INJECTIONS
lestablemenl les meilleures que l'on puiss^ conseiller dans ces circonstances.
La quantité de liquide employée dans, les injections varie nécessairement avec les indications.
L*eau froide, employée en injections, est légèrement astrin- ^nte, et Ton s*en sert avec succès dans les écoulements chroliques du canal de Turèthre ; mais on y ajoute le plus souvent, lans ce cas, un médicament astringent, tel que le sulfate de âne, le tannin, lé cachou, l'azotate d'argent.
Nous allons successivement examiner les diiférentsorganes dans lesquels on fait des injections.
Les injections des conduits lacrymaux doivent être faites avec une seringue particulière, dite seringue d'Anel : c*est une petite seringue qui contient 4 8 grammes environ de liquide, et dont la canule est terminée par un tube presque capillaire. Pour faire ces injections, on introduit Textrémité de la canule dans un des points lacrymaux, et Ton pousse doucement le liquide. Ces injections demandent beaucoup de soin et un peu d'habitude.
M. J. Charrière a présenté à l'Académie de médecine (6 août 4^61) une seringue d'Ânel modifiée. Cette petite seringue, dont le corps de pompe est de verre, offre une face aplatie et graduée, sur laquelle glisse un écrou curseur. De cette façon on peut mesurer exactement la quantité de liquide injecté. Une canule coarbéeà angle droit, et terminée par un tube capillaire, complète l'appareil au moins pour les injections dans les conduits lacrymaux. On peut remplacer cette canule par une autre tertinée par un trocart, pour faire des injections sous-cutanées.
Enfin, M. le docteur Fano a fait construire par MM. Robert ^ColliDs un appareil pour les injections en général, et qui lui >^pour les conduits lacrymaux. Il se compose d'une pompe tauite, d'un réservoir et d'un tube flexible de caoutchouc qui P^à son extrémité, soit une canule ordinaire , soit un tube capillaire courbé à angle droit pour les points lacrymaux.
On peut ainsi injecter une quantité assez considérable de "Çûde sans être obligé de changer d'appareil.
^ injections entre les paupières et Vœil sont très-simples et *fenlau moyen d'une seringue à siphon un peu conique. , Poorles injections de l'oreille, on se sert d'une seringue dont le ""P^est terminé en olive percée d'un seul trou à son sommet. ^injections de la caisse du ft/mpan exigent Tintroduction, ^ la trompe d'Eustache, d'une sonde d'argent légèrement '^courbée à son sommet , le siphon de la seringue est introduit ''ans la sonde, et l'on pousse doucement le liquide.
70 DES MÉDICAMBIITS TOPIQUES.
Los injeetiom dam le cafialde turèthre se font au moyen d*un» soringue qui contient environ 30 grammes de liquide; lesipboa de la seringue est légèrement conique. On introduit le siphon tout entier dans le canal, puis, avec les doigts d'une main, on Is maintient en place on appliquant les parois de Turèthre au-dessoos delà canule. L'autre main maintient la seringue et presse sur la piston. L'injection ainsi poussée doit être gardée pendant dm ou deux minutes, ce qu'on obtient en appliquant la pnlpe d'oa doigt sur le méat urinaire ; il est bon de renouveler TinjectioB deux ou trois fois par séance, si elle n'est pas très-activè. Presque jamais les injections ne pénètrent dans la vessie ; si oepa»dant on le craignait, il faudrait appliquer le périnée aar m corps dur, l'angle d'une chaise par exemple, ou bien y faire placer ledoigtd'un aide, qui comprimerait fortement. Ces injections pasvent être facilement faites par les malades eux-mêmes. Quand onie sert de médicaments qui peuvent attaquer la seringue, de nitnta d'argent par exemple, il faut se servir d'une seringue de verre.
II est quelquefois nécessaire de faire pénétrer le liquide de l'injection jusque dans la portion membraneuse de l'urèthre, et il est fort difficile de pénétrer jusqu'à cette région, si l'on se borne à placer le bout de la seringue au méat. Pour que rinjectioB pénètre dans la région profonde, le bout de la canule ddt dépasser le bulbe et entrer dans la région membraneuse ; elle doit donc arriver au delà de l'éperon formé par l'union du bulbe avee la portion membraneuse : car, dans ce cas, le liquide reviendnîk entre la sonde et les parois de i'urèthre sans avoir atteint les parties malades. M. Phillips conseille d'introduire dans le canal naa sonde à courbure fixe, terminée en olive et percée d'untm central. L'injection poussée dans ces conditions baigne la poriîoi^ membraneuse, ne peut revenir latéralement, les parois du canil étant distendues par la pression exercée latéralement par l'olivt et fortement appliquées sur cette dernière.
S'il est nécessaire de faire porter l'injection sur toute la kmgueur du canal, après étro entré dans la portion membraneuse et y avoir poussé une certaine quantité de liquide, on ramène Toliii en avant du bulbe, en retirant la sonde vers soi et en continuant à pousser le piston de la seringue. De cette façon, l'injection étant projetée contre le bulbe et ne pouvant pas le dépasser, revient par le méat urinaire entre la sonde et les parois du canal (4).
(1) Supplément au Dictionnaire des dictionnaires de médecine i p. 839. Paris, 1851. — Muladiea des' voies urinaires, par M. PU* llips, 18G0, 1 \ol. iii-8, n^.