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DES INDICATIONS QUE DOIVENT REMPLIR LES PANSEMENTS ET LES BANDAGES

Nous avons dit, en commençant, que les pansements devaient remplir toujours quelques indications particulières ; mais il ne faut pas croire que le but d'un pansement remplisse toujours une seule indication. Loin de là; car, comme nous allons le voir tout à l'heure , les pansements sont souvent destinés à plusieurs usages, et, pour en donner un exemple, un pansement peut êlre à la fois compressif et contentif, à la fois contentif, préservatif et calmant, etc. D'autres, au contraire, ne remplissent qu'un seul usage : ainsi un pansement peut n'être simplement que compressif, lorsqu'il n'y a lieu d'appliquer autour d un membre, par exemple, qu'un bandage spiral destiné à le comprimer. Je vais successivement étudier chacune des indications particulières que présentent les pansements.

Parmi ces indications, les unes sont très-simples, communes à presque tous ; nous en avons d'ailleurs dit quelques mots au commencement de cet ouvrage, et c'est pour ne pas laisser de lacunes qu'il en sera question ici. Tels sont les pansements contentifs, qui doivent maintenir toutes les pièces d'appareil appliquées sur une partie malade , les pansements préservatifs, destinés à abriter les parties malades du contact de l'air froid ou chargé de miasmes, de l'action de la lumière dans les maladies

INDICATIONS DES PANSEMENTS ET BANDAGES. 381 des yeux, en un mot, de tous les agents extérieurs. Ce pansement est presque toujours associé au précédent.

Les pansements calmants, excitants, cicatrisants, présentent entre eux la pins grande analogie; ils no diffèrent que par la nature du topique appliqué sur la partie malade. Une plaie est-elle trop irriiée, cause-t-elle une douleur trop grande, une application émoUiente ou narcotique rendra le repos au malade, quelques gouttes de laudanum ajoutées au cérat suffiront souvent pour empêcher la plaie d'ôlre douloureuse. J.a plaie est-elle de mauvais aspect, la suppuration est-elle peu abondante, de mauvaise nature, un topique légèrement excitant lui rendra bientôt son aspect ordinaire ; le pus sera épais, crémeux, comme il convient, et le topique aura déterminé une inflammation que l'on pourrait appeler cicatrisante, car elle aura rendu la cicatrisation beaucoup plus facile. On arrive encore au même but au moyen de la cautérisation ou des caustiques. Nous décrirons plus tard, en parlant du pansement des plaies, des ulcères, etc., les différents moyens à Taide desquels ces maladies peuvent guérir.

Il arrive quelquefois que les plaies sécrètent du pus qui a contracté une mauvaise odeur. Les pansements qui onl pour but, soit de masquer cette odeur fétide, soit de la détruire, ou de modifier la surface de la plaie, de manière à changer Todeur du produit de la sécrétion, sont des pansements désinfectants. L'eau de Cologne, les essences, les huiles volatiles, masquent seulement les mauvaises odeurs ; les injections et les lotions d'eau chargée d'un peu de chlorure de soude ou de chaux, les fumigations chlorurées, non- seulement détruisent la mauvaise odeur, mais irritent légèrement la plaie, et changent la nature de la suppuration.

Les pansements détersifs sont ceux qui sont destinés à faire évacuer le pus ou tout autre liquide qui stagne dans des trajets fistuleux, dans des clapiers ou dans le fond des plaies. On remplit facilement ces différentes indications au moyen des injections de toute nature dans les trajets fistuleux, au moyen d'incisions faites à propos, celles qui sont désignées en particulier sous le nom de contre-ouvertures. Enfin la compression latérale sur un trajet fistuleux fera couler le pus qui stagne dans un clapier ; des mèches, des sétons placés dans ces trajets serviront de conducteur à la matière purulente, et favoriseront la sortie de ce liquide.

Si les pansements que nous venons d'examiner doivent leurs différentes propriétés aux différents topiques, ceux que nous

382 INDICATIONS DES PANSEMENTS ET BANDAGES, allons étudier maintenant doivent sartout la variété de leurs usages à la forme des bandages qui les composent.

