‹ Manuel de petite chirurgieChapitre 13 sur 152 · CATAPLASMES · texte numérisé non relu

CATAPLASMES

Les calaplasmes sont simples ou composés : les premiers sont ordinairement formés d'un liquide et de farine, etc. ; les seconds sont le plus souvent des cataplasmes simples, auxquels on ajoute lifiérentes substances plus actives, telles que poudres, solutions nédicamenteuses, etc.

Le liquide est levéhicule: la substance qui doit donner an cataplasme sa consistance est Yexcipieni ; les médicaments surajoutés sont dits accessoires : ces dernières substances n'appartiennent qu'aux cataplasmes composés.

Le véhicule le plus communément employé est Tean , soit simple, froide et chaude, soit chargée de principes médicamenteux, tels que gélatineux, toniques, astringents, narcotiques, etc. 3n emploie encore le lait, le sérum, le vin, les huiles, etc.

L'excipient est, en général, composé de matières féculentes : elles sont la farine de graine de lin, de riz, d'orge, de moutarde, a fécule de pomme de terre. On emploie encore des racines, suites et réduites en pulpes, crues et râpées : tels sont les racines de carotte, de guimauve, les rhizomes de pomme de terre, les bulbes d'ail, d'oignon, de lis, etc. ; des feuilles et des tiges, et celles-ci doivent être écrasées ou cuites : tels sont la guimauve, la mauve, la morelle, le raifort, le cresson, le beccabunga, la ciguë, etc. ; enfin des pulpes de fruits . la pomme de reinette coite, par exemple. Je ne parlerai pas de cette pratique dégoûtante, qui faisait appliquer sur certaines plaies des cataplasmes d'animaux entiers, des vers de terre par exemple, des moitiés de pigeons, des peaux de mouton encore sanglantes. Toutes ces immondices, qui jadis ont joui d'une certaine vogue parmi les gens peu éclairés, sont à juste titre abandonnées.

Les cataplasmes sont d'autant meilleurs qu'ils conservent plus knglemps l'eau quUis ont absorbée. Le liquide retenu par la viscosité de la pâte forme à la surface de la peau un bain continoel, et l'efTet du remède est d'autant plus efficace, que cet état (Thamidité dure plus longtemps.

Si certains cataplasmeâ ont besoin d'être préparés au feu, îlen est quelques-uns auxquels le feu enlève leur propriété, ^insi on ne doit pas exposer à la chaleur les substances qui conlieonentdes principes volatils que le feu pourrait faire disparaître, ^ celles qui contiennent des principes. que la chaleur pourrait ^ire. Il est toujours inutile de prolonger l'ébullition des caïapbsmes; lorsque les substances qui doivent les composer sont ^Qflisamroent cuites, ils doivent être retirés du feu, sauf plus tard > Iw échauffer, s'il est nécessaire.

Ud médicaments accessoires qu'on ajoute aux cataplasmes sont

tiO DES MÉDICAMENTS TOPIQUES.

deslinés à en augmenter Taclivité; souvent même ils donnent eux seuls la propriété au cataplasme. Ces substances sont très^ variables, nous en parlerons en décrivant les différentes espèces de cataplasmes ; nous ferons remarquer seulement qu*on doit faire attention à ne pas ajouter des médicaments qui, en contact avec Texcipient, neutraliseraient Faction de ce dernier, et n'agiraient plus eux-mêmes, neutralisés par l'excipient.

Les cataplasmes composés ont une action spéciale dae aux médicaments qu'on y ajoute; mais en outre, comme les cataplasmes simples, ils agissent par leur humidité, qui ramollit la peau et rend plus facile l'absorption du médicament.

La température ordinaire des cataplasmes est de 30 à 35 degrés centigrades : presque constante pendant tout le temps qu'ils restent appliqués, elle maintient la partie qu'ils recouvrent à une température égale.

Les cataplasmes froids sont employés comme répercussifs, ceux-ci cessent d'agir lorsque le cataplasme est élevé à la température de la peau ; ou bieii comme astringents ou résolutifs. L'action de ces derniers est, à la vérité, moins grande, lorsquMlB sont échauffés; mais néanmoins ils peuvent rester plus longtemps appliqués que lorsqu'ils sont conseillés comme répercussifs.

Les cataplasmes très-chauds, à 40 ou 45 degrés centigradeSj sont employés comme dérivatifs ; on les applique sur les extrémités : ils rougissent la peau, causent do la douleur, et cessent d'agir lorsque leur température s'est abaissée.

La durée de l'application d'un cataplasme varie suivant les circonstances relatives, soit à Taction qu'on veut produire, soit à sa composition. Quelquefois un cataplasme ne reste appliqué que pendant quelques heures seulement, et ne doit plus être remplacé ; d'autres fois, lorsqu'il doit être renouvelé, on le laisse généralement pendant douze heures. Si on le maintient plus longtemps appliqué, il s'aigrit, et ses propriétés changent; il devient dur et irrite la peau, sur laquelle il forme des sillon» rouges, douloureux, contenant la pâte du cataplasme dessédiéy qu'il est quelquefois très-difficile d'enlever. ■

Les cataplasmes froids doivent être renouvelés aussitôt qu'ils se sont échauffés.

Les cataplasmes médicamenteux doivent être renouvelés phi0 souvent que les cataplasmes émollients, surtout quand ils renfer^ ment des substances susceptibles de s'altérer par la chaleur.

Les cataplasmes peuvent être appliqués à nu ou entre deo^ linges.

La manière de faire un cataplasme est très-simple. On choisi*

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