CHAPITRE X
DES PESSAIRES.
On donne le nom de pessaires à des instruments destinés à être introduits dans le vagin, soit pour maintenir l'utérus dans sa position normale : ce sont les pessaires dits utérins; soit pour soutenir les hernies qui font saillie dans le vagin : ces derniers ont reçu le nom de pessaires vaginaux (1).
Enfin récemment on a imaginé des pessaires intra-utérins ou redresseurs de T utérus, nous ne nous en occuperons pas ici.
Pour maintenir le vagin ou Tutérus, les pessaires ordinaires
(1) Mnl(çaip:ne, MMennf* opérninire, 6*^ édition, p. 722.
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I "^ La natijre de la aâiiére qui eLtre dans la uxLics^tioa de ces instrufj«entf e§l «xtrArAemeot vaiiée : on a fabriqué dcs pessaîres 'Je rriélal, d or, darrenl. d étain, d'ivoire, de bais, de îiêge. etc. ; 'Ui» éj/jn^08 taillées ont été introinites dans le vagin et ont iiUi employées a la place des pessaires : enfin les pes^ai^^s qni ^ml le filus fréquemment en usage sont formés done espèce d'étoufie recouverte d huile siccative de lin : ils sont généralement désignés sous le nom de peMaire» de gomme élastique . Ces derniers pessaires ne sont pas l>eaucoup plus avantageux que les autres: cependant, comme ils sont moins durs que ceux que nous avons mentionnés, et comme ils possèdent une certaine élaslicilé, Us ont moins d'inconvénients que les pessaires complètement rigides. Enfin, on a fabriqué des pessaires de caoutchouc vulcanisé, dits peêêairen à réservoir d'air : ceux-ci sont très- élastiques et remplissent parfaitement les indications; nous nous arréierons principalement sur ces derniers, que nous considérons comme les plus avantageux dans la plupart des cas.
La forme des pessaires est aussi extrêmement variable, nous ne sij^nalerons que ceux qui sont le plus souvent employés.
Les uns, les pessaires en gimblette (fig. 232), ont la forme d'un
(4) U'K^'ndn*. Dfl h chu f Pile /*uf nus, iS60.
DES PESSAIRES. 367
anneaa épais légèrement déprimé ; ils sont percés à leur centra d'une ouverture ordinairement circulaire ; les uns sont arrondis, les autres sont'ovales.
Les pessaires en hondon (Hg. 233) ressemblent à un cône
Fipr. 232. Fig. 233.
allongé, à base en forme de cupule et à sommet tronqué ; la baso reçoit le col de Tulérus. Ces instruments sont percés d'un canal central qui donne passage à l'écoulement menstruel.
Les peêiaires t^lytroidea de M. le professeur Cloquet ont exactement la forme du vagin ; ils ont été confectionnés sur des mo* dèies obtenus en coulant du plâtre dans le vagin du cadavre de femmes dont la matrice était dans la position normale. Ces peS'^ saires sont cylindroïdes, aplatis d'avant en arrière, courbes suivant leur lonjîueur ; leur face postérieure convexe s'accommode à la concavité correspondante du rectum, leur face aniérieure concave reçoit la ronvexiié de la vessie; leur extrémité supé* rieure présente une cuvette ovale à grand diamètre transversal, l'extrémité inférieure se termine à droite et à gauche par deux angles arrondis i le centre de l'instrument est percé d'un trou qui donne passage aux règles : la longueur des instruments est en rapport avec la profondeur des vagins. Ces pessaires ont l'avantage de ne point se déplacer une fois qu'ils ont été appliqués ; ils ne compriment ni la vessie ni le rectum ; enfin ils sont solidement maintenus en prenant leur point d'appui sur les par^ lies latérales du vagin, au-dessus des grandes lèvres, adroite et à gauche.