Au commencement du chapitre des bandages, nous avons vu qu'ils pouvaient être classés d'après leurs usages ; mais nous avons préféré les étudier d'après leur forme. Nous allons ici développer les usages des bandages, en ayant soin toutefois de décrire les topiques qui quelquefois sont employés avec eux.

Quelques-uns sont trop simples pour qu'il doive ici en être question ; ce que nous en avons dit est suffisant. Nous m décrirons que les bandages et les pansements unissanl^, ou la réunion ; les bandages et les pansements divisifs, ou Vécarlement; les bandages et les pansements compressifs^ ou la com" pression. Les bandages expulsifs, répressifs, qui se rapprochent beaucoup de la compression, seront décrits dans le même chapitre, car ce n*est qu'au moyen de la compression que la répression et l'expuUion sont possibles. EnGn nous terminerons par les bandagts suspensifs^ ou la suspension,

ll. — he la i^anioD des plaies.

Les pansements unissants sont ceux qui doivent rapprocher ou maintenir rapprochées les parties divisées dont on veut obtenir la réunion. Quoique la compression latérale sur des trajets fistuleux, sur des foyers en suppuration, favorise le recollement des parties tout en faisant évacuer le pus, ce pansement ne doit pas être décrit parmi les pansements unissants. Il en est de même de l'appareil contentif des fractures, qui cependant se rapproche autant des pansements unissants que le précédent. Mais c'est surtout dans les plaies que nous devons étudier le pansement unissant.

Toutes les plaies ne doivent pas être réunies ; il en est même dont il faut favoriser l'écartement. C*est ce que nous allons voir dans le paragraphe suivant. Mais les plaies récentes, non contuses, qui ne renferment pas de corps étrangers entre leurs bords, doivent souvent être réunies. Nous décrirons plus tard, au pansement des plaies, quelles sont les indications qui nécessitent la réunion, quelles sont les différentes es[>èccs de réunion. Ici, nous nous bornerons à énumérer les moyens à l'aide desquels la réunion peut être obtenue. Ces moyens sont :

4^ La position^ procédé très-puissant qui consistée mettre les parties dans la position la plus favorable] pour que les bords des

DE L'ëCAUTEUEM. o83

solution!» de conliuuitc so louchent : ainsi la i)Oâilion llcL-hiu csL de rigueur dans les plaies lraA^ve^sules ; les membres, uu contraire, atToctés do plaies lon;j:iludinalcs doivent être tenus quelquefois dans Textension.

Tt^ La compresêion, qui. tout en rapprochant les borJs des solutions de continuité, s'oppose à la contraction musculaire, et par conséquent maintient les lèvres de la plaie réunies. La compression se fait, ou parallèlement aux deux bords de la plaie au moyen de compresses graduées, ou bien circulairemcnt. (Voyez, pour plus de détails, le paragraphe destine à la descriptiou de la compression.)

3<* Les agglulinatifs, qui maintiennent rapproches les deux bords des plaies.' Employés seuls, ils ne procurent (iu*un médiocre avantage, excepté dans les plaies supcriicielles, c'est-à dire dans celles qui n^ont pas entamé les tissus musculaires, surtout lorsqu'il n*y a pas de perte do substance (voy. Pansement des plaies), lis favorisent encore la réunion dans les ulcères, tant en rapprochant leurs bords qu'en exerçant par Templâlre qui les compost^ une action particulière sur la surface suppurante [voy. Pansement des ulcères),

4° Les bamtages employés pour la réunion des plaies sont des bandages invaginés, appelés, à cause de leurs usages, bandages unissants des plaies longitudinales, des plaies transversales. Nous avons vu comment on doit appli(|uer ces bandages.

5® Les sutures sont des moyens très-pui>sants pour obtenir la réunion des solutions de continuité ; nous les décrirons plus loin (voy. Pansement des plaies),

6<* Enfin plusieurs topiques favorisent la cicatrisation des plaies, soit en modifiant la surface suppurante, soit ondélruisanl lea excroissances qui empêchaient la réunion, tels sont la cautérisation, les topiques irritants, etc. Nous ne nous y arrêterons

S a. — De l'écartement.

