TRAITEMENT ABORTIF DE LA VARIOLE
CffAPITRE XIV.
bu ^TRAITEMENT ABORTIF DE LA VARIOLE.
iqoe la vaccine soit un préservatif à peu près infaillible de >le; quoique son emploi se soit répandu parlout ; malgré de rautorilé, qui accorde une prime d'encouragement aux nés pauvres qui font vacciner leurs enfants, on trouve des gens qui, par une ignorance que rien ne saurait jus-^ e refusent à laisser appliquer ce préservatif, lequel éparune foule d'individus qui succombent encore en grand )f ainsi que j'ai pu le voir à niôtel-Dieu en i 837, et à il de la Pitié en 1842.
ipésdes lésions que la variole laisse après elle, telles que 9 de la vue, la formation de ces cicatrices du visage si 3S, les médecins ont cherché un remède qui pût prévenir iidents aussi graves
(portait par-dessus tout de prévenir l'ulcération du derme, mpêcher la formation des cicatrices.
létbodc qui consiste à faire avorter les pustules de variole le Bom de méthode eclrotique.
istedeux procédés. L*ur consiste à ouvrir avec la pointe iguille toutes les pustules, les unes après les autres, et à tériser avec le nitrate d'argent. Mais cette méthode est douloureuse pour les malades; cependant, modifiée d^une 3 manière, elle peut être très-utile quelquefois. C'est ainsi Doyen d*un pinceau imbibé d'une solution de nitrate d*arn a pu, même sans qu'il fût besoin d'ouvrir les pustules, Ber assez leur surface pour les arrêter dans leur marche. ! procédé est inGdèle, lorsque les pustules sont très-nom- ;, très-larges,- qu'elles se réunissent entre elles de maformer au-dessous de Tépiderme de larges foyers de sup • Q : il vaut bien mieux donner issue au pus, au moyen de ux coups de lancette. Mais c'est surtout lorsqu'on a le ne faire avorter qu'un petit nombre de pustules que la e ectrotique par la cautérisation doit être employée. Dans oies on voit souvent se développer des pustules sur les mes muqueuses : c'est ainsi que la bouche, la langue, ynx, la trachée, les bronches et l'œsophage sont envahis ) éruption quelquefois même très-confluente. En général, idents que cause le développement de ces pustules iv(^
sont pas très-graves, à moins que, siégant dans les bronches, elles n'empèchenl la respiration, en déterminant le gonflemeDt do la membrane muqueuse. Mais c'est surtout sur rœil et les paupières que rattontion du praticien doit être fixée; car la conjonctive, la cornée môme quelquefois, sont fort souvent le âége de pustules qui, en se. développant, ont pu déterminer la perte de la vue.
M. Serres, à qui l'on doit un grand nombre de remarques trèsintéressantes sur la variole, a beaucoup insisté sur la marche des pustules qui se développent sur le globe de l'œil et sur lespaopières; il a remarqué que les pustules des paupières, en CDDtact avec la cornée et la conjonctive oculaire, inoculaient pour ainsi dire le virus sur les organes qui se trouvaient en contact avec elles. Il a décrit d'une manière très-exacte les pustules de la cornée, et a vu que très-souvent elles déterminent même trèsrapidement la perforation de cette membrane. Aussi conseille-t-il de cautériser avec le nitrate d'argent non-seulement tontes les pustules qui se développeraient sur la cornée, mais encore tontes celles du bord libre des paupières qui, par leur contact avec la cornée, pourraient déterminer le développement de pustules sor cette membrane et amener la perforation et la perte de l'œil.
La manière défaire cette cautérisation est extrêmement simple. On taille un crayon de nitrate d'argent, ainsi que nous Tavons déjà dit. On porte la pointe du crayon sur le sommet de la pustule, on le laisse appliqué pendant un instant, et la cautérisation est assez profonde pour empêcher les accidents. Il est bon de laver l'œil avec un peu d'eau fraîche ou tiède, afind*entever toate la partie du nitrate d'argent qui aurait pu être dissoute par les larmes, et qui, entraînée sur tout le globe de l'œil, pourrait causer inutilement son inflammation. La cautérisation du bord libre des paupières prévient non -seulement la formation de pustules sur la cornée, mais encore la destruction du bord libre de ces organes, par conséquent la chute des cils.' Elle prévient aussi le développement de ces blépharites ciliaires si rebelles , et le renversement des cils, qui cause quelquefois des accidents tellement graves, qu'il est nécessaire, pour guérir cette maladie, d'exciser tout le bord libre des paupières.
Appliquée à la face, la cautérisation avec le crayon de nitrate d'argent pourrait encore prévenir le développement des pustules; mais au moyen du second procédé on les fait parfaitement avorter, surtout si l'on a soin de le mettre en pratique dans les premiers jours de l'éruption.
