CATAPLASMES. AI
une pièce de linge ud peu plus grande que le cataplasme que ron?eui faire. Le linge étant étendu sur une lablo, on v<'rBo sur le milieu la pâte qui doit faire le cataplasme, on replie le linge sur lui-même et sur la pète; avec les deux mains on fait glisser la pète entre les deux lames de linge; lorstiu'elle oommence fc s*étendre, on tire la lame de linge supérieure do manient à entraîner la pète avec elle ; on répète cette («tite o|)cnition pour chacun des côtés du cataplasme, et la pète, ré;2ulièrement étendue, formera une couche uniforme, qui doit avoir S centimètres d'épaisseur environ. Alors on replie les quatre bords du cataplasme dans une étendue de 6, 8 centimètres, et m^me davantage, si la pète était trop molle ou le cataplasme trop étendu : de cette manière on y fait une espèce d'encadrement qui empêche la pète de fuser de tous côtés.
Je viens de dire que Tépaisseur du cataplasme était de 2 centimètres environ : plus mince, il se dessécherait trop rapidement; trop épais, il fatiguerait le malade.
Si l'on veut faire usage d'un cataplasme entre deux linges, on recouvre la partie restée à nu d*un linge fin, ou mieux d*une mousseline ou d'une gaze très-clairc; dans tous les cas il faut faire attention à ce que le linge qui recouvre la face du cataplasme en contact avec la peau ne présente pas d'ourlets ni de coutures qui puissent déterminer une pression douloureuse.
Pour appliquer un cataplasme, il faut prendre les deux bords opposés, le tenir horizontalement, de peur que la pète ne coule vers les parties déclives ; puis on le renverse et on l'applique proniptement sur la partie malade, en ayant soin de ne pas le traîner sur la région qu'on veut couvrir.
Lorsque le cataplasme est trop grand, on le fait glisser sur la paume de ses deux mains, étendant les doigts aussi près que possible des bords. On le redresse ensuite en le maintenant fixé à Tune de ses extrémités par une main , tandis que l'autre avance peu à peu vers l'extrémité opposée. Il ne faut pas le replier sur lui-même, car la pâte, en se touchant d'un côlé à l'autre, pourrait se séparer inégalement lorsqu'on déploie le cataplasme. Si le cataplasme a besoin d'être fixé, quelques tours de bande faiblement serrés suffisent pour l'empêcher de se déplacer.
L'application du cataplasme entre deux linges est beaucoup plus facile ; car, n'ayant pas à craindre que la pète ne vienne à se coller, on peut le plier sur lui-même.
On lève aisément un cataplasme en le saisissant par un de ses bords et en le soulevant doucement. Si l'on voulait le rouler sur lui-même, ou le ramasser par sa face externe, une portion de la
pâte relierait sur la partie où on l'aurait appliqué : dans tous les cas, ai cet accident survenait, il faudrait enlever le reste du ca« taplasme avec une spalule.
Lorsqu'on a enlevé un cataplasme, il faut avoir soin que la partie sur laquelle il était appliqué ne soit pas refroidie tout à coup. Il faut essuyer la surface humide avec un linge sec. Aân d'éviter leur dessiccation trop rapide et de maintenir plus longtemps leur chaleur , on entoure les cataplasmes d'un large morceau de taffetas ciré qu'on maintient par quelques tours de bande.
On a aussi employé, dans le môme but, Tétoffe de guttapercha.
Enfm M. Mac Gbie a proposé récemment un papier huilé pour remplacer le taffetas ciré et l'étoffe de gutta-percha dans les pansements.
Pour préparer ce papier, on fait bouillir pendant une heure le mélange suivant :
Huile de Un 3 litres.
Acétate de plomb, lithargc, de chaque. 30 g^rammes. Cire jaune, térébenthine, de chaque. 15 grammes.
Ceci faitj à l'aide d'un pinceau on étend l'huile sur les deux faces d'une feuille de papier de soie ordinaire. On laisse ensuite sécher cette feuille.
M. le docteur Victor Gauthier, de Genève, se sert ordinairement de ce papier huilé pour les pansements, et lui a reconnu toutes les qualités des tissus imperméables et l'avantage de revenir à très -bon marché.
4^ Cataplasmes émollients, — L*excipient de ces cataplasmes est en général composé de fécules ou de farines cuites, de racines ou de feuilles de plantes mucilagineuses, de bulbes de lis, etc.; le véhicule est l'eau, le lait, les bouillons gélatineux ou émollients. On n'y met point d'accessoire, à moins qu'on ne considère commo tels le beurre, Taxonge, que l'on étale sur sa surface pour lempécher d'adhérer aux parties sur lesquelles on l'applique. Le» cataplasmes émollients sont presque toujours employés chaude ou tièdes, il n'y a d'exceptions que pour quelques maladies delat peau ou certains érysipèles, sur lesquels la moindre sensation d9 chaleur augmenrterait la douleur.