S'il est des plaies qui doivcnl ùlro réunies, il en est d'autres dont la réunion doit être empêchée : c'est au moyen de pansements divisifs qu'on y arrive.

Les solutions de continuité dont la réunion ne doit pas avoir lieu sont : celles qui sont faites pour détruire des brides, des cicatrices dont la formation causait des difformités horribles à la vue, ou qui privaient le malade d'un membre; celles qu'on pra-

38/l INDICATIONS DES PANSEMENTS £r BAHDXGESi

tique sur les muscles ou les tendons, afin dû raidréfciiBepirtie sa forme normale ; celles qui sont faites pour évacwr qd Uqniih le pus, par exemple; enfm celles que Ton pratique àT<Ai&Draii, conduits naturelsrôtrécis, a6n de les élargir.

On conçoit parfaitement que dans ces cas la réunion ttLi mellement contre-indiquée, puisque le cbimrgien a fait dflsf tions de continuité pour écarter les tissus. Mais lès flstid^| tendraient à se rétrécir, lorsqu'elles doivent encore donner | sage à une certaine quantité de liquide, les plaies au foMl^ quelles existent des corps étrangers, ne doivent pas non [~ ' réunies. On sait que la peau a beaucoup plus de tend réunir que les parties sous-jacentes ; c'est pour cialai avoir soin de ne pas la laisser se cicatriser avant que tai | profondes se soient modifiées de manière à former la dcati qui doit toujours marcher de la partie profonde vers la ] superficielle. Enfin à la suite de larges solutions de ( avec perte de substance, dans les brûlures, les gangrènes i peau, les pansements divisifs sont de rigueur: car, si ToDli^ faisait point usage, on verrait bientôt la peau tirée en touti par le travail de la cicatrisation, former ces brides dont i avons déjà parlé au commencement de ce paragraphe; en< si on les détruit quelquefois, à plus forte raison doit-on lesf venir.

Lorsque les plaies sont peu étendues, à la suite d'ouv d'abcès, dans les fistules, des mèches, des tampons de < sont toujours suffisants pour empêcher la réunion; mail 1 moyens que Ton doit employer lorsqu'il existe des poMj substance doivent étro plus énergiques. Ce sont des ap composés de bandes, d'attelles disposées suivant les indii mais le plus souvent de manière à tenir les parties dans l'exIÉ sion: des bandages croisés qui, par leur disposition, soit à étendre les parties, soit à les fléchir en sens inverse d solution de continuité. Enfin il arrive fort souvent que cesn ne sont pas assez puissants ; c'est alors à des appareils ortb diques qu'il faut avoir recours.

g 3. — De la compression (1).

Dans le sens le plus général, la compression désigne < action ou une force qui presse une partie sur une antre. I

(1) Vi)ycz le Supplémeiil au Dictionnaire de.s ilifjtionnaii'ei d decincj art. Comprkssion.

effet, dans la plupart des cas, est de rosicrrcr les parties ; cependant, si elle est appliquée de dedans on dehors, dans un canal ou un organe creux, elle agit en éloignant les parois. Cette variété do la compression est la dilatation.

Toute espèce de pression détermine toujours une modification dans Texcrcicc des fonctions des organes, modification qui varie avec la durée, rétondue, TintenMté de la compression , et avec la nature, la ferme et la ()osition du tissu comprimé.

Si la compression est légère, de courte diiréo, bornée à une surface peu étendue, elle suspend momentanément la circulation capillaire; les tissus pâlissent, mais dès que Taction cesse, la coloration normale apparaît, le sang afflue même dans la partie avec plus d'abondance. La compression est- elle exercée à un même degré, mais pendant un temps plus long, elle fait nalire un sentiment de fatigue, d'engourdissement ; c'est ce qui arrive chaque jour Iorsqu*on reste longtemps dans la m(^mo position. Aussi ne doit-on pas chercher une autre cause à l'impossibilité de conserver longtemps la même altitude ; celte gêne se change bientôt en une douleur souvent très-vive : Tinflammation des tissus, leur gangrène, sont fréciucmment le résultat de cette compression trop longtemps prolongée à la suite d'un long séjour au lit, chez des individus amaigris par la maladie et chez lesquels existe souvent une cause prédisposant à ralléralion des tissus.

