‹ Manuel de petite chirurgieChapitre 140 sur 152 · RÉSECTION OU LIMAGE DES DENTS · texte numérisé non relu

RÉSECTION OU LIMAGE DES DENTS

Les instruments ordinairement employés sont des burins. On peut en limiter le nombre à trois formes'principales :

4" Un burin droit (fig. 317), tige d'acier de forme quadrangulaire taillée obliquement à une extrémité de façon augurer un losange tranchant par ses deux côtés supérieurs. Cet instrument sert à enlever le tartre ou les taches au pourtour des dents inférieures et supérieures.

2** Un bvrin courbe (fig. 31 8), à extrémité identique avec celle du précédent, et destiné à détacher le tartre de la face postérieure des dents antéro-inférieures, point de la bouche où il s'attache plus spécialement.

3® Un burin concave ou grattoir en cuiller (fig. 319). Instrument servant à gratter les faces interne ou externe des molaires. L*usage des burins dans la petite opération dont il s'agit doit être fait avec certaines précautions, afin de ne pas léser la couche d'émail; d'ailleurs Tablalion du taitre n oiïre pas ordinairement une grande résislance, et il suffitde le soulever par un petit effort brusque pour le détacher par masses assez volumineuses. Quant aux taches, un instrument mousse suffit souvent par simple frottement â les enlever.

En outre de ces instruments, il est quelquefois utile de se servir, soit de petites tiges de bcis, souvent suffisantes pour enlever des taches, soit d'une petite lame d'acier mince et flexible qu on fait passer successivement dans les interstices dentaires où l on suppose la présence de corps étrangers ; mais dans tous les cas on doit éviter remploi de préparations ou substances ayant une réaction acide, et dont l'action chimique sur les dents est toujours dangereuse; enfin lorsque l'opération est terminée, on prescrit au patient d'user de soins hygiéniques afin d'éviter la reproduction de ces corps étrangers.

g 3. - Aésection od IlmaKc des dents.

Cette opération a pour but l'ablation d'une portion d'uno dent, soitdans le cas de carie superficielle qu'on veut effacer, soit dans le but de séparer deux dents contiguës, soit pour adoucir un angle ou supprimer une saillie quelconque. Les instruments qui servent à cette opération sont des Urnes de formes variées : tantôt ce sont des limes plates (fig. 320), pouvant user par leurs deux faces ou par une seule et en môme temps p^r leurs bords ; tantôt l'instrument est monté sur un porle-lime cowç^^ ^^Viwsv^ de baïonnette (Sg. 321) et pouvant de \a sotV^ ^Vc^ ^\V<i v^\wv^ de la boacbe dans i 'iiKer valle do deux moY^we^ \ ^w^^oti \^>aX

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Fig. 323. Fig. 322. Fig. 321. Fig- 320.

l'opérateurdoil s'assarer d'abord que 1» <^av'té n*MV P»« «to reuse el qu'elle ne dépasse pas c.n profondeur lépai^e"

couche d-è-f • ^-' ^^:^,rj^^r:ss:C

OBTURATION DliS DENTS. 727

opposée l'action de rinstrumeDl. Celte petite opération, véritable résection d'une partie malade, a donc pour résultat de transfor^ mer une cavité destinée par nature à s'accroître en une surface liste et polie sur laquelle les aliments et les corps étrangers ne peuvent plus séjouVner, Toutefois l'emploi de la lime doit être réservé aux circonstances encore assez fréquentes, où par suite du peu de dimension ou de la mauvaise conformation de la carie, lobturatioii n'est pas possible

Eu effet, le passage de la lime sur les dents, en outre qu'il produit un agacement souvent fort pénible, entraine quelques inconvénients. Une dent limée est ordinairement douloureuse pendant plusieurs jours, ou bien elle reste impressionnable au contactde Tair ou des liquides froids, l'instrument ayant aminci la couche d'ivoire qui protège la pulpe centrale. D'autres fois encore cet organe peut s'enflammer : il se trouve alors étranglé dans la cavité qui le contient, et donne lieu à des douleurs permanentes extrêmement vives. Il est souvent nécessaire, afin d'éviter ces divers accidents, d'appliquer après l'opération, sur la surface limée, un petit cautère actuel olivaire ou sphérique ; et cette cautérisation a ordinairement pour résultat d'anéantir instantanément la sensibilité, en même temps qu'elle produit une irritation de la pulpe qui devient le siège d'une hyperproduction notable de dentine , et donne lieu par suite a une augmentation de densité et d'épaisseur de la couche d'ivoire.

C'est donc plus spécialement dans les cas de carie légère du bord des incisives qu'est appliquée la lime. Il faut, en effet, autant que possible, en éviter l'emploi aux autres dents, ou le réserver aux circonstances où il est indispensable de séparer deux molaires pour découvrir une carie inaccessible aux instruments, ou bien pour isoler une dent cariée de la surface saine d'une dent voisine.