L'effet de ces épilbèmes est de relâcher la peau et les organe^ sous-jacents, de manière à faciliter la circulation capillaire. li^^ agissent : par leur humidité, en formant une espèce de bain local «
CATAPLASMES. hZ
par leur chaleur, eo maintenant à une tempéra lure uniforme la partie aar laquelle on les applique.
lis conviennent dana lea diverses inllamniations profondes et uperficielles, ou lorsqu'on cherche à en délcmiiner la résolution. oa loraqu on veut accélérer le travail de la suppuration. Ils sont donc résolutifs ou maluratifs. suivant les circonstances et suivant le degré de maladie. On les emploie surtout dans les atfertions pblegmoneuses, avant que la suppuration soit formée, et mtoie lorsque le bistouri a donné issue ii la matière purulente et qu'il reste encore un peu d*cn§:or{i;emenl dans les {orties qui environ- Dent le foyer. Dans le premier cas, ils nuxlèront T inflammation et peuvent prévenir la suppuration ; dans le second, ils facilitent le dégorgement des parties.
On fait encore usage de cataplasmes émnilients dans les affer- Uons inflammatoires des cavités splanchniquos : on les applique sor les parois, au niveau des points douloureux. Les cataplasmes émollients sont encore employés sur dos plaies, dont ils modifleni la surface en faisant tomber les croules au-dessous desquelles le pus s'accumule; ou bien en diminuant l'irritalion, qui, dans certaines circonstances, est assez <;rando pour arrêter la suppuration; ils modifient la surface do la peau, qui. do serbe, rugueuse, qu*o]Io était, devient souple, humide, lorsi^u'on y a appliqué un cataplasme.
Les cataplasmes émollients sont quelquefois conseillés comme dérivatifs, lorscjue chez des personnes très-irritables, les sinapismes agissent avec trop do violence, ou bien lorsque la ])eau est enflammée : dans la variole, par exemple.
Mais les cataplasmes émollients, (]uan(l leur application est trop prolongée, ont l'inconvénient d'aifaiblir et d*(i>démalier les parties avec lesquelles ils sont en contact, aussi no peuvent-ils convenir dans les hydropisics passives et la pourriture d'hôpital, et faut-il en cesser 1 usage lorsque, appliqués sur les plaies, les ulcères, la surface do ceux-ci devient pâle.
Les cataplasmes employés trop chauds déterminent souvent de petits boutons coniques, rouges à la base et suppures ë leur sommet. L'apparition de ces petits boutons est précédée et suivie d'une déman<^oaisoii insupportable, qui force le malade à se gratter iorsqu on a enlevé le cataplasme. Les mômes phénomènes se manifestent lorsque Ton prolonge l'usage des cataplasmes, ou bien lorsque ceux-ci restent appliqués pendant un long espace de temps. On explique, dans ce dernier cas, la formation de ces petits boulons par l'irrilalion quo cause la graine de lin, devenue rancc par la fermentation produite par la chaleur et le contact d^
Uk DES MÉDICAMENTS TOPIQUES.
la sueur ot du pus. Ce n*est pas à l'huile de lio, dit M. Deschamps (1), que Ton doit attribuer ces éruptions, car Thuile de lin n*a pas la propriété de se rancir, elle absorbe une grande quantité d'oxygène, perd sa fluidité et ne devient pas soluble. Mais comme la farine de lin contient des substances qni peuvent s'altérer sous Tinfluence de l'oxygène humide, il est probable que rhuile, qui absorbe une grande quantité d'oxygène, met les matières albuminoïdes et les autres substances dans des conditions favorables à leur érémacausie, et que c'est pendant cette modification que les substances irritantes se forment. On rencontre encore ces petits boutons lorsqu'on se sert de farine de graine de lin trop ancienne ou qui a été avariée par son contact avec l'air : aussi cette farine doit-elle être employée fraîche. Afin d'éviter cet inconvénient, il faut avoir soin de ne pas appliquer de cataplasmes trop chauds, et de les renouveler assez souvent poar qu'ils ne s'altèrent pas par leur contact avec la peau ou les plaies, de manière à faire un cataplasme irritant d'un cataplasme émollient.
Les cataplasmes appliqués sur une surface très-étendue ont encore l'inconvénient de fatiguer par leur poids : aussi faut-il quelquefois les remplacer par dos fomentations émollientes.
2° Cataplasmes astringents et toniques, — Toutes les poudres toniques et astringentes peuvent être mises en usage pour faire ces cataplasmes. Celles qui sont le plus souvent conseillées sont les poudres de racine de tormentille, de bistorte, de tan, de quinquina, de noix de galle, de feuilles de roses de Provins, et la poudre d'alun.
Toutes ces substances sont employées le plus souvent comme accessoires sur les cataplasmes simples ; mais souvent aussi on les mélange avec une certaine quantité d'eau, et l'on en fait une espèce de pâte : ils sont dans cet état beaucoup plus actifs, on peut même augmenter leur propriété en se servant comme véhicule d'un liquide astringent, tel que la solution d'alun, de sulfate de fer, de sulfate de zinc. On comprend même très-bien que dee cataplasmes simples, arrosés d'une solution astringente, puissent aussi devenir astringents.
On fait usage de ces cataplasmes quand on veut produire on effet local, pour enrayer les progrès de la gangrène, arrêter une hémorrhagie, pour réagir sur le tissu cellulaire sous-cutané, devenu cedémateux ou emphysémateux ; on s'en sert également
(1) Desrhamps, hc. c//., p. 320.