Appliquée sur les divers organes, la compression produit des phénomènes qui varient avec la nature de ces organes mêmes. Est-elle exercée sur des organes mobiles, elle les déplace, les resserre. C'est à la compression que Ton doit attribuer Tatrophie du poumon dans Thydrothorax. Est-elle exercée sur des organes plus résistants, sur les os, par exemple, elle les use, les perfore : les anévrysmes, les fongus de la dure-mère, en sont des exemples frappants. Appliquée sur les vaisseaux, elle y suspend le cours du sang, et détermine la gangrène, Tinfillration des membres, l'hydropisie; la compression exercée sur les nerfs donne lieu à des douleurs atroces, à la paralysie, etc.

L'existence et le développement de certaines tumeurs, soit dans les membres, soit dans les cavités splanchniques, l'hypertrophie de certains organes, sont causes d'accidents qui ne sauraient ôire attribués qu'à la compression exercée sur les vaisseaux et les viscères circoD voisins. L'accumulation des liquides dans certains canaux et certains réservoirs, ainsi que celle des matières stercorales dans Finlestin, tout en dilatant les cavités, exerce une pression sur les organes environnants, et entraîne avec elle les accidents d'une compression prolongée.

Nous ne nous arrêterons pas à décrire les phénomènes morbides qui accompagnent la compression. La compression que nous nous proposons de décrire dans cet article est la compression considérée comme agent thérapeu'ique ; elle détermine des phénomènes semblables à ceux que nous venons de passer en revue, depuis la gêne légère et momentanée jusqu a la destruction, la gangrène des tissus. Dans certaines circonstances, appliquée d'une manière peu méthodique, elle ne produit pas i effBt que Ton en attendait, elle détermine des lésions plus ou moins graves ; elle est cause, en un mot, d'une maladie que le chirurgien doit combattre, mais qu'avant tout il doit éviter. Aussi aurons-nous soin, en décrivant chaque mode de compression, après en avoir fait ressortir les avantages, d'en décrire les accidents et de faire connaître les moyens à Taide desquels le praticien pourra éviter de nouvelles lésions.

Nous allons passer en revue les divers modes de compression, les effets qu'ils produisent , et les indications qu'ils peuvent remplir.

A. Compression circulaire. — 4°Surwie surface étroite. — Cette espèce de compression s'emploie comme moyen compressif et comme moyen de section.

Employée comme moyen de section, elle n'est autre chose que la ligature. Nous examinerons plus loin la ligature sous le point de vue de l'hémostasie, mais la ligature a trouvé d'autres applications thérapeuiiques.

Si l'on élreint fortement une partie avec un fil métallique ou non, on peut ou la faire tomber après l'avoir privée de vie, ou la couper immédiatement. Il résulte delà que la ligature a deux . manières d'agir : dans l'une, la constriction ne fait qu'intercepter la circulation dans les tissus embrassés, et ce n'est qu'après y avoir déterminé la gangrène, qu'elle provoque leur chute'; dans l'autre, les parties sont divisées comme elles le seraient par un instrument médiocrement tranchant et qui n'agirait qu'en pressant ; le premier mode est désigné sous le nom de section lente^ le second sous celui de section instantanée.

