COLLYRES
médicaments doivent être fréquemment renouvelés, car on ne doit jamais se servir d'un collyre alléré.
Les collyres sont tantôt instillés dans l'œil, tantôt employés comme lotion pour décoller et laver les bords des paupières, pour faciliter l'écoulement du pus, qui, en contact avec la cornée, pourrait déterminer des accidents. Enfin ils servent encore à donner à ToBil des bains locaux dans un petit vase de forme particulière, appelé csillère. Il est évident que, dans ces deux derniers cas, il pénètre quelques gouttes de collyre dans rœil.
Les collyres sont employés à l'état pulvérulent^ à Tétat liquide, à rétat de gaz.
A. Collyres pulvérulents. — Les collyres pulvérulents, ou collyres secs, sont en général des sels métalliques, des oxydes métalliques, do sucre candi en poudre, etc. ; on les introduit par insufflation entre les paupières. Pour cela on place, soit dans la gouttière que fait une carte pliée en deux, soit dans un tuyau de plume ou dans tout autre tube, la portion de collyre qu'on veut projeter sur la conjonctive ou sur la cornée. On écarte avec les deux doigts de la main gauche les paupières de Toeil malade, puis le tube étant tenu de la main droite sur les bords des lèvres, on fait passer la poudre entre les paupières écartées en soufflant légèrement. Si Ton soufflait trop fort, une partie du collyre, celle queThumidité de la conjonctive ne maintiendrait pas, serait chassée hors des paupières.
M. Gariel a imaginé, pour insuffler les poudres médicamenteuses sur les organes que leur profondeur ou leur position ne permet d'atteindre qu'imparfaitement, un petit instrument qu'il nomme pyxide.
11 y a deux espèces de pyxides.
La première est constituée par une petite vessie de caoutchouc
yolcanisé, fixée sur un tube flexible de gomme élastique, et dont
«moitié libre doit être repliée dans la moitié fixée sur le tube.
^ place la poudre dans le godet que présente la vessie ainsi
' ^•pliée, et l'on approche l'instrument à un pouce environ de l'or-
r ^ qu'on veut atteindre : en soufflant alors dans Textrémité
r obre du tube de gomme élastique, on développe le repli, et la
: pondre se trouve projetée avec énergie sur la partie malade.
La seconde [pyxide à réservoir d-air, 6g. 46) diff'ère de la
J^mière en ce que l'extrémité du tube de gomme élastique oppo-
- *»« la pyxide, au lieu d'être libre, reçoit une seconde petite
IJ^Be semblable à la première, mais qui ne doit pas être repliée.
. A^l de la fixer en place, on la distend avec de l'air : la pression
^'^céesur cette petite vessie remplace l'insufflation pulmonaire,
et suffit pour projeter la poudre à une distance assez grande. Les pyxîdes peuvent être remplacées par un insuiHateur inventé par M.Morand, de Pithiviers. Cet appareil, construit par M. Mathieu, se compose : \ '^ d'une poire de caoutchouc servant de souf-
Fig. 45.
flet et de réservoir pour les poudres à insuffler ; S*" d'une série de canules de grandeurs et de formes variées, qu'on adapte au col du réservoir précédent.
Quand on veut se servir de cet appareil, on introduit la poudre dans la poire de caoutchouc, et Ton fixe une canule convenable à son col. Fardes pressions brusques et répétées sur le réservoir de caoutchouc, Tair qu'il contient se mêle aux substances pulvérulentes, et le mélange. d*air et de poudre est projeté au dehors en passant par la canule de l'appareil.
Les collyres pulvérulents causent une douleur plus ou moins vive, augmentent la sécrétion des larmes, et déterminent une injection plus forte de la conjonctive. Ils sollicitent la résorption du liquide épanché entre les lames de la cornée, facilitent la disparition des taies de la cornée, etc. Il est évident que tous les collyres secs n'agissent point de la même manière ; mais leur description m'entraînerait dans de trop longs détails, qui du reste sortent du cadre que je me suis tracé. En général, les collyres secs sont rangés parmi les collyres irritants.
B. Collyres liquides. — Les collyres liquides sont d'un usage plus fréquent que les précédents ; ils sont tièdes ou froids, suivant les indications. Ils sont employés pour donner à l'œil une espèce de bain local : nous avons vu tout à l'heure comment on les administrait dans ce cas à l'aide de l'œillère. D'autres foison place sur l'œil une ou plusieurs compresses imbibées de liquide : dans cette circonstance, il faut avoir soin de changer fréquemment la compresse, qui pourrait être souillée de pus ou des mucosités qui altéreraient le collyre; souvent, enfin, on instille plusieurs fois dans la journée quelques gouttes entre les paupières. Pour faire ce pansement, le malade est couché ou assis ; on lui renverse fortement la lête en arrière, on lui écarte les paupières, et l'on fait tomber quelques gouttes du collyre sur la surface du globe de l'œil, le pouce étant appliqué sur l'ouverture de la fiole, et empêchant le liquide de passer en grande quantité. On peut en-