PERFORATION DU LOBULE DE L'OREILLE
La perforation du lobule de roreille est une opéralion tellement simple, que le plus souvent elle est abandonnée aux bijoutiers et aux gens du monde. Mais, comme elle peut être suivie de queU qaes accidents, peu graves à la vérité, je crois devoir en dire quelques mofs.
Cette opération est toujours pratiquée dans le but d*introduire dans la plaie faite à Toreille un bijou qui sert d'ornement, une boucle d'oreille ; par conséquent cette ouverture doit rester per» inanente.
On fe sert, soit d'un emporte-pièce, soit d'uo toocart trèspetit. Ce dernier est plus commode ; mais le premier j diM^inant une perte de substance, lui est préférable; l'opéré igT moins exposé aux inflammations qui surviennent quelquefois lôrsqu*on pratique cette opération .
Pour faire la perforation du Idoule, on saisit œlui-oi de la main gaoohe, on le place sur un bouchon de liège, afin que Tinstrument, trouvant un point d'appui assez résistant, puisse plus faci* lement traverser les parties molles ; l'instrument dont on veut faire usage est saisi de la main droite. Si Ton choisit le trocart) on le plonge brusquement avec sa canule, jusqu'à ce que cette dernière, ayant traversé toutes les parties molles, soit implantée dans le bouchon. Il est à remarquer que les bijoutiers traversent toujours le lobule d'arrière en avant, et de dehors en flédâiiVr^ afin que la partie antérieure de la boucle d'oreille soit dirigée e& avant, tandis qu'elle serait dirigée latéralement, si le lobule était percé perpendiculairement à sa surface. On enlève la lame du trocart comme après la ponction faite avec cet instrument, puis on dégage du bouchon l'extrémité de la canule ; on introduit dans celle-ci un fil de plomb, on la retire ; la canule, entraînant le fil de plomb, lui fait traverser la solution de continuité. Les deux extrémités sont portées, l'une en avant, l'autre en arrière du lobule, et fixées ensemble, afin qu'elles ne puissent se déplacer. On met quelquefois dans l'ouverture une mèche de linge, mais elle se salit plus que le fil métallique ; on est obligé de la renouveler, et la cicatrisation des bords de la plaie se fait attendre davantage. On ne devrait pas non plus passer tout de suite l'anneau, dont es bords anguleux pourraient irriter la plaie ; oiv ôçitî^^^, c^\%^
de le retirer s*il survenait quelque accident, et souvent on ne pourrait le faire sans briser le bijou. D'ailleurs le poids, étant quelquefois assez considérable, pourrait, dans quelques circonstances, déchirer le lobule, ou du moins agrandir Fouverlure outre mesure.
La présence de ce corps étranger dand la plaie détermine une irritation suivie d'une sécrétion peu abondante de pus, et de la cicatrisation. On peut alors retirer le fil de plomb et le remplacer par Tanneau.
Il est à remarquer que, quel que soit le corps que V(m place dans l'ouverture, celle-ci tend toujours à descendre, aussi vaut- il toujours mieux faire Touverture plus haut que plus bas.
Si Ton se servait de Temporte-pièce, on agirait de la méoBe manière. Après avoir traversé le lobule, on dégagerait Fiiistroment de l'extrémité du bouchon, on enlèverait du centre de l'instrument les parties détachées du lobule, et on les remplacerait par le fil métallique qui, entraîné avec l'emporte-pièce qu'oD retirerait, traverserait tout le lobule. On se comporterait pour le reste comme il a été dit plus haut.
Cette opération est peu grave, elle n'est presque pas dooloareuse ; il est même à peine utile d'engourdir par la pressioo le lobule que l'on veut traverser. Les seuls accidents à redooter sont un léger érysipèle, dont on se rend maître à l'aide d'un traitement approprié ; ou l'inflammation du lobule qui cède trèsfacilement aux émollients. Il faut cependant remarquer qoe le corps étranger, entretenant l'inflammation, doit être enlevé lorsque des accidenls surviennent; car non-seulement celui-ci 8*opposerait à la guérison, mais, pesant sur des tissus rendus plus friables par la maladie, on courrait le risque de voir le lobule se déchirer.
La cicatrisation est complète au bout de vingt à vingtrdnq jours. Si l'on enlevait plus tôt le corps étranger, on courrait Je risque de voir la plaie se boucher ; dans ce cas, si l'on s'eo apercevait assez à temps, il faudrait y passer un stylet mousse pour en décoller les bords, et si l'on ne pouvait les décoller, oa recommencerait l'opération.