CONSERVATION ET TRANSMISSION DU VACCIN
g 8. ~ GonserYation et transmission da vaccin.
La meilleure manière de vacciner est sans contredit celle qui consiste à inoculer de bras à bras, en plongeant la lancette dans un bouton de vaccin et en portant sur les bras d'un autre individu le virus entraîné par les deux faces de ^instrument. Avant le sixième jour il n'y a pas de liquide dans la pustule; mais depuis le sixième jusqu*au commencement du dixième, on trouve de la sérosité qui constitue le véritable vaccin ; le pus qui succède à ce liquide ne sMuocule pas et produit de fausses vaccines : c*est depuis la fm du sixième jour jusqu'au huitième que la propriété du vaccin est à son maximum d^intensilé. Il faut donc autant que possible extraire le vaccin à cette époque, soit pour inoculer le vaccin de bras à bras, soit pour le conserver.
Nous devons ajouter qu*il est prudent de ne recueillir que le liquide de la pustule vaccinale, et d'éviter tout mélange du sang avec ce liquide. En effet, il résulte d*un travail de M. Viennois (1 ), que Tinoculation de la syphilis avec la vaccine n'est possible que lorsqu'avec le vaccin on vient à inoculer du sang de Tindividu vaccinifère.
On comprend toute l'importance d'une pareille recommandation, et pou^ l'opérateur, et pour le vacciné.
Les principaux moyens de conserver le vaccin sont :
4 ® Les lancettes, — On peut, lorsqu'on ne veut pas conserver ]e vaccin pendant longtemps, charger l'extrémité de plusieurs lancettes, renfermer la lame dans leur châsse en maintenant les valves écartées, aGn que le contact n'enlève pas le vaccin. Il est à remarquer que de cette manière le vaccin ne peut être conservé que pendant un très-court espace de temps, quelques heures au plus ; car la lancette humide s'oxyde, le vaccin s'altère, et Ton ne produirait qu'une fausse vaccine. Pour parer à cet inconvénient, on se sert de lancette à lame d'éçaille, de corne ou d'ivoire; on peut sur ces instruments conserver le vaccin plus longtemps que sur des lancettes à lames d'acier.
On peut se servir d'une plume d'oie taillée comme un curedent, et dont on imprègne l'extrémité de vaccin; ce moyen peut être facilement mis en pratique dans les campagnes. I^s plumes doivent être conservées dans un étui, de manière que leurs extrémités n'éprouvent pas de frottement.
(1) De la syphiHs transmise par la vacctmition, v*^ ^*" «^•^^•*''^* A. Viennois {Af*chiv. çén, de médecine^ 18(^0).
Quand on veut faire usage du vaccin ainsi conservé, il faut tremper Textrémité de Tinstrumenl dans un peu d*eaii tiède, si le vaccin était desséché ; dans le cas contraire, il suffirait de plonger la lancette comme il a été dit pour la vaccination de bras à bras.
î° Les plaques de verre, — Quand on emploie ce procédé ponr conserver le vaccin, on prend deox petits noorceaux de verrai vitre bien essuyés, d'égale dimension et taillés en carré. On pon une des faces sur le bouton largement ouvert, et lorsqu'elle est recouverte d'une quantité suffisante de liquide, on la laisse exposée à Pair afin d'augmenter la consistance du vaccin, pour que la près* sion des deux lames entre elles ne le fassent pas fuser sur ]es.pa^ ties latérales. Les deux surfaces couvertes de vaccin sont mises en contact Tune avec Tautre, et les bords sont lûtes avec un peo de cire, ou bien on les enveloppe parfaitement avec une lâne d'étain ou avec un morceau de papier noir que l'on colle sur les bords ou même sur les faces externes des lames de verre. On peut, en maintenant ces plaques dans un lieu sec et frais, conserver le vaccin pendant très-longtemps.
Veut-on se servir de vaccin conservé de cette manière: après avoir enlevé avec précaution la substance qui réunit les deux lames de verre, on les sépare, et Ton expose leur surfece couverte de vaccin à la vapeur d*eau chaude, ou bien on trempe l'extrémité de la lancette dans deTean tiède, et on rapplique ainsi sur la lame de verre. On peut de celte manière recueillir facilement le vaccin et inoculer aussi bien qu*on pourrait le faire de bras à bras.
3« Les lûtes capillaires. — En raison delà propriété que possèdent les liquides qui mouillent le verre de monter dans les tubes capillaires, on peut appliquer une des extrémités d*un tube sur un bouton largement ouvert ; le liquide monte, et lorsque le tube est presque plein, on ferme ses deux extrémités en les exposant à la flamme d*une bougie.
Le tube de Fiard est fort ingénieux. Il est long de 6 ou 7 centimètres environ et terminé par une boule semblable à celle d'un thermomètre ; on échauffe la boule avec la main pour raréfier l'air ; puis plaçant l'extrémité du tube sur un bouton de vaccin, l'air de la boule se condensant par le refroidissement, le liquide monte Irès-facilement. Pour le chasser, lorsqu'on a besoin de s'en servir, il suffît d'échauffer la houle; alors l'air qui reste au sommet delà boule, dilaté par la chaleur, presse sur la colonne de liquide le fait facilement sortir.
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