Les fils métalliques ont été depuis longtemps employés à li confection des pessaires. Jean Bauhin se servait de pessaires de fil d'argent ; Preunel faisait avec des fils de f^r des pessaires ayant la forme de cônes tronqués et composés d'anneaux décroissants de la base au sommet, ces anneaux cédaient à la pression et revenaient à leur premier état lorsqu'ils cessaient d'être comprimés; l'intérieur de ces pessaires était garni d'un ruban de fil, l'extérieur d'une bandelette de cuir très-doux.
Mais nul plus que M. Mayor n'a cherché à vulgariser l'usage des pessaires de fil de fer; le métal forme la carcasse de l'inslni-
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ment, qui est recouvert de coton cardé et de taffetas gommé. Ces pessaires sont fort ingénieux, ils peuvent être fabriqués à l'instant même. Ils sont donc d*une grande ressource pour le chirurgien des campagnes; ils ont en outre Tavantage de pouvoir être confectionnés d'après la forme et le volume qu'exige l'indication.
Parmi les pessaires dits vaginaux, M. le professeur M algaigne préconise le pessaire tn sablier. Il est de gomme élastique et constitué par deux troncs de cône opposés par leur sommet. La partie supérieure de Tappareil offre un entonnoir qui reçoit le col utérin, la partie inférieure présente un renflement ou un petit entonnoir pour soutenir le rectum ou la vessie qui tendent à descendre (1).
Les pessaires de M. Hervez de Chégoin sont surtout employés contre les déviations utérines. D'après cet auteur, ils ne doivent agir que sur le corps de Tutérus, et non exclusivement sur le col, comme le font les pessaires en gimbletteet enbondon. D^ailleurs ils ne diffèrent de ces derniers que par Texcentricité de leur ouverture.
Le pessaire élylro-mochlion du docteur Kilian diffère beaucoup des précédents, il agit en écartant les parois vaginales et soutient médiatement Tutérus. Il se compose d'un ressort assez doux, plié en U et terminé par deux extrémités mousses, plates, assez épaisses et revêtues de gomme élastique. Pour l'introduire, on rapproche les deux branches de l'U, qui s'écartent d'ellesmêmes, dès qu'elles sont abandonnées par suite de l'action du ressort.
Les hystérophores de Zwanck et de Schilling sont construits d'après les mêmes principes, et agissent de la même façon (2). Malheureusement les pressions exercées par les instruments sont difficilement supportées et donnent lieu à de vives douleurs.
2° Lespesmires en bilboquet^ à pivot, à tige, sont formés d'une espèce de cuvette soutenue par trois branches qui se réunissent mr une tige commune. La cuvette reçoit le col utérin, elle est percée de trous qui laissent passer le sang des menstrues ; lextrémité de la tige présente des ouvertures dans lesquelles on engage les liens destinés à maintenir le pessaire en place. La tige du pessaire en bilboquet de Récamier renferme un ressort à
(1) Malgaignc^ Médecine opératoire, 6« édition, p. 722.
(2) Pour plus de détails, consulter De Scanzoni, Traité des inaUt' aies des organes sexuels de la femme. Paris, 1858. *
DES PESSAIRES. 369
boudin qui rend plus douce la pression que la matrice exerce sur le passai re.
M. le docteur Maillot a fait construire un pessaire qui mérite d'être signalé. L'extrémité supérieure de son instrument, trèsévasée, reçoit le col de l'utérus; l'extrémité inférieure, moins évasée, estForiBce d*un largo canal qui permet le passage facile des règles et à travers lequel on peut constater la position et l'état du col utérin. A cette extrémité inférieure se fixent des cordons qui vont s'attacher à une ceinture hypogastriqiif .
