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ACUPUNCTURE

L^opéraiion la plus simple de la chirurgie est sans contredit l'acupuncture. Ou donne ce nom à une ponction faite avec une aiguille qui traverse nos tissus sans en rompre les fibres.

Inconnue des Grecs et des Romains, elle fut pratiquée dès la plus haute antiquité chez les Japonais et les Chinois. Importée en Europe par un chirurgien hollandais, Then llyne, elle n'a jamais joui chez no s que d'une vogue passagère, malgré les efforis de Berlioz, Béclard, de M. Breloniieau, etc., en France; de Scott et Churchill, en Angleterre.

Les recherches multipliées de M. J. Cloquet lui ont rendu quelque cêh brilé, et l'ont placée parmi les agents thérapeutiques, sinon les plus puissants, du moins les plus singulurs

Pour pratiquer cette opération, on se sert d'une aiguille métallique, d'or, d*argent, de platine ou d'acier ; dans ce dernier cas il faut que Taiguille soit recuite, afin qu'elle ne se brise pas dans la plaie.

Cette aiguille doit être très-acérée, longue de 10 à 45 cenli-

Fig. 271.

mètres, terminée par une petite boule de cire d'Espagne, ou mieux par un petit manche d'acier, long de 9 à 4 1 millimètres et taillé à pans, afîn qu'il puisse êtro plus facilement roulé entre les doigts (fîg. 271 j. Quand l'aiguille à acupuncture doit servir à l'électropuncture, le manche doit être terminé par un petit anneau (fig. 27^).

Fig. 272.

Il y a plusieurs procédés pour pratiquer l'acupuncture. 1 *^ procédé. — Simple piqûre.

On fait pénétrer très-rapidement, et comme dans une çic^lv^ •rdinaire, la pointe de l'aiguille à travers \es Wftç»\x%. C.^ \\^ç^^^^

21!l OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE.

déchire les tissus, mais il l'cmporlo sur les aulres par sa promptitude et sa simplicité.

2'" prno'di', — Pression unie à un mouvement de j'otahon.

La poaii est tendue de la main gauclie ; on tient l'aiguille comme une plume à écrire, et on lui fait exécuter rapidemenlun mouvement do rotation pendant que l'on presse légèrement;» bien, si l'aiguille que Ton doit employer est trop longue, dw la crainte de la voir se briser, on la tient sur le milieu ivecle pouce et rindicateur de la main gauche, tandis qu'avec lanâ» droite on presse et Ton fait exécuter un mouvement derotali». Co procédé a l'avantage d'écarter les tissus sans lesdivMwr,* de ne laisser aucune trace de Topération lorsque raigoillee* retirée.

S'^ procédé, — Percussion sur VaiguUle»

Pour faire la percussion, on se sert d'un petit maillet de corae, d'ivoire, ou de quelque autre substance analogue, quel'* rend p!us posant en ajoutant un peu de plomb sur le côtéoppMé à celui qui doit frapper.

L'aiguille est maintenue en place par la main gaucho, et vt^j le maillot, tenu do la main droite, on fait de légères percuÉ«ifl*j sur le manche de l'aiguille, afin do la faire pénétrer. Plw ^^ percussions sont légères, moins on est exposé à dilacérer tel tissus ; on peut môme se contenter d'une légère percussioo Ml par lu doigt indicateur de la main droite. Lorsque la p* est traversée, on continue l'opération comme dans le procédé.

La profondeur à laquelle on doit faire pénétrer raiguille Tirt nécessairement avec la profondeur du mal que l'on se de guérir. Si autrefois on a craint de faire pénétrer l'ina au delà de 3 ou /i centimètres, on a vu combien les craintes <P^ l'on pouvait avoir en l'enfonçant davantage étaient chiméfKï"^ liln cfTot, il est parfaitement démontré que l'aiguille ne dilwj pas les tis?us, mais les écarte seulement, de telle sorte qtfiï^^ a rien à redouter, quelle que soit la profondeur ii laq l'instrument.

Quelles sont les parties du corps sur lesquelles on doit quer l'acupuncture? Cette question est beaucoup plus diitojl résoudre que la précédente ; car, en partant de la pWi**V énoncée plusliawl, c\w^V^\^m\Uq sépare les mailles à»^

Actpu.NcruBt:. j^:?

sans les dilacérer, quelques chirurgiens ont pensé qu'elle pouvait être pratiquée sur tous les points du corps sans exception aucune. Mais on doit toujours, crainte d'accidents, éviter do pratiquer cette opération sur le trajet des gros vaisseaux, des gros troncs nerveux, ou bien dans le voisinage dos cavités splanchniques ou des centres nerveux. Il est vrai que les tissus ne sont point déchirés, mais bien séparés par raiguillo; cependant rinflammation qui succède à la présence d'un corps étranger dans nos tissus doit toujours faire redouter les lésions qni pourraient occasionner des accidents fort graves.