CATAPLASMES. ^i5
pour produire un effet géDoral, on les emploie alors comme toniques ou fébrifuges : telle est. dans ce cas, raclioii de la iioudre deqoinquinSf de gentiane jaune, etc. Ou ne fait usage de cette espèce de médication que chez les indii iflus qui ne peuvent sui>porter le sulfate de quinine ou la gentiane à l'intérieur. V^s derniers cataplasmes peuvent localement agir comme astringents.
On a conseillé autrefois d'appliquer sur les hernies étranglées des cataplasmes astringents, atin de faciliter par la rétraction do la peau la réduction de la tumeur, ]orsc]ue le taxis a échoué : mais, cotre que ce moyen est bien infidèle, il a encore Tinconvénicnt de flaire perdre un temps précieux pour Topération.
C'est ici le lieu de parler de la pâte d*alun conseillée |iar Bretonnean dans la diphthérito. Il fait avec l'alun et l'eau une espèce de pAte qu'il va porter sur les amygdales; il dit en avoir obtenu de bons effets.
Nous croyons demr mentionner les poudres astringentes qui, au lieu d'être humectées par un liquide, sont renfermées dans un sachet, et agissent de la même manière que les cataplasmes astringents, mais avec moins d*énergie.
Los cataplasmes astringents doivent être employés froids, à moins de circonstances particulières qui sont rares. Si l'on saupoudre un cataplasme simple de poudres aslringenlos, ce cataplasme doit être paiement froid. Il est nécessaire de renouveler ces. cataplasmes lorsqu'ils sont desséchés, ou bien lorsciue, devant agir en partie par leur température, ils se sont échauffés par le fait de leur contact avec les téguments.
3® Cataplasmei exeiUmti. — Les cataplasmes excitants doivent leur propriété à des principes aromatiques, Acres, résineux, alcoo* liques, acides, ammoniacaux.
Ils agissent localement en favorisant la résolution on la suppuration de tumeurs indolentes, on hâtant la résorption de larges ecchyaioses à la suite d'épanchement de sang, en excitant certains ulcères atoniques, etc. Ils agissent encore sur l'ensemble de l'organisme en produisant une excitation plus ou moins étendue, par exemple, lorsqu'on les emploie comme anthelminthiques : cet effet appartient surtout aux cataplasmes contenant des substances volatiles.
Les cataplatmes excitants aromatiques sont préparés avec les feuilles de plantes aromatiques, telles que la sauge, le romarin, la rue, l'absinthe; ils sont destinés à ranimer Ténergie vitale : ceux de tanaisie, immédiatement appliqués sur l'abdomen, agissent comme vermifuges et remplacent avec avantage les purgatifs
66 DES mêdigameuts topiques.
toniqaes et stimulants employés pour combattre les vers, lorsque rirritation gastro-intestinale est assez grande pour que les malades ne puissent supporter ces derniers.
Lorsqu^pn fait un cataplasme avec des plantes odorantes, il est préférable de les employer en poudre, car toutes ces substancei perdent moins par la dessiccation que par la chaleur : si 1*00 jugeait que la chaleur fût nécessaire, on ferait digérer le véhicule et la poudre à la chaleur du bain*marie.
Les racines de raifort, les feuilles de cresson, de beccabunga, de cochléaria, forment des cataplasfMg excilatUi ûeres^ qui agissent sur r économie comme antiscorbutiques, et, appliqués sur certains ulcères atoniques , ils augmentent leur vitalité et font développer rapidement des bourgeons charnus et vasculaires.
Les cataplasmes résineux se font en étalant des résines moUfll sur de Tétoupe ou de la charpie, ou en saupoudrant an cataplasme simple de résine en poudre : on en fait usage dans les ulcères atoniques ; mais ces substances sont plus souvent employées sooi forme d'emplâtre.
Les cataplasmes acides sont préparés, soit avec des booillîM arrosées d'acide citrique , acétique, ou amalgamées avec dei feuilles d'oseille, d'oxalis, etc. Ils stimulent la peau, l'irriteat, favorisent la suppuration ; on emploie avec avantage, dans 11 pourriture d'hôpital, et pour raviver chez les vieillards certaîDi ulcères atoniques, grisâtres et affectés de gangrène, du dtroB coupé par tranches et appliqué directement sur la plaie.
Les cataplasmes excitants alcooliques sont faits avec un excP pient cuit dans du vin ou arrosé avec des teintures alcodiqoes de cannelle, de muscade, de quinquina, ou bien seulement arec du vin chaud. Ces cataplasmes sont très-utiles dans les cas d*!!' flammation interne avec des symptômes d'adynamie. Ils ranimfli»^ les forces sans irriter, comme le feraient les alcooliques admimi^ très à l'intérieur. L'action de ces cataplasmes est trè&-prompt8 9 mais elle ne tarde pas à s'épuiser : ils doivent être souvent renoD'^ velés.