Parmi les pessaires à tige qui ont acquis une certaine renommée à l'étranger, nous devons citer l'hystérophore de Roser modifié par Scanzoni. « Il consiste en une plaque (hypogastrique) de fer-blanc recouverte de cuir, de la forme d'un rein, de 4 4 centimètres de long sur 8 et demi de large. À cette plaque s*adapte, au moyen d'une vis, l'extrémité d'une branche recourbée destinée à être introduite dans le vagin. Cette branche présente, à 5 centimètres au-dessous de Textrémitéqui s'adapte dans l'agrafe, une charnière qui lui permet un mouvement libre à droite et à gauche. De là, la branche descend dans une longueur de 5 centimètres et demi, puis se recourbe en arrière, puis en haut et en avant, décrivant un arc de cercle tel, que la branche ascendante, longue de 5 centimètres et demi, se trouve à 5 centimètres et demi de la branche descendante, à Tendroit où elles sont le plus éloignées Tune de l'autre. La branche courbe consiste en un ressort d'acier large de 5 millimètres, assez fort, renfermé, dans toute sa longueur, dans un tube de caoutchouc vulcanisé, et terminé par un bouton d'ébène de 4 centimètres de long sur 3 de large et 4 et demi d'épaisseur, assujetti au moyen d'une vis pour pouvoir être monté ou abaissé à volonté (4 ]. 9
On voit que cet appareil a surtout pour but de soutenir la paroi antérieure du vagin, il n'agit donc que dans les cas de cystocèle. Son application est quelquefois très-douloureuse et ne peut être continuée.
Enfin, nous terminerons l'énumération déjà trop longue de ces appareils par la description du pessaire de M. Grandcollot. Nous l'emprunterons au rapport de M. Robert à l'Académie de médecine (2) (fig. 234).
« Il se compose d'une ceinture hypogastrique à deux pelotes ;
(1) De Scanzoni , XPaité des maladicfi des organes sexuels de la fèmmey p. 115. Paris, 1858.
t^)* i« 44 janvier 1862,
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entre elles se trouve une armature métallique à doubles brisores latérales, dans l'écarlement (lesquelles est placée l'insertion d'im coi de cygne suspenseur du pessaire et courbé coavenablemeDt
Fi?. 234.
pour s'adapter sur le pénil. Ici déjà se trouve un système mouvement par lequel ce col de cygne peut, au gré des cbini giens, ôtre fixé ou exécuter des mouvements variés de rotatil et d*inclinaison.
M Au col de cygne se trouve adaptée une tige intra-vagiM munie d'une cuvette à son extrémité supérieure. Cette tige ( rectiligno, formée de deux cylindres creux emboîtés et glisa Tun sur Taulre, s*a]longeant ou se raccourcissant à volonté contenant :
> 1 ^ Un ressort à boudin dont la puissauce, indépendante di changements de longueur de la tige, demeure invariable;
» 2° Un système d'excentrique qui lui permet de se renvertl plus ou moins sur son axo et même d'exécuter autour de loi révolution complète. Ce mécanisme en rend TintroductioD U^ facile, et lui permet d'être appliqué aux déviations de l'uir quelle que soit la position anormale prise par cet organe.
» Enfin la tîgo rectiligne est articulée avec le col de cyj de manière à pouvoir tourner sur elle-même et exécuter des n* vements de circumduction.
» Il résulte de l'ensemble de ces brisures que la cuvettei fois placée de manière à embrasser exactement le col derolÂ^ peut exécuter tous les mouvements que ce col lui-méoie i ente dans les divers mouvements du tronc, et qu'elle nepenlf*"'
DES F.SSAIRES. *^1i
cer aucune pression fâcheuse sur les organes qui l'avoisinont. i Cet instrument est, comme on le voit, Irès-compliqué, par conséquent exposé à se déranger facilement, cependant il a rendu de grands services, ainsi que l'indiquent les observations publiées par M. Kobert.