a. Section lente. — Cette méthode d'ablation par ligature était à peu près la seule conseillée jusque dans ces derniers temps. L'instrument, on le conçoit, n'agit qu'avec une extrême lenteur, laisse adhérents aux tissus sains des tissus morbides qui ne tardent pas à tomber en gangrène, et incommodent le malade et ceux qui l'approchent, par une odeur extrêmement fé ide et qui parfois peut offrir des dangers. De plus, on est souvent obligé de laisser en place l'instrument, le serre-nœud dont on s'est servi pour

faire ropéraiion. Aussi cette méthode n'est appliquée que dans des cas tout à fait exceptionnels, alors que Ton veut détruire une tumeur située profondément, dans les fosses nasales, à la partie supérieure du pharynx, dans la cavité utérine, ou dans le pédicule de laquelle on soupçonne des vaisseaux volumineux, susceptibles de fournir un écoulement de sang considérable dont on no peut tarir la source qu'avec de grandes difficultés. On la conseille eu* cx)re lorsqu'il s'agit d'enlever une tumeur chez des sujets anémiques et auxquels la moindre perle do sang serait préjudiciable ; de plus certains sujets pusillanimes préfèrent la ligature à Tincisien. Enfin, quelques chirurgiens ont pensé que cotte méthode pourrait être favorable en permettant à la cicatrisation de se faire de la manière suivante. Chaque jour le fil , en pressant sur les tissus, les détruit, de sorte que Tanso devient d'abord moins large, puis moins serrée. Lestissu^iinsi sectionnés n'étant plus en contacCavec le corpsétranger se cicatrisent; il en résulte qu'au moment où la ligature vient à tomber, la cicatrisation qui s'est faite graduellement est complète. C'est en partant de ce principe que l'on a conseillé d'opérer les fistules à l'anus par la méthode de la ligature, que l'on a cherché à détruire les brides qui tiennent les doigts réunis. Des insuccès nombreux ont forcé de renoncer à cette méthode qui est aujourd'hui à peu près abandonnée et à laquelle on a substitué la section instantanée dont il n'était question autrefois que pour des tumeurs molles et d'un très-petit volume.

Cette ligature était pratiquée avec des fils de grosseur variée, de soie ou de chanvre, avec des cordes à boyau, enfin avec des fils métalliques d'argent, de platine, de fer ou de plomb ; quelquefois le fil était appliqué directement sur la base de la tumeur, mais le plua souvent il était conduit à l'aide d'un instrument désigné sous le nom de porte-fil, porte'îigature^ et serré au moyen d'un serre-nœud, le plus employé était le serre-nœud de Grâefe.

Lorsque la tumeur était volumineuse, on introduisait à sa base un fil double, on dirigeait chacun des bouts vers les points opposés de la tumeur, de manière à étreindre le pédicule entre deux anses. Quelquefois les anses étaient plus nombreuses et la tumeur était isolée à l'aide de trois ou quatre ligatures.

M. Â. Richard vient de proposer de nouveau l'emploi de la ligature, pour opérer la section lente des tumeurs présentant un pédicule plus ou moins considérable. Seulement aux fils usités jadis, il a substitué les fils de caoutchouc.

Cette ligature élastique, dont l'idée première appartient à M. le

388 INDICATIONS DES PANSEMENTS ET MNDAGES. profiisseur Trousseau, agit en comprimant d'une manière continue et incessante : l'anse du fil élastique revient toujours sur elie-môme, jusqu'à ce qu'elle tombe faute d'avoir des tissus à étreindre. Cette section complète présente un grand avantage et doit toujours faire employer les fils élastiques de préférence aux fils ordinaires.

En effet, dans les ligatures faites avec ces derniers, l'anse du fil, d'abord très-serrée, ne tarde pas à devenir plus lâche à mesure que le sillon de section se creuse , et il arrive un moment où le pédicule de la liumeur n'est plus qu'embrassé pir l'anse de la ligature, celle-ci ne revenant jamais complètement sur ellemême.

Tous ces inconvénients disparaissent avec la ligature élastique, la constriction est continue et la section complète, aussi la réparation des tissus est-elle presque faite lors de la chute de la tumeur.

Pour appliquer cette ligature, M. le docteur Richard embrasse le pédicule de la tumeur à enlever, par un nombre de tours de fil variant de deux à dix selon l'épai^^seur des tissus à sectionner.

b. Section instantanée, — Ainsi que nous l'avons dit, cette méthode est toute moderne, ce n'est que dans des cas extrêmement rares qu'elle était autrefois mