conséviuent tendent toujours à reprendre leur place; et si on laissait quelques heures seulement le cautère sans qu'il y eût de corps étranger qui comprimât les tissus, il ne tarderait pas à se fermer. La suppuration est très-longue à s'établir, et l'on n'obtient jamais qu'une petite quantité de pus. Cependant, au bout d'un certain temps, la peau s'ulcère et le cautère se trouve établi. Mais ce procédé est beaucoup trop long ; il vaut mieux appliquer sur la surface d'un ancien vésicatoire que Ton veut convertir en cautère, une couche très-mince de caustique qui produit une eschare dont l'élimination se fait très-facilement.
Pour établir un cautère au moyen d'un vésicatoire, ou bien convertir une vésicatoire ancien en cautère, il faut placer vers le I)oint le plus favorable un pois que l'on maintient fixé à l'aide d'un petit morceau de diachylon et d'une bande assez fortement serrée. Si l'on voulait se servir d'un vésicatoire récent, on appliquerait un vésicatoire de petites dimensions ; on placerait au centre, après l'avoir fait suppurer | endant quelques jours, un pois qui serait fixé comme il a été dit tout à l'heure.
Quel que soit le procédé que l'on ait employé pour établir un cautère, il faut en entretenir la suppuration lorsqu on veut le conserver pendant longtemps si, au contraire, on veut avoir une suppuration moins longue, il faut se contenter d'irriter sa surface; si. enfin, on veut le supprimer, on doit faciliter sa cicatrisation. Nous allons successivement passer en revue ces divers modes de pansements consécutifs.
4 ° Pour faire suppurer la plaie qui résulte de la chute de l'eschare, on place au centre un pois ordinaire, ou bien de petites boules préparées exprès, dites poia à cautère, avec des rhizomes d'iris de Florence ou de petites oranges; ces pois se trouvent dans le commerce, disposés en chapelets. On en fabrique de toutes dimensions ; tous ceux du même chapelet ont le même volume. Un trou percé h leur centre sert non-seulement à les maintenir réunis, mais encore à passer un fil que Ton fixe sur les téguments, au-dessus du cautère, avec un petit morceau de diachylon ; ce fil permet d'enlever le pois fiaciîement, et l'empôche de descendre. En effet, entraîné par son propre poids, il arrive souvent qu'il presse sur la partie inférieure de l'ulcération, et fait, comme on dit, descendre le cautère. Ce fil est presque indispensable pour retirer le pois à cautère, lorsque les bords de
r>68 OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURCilE.