‹ Manuel de petite chirurgieChapitre 17 sur 152 · COLLYRES · texte numérisé non relu

COLLYRES

cm £ure passer le liquide dans un tuyau de plume ou dans un chalomeau , mais le premier moyen est le plus simple et me parait . prâéraUe. Les collyres liquides peuvent être émoUients, résolulift, excitants, narcotiques, etc.

On aura soin, dans les prescriptions de collyre, d*éviter d'associer le laudanum ou ropiumjaux sels de plomb ou d'argent. Il le forma alors, d'une part, un sulfate, un nitrate , un carbonate, etc., de morphine, qui reste dissous dans Peau; d'autre part, m méconate insoluble de plomb ou d'argent, eta , qui se précipite an fond de la fiole. Quand le collyre est agité avant les ioatillaticms, le méconate mis en suspension vient au contact de i'oil; et s'il existe une ulcération de la cornée, il se fixe dans cette membrane : ainsi sont formés de toutes pièces un grand nombre de nuages, de prétendus albugos, que l'on aurait pu prévenir bellement. Quant aux collyres de sulfate de cadmium, de cmvie, de zinc, le laudanum ne doit pas en être exclu. M. Boyer a démontré que le petit nuage qui se formait par la dissolution de ces substances dans l'eau, disparaissait par l'addition d'une gonttede laudanum par gramme d'eau.

U arrive souvent , lorsqu'on ne veut introduire qu'une trèspetite quantité de liquide, ou bien qu'on no veut exercer d'action que sur une partie déterminée du globe de l'œil, qu'on trempe dans le liquide un petit pinceau de charpie , que l'on va porter SOT la partie en écartant les paupières : le laudanum est souvent employé dans ce cas. On emploie de la même manière le nitrate d'ai]g[eDt en solution plus ou moins concentrée; mais le plus souvent on touche très-légèrement le point malade avec l'extrémité d'un crayon de nitrate, taillé comme un crayon ordinaire.

Puisque ici il est question de nitrate d'argent, je crois qu'il est bon de dire quelques mots sur la manière de tailler un crayon de litrate d'argent. On peut, avec un instrument, le tailler comme ^n crayon à dessin du sommet à la base ; mais alors on fait sauter des parcelles de nitrate d'argent, qui, en se portant sur les mains, IvAlent l'épiderme, le noircissent, laissent enfin des taches dés- Vréables, lorsqu'elles sont très-étendues, do plus on risque souvent de casser le crayon. Le meilleur moyen pour parvenir Si but que l'on veut atteindre, exige à la vérité un temps assez long, mais il est beaucoup plus sûr : il consiste à frotter sur une compresse mouillée le crayon de nitrate d'argent, jusqu'à ce qu'il sit la forme qu'on veut lui donner. Il faut se servir d'une compresse pliée en plusieurs doubles, car le nitrate d'argent, en fondant, traverserait la compresse, et pourrait tacher les doigts. Il ne faut pas oublier d'essuyer son crayon de nitrate d'argent

toutes les fois qu'il aura été en contact avec an liquide, car Thumidité pourrait le faire fondre.

G. Collyreg en vapeur, — Les collyres en vapeur sont nunns souvent employés que les précédents. Ils consistent en des vapeurs de différente nature que Ton dirige sur Tœil malade.

Quelle que soit la forme sous laquelle on emploie les collyres, ils n'agissent, en général, que par la substance qui leur donne ses propriétés : ainsi, un collyre liquide émoi lient agira de la même manière ou à peu près qu'un collyre de vapeurs émolUentes.

Je ne m'occuperai pas des différentes espèces de collyres ; je ferai seulement remarquer qu'il est une substance qui agit d'une façon spéciale sur Tiris : je veux parler de la belladone, qai est si souvent employée à cause de sa propriété de dilater la pupille. C'est un excellent remède pour empêcher les adhérences de l'iris dans les inflammations de cette membrane et pour faciliter Topération de la cataracte en augmentant l'ouverture pupillaire. Vairopine, c'est-à-dire la partie active de la belladone, agit avec une énergie infiniment plus grande et doit être eioployée à très-faible dose.

C° Injections.

LUnjection est une opération au moyen de laquelle on introduit à Taide d'une seringue un liquide dans une cavité naturelle oa accidentelle. Le nom de latwment est réservé aux injections faiteB par l'anus. On donne encore le nom d'injection au liquide cpie Ton injecte.

Les substances qui peuvent servir d'injections sont extrêmement nombreuses. On emploie l'eau pure ou chargée de principes médicamenteux, émoUients, narcotiques, excitants, irri^ tants, etc., selon le but qu'on se propose.

Les injections d'eau simple tiède servent, soit à distendre les parties, soit à les laver. On s'en sert aussi pour faire pénétref des Ois dans un trajet fistuleux, de manière à établir un sétooi qui n'aurait pu l'être qu'avec de grandes difficultés par le procédé ordinaire, à cause dos sinuosités du trajet. Ces espèces d'injections sont fréquemment en usage pour laver les plaies ^ clapiers, dont le pus s'écoule difficilement et croupit dans \B fond. Lorsque le pus a contracté une odeur fétide, on pratique des injections antiputtides : on ajoute alors au liquide quelques gouttes de chlorure de chaux qui irrite légèrement la plaie, lui fait sécréter un pus de meilleure nature, et enlève à la suppuration son odeur infecte. Les injections de teinture d'iode sont incoor

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