Les médecins ne sont pas encore bien d'accord inr le mode
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d'action da topique appliqué sor les tégaments pour faire avorlor les pustules rie la variole M. Gariel 1-, alors interne dans le service de M. Serres, éclairé par cette phrase de Maloin : • Uno dame guérie d*une maladie syphilitique portait oncoro au niviMu du coccyx un emplâtre de Vigo quadruple, pour le ressonlimont qu'elle avait encore d'une tumeur qu'elle portait en cotte partie, lorsqu'elle fut prito de la petite vérole ; elle 6ta aussitôt son cm* plâtre : tout son corps fut couvert de petite vérole, à Teiceplion de la place qu'avait occupée rempifttremercuriel • (2) : M Gariel, aî-je dit, institua des expériences à l'effet d'étudier le moyen do prévenir les cicatrices difformes qu'il est si fréquent d'observer à la suite de la variole confluente, et c*est sur cinquante observations, dont quatre sont données avec détail dans sa thèse, qu'il est arrivé à formuler de la manière la plus satisfaisante le tnii* tement abortif de la maladie qui nous occupe. M. Serres fait appliquer sur la face des bandelettes d'emplâtre de Vigo cum mercurio, et dit que c'est le mercure qui agit dans cotte ciroon • stance. M. Piorry, au contraire, pense que Tavortement n'a lieu que parce que les pustules sont à Tabri du c0htact do l'air ; par conséquent il emploierait avec autant de succès romplâtn^ do diachylon. Je n'entrerai pas dans le détail de cette discussion, qui, en 1839, à l'hôpital de la Pitié, a provoqué de nombronscs expériences dans les salles de MM. Piorry et Nonat. Je forai seulement remarquer que les préparations mercuriellos font avorter les pustules de variole beaucoup plus sûrement que le diachylon gommé; que l'emplâtre de Vigo cum mercurio, qui avait déjd fait avorter des pustules, ne peut plus agir lorsqu'il a déjà servi ; que le calomel, mêlé à Taxonge et étendu sur l'avant- bras d'un malade, a arrêté complètement la marche des pustules, tandis que de l'autre côté, où l'on n'avait appliqué que deTaxonge, les pustules avaient continué à se développer; que M. Piorry aurait \u les pustules avorter sous un morceau de diachylon aussi bion que sous un morceau d'emplâtre de Vigo.
Toujours est-il que l'on peut faire avorter les pustules ; i\m l'abri du contact de l'air est indispensable au succès du pansement, et que, dans tous les cas, on préférera l'emplâtre de Vi;^^), qui s'applique aussi bien que le diachylon, qui no cause aurun accident, et qu'il est aussi facile de se procurer.
(1) Gariel, Recherches sur quelques jmnts île Vhi^tuim. ih In rarinh'^ et Thèse, Paris, 1837, n» 479.
(2) Maloin, Chimie méflieafe, 4755, t. II, p. 452.
Plusieurs questions se présentent naturellement : Â quelle époque de la maladie doit-on appliquer cefete espèce de traitement aborlif? A quelle époque doit-on enlever les bandelettes? Eslil prudent do les appliquer même sur une surface peu éteodoe?
La première question est facile à résoudre, si Ton songe qoe, quel que soit le moyen employé, on n'empêchera pas la mardie des pustules complètement développées. Ainsi, *le deuiièmejotff de réruption, on fera avorter quelques pustules du premierjoor, et Ton préviendra le développement de toutes celles dadeoxiëiM et du troisième ; le troisième jour, on préviendra encore le dife* loppement de quelques pustules, celles du troisième, quisoDlIn moins graves de toutes, et qui le plus souvent n* a r rivent pas jo^qu'à la période de suppuration ; le quatrième jour Templâtre «• tout à fait inutile, et ne doit point être appliqué, car il ^ gênant pour le malade. C'est donc le jour même de Téruption qu'il faut appliquer Templâtre, lesecond au plus tard. Au delà de celte I époque, il vaut mieux s'abstenir, surveiller les yeux, faciliterptf | des incisions de Tépiderme la sortie du pus, lorsque lespastoiei 1 sont arrivées à la période de suppuration. |
L'époque à laquelle on doit. enlever Templâtre n'est pas indifierente ; il faut le laisser appliqué deux ou trois jours après la fin delà période d'éruption. Ainsi, si on le met le premier joorde l'éruption, il ne faut l'enlever que le sixième jour ; si au contraire on ne Ta appliqué que le deuxième jour, il est inutile de lelaisaer au delà du cinquième jour à partir du moment de son applicalioo. Cet espace de temps est suffisant pour qu'il n'y ait pas à craindre la suppuration ; si cependant il fatiguait trop le malade, onpoorrail l'enlever un ou même deux jours plus tôt. Il est rare qoeles pustules avortées viennent à suppurer, surtout si l'avortement est complet.