Appticalion dcR peisaires, — Quel que soit le pessaire que Ton veuille appliquer, il est quelques précautions que nous croyons devoir signaler : ainsi la vessie et le rectum doivent avoir été préalablement vidés des matières qu'ils con(^nnent; la femme sera couchée sur le dos, la tète basse, le bassm élevé, les cuisses légèrement fléchies sur le bassin et écartées, les jambes fléchies sur les cuisses ; la matrice sera repoussée dans sa situation normale. Le chirurgien enduit le pessaire dont il a fait choix d'un corps gras, huile, cérat, se place sur le côté droit de la malade : avec le doigt indicateur et le médius de la main gauche il écarte les grandes lèvres, la main droite présente rinstrument à rentrée du vagin. Ix) pessaire en gimblette est placé de champ et verticalement, de telle sorte que la direction do diamètre du cercle qu'il présente soit dirigée dans le sens vulvo-anal. Il faut faire attention, dans cette manœuvre, à ne pas comprimer le canal de Turèthre, il suffit de placer un peu à g:àuche de ce conduit-la circonférence de l'instrument. Lorsque le pessaire a été introduit doucement dans le vagin, on engage le doigt dans son ouverture centrale et on le ramène dans la position horizontale. Si le pessaire est oblong, on l'introduit dand le vagin par un des sommets et on le retourne de manière à placer transversalement le grand diamètre de l'ellipse : cette manœuvre est quelquefois très-difficile. Les pessaires en bondon sont introduits la base en haut, le sommet en bas; il est bon, lorsque le pessaire est un peu volumineux, d'en comprimer la base, afin de lui donner une forme oblongue analogue à celle de la vulve. Il est quelquefois difficile d'introduire le pessaire en bilboquet, car la cuvette présente souvent des dimensions assez considérables, et la disposition de la tige s'oppose à ce qu'on puisse donner à la cuvette la position la plus favorable à son introduction. Il est inutile d'ajouter que la lige de linstrument doit faire saillie en dehors du vagin, et qu'elle doit être fixée à l'aide de cordons sur une ceinture placée autour de l'abdomen de la malade.
Lorsque les pessaires ont été introduits, il faut faire lever la malade, la faire marcher, tousser, afin de s'assurer que l'instrument peut rester en place et maintient convenablement l'utérus. Le chirurgien doit encore demalldâr ~ < ne cause pas
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delà douleur, raril arme assez souvent que les malades se peuvent en supporter l'usage. Od peut, dans quelques circoDStaDCtô. arriver à faire coiiser>er à des malades des pessaires qui. après la première application, causaient une douleur assez \ivepoar provoquer des ac<:ideDis : il faut dans ce cas les accoatumer peu à peu à la présence d*un corps étranger dans le vagin, en iotit>duisant un pessaire de très-petit volume, puis un peu pitf gros, etc., jusqu'à ce qu il soit possible de faire conserver on instrument assez volumineux pour qu'il puisse maintenir oobvenablement Torgane au déplacement duquel il est destiné à s'opposer.
Les accidents qui résultent de la présence de pessûresdansk vagin sont primitifs et consécuiifs. Les premiers suivent iimêdiatement l'introduction du pessaire : ks sec>onds sont dos à soi séjour trop longtemps prolongé.
Accidents primiti fit. — La compression que le pessaire emn sur la vessie et sur le rectum détermine fort sooveot des tntbles fonctionnels de ces deux organes : aussi obser\'e-t-4a de h dysurie, de la constipation ; on constate encore des doolenrs mbvent très-vives du côté des lombes, des aines, des cuiflaes, de l'engourdissement des membres abdominaux. Ces accidents, qi peuvent être combattus par le repos, des lavements émoHiênts, des bains entiers, des bains de siège, sont quelquefois assez intenses pour que l'on soit obligé d*ajoumer ou de modifier l'application du pessaire.