Enfin, les cataplasmes excitants ammonicuiaux doivent iM^ propriété à des matières animales décomposées par la chalei^ du corps; ce sont des vers de terre, etc. Je ne m'arrêterai pi^ à décrire ces épithèmes dégoûtants, dont l'action inGdèle a é# exaltée par l'ignorance et la crédulité.
4^ Cataplai^mes irritants^ ou sinapismes, — L'histoire dsi sinapismes sera traitée complètement au chapitre de la Aub^ (action.
PANSEMËKTS PAH IMIURITIOX. 67
5* Calaploinuê rëtoluiifn. — Lpâ cataplasmes résolulifs sont eeu qui produisent une irritation lé;:ên> ussoz prando pour furiliter la résorption, mais pas assox ]K>ur irriter la partie sur latiuelle 01 les applique. L'eau-(ie-viu ramphrée, le sous-arèt aie dt* plomb étenda d'eau, sont les résolutifs le plus ^ênôniltMiuMil employés ; ils servent à arroser les cataplasmes. Si la dose de rt*s mAdii':i- Dents est plus forte, et s'ils sont appliqués sur une tumeur indolente, ils sont désigné» sous le nom de fondanti. Le sa\iin oflicioal est également employé dans ce but.
I t. — Dm loplqnei llqnMM.
Nous venons devoir que souvent sur l'excipient dos cataplasmes on versait quelques gouttes do liquide ou ({u'on étendait quelques poodreSi de manière à le rendre plus actif. Il arrive très-souvent >uasi que c*est une pièce de lin^'e qui sort d'u\cipient. On a donné différents noms à ce mode du pansement, suivant lu maniftre dont il est fait : si Ton iuibiU> des linges du liquide, ut si ces linges sont applitiucs sur la plaie, c'est un pansement pur iïïédnlhn; si un courant de liquide est incessamment versé sur la partie malade, c*est un pansement pur ïmi/fUion, etc. Nous allons successivement décrire ces diflerenls modes de pansement.
A. — Dei topiquvi liquidée emphyés à l'ej-térienr. 1° Imbibitioii.
Les paiements par imbibition sont ceux que Ton fait avec des linges imbibés de liquide, tel que de Teau pure, ou des liquides chargés de principes actifs, comme la décoction de (fuinquina, l'eau-de-vie camphrée, l'eau blanche, etc.
Les chirurgiens, depuis longtemps, ont donné le conseil d'appliquer sur certaines plaies des comprosscs mouillées : ces compressas ne tardant pas a s'échaufi'er, l'eau s'évajiorait ; on était obligé do la remplacer bientôt ou do verser sur la compresse laissée en place une nouvelle quantité de liquide. Ce mode de pansement nécisssitait une surveillance extrêmement grande , souvent mC^me impossible pendant la nuit. Ils ont été bientôt frappés des inconvénients attaché.^ à cette méthode, qui pouviiit devenir dangereuse par les accidents qu*ontralne le passage du froid au chaud, ou du chaud au froid; ils ont cherché ù lus diminuer en employant des pièces d'appareil qui conservaient Peau pendant longtemps : le molleton de laine, par exemple. Pcrcy a môme recouvert ce mollolon do tissus capables d'empêcher Tévapora-
&8 DBS MÉDICAMENTS TOPIQUES,
lion du liquide. M. Amussat ûls a beaucoup perfectionné ce mod^9 de pansement, et il pose en principe que, pour que le panaemenC: à Teau soit efficace et exempt des inconvénients reprochés avec^ raison aux compresses mouUlées , il doit remplir les conditionai suivantes :
« I ^ Laisser passer librement le pus à mesure qu*il se forme, et faire qu'il soit absorbé par l'appareil ;
» 2° Rendre Ihumectation constante ;
» 3<* Empêcher Tévaporation du liquide, afin qu'il n'y ait pas de refroidissement; ou, en d'autres termes ; entretenir une température toujours égale.
> Nous croyons avoir rempli ces indications par le pansement de l'eau que nous avons beaucoup expérimenté avec mon père» et qui se compose de quatre pièces différentes superposées , et auxquelles on pourait donner le nom de crible, d'absorbant^ d'Aumectant et d'inévaporant (4). » C'est à la thèse de M. Amassât que nous empruntons la plupart des détails sur ce mode de pansement.
Le crible est un morceau de tulle commun à larges mailles, à son défaut un morceau de linge fenêtre à trous plus larges et plus rapprochés que celui dont on fait usage habituellement.
Vabêorbant est un morceau de vieux linge de toile ou de coton imbibé d'eau; il est placé par-dessus le crible.
VhumeetafU, un morceau d'amadou préparé Sans nitrate de potasse : cette substance absorbe, d'après M. Amussat, beau(3fdp plus d'eau que le linge, le molleton, et la cède plus facilement au crible et à l'absorbant.
V inévaporant est constitué par un tissu imperméable, comme par exemple le taffetas gommé, une vessie de porc malaxée dans rhuile, etc. Il doit être plus étendu que les autres pièces de l'appareil, afin d'empêcher l'évaporation sur les bords.
L'effet émollient étant généralement celui que Ton veut produire, c'est ordinairement l'eau douce à 1 8 ou 25 degrés que l'on emploie dans ces cas.