Quant à l'eâ'acetnent des arêtes, saillies ou angles, il se fera avec des limes montées, plates ou rondes, suivant les indications de chaque cas particulier.

§ 4. — Obtaratlon des dents.

On appelle obturation, l'opération qui consiste à remplir ou boi]|cher (vulgairement plomber) avec diverses substances la cas^ité d une carie, afin d'en arrêter définitivement les progrès. Dans un certain nombre de cas, la carie étant ^\x \.\^^wA^ '^v. n'ayant causé aucune douleur, l'obluraWou ykv^îv^^x^^ ^x^^xxt^ jneguériion complète ; mm^ le plus souvexvV., \o\^^ ^^ ^^^ ^^^'

suUé, la maladie étant ancienne et ayant donné lieu à des douleurs plus ou moins vives, Tobt^ralion devra être précédée d'un certain nombre de pansements destinés à rendre préalablement insensible le fond de la cavité. Nous n'avons pas à nous occuper ici du traitement spécial de la carie dentaire et de& circonstances diverses qui raccompagnent ; nous traiterons seulement de Topération qd constitue la dernière partie ou la terminaison de ce traitemest, c'esl-à-direTobturation ou plombage.

Matières propres à l'obturation, — Les'^matières qui peuvent être employées sont extrêmement variées. Tantôt H est indiqué d*obturer une dent avec des matières d'une faible densité et pouvant,* au besoin , s'enlever facilement : telles sont la gottapercha, la cire, les résines. On les emploie surtout lorsqu'on veut pratiquer une obturation provisoire, a6n d^éprouver, par exemple, la sensibilité d'une carie à la fin du traitement, avant d*en opérer Tobturation déQnitive ; d*autres fois, on veut appliquer une matière solide et résistante, et Ton a recours alors à un certain nombre de substances qui, d'abord molles ou nialléables, sont susceptibles, avec le temps ou au moyen de certaines manœavres, d'acquérir dans la cavité une grande dureté : telles sont For en feuilles, les amalgames métalliques, les ciments, etc.

Vor en feuilles est de l'or chimiquement pur et réduit en feuilles minces. Pour les appliquer dans une cavité, on les roole entre les doigts et on les introduit à Taide de certains instruments. Lorsqu'on a rempli la totalité de la carie avec le métal, de façon à en garnir soigneusement toutes les parties et à dépasser un peu les bords de la cavité, on exerce des pressions ménagées, et Ton arrive ainsi à donner au métal une densité trèsgrande, quelquefois comparable à celle d'un lingot véritable. Cette opération est très-délicate et très-difficile ; elle exige une longue pratique, mais donne des résultats excellents en raison de rinaltérabilité de la substance et de la grande dureté qu'elle peut acquérir. Une petite modification dans le manuel opératoire consiste à passer rapidement dans la flamme d'une lampe à alcool la feuille d'or roulée avant do l'introduire, de façon à la recuire. Cette précaution permet d'obtenir une dureté bien plus grande encore et des résultats plus complets.

Enfin, lorsqu'on a complètement introduit et foulé l'or dans la carie, on doit égaliser soigneusement la surface de 4'obturation avec une lime fine et mince, et ensuite la polir par des frottements ménagés au moyen de brunissoirs.

Amalgames, — Les amalgames sont des mélanges de métaux, d'alliages ou d'ox^^^©^ \wfe;Va\\vQj\'^ w^r. \îk \ï«t^xa^.^^<^sa,.

ploient de préférence pour Tobluration des cavilés de grandes dimensions ou siégeant au fond de la bouche dans des points où leur coloration grise ou noire n'e>t point aperçue, tt dans lesquelles l'application de l'or présente des difficullés. On avait autrefois obtenu des pâtes métalliques par le mélange du mercure avec l'argent réduit en limaille ou avec la chaux-argent^ combinaison particulière de chaux et d'oxyde d'argent. Mais ces amalgames, prenant peu à peu dans la bouche une couleur noire par suiie de la sulfuralion de leur surface, ont été abandonnés. Aujourd'hui on mélange au mercure soit des alliages d'argent et d'or, soit des alliages d'argent et d'autres métaux. Deux alliages formulés par M. le docteur Magitot sont composés, Tun d'argent et d'étain par parties égales, l'aulre d'argent 4, d'étain 2, de zinc 1 . 1-e premier de ces alliages employés en pâte avec le mercure acquiert une excessive dureté et reste tout au plus grisâtre dans la bouche. Le second, également très*dur, bien qu'un peu moins résistant que le précédent, conserve la teinte grise métallique presque sans modification, et peut même s'employer sur les dents antérieures en cas d'impossibilité de l' au ri fi cation.

Ciments, — Nous ne citons les ciments que pour mémoire , car ils n'acquièrent, en général, qu'une si faible dureté dans la bouche et offrent si peu de résistance à la mastication, qu'ils sont rarement employés Cependant nous devons en signaler un composé d'oyxde de zinc et de chlorure de zinc mélangés de façon à produire une pâte très-épaisse (oxych'orure), et qui, employé dans certaines cavités à parois très-minces des dents antérieures, par exemple, tient encore pendant un certain temps, et conserve, sans altération aucune, sa couleur blanche.