Accideniê conêécutifê. — Ceux-ci tiennent à Tirritation que la présence du corps étranger exerce sur la muqueuse vaginale et au contact du col de Tutérus avec la substance du pessaire. Ces accidents, caractérisés par un léger écoulement, disparaissent en général assez rapidement et ne nous occuperaient pas si le pessaire n*était susceptible de s'altérer et de déterminer alors des symptômes beaucoup plus fâcheux. Ainsi, au bout d'un certain temps, les pessaires se recouvrent d'une incrustation calcaire plus ou moins épaisse formée en grande partie de mucus et de phosphate de chaux. Ces instruments altérés deviennent une cause permanente d'irritation : ils déterminent rinQammatkm et Tulcération du vagin, qui alors se couvre de végétations et devient le siège d'un écoulement purulent extrêmement fétide. Dans un cas rapporté par M. le professeur Cloquet, il a vo un pessaire de liège, renfermé dans le vagin depuis plus de dLx ans, recouvert d'une telle quantité de végétations, que l'instrument n'avait pas été d'abord aperçu, et que la malade avait été d'abord traitée pour un cancer du vagin. M. Cloquet rccon-
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Ht la caase de la maladie, fit Textraction du pessaire qui était conplétement pourri et incrusté de phosphate calcaire ; la ma- Ub se rétablit rapidement par raclion des injections émollientes A des bains. On a observé des cas dans lesquels des pessairos inieot causé la perforation de Tune ou de Tautre cloison il vagin et déterminé des fistules vésico-vaginales et reclo* ii|iiiales.
Les accidents du côté de l'utérus sont aussi fort remarqua- Hn : cotre les ulcérations du col que Ton observe fréquemment, Mmi quelquefois le col de la matrice s'allonger et s'engager
- (ns la cavité du pessaire ; alors le col s'étrangle et des sym- 'jMniQg les plus fâcheux peuvent en être le résultat.
- Floor prévenir ces accidents, les malades doivent user de cer- |ÉN8 précautions que nous allons rapidement passer en revue. "* lioins de propreté doivent entrer en première ligne : les ma-
K prendront souvent des bains, feront des injections : celles-ci
khmnt pas seulement bornées au vagin, mais il faudra intro-
' $b canule de l'appareil dans l'ouverture centrale du pes-
e^ a6n que le liquide puisse baigner le col de l'utérus, la par-
^aqpérieure du vagin et entraîner les mucosités déposées sur
llKe supérieure du pessaire.
|Le8 pessaires doivent être souvent renouvelés, les intervalles
at extrêmement variables.: ainsi, chez certaines femmes, les
aires s'altèrent avec la plus grande facilité, il faut alors les
uveler au bout de vingt à vingt-cinq jours ; d'autres femmes,
contraire, peuvent conserver le pessaire pendant plusieurs
>" Malgré les soins les plus assidus, nous conseillons de déplacer
k pessaire souvent, tous les cinq ou six jours, de le laver et de I le réappliquer qu'après qu'une injection abondante aura nolbfé la cavité du vagin.
l Pour enlever les pessaires, on fera placer la femme dans la iMition qu'on lui avait fait prendre lors de leur application, A avec le doigt introduit dans le vagin on ramène peu à peu "~ Btnunent au dehors en lui faisant exécuter un mouvement renversement inverse de celui qui a servi à mettre l'innent en place ; dans certaines circonstances cette extraction I; assez pénible, surtout quand le pessaire est resté longtemps ^fiqué, et qu'il est incrusté de phosphate calcaire. Il est géné- *Hnent facile de retirer les pessaires quand en a eu soin de »M8er une anse de fil dans leur cavité ; il suffit d'engager le jibigt dans l'anse de fil et de tirer pour amener le pessaire au
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I-or:5qu'on a r**îir6 un pev^saaire, il faut recommander k la roalado cjuolques jours de repos, afin que des mouvement» teop l)rus(iuos no viennent pas détruire lo bénéfice que Ton a obtenu (le Tapplicatitm derinstrunient.
M. le (loctour Gariel a cherché à parer aux accidents qw (létenninenl les moyens ordinaires de contention de roléras on faisant construire en caoutchouc vulcanisé de? pessaircs quH appelle à vést-rvoir d'air.