Quant à la durée du pansement, elle varie suivant les effets que l'on veut obtenir ou l'état des parties. Si l'inflammation est vive, on renouvellera souvent ce pansement. Il en sera de même si la sécrétion purulente est très-abondante ; dans les cas simples, on se contente de changer le pansement toules les quatre ou six heures.
(1) Amussat fils. De l'emploi de Venu en ehiruvgie. tht'se. Paris, 31 décembre 1850.
Ce mode de pansement ne doit pas être changé d*une manière bnuque : on commencera par diminuer la quantité d'eau qui sert i entretenir rhumidilé, et Ton fera ensuite le pansement à Teau (fooe manière intermittente; enfin, on le cessera complètement. Ce n'est que dans des cas assez rares que nous avons eu Toc- CMide traiter des plaies par le pansement à Peau ; cependant iMNisen avons obtenu de bons résultats pour des plaies de tête, <^ larges plaies contuses, et nous n'avions employé que les com> presses mouillées : nous ne doutons pas que le moyen perfectionné l^rM. Âmussat ne trouve de plus fréquentes applications et ne ^(appelé à rendre des services importants.
2** Irrigation.
Un autre mode de pansement et de traitement des plaies est l*int^a(tbn, méthode qui consiste à faire couler sur la surface de la plaie une certaine quantité d'eau.
Nou8 ne voulons pas décrire ni ménie passer en revue les appareils qui ont été imaginés pour faire les irrigations; nous nous contenterons de poser les principes à Taide desquels on pourra ^onrs faire une irrigation.
U lit du malade , les parties saines , doivent toujours être ^rantig de rhumjdité : aussi le lit sera-t-il préservé par une toile cirée <m une peau^d'animal. M. Josse préfère cette méthode ; car, sans bisser filtrer Teau qu'elle reçoit, une peau préparée prend Qoe certaine humidité qui Tentretient dans un état de souplesse et de fraîcheur fort utile. Enfin on peut placer la partie dans une gouttière métallique : ce moyen est celui auquel on donnera la pr^érence quand il sera possible de l'appliquer ; un corps mou (^soBceptible de s'humecter couvrira le fond de cette gouttière, tt recevra la partie blessée. Dans tous les cas, l'appareil protec- ^rsera disposé de telle sorte que Teau ne s'accumule pas sous le membre, ne filtre pas à travers et ne dépasse pas les bords pour aller inonder le lit du malade.
Lorsque la partie malade aura été ainsi disposée dans la posil'OBqai lui est le plus convenable, elle sera couverte d'une compresse destinée à empêcher Teau de tomber de tout son poids ^ les organes malades, et à la disperser sur une plus grande soiiace.
L'appareil à irrigation se composera d'un vase qui contient leauque Ton veut verser sur la plaie, d'un tube qui amène l'eau jusqu'au voisinage de la partie blessée, d'un second vase pour 'recevoir Peau qui aura baigné la partie malade. Quel que soit le
50 DES MKDICAMENTS TOPIQUES.
vase que Ton emploie, un seau de zinc ou de bois, une fontaine à robinet ; que le seau soit percé d*un trou à sa base ou sur ses parties latérales; que Peau sorte du seau par un siphon qui passe par-dessus le bord du vase, peu importe ; les modifications apportées aux appareils d'irrigation' ne présentent pas assez d'importance pour que nous nous y arrêtions, d'autant plus que dans la pratique ordinaire on se sert des vases et des ustensiles que l'on a sous la main.
Je dirai la même chose de la manière de fixer le vase : ainsi on peut le mettre sur une chaise placée sur un meuble à côté du lit du malade, raccrocher à un clou implanté dans le mur, le 6xer aux traverses du lit ; dans les hôpitaux, on rattache à la barre qui supporte la corde dont les malades s'aident pour leurs mouvements. M. Amussat Ta soutenu à Taide d'un bâton fixé à deux échelons d'une échelle double ; on l'a mis sur une planche supportée par deux tréteaux. Peu importo : nous ne recommandons qu'une seule chose, c'est de ne pas trop élever le vase, afin que l'eau ne se refroidisse pas pendant qu'elle tombe, et que le pdds de la colonne d'eau ne soit pas trop considérable.
Quant au volume du jet d'eau, il est important de le déterminer : il doit être très-fin. Ainsi les uns conseillent de faire passer le liquide à travers un tube effilé à la lampe ; d'autres boucbeot l'oriHce du vase avec un petit bouchon échancré sur un côté, d'autres avec un petit morceau d'épongé. Ces modifications sont de peu de valeur; pourvu que l'on ait un jet d'eau très-fin,niest l'important. Nous avons disposé souvent, dans le service deGerdy, des appareils à irrigation : le moyen de conduire l'eau qui noosa le mieux réussi, moyen d'ailleurs conseillé par M . Mathias Mayor, consistait à se servir d'une ficelle un peu plus fine que le trou da vase, l'eau filtrait le long de la ficelle et arrivait facilement jusqu'au point où l'on voulait amener le liquide. Si nous nous 8e^ viens d'une fontaine à robinet, nous donnions au robinet une OO' verture suffisante pour avoir la quantité d'eau nécessaire, elnoo* recevions le filet d'eau sur une bande qui conduisait le liqoi^ jusque sur le membre.