Un grand nomftre de praticiens repoussent complètement cette pratique. Empêcher la variole de se développer, c'est, disent-Us, enfermer le loup dans la bergerie ; ils craignent par ce procédé de causer des accidents fort graves. On conçoit très-bien que à l'on empêchait tout à fait la variole de se développer, il pourrait peut-être en résulter des métastases dangereuses ; mais il est à remarquer que M. Serres ne conseille son procédé que là où les cicatrices sont apparentes et où elles déûgurent les malades, et que par conséquent le danger est beaucoup moins grand qu'on ne pourrait le croire au premier abord. Il faut remarquer de plus que, par ce système, on empêche la formation du pus sur une surface assez étendue ; on prévient le développement d'érysipèles et de congestions cérébrales qui accompagnent si souvent le gon-
TRAITEMENT ÂUOBTiF DE LA YAIUÛLE. 597
>nt prodigieux de la face dans les varioles conduenlcs. Je jamais vu d^accidçDls survenir à la suite de Tappiication do elettes de Yigo, et j'ai vu, au contraire, leur application onnée de succès lorsqu'elles avaient été bien appliquées, on )S opportun y et que le malade, docile, no les avaient pas dé- ;ée8. Aussi n'hésiterai-je pas à conseiller la méthode abortivo is les fois que Toccasion s*en présentera , et recommanderai-je plâtre de Vigo, qui, outre la propriété de mettre les parties bri du contact de Pair, possède encore, par le mercure qu'il ient, celle d'agir d'une manière incontestable sur les pustules a variole.
l'application de ces bandelettes est assez difficile et très-Ion- , à cause des irrégularités que présente la face, et à cause des artures naturelles qu il faut toujours laisser ouvertes : la bouet les fosses nasales, pour la respiration et l'alimentation du ade ; les yeux» afin qu'on puisse surveiller les pustules de la ^nctive, qui, n'étant pas en contact avec l'emplâtre, se déve- Mnt et peuvent déterminer des accidents fâcheux, ainsi que ai dit plus haut.
)n taille sur une large bande d'emplâtre de Vigo des bandées larges de 2 centimètres au plus, et on les applique sur la Bi en ayant soin de les imbriquer, afm que la contraction isculaire ne détruise pas leurs rapports, et l'on recouvre avec I bandelettes toutes les parties saillantes, le nez, les joues, en mt soin d'en découper les bords, ainsi que nous l'avons dit I parlant de la bandelette découpée, car la moindre couche d*air krposée entre les bandelettes et la peau suffit pour empocher faction abortivo. On peut renfermer le nez dans une espèce Ipetite bourse semblable à celle du bandage que nous avons ^ielé épervier ; autour de la bouche et des yeux on peut dans
t bandelette plus large tailler une ouverture qui permette lo exercice des paupières et des lèvres. Cet appareil a besoin surveillé avec soin ; il se dérange facilement, et dès qu'on aperçu du déplacement de quelques bandelettes, il faut Mi les réapptiquer. On pourrait se servir d'un large om< I que Ton taillerait en forme de masque, mais il s'appliquot moins bien que les bandelettes : aussi, quoique l'application |ce9 dernières soit très-longue et très-difficile, il vaut mieux en H usage.
il. Quarrin Willemier, officier de santé de première classe de pEmée hollandaise, a employé avec succès le collodion dans un i de varioloïde. L'éruption était très-confluente à la face, il |iîqua sur les joues une légère couche do collodion qui resta
adhércnio jusqu'à la période de dessiccation. A cette époq collodion se détacha, et Ton trouva en dessous la peau pat ment unie et dans son état normal, tandis que les partie sines étaient encore couvertes des croûtes, et dans les poi celles-ci- étaient tombées on constatait Texistence des ciosc Le malade n^éprouva aucune démangeaison dans toos les ] recouverts par le collodion, tandis que cette sensatioii svi constamment perçue partout où il existait des boutons qol i été laissés au contact de Fair.
M. Tonmet-Desplantes (4) a conseillé, dans le mèni une solution de gélatine rendue flexible au moyen d*DB gras ; la (k)uche de gélatine doit avoir de 5 à 6 ndllîi d'épaisseur.
EnBn, M. le professeur Hebra [de Vienne) a préconisé 1 ture d'iode pour prévenir les cicatrices de variole. Onbadii la face deux fois par jour, et cela pendant ^Wlfe ë six joan probable que cette application doit ètre*l0^1iè8 Tappirili pustules.