M. Gariel a décrit cet instrument dans une note insérée dasB la Gaseite des hôpitaux et extraite de son mémoire couronné \U TAcadémie des sciences, sur les applications médico-chirurgi-
ment Dslal
lotei
cales du caoutchouc vulcanisé. C'est d'après le mémoire di M. Gariel que nous exposerons la description de son instrument si ingénieux, qui nous paraît rendre des services réels daw h' Ihérapeutique dos déplacements de l'utérus.
Le peasaireà réservoir d\iir (fig. 235) se compose de deux lotes do caoutchouc vulcanisé, creuses à l'intérieur, et donnai chacune naissance dans un point de leur surface, à un lubed' longueur de 1 o à HO centimètres. Un robinet relie les deux peli ensemble. Lorsque ce robinet est ouvert, l'air, préalablemeal nlroiiuit dans l'appareil, se répartit d'une manière égale daH les deux pelotes ; mais la pression do la main sur l'une desp» lotes fait passer tout l'air que contient cette pelote dans l'auU! pelote ; on ferme le robinet, et la communication se inufll interceptée. L'instrument, si je puis ainsi dire, est alors charjj Pour s'en servir, on roule sur elle-même la pelote vide f^ [pelote-pessaire) (fig. 235), qui, dans cet état, a un volumeii" signifiant ; on l'introduit dans la cavité vaginale, et l'on on«< le robinet : l'air, chassé de la pelote restée à l'extérieur (p«W mufflateur) (fig. 236) par la pression de la main, passe datf
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ipelole-pessaire, qu'il dilate et à laquelle il (lonuo un volume ni que nécessaire pour maintenir exactement les déplacements Il rateras les plus considérables; on forme le robinet, ot l'aptreil se trouve solidement fixé. Son retrait s'opère en ouvrant le Éinet; Fair chassé de la pelote-pessaire par l'action combinée iFélasticité du caoutchouc et des parois vaginales reprend sa |te dans la pelote-insufflateur, où il est tenu en réservoir pour H nouvelle application. Cette manœuvre, dont la description ■IjMigno et peut-èlre difficile à comprendre, est exécutée avec ghs grande facilité, et dès la première séance, parles malades ■ moins intelligentes.
Figr. 236.
jd pessaire à réservoir d*air, à doux pelotes réunies par un inet commun, contient une quantité d'air invariable. La poi^nsuftlateur ne peut être séparée de Tappareil, et doit ùlro e sous les vêtements. (Le moyen le plus simple consiste à la ter dans un des cordons de la ceinture.) Elle est, comme je d^ë dit, vide d'air, réduite au volume de ses parois, et ne luit jamais de gêne. Néanmoins, et pour prévenir toute obim, M. Gariel a rendu les pelotes indépendantes lune de In par Taddilion d'un second robinet, dont le canon vient Hipter exactement sur le canon du robinet déjà employé. Bpsureil en place no se compose plus alors que de la pelotetSke (fig. 237).
^v moment do l'introduction, la pelote-pessaire doit ôtre réii^ à son plus petit diamètre possible par la manœuvre indi- ^phiB haut (ce diamètre n'excède jamais 1 à 2 centimètres) ; !• trempe dans une décoction mucilagineuse, ou simplement
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dans l'eau, el on la présente à l'anneau vulvaiw, qrfew* verse toujours sans donner lieu à la plus légère ôoote®» • fois introduite, on la dilate par Tinsufflation. Cette dàW dans le plus grand nombre des cas, peut être obtenue cmbj* ment de prime abord ; cependant quelques malades, àcyotteï sibilité est exallée par de longues souffrances, ne 8Qppc|^ rentière dilatation de la pelote- pessaire qu'au bout de phM séances, et chez celles-ci il faut habituer le vagin, pardB grés successifs de dilatation . au contact d'un corps étrange' mineux. Je dois dire, du reste, et pour expliquer cette esGfl| qu'une pelote-pessaire entièrement dilatée présente nn^ qu'aucun pessaire n'a jusqu'ici pu atteindre.