A quelle température doit être l'eau dont on veut faire lesirr** gâtions? Est-il convenable, dans certains cas, d'employer Ve^^ additionnée de quelque substance? A la seconde question, dO<i® répondrons tout de suite que l'eau pure, l'eau de fontaine, alto*** dans tous les cas le but qu'on se propose dans les irrigatio**^' On a conseillé l'addition d'eau-de-vie camphrée, afin de rea^^ l'évaporation plus rapide ; l'addition de ce liquide ne nous pa*"*. pas, dans celte circonstance, avoir d'avantage réel ; elle s©*"^'
IRBIGATIONS. Si
mployée plus utilement quand la plaio a un mauvais aspetl el quand le put etl fétide. Nou« prot»crivuns complélcnient raiddiiioo iTiGéUle de plomb, qui durcit rapidement \e* linges el lee rend inpennéableg.
Quant à la première queeiion, elle nu présonUTait pas plus do dXIiculté que la seconde, si les rbinir^ions ne s'étaiont \^»ê pro- MBoés d'une manière exclusive , lu!i uns puur les irrigations IroîdeSp les autres pour les irrijzations avec Teuii tiède. Nous cra)'oosque, suivant les indications, (ui doit varier la températue de l'eau et ne pas employer un procédé exclusivement» ni Rjeler Tautre d'une maniôre absoluo.
Beaucoup de chirurgiens ont cité des cas nombreux du guériiOD de oontusionB violentes, de plaies contuses. de plaies par armes à feu, obtenue par les irrigtitiom froideg, mais les autours eox-mâmesqui en ont préconisé remploi en signalent les incon- Ténîents. Ainsi tous les blessés ne supiwrtent |nis également le Iraid : cet agent détermine chez eux des frissons ut un malaise qni oblige à supprimer les irrigations : Sanson les a vuui} délurminer cbez des blessés des douleurs intolérables. Chez une femme soumise à l'irrigation froide pour une brûlure supurlicielle, ce chirurgien a vusunenir le tétanos; dans d'autres cas, on a vu les irrigations, bien supportées d* abord, devenir ensuite incommodes, douloureuses aux malades. Sanson a signalé un autre inconvénient : c Quelquefois, dit-il, elles empêchent tout à bât Tinflammation de se développer au point qu'après douze ou quinie jours la plaie se trouve à peu près dans le même état qu^au moment de Taccident. » M. Velpeau reproche à ce moyen de masquer souvent T inflammation plutôt que de la prévenir et de réteindre, de rendre la suppuration fluide et de mauvais aspect, de ne pas même empêcher des fusées purulentes. Gerdy, qui cependant a obtenu des succès de remploi de Tirrigation froide, ajoute qu'elle peut masquer des suppurations et do graves désordres cachés sous la |)eau. Nous pourrions multiplier lus faits en faveur de l'irrigation ou contraires à ce moyen ; nous nous résumons ainsi : Tirrigalion froide peut rendre de grands services dans certains cas, mais elle n'a pas répondu aux avantages que Ton en espérait. M. Velpeau en borne l'emploi aux inflammations de la peau ou sous-cutanées et avant l'époque de la suppuration. M. Nélaton (1) s'exprime ainsi : « L'irrigation avec Teau froide ne peut être employée comme une méthode générale de traitement. Tous les praticiens qui l'emploient la considèrent
(1) Traité (le pathologie chirurgicale, t. 1, p. 189.
comme une méthode exceptionnelle spécialement applicable aux plaies contuscs, et surtout aux plaies compliquées d'écrasement, qui, pour le membre supérieur, ne s'élèvent pas au-dessus da coude, et au-dessus du genou pour le membre abdominal. >
Veau tiède a été également mise en usage pour les irrigations; elle a trouvé, ainsi que Teau froide, ses partisans excloub. L'irrigation faite avec Teau tiède n'a pas Tinconvénient de causer aux malades des frissons ; elle n'est pas douloureuse ; les malades éprouvent presque constamment un sentiment de bien-étn.
« L*eBu tiède, ditSanson, jouit surtout de la propriété émoiliente au plus haut degré. >
La plupart des chirurgiens qui ont préconisé Teau pour combattre les inflammations ont eu en vue de soustraire le calorique morbide. « Si Ton réfléchit que Ton peut soustraire le calorique morbide et combattre l'inflammation avec une petite quantité d'eau froide, ou avec une quantité suffisante d'eau à une température moyenne, agréable au malade, en ne s éloignant pas tiup de celle du corps, à laquelle elle devra presque totjqours ôtre inférieure, on sera, je l'espère, plus disposé à admettre d*uiie manière générale que l'eau froide ne doit être employée qu'exceptionnellement (4). » Du reste, on comprend tout de suite que l'emploi de l'eau à cette température moyenne, qui varie généralement de 4 8 à 35 degrés, dépend de la constitution du malade, de rélat dans lequel il se trouve, de la saison, du climat, etc. La sensation du malade est le meilleur guide que l'on puisse avoir ; on peut d'ailleurs varier le degré de température suivant lee indications, et Ton aura tout l'avantage des irrigations, sans eo avoir les inconvénients.