Instruments. — Les instruments qu'on emploie pour pratiquer l'obturation sont tantôt disposés pour préparer la cavité à recevoir les matières obturantes, comme les ru^t/e^, tantôt ils sont destinés à introduire ces matières elles-mêmes, tels sont les fouloirs, spatules, brunissoirs, etc. Les rugines; appelées aussi excavateurs, sont des tiges d'acier recourbées à leur extrémité suivant différents angles, et terminées par un bord tranchant (6g. 324 et 325). Elles servent à débarrasser les caries des corps étrangers et des parties d'ivoire ramollies qu'elles renferment ordinairement, de manière à découvrir la couche saine de dentine sur laquelle doit être directement appliquée l'obturation. Elles s'emploient également ainsi que d'autres instruments, perforateurs (fig. 326) ou fraises (fig. 33 ! ) , pour doivvvw , ^"\V >i ^\\wk v^ la cavilé une forme telle qu'elle puisse coï\Vôiv\t Çi\. \^\ft^\\^ ^'^^'" caœment la matière introduite. Les fouloirs ss>xv\. V^vtvVqN. ^^^^vi,^^

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OBTURATION DES DENTS. 7

peuvent survenir : ainsi, la dent, sans causer de douleurs spo tanées, peut rester impressionnable aux transitions de tempéi ture, au contact des aliments froids ou chauds ; cette sensatic que favorise singulièrement la conductibilité du métal emplo] a pour siège la pulpe que protège seulement au-dessous métal, une mince couche d'ivoire plus ou moins ramolli. D'à très fois, la pulpe, elle-même dénudée, est en contact a\ la substance obturante et s'enflamme bientôt. Comprise at< entre la cavité qui la contient et la face profonde du métal, € subit un véritable étrangement et donne lieu aux douleurs

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Figr. 335. Fi{?. 334. Fig. 333. Fij?. 332

plus vives. Stce premier phénomène ne s'apaise pas rapideme l'inflammation peut se propager au périoste den taire, puis s parties voisines, et c^er des désordres plus ou moins consid râbles dans le tissu du maxillaire ou dans les régions ambianU C(3s divers accidenta ComljaUxift '^ V-^^^^ c^^^'^vCv. ^^^vss:^^^'^

7S2 OrÊRATlONS 0£ PETITE CHIRURGIE.

kMrtqo*oa relire le plombage, ou plus simplement quand on le perfore de manière à dégager la pulpe. Toutefois, lorsque, par suite de la position de l'obturation, la perforation ou renlèvement du métal ne M)nt pas possibles, on peut, au moyen de divers instruments perforateurs (0(?. 326), pratiquer sur un point accessible la trépanation de la cavité de la pulpe au niveau du collet de la dent, opération qui, découvrant la surface de Torgane, permet de procéder ensuite au traitement des lésions dont il est devenu le si^e.

g s. ^ Bitraetlon des dents.

L'extraction a pour but la suppression d*une dent lorsqu'on a perdu tout espo.r delà conserver et de la guérir^ Cette opération, l'une des plus fréquentes que Ton pratique en chirurgie, est loin d'être aussi simple et aussi facilequ'on se le figure ordinairement; et 8Î dans un grand nombre de cas elle n'exige qu'une expérienre ei une habitude ordinaires, il en est d'autres où elle peut s accompagner de complications ou d'accidents plus ou moins graves. L'opérateur ne saurait donc s'entourer de trop de précautions, et devra toujours se livrer avec une grande attention a l'examen de la dent à extraire, aGn d'apprécier le plus exacte- BK)nt possible la forme de la couronne, le nombre, la disposition 01 la direction probables des racines, retendue de l'altération dont la dent est le s ége et le degré de résistance qu'elle peut présenter ; puis il fait choix de l'instrument le plus convenable à chaque cas particulier.

Pour qu'une extraction soit bien faite, il faut qu'elle réunisse les conditions suivantes : i"* enlever la totalité de l'organe; ^° éviter la lésion des parties au sein desquelles elle est située; 3** opérer avec la sûreté et la rapidité nécessaire, pour amoindrir ou épargner la douleur de l'opération.

L'extraction d une dent, quel que soit l'instrument employé, est divisée ordinairement en trois temps : I ^ application de l'instrument sur les points les pkis résistants de l'organe ; 2° rupture des adhérences qui le réunissent aux parties voisines ; 3*" entraînement de la dent hors de l'ahéole en lui imprimant une direction qui doit se rapprocher le plus possible de son axo naturel.

Insiruments. — Les instruments qui servent àVexlract'on des dents sont extrêmement nombreux ; nous décrirons seulement ceux qui sont le plus fréquemment employés et qui nous paraissent suffire dans la pratique ordinaire.

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