La pelote-pessaire convenablement dilatée, dit M. ( remédie efficacement aux déplacements de l'utérus et da n'est jamais douloureuse et ne détermine aucune réactioi pathique sur les organes voisins.
Fijr. 237.
Les pessaires en gimblette (pessaires rigides, api deux de leurs faces et présentant une ouverture méd; peuvent soulever et maintenir le col de l'ulérus en plac diamètre, si l'on veut éviter une douleur des plus aiguës, vent des déchirures, etc., doit toujours être proporlioi dilatabilité de l'anneau vulvaire. Or, il arrive que ce di toujours trop considérable au moment de Tintroduction,
DES PESSAIRES. 377
sooyent insuffisant à remplir la cavité vaginale. Cependant, je veax bien admettre qu'un de ces pessaires soit aiscz volumineux ponr arc-bouter contre les parois du vagin et pour soutenir exactement le col de Tutérus pendant que le chirurgien le place : eh bien! dans ce cas encore, je dis que la contention est illusoire. En effet, il n'est pas un pralirion qui ne sache qu'au ' premier mouvement que fait la malade, le possaire le plus mé- ^iquement placé subit un mouvement do bascule, et que le coi de Tutéros se trouve reposer, non plus sur l'ouverture mé- <&oe de l'appareil, mais sur une des parois latérales. Dans cette POiitioD, lo col utérin se trouve en contact avec une surface liore, dont le peu de largeur l'expose à glisser soit en avant, soit barrière.
Le pessaire à réser>'oir d'air, au contraire, introduit sous un potit volume, peut prendre, par l'insufnation, un développement ^sseï considérable pour refouler l'utérus au delà môme de sa position normale. Il ne peut basculer dans la cavité vaginale ù cause de son volume.
Le pessaire en gimblelte produit une pression douloureuse dans les points avec lesquels il est en contact ; il détermine sur les parois vaginales, sur le col de l'utérus, une inflammation suivie de supersécrétion muqueuse ou purulente, quelquefois môme dulcérations.
La pelote de caoutchouc vulcanisé, dont les parois sont molles et élastiques, s'adapte exactement aux parties qu'elle est chargée de maintenir; elle remplit l'office d*un coussin élastique sur lequel le col de l'utérus repose mollement ; elle ne produit jamais ni inflammation ni supersécrétion d'aucune sorte.
Les pessaires auxquels M. Gariel donne la préférence sont ceux qui sont en forme de pelote, ils remplissent parfaitement toutes les indications ; cependant il a imaginé des pessaires à réservoir d'air offrant toutes les formes anciennes. Ces instruments sont préférables aux pessaires rigides, en ce sens que leur introduction est plus facile, puisqu'on les introduit vides d'air et qu'ils sont insufQés en place ; mais ils ne sont pas indispensables, car Touverture centrale que Ton remarque sur le pessaire en gimblette (fig. 238), dans les pessaires à cuvette droite ou oblique (fig. "239, 240], devient inutile, puisque la possibilité de retirer le pessaire chaque jour permet aux mucosités utérines et au sang des règles de s'écouler aussi facilement qu*on le désire; ils n'ofl'renl donc aucun avantage. Les pessaires à pelote, au contraire, ainsi qu'il résulte des nom-
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breuses expérimentalionfe de M. Gariel , s' accommodant à tous les déplacements possibles de l'utérus, sont préférables, en ce sens qu'il n'est besoin que d'un seul instrument applicable h tous les cas.
L'innocuité ie la* présence du pessaire à réservoir d'air sur lesorganes voisins reconnut deux causes principales : Télasti-
Fig. 238. Fig. 239. Fig. 240.
cité, la mollesse de ses parois, qui lui permettent de se mouler sur les parties environnantes; son retrait quotidien, retrait que M. Gariel établit en précepte formel et dont il signale l'importance.