Combien de temps faut-il entretenir Tirrigation? C'est là une question dont la solution est du plus haut intérêt pour la pratique. M. Josse fait des irrigations pendant quelques jours seulement; dans certains cas, toutefois, il les continue pendant trente t» quarante jours. Â. Bérard la conseille pendant six à quinze * • jours (â) ; Breschet, pendant un temps plus long ; en général, on la prolonge jusqu'à ce que toute crainte d'inflammation ait dis- ^ paru. Breschet la poursuit jusqu'à ce que la plaie soit en voie m de cicatrisation. Dans certains cas, on est obligé do la cesser à -. cause des douleurs qu'elle occasionne aux malades. C'est là, pour ^ M. Josse, le signe que l'action de l'eau cesse d'être nécessaire; f
(1) Amussat^ /o^. cit.
(2) A. Bérard, Dfi Venu fi^ide comme antiphlogistique dans h ''\' trnitnnent dps mnlndip-^ chirurgicales. In-8, 1834. '4
cependant il ne faat pas trop se hâter, car M. Josse nous a|^[>reiid que f trop souvent il a eu occasion de constater que la phlogose peot reprendre tonte son intensité. » Il serait convenable alors, fiOD pas de suspendre entièrement remploi de ce moyen, mais d'élever graduellement la température du liquide jusqu'à ce que k malade n'éprouve aucune sensation désagréable.
Lbb irrigations d*eau tiède seront faites pendant plus longtemps que les irrigations d'eau froide. M. Amussat. quand il les iopprime, leur substitue le pansement à Teau, qu'il renouvelle ioavent pour entretenir la plaie dans une humidité constante.
On peut encore faire des irrigations ailleurs que sur les téguiKDts : dans la vesne^ par exemple. On se sert alors dune sonde i double courant qui pénètre dans la cavité du réser\'oir de Turine ; ui des côtés de la sonde sert à rentrée du liquide que Ton veut introduire dans la vessie ; Tautre sert à sa sortie. Il faut de grandes précautioDS peur que le malade ne soit pas mouillé.
Les irrigations continues ont été encore employées pour les iftctions chroniques de Tutérus ; dans ce cas, c'est au moyen d'on siphon que Ton fait sortir du vagin le liquide qui a été en contact avec le col utérin.
1^8 ces derniers temps, M. Maisonneuve a imaginé un ^rigateur du vagin fort ingîènieux, et qui remplit parfaitement tontes les indications, dont les plus importantes sont de faire ■rriver sur le col de l'utérus une quantité suffisante de liquide, ^ permettre au liquide qui a baigné le col utérin de sortir faciment, enfin d'éviter que le lit et les vêtements de la malade ne ■oient mouillés. Aussi les malades peuventr-elies faire ces injectons dans leur lit, sur un canapé, sur une chaise longue : elles Nivent les faire encore aussi longtemps qu'elles le désirent et iU8 aucun aide.
L'appareil se compose :
D'an cylindre a (Gg. 43], centre commun auquel viennent Mioatir trois tubes de caoutchouc vulcanisé.
Le premier de ces tubes b est destiné à amener Teau des ^ections jusqu'au point c du cylindre, formant tête d'arrosoir : il Mente un robinet dans un point de son étendue et un entonnoir k ion extrémité libre.
Le second de ces tubes d, qui commence au point 0, reçoit *Ma qui a servi à l'injection et la verse dans un réser\oir nftrieur.
Four bien faire comprendre l'emploi du troisième tube fy il faut lécrire avec quelques détails le cylindre a et l'enveloppe dont il «tCurni.
Ce cylindre, (i*un diamètre de 4 5 millimèlreg, est recouvert d*une ampoule de caoutchouc vulcanisé qui ne change rien à ses proportions dans Tétat de vacuité, mais qui, par Tinsuffiatiob, peut acquérir un volume considérable, ainsi que le représenta a figure 43, 2.
Fig. 43.
L'insufflation se pratique au moyen de Tinsufflateur de caoutchouc vulcanisé g ; le robinet h a pour but de maintenir Tair, soit dans l'ampoule, soit dans l'insufflateur, suivant que l'appareil est ou n'est pas en place.
Par cette disposition de dilatabilité et de retrait facultatifs do l'ampoule de caoutchouc vulcanisé, le cylindre s'introduit avec la plus grande facilité ; une fois placé, il peut acquérir un diamètre de 6 à 7 centimètres, et reprendre son premier volume au moment du retrait.
Pour faire fonctionner l'instrument, on prend les dispositions suivantes :
Un réservoir /, rempli de l'eau d'irrigation, est disposé à la hauteur d'un demi-mètre environ au-dessus du lit do la malade ; un second vase j vide est placé par terre auprès du lit.