Le nombre des aiguilles à employer dans l'acupuncture varie avec l'étendue de la maladie. Dance dit qu'il vaut mieux en mettre plus que moins, surtout quand elles sont rapprochées les unes des autres.

La durée de leur application est très- variable : quelquefois on les relire au bout de quelques minutes, d'autres fois on les laisse plusieurs heures et mêmedoi'r; ours.

Pour retirer l'aiguille, on a^.j^lique deux doigts sur la peau au niveau du point où elle est entrée, et on la tire perpondicuhuroment.

L'acupuncture est en général peu douloureuse; quelquefois, au contraire, son application esl extrêmement pénible. Je ne m'arrêterai pas sur les différentes sensations qu'éprouve le malade sur lequel on pratique cette opération, telles que la sensation d'une étincelle électi ique qui sillonne les tissus, etc. Quoi qu'il en soit, la coutraction des fibres musculaires peut, dans quelques circonstances, être assez forte pour tordre l'aiguille et même la rompre. C'est pour cela qu'il faut employer une tige qui ne puisse se briser facilement, surtout lorsqu'on veut laisser l'aiguille assez longtemps dans les tissus.

Pelletan a cherché à expliquer d'une manière fort ingénieuse les phénomènes curatifs de l'acupuncture. 1! part de ces principes : que les nerfs qui se distribuent à nos organes sont lo siège de courants opposés qui se comportent comme lo fluide galvanique ; que ces courants sont entretenus par lo corvoiiu ol la moelle épinière ; que l'innervation dépend de la roncontro ilnn courants opposés dans nos tissus. Or, dit-il, une ni^uillo lui ni duite dans nos parties molles doit nécessairement ronrofilrm ww certain nombre de filels nerveux, siège do connuiN ii|i|iriqrL). et cette aiguille étant meilleur conducteur qun Ni Imnu nrniMi^ , et étant le conducteur le plus court, elle réunit m^ iniiinnN il les empêche do traverser les tissus oii mi n-ndoni li»q |)|i.|rt ww veux. Ainsi la douleur serait guérie \)au.i\ i\\\\y\\ \\\\\s\\\ v\\\v\\\\\\s-

rinnervation ; Tengourdissement serait aussi le résuUal d'une diminution notable dans l'innervation.

Carrero a employé Tacupuncture pour rappeler à la vie des noyés et des asphyxiés. Il enfonçait ses aiguilles dans le tissu du cœur et du diaphragme. Ce procédé lui a réussi sur un Irès-graDd nombre d'animaux; il serait à désirer qu'il fût appliqué dans Irt mômes circonstances, et surtout sur les enfants nouveaa-nés, car les moyens que l'on met en usage pour tes rappeler à la^^e sont souvent insuffisants.

M. le professeur Trousseau a mis en usage racupuncicre molliple dans le but de produire une adhérence prolecirice de U paroi d'un kyste ovarique avec la paroi abdominale, etdebdliter ainsi les injections et Técoulement du liquide h-stiqw H dehors.

Les aiguilles traversent successivement la peau, les tissas sous-jacents, le péritoine pariétal, puis s'enfoncent dans lit»- ! meur en traversant la lame péritonéale qui la recouvre et lei parois do la poche kystique.

A cet effet, M. Trousseau emploie de vingt-cinq à Irsale aiguilles d'acier assez longues, détrempées à laQammed*oM bougie et pourvues dune tête de cire à cacheter. H les place! 3 ou 4 millimètres Tune de l'autre . L'aire d'inflammation qô survient autour de chaque aiguille est au moins de 2 milliniëtni;. il suffit qu'il en soit ainsi pour que le péritoine s'enQammedMI toute la surface représentée par le champ où les aigoilles véi implantées. On laisse les aiguilles en place cinq jours, et si moment où on les retire, on voit sourdre de chaque piqûre ^ peu du liquide contenu dans le kyste, preuve des adhéreaci existant entre les deux feuillets périionéaux. On pourrait tt alors la poiu tion ; mais pour plus de sécurité, M. Trousseau HW un jour ou deux, afin que les adhérences se raffermissent. L'fli venure du kyste peut alors êire faite, soit avec un bisttW» lame étroite, soit avec un trocart, mais il est bon dans ceci d'inciser préalablement la peau, afin d'éviter les secousses wi lentes qui pourraient détruire les adhérences.

Quand on emploie ce procédé, il est encore une précaili»^ prendre, c'est d'interposer un tisîu quelconque entre la P* et la tête des aiguilles, un morceau de diachylon par eaî^ De cette manière, la peau est préservée du contact direct*' l(Ho des aiguilles et ne s'entlamme pas.

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