Les circonstances signalées lors de l'introduction du pessaire k réservoir d*air se représentent au moment de son retrait; l'ouverture du robinet donne issue à Pair contenu dans la pelote-pessaire, que la plus légère traction suffit pour amener, au dehors.
Cette facilité du retrait du pessaire permet qu'il soit retiré tdQB les jours par la malade elle-même.
Ainsi, toutes les malades qui font usage du pessaire à réservoir d'air :
4° Le placent le matin, au moment du lever (il est préférable que cette application soit faite dans le lit même : en effet, dans la position horizontale, l'introduction se fait plus facilement; d'ailleurs la malade, en évitant toutes les occasions de déterminer le déplacement même momentané de Tutérus, augmente dans une proportion considérable ses chances de guérison complète) ;
2° Le gardent toute la journée, pendant tout le temps, en un mot, qu'elles tiennent la position verticale ,*
3** Le retirent le Soir, au moment du coucher.
La pelote-pessaire, éttlevée chaque jour et lavée à grande eau
DES PESSAIRES. S79
matin et goir, ne peul déterminer aucune intlamniation dans les organes a\'on lesquels elle se trouve en contnrt, comme ce!n arrivait nécessairemcnl avec les pessnires qu^on lai^siiit à demeure phisieurs jours, plusieurs mois et même plusieurs années, el qui ne tardent pas à se couvrir d*un muro pus d'une p'Hdil6 repoussante.
Aucun corps étranger ne se trou\anL pi'nd.int (]iu* la malade fait Ks injections « interposé entre le col utérin et les liquides Û4ectés, Tablution est parfaite, le séjour des mucosités vaginales ûnpoMible.
Le col do Tutérus reste douze heures sur v iii«:t -quatre éloijrné de tout contact : cette circonstance prévient le développement de la fluxion sanguine que pourrait à la ri;;ueur déterminer le contact continuel du corps le plus doux.
U facilité de donner au pessaire à réservoir d*air un grand d^eloppemont après son introduction rend cet appareil complétenient efGcaco dans les cas de prolapsus les plus considérabh s, n^ne lorsque le col utérin a dépassé rorifice vulvain^ de plusieurs <^ntiinèlres.
M. Gariel termine son mémoire en mentionnant le cas si)écial où Tusago do la pelote sphérique exi^e l'addition d'un s^nd appareil : c'est celui où il y a dé( liirure de la cloi«on rocio-vaginale, en mémo temps qu'abaissement d'un des organes contenus dans le polit bassin. Dans ce cas, la pelote no ^vant plus de point d*appui naturel, il faut lui en créer un.
sO
Fip. 2^.
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Cette nécessité a donné lieu à l'intervention do la ceintura périnéale.
Cette ceinture est formée d'un plancher do caoutchouc vulcanisé e, remplaçant la cloison recto-vaginale détruite ; au milieu de ce plancher passe le tube destiné à l'insufllaiion de la pelotepessaire c : l'appareil s'attache en avant et en arrière -d une ceinture abdominale, à un bandage de corps ou même au corset de la malade, au moyen de tubes de caoutchouc vulcanisé (fig. 241, bbbh), C^s tubes forment sous-cuisses ; ils ne, se w\eiVV^wV \\mô\s
en corde comme les sous- cuisses ordinaires, et ne déterminent pas d'excoriations.
Une vaste échancrure, située au niveau du méat urinaire, permet d'opérer la miction, sans dérangement de l'appareil.
La pelote-pessaire ne doit être insufflée que lorsque l'appareil est fixé. '
Dans son intéressant mémoire, M. Gariel expose la cause de sa préférence pour la pelote sphérique ; il ajoute, en terminant, qu'il ne prétend pas imposer cette pelote, qu'il est telle circonstance où la forme de la pelote doit être laissée à rappréciation du médecin.