On expulse l'air do l'ampoule de caoutchouc vulcanisé en
comprimant celle-ci avec la main. Quand Tampoulo eai vide, on fane le robinet h du luyau insufQateur. On prend dans la main IHushe le cylindre et Pentonnoir ; on ouvre le robinet du tuj-au d'arrivée. On vene ensuite de Teau dans Tenlonnoir jusqu'à' ce ip'elle sorte par la tête d*arro8oir du cylindre, on ferme le robinet. On plonge l'entonnoir '(siphon) dans le réservoir qui contient Teau d*irrigation. On s*assure. en ouvnml le robinot du tu> au d*arrivt'e, quo 1 inslrument fonctionne bien. On lreni|N) ensuit u le cylindre et Bon ampoule dans de Teau pure, ou. mieux encore, dans une décoction de guimauve on de graine de lin pour faciliter son introdsction. La imdade, étant couchée sur le dos, introduit elle-même le cylindre garni de son ampoule vide d'air. L« tuyau de départ eet ensuite dirigé dans le vase inférieur, ou le maintient lu plomb fixé à son extrémité libre. Coci étant fait, on gonfle l'ampoulo en pressant sur le réser\'oir d'air, après avoir ouvert le roltinot du tuyaa insofflateur que Ton fenne ensuite |)our maintonir l'ampoale distendue ; il ne reste plus alors qu'à ouvrir le robinet do grand tuyau d'arrivée : Peau coule, riMiipIit le va^in, et, trouvant un obstacle à sa sortie dans l'ampoule distendue, sort par le tuyau de départ et tombe dans le récipient inférieur.
Lorsqu'au lieu d'une cuvette, d'un seau, etc., on emploie une fontaine d'office en guise de réservoir supérieur (fig. 43, 3), on supprime Tentonnoir de cristal, et Ton adapte directement Textré* mité du tube de caoutchouc vulcanisé au robinet de la fontaine.
Il va sans dire que, dans ces derniers cas, on peut faire des irrigations avec un liquide chargé de principes médicamenteux. Depuis quelques années on a conseillé les irrigations continues dans le vagin et sur le col utérin, afin, dans les cas de vices de eonformationdu bassin, de provoquer l'accouchement prématuré ; dans ces circonstances, l'irrigaieur de M. MaisonnjDuve ne sera plus suffisant, car le liquide doit être projeté avec une certaine force ; il lui faut franchir le col utérin, pénétrer dans la cavité de la matrice, afin de décoller le placenta. Nous étudierons plus bin les opérations de ce genre (voyez Douelteê),
Dernièrement, enGn, M. Reliquet, interne des hôpitaux, a fait construire par M. Robert un instrument destiné à faire des irrigations continues dans le canal de Turèthre.
Le courant du liquide est rétrograde, comme on Toblient à l'aide de la canule de M. Langlebert.
L'appareil se compose d'une sonde do gomme terminée par une olive métallique creuse et communiquant avec la cavité de la sonde. Le renQement, dont lo sommet est tourné vers la vessie, présente à sa base un certain nombre d'orifices donnant issue au
liquide ii^ecté. On obtient ainsi un courant rétrograde. Mais il fallait éviter que le liquide sortant par le méat ne vint mouiller le lit du malade soumis à l'irrigation. A cet effet, sur la sonda de gomme glisse un obturateur métallique creux et conique, à sommet tourné du côté de Tolive et offrant de nombreux orifices. Le liquide introduit dans Turèthre passe par ces trous multiples, et sort par un pavillon situé sur le côté de la base du cône métallique.
Pour éviter le passage du liquide entre le cône obturateur et la sonde de gomme, le cône glisse sur cette sonde à l'aide d'un tube métallique qu'on assujettit avec une rondelle de caoutchouc.
Le mode d'action de Tappareil est facile à comprendre : le liquide passe dans la sonde, revient par Turèthre et sort par le pavillon adapté au cône métallique. On peut ainsi faire des irrigations rétrogrades longtemps continuées; il suffit pour cela d'adapter à la sonde de gomme un tube flexible communiquant avec un réservoir quelconque.
3<^ Immersion.
« Il est, dit Percy, des affections extérieures dans lesquelles la chaleur locale est si exaltée, qu eHe sèche en peu de temps les compresses les plus épaisses et les plus chargées d'eau. On ne risque rien de les appliquer alors modérément froides, et si la partie est susceptible d'être plongée dans un bain, rien ne pourra mieux réussir à contenir la fougue des propriétés vitales, et à ramener dans l'organisme le calme et la régulante. »
Dans un mémoire sur la localisation des bains sur les diverses parties du corps humain, M. Ilayor fils a cherché à attirer l'attention des chirurgiens sur les avantages que Ton peut retirer de l'emploi de l'eau en immersion.
M . Lebert a eu occasion d'employer ces bains dans un très-grand nombre de cas ; il les a trouvés souvent utiles dans les inflammations aiguës ou subaiguës, dans le panaris, dans les inflammations des parties fibreuses, des mains, des pieds, etc. En général, ajoule-t-il, s'il y a douleur vive, on peut les mettre en usage pour calmer ou même pour entretenir le sang des sangsues.
Les immersions sont surtout applicables aux extrémités des membres. Le vase qui contient le liquide doit être assez grand pour que la température soit constamment la même; il sera d'ailleurs facile de le réchauffer, si un refroidissement manifeste se faisait sentir.
La durée des immersions doit varier selon le degré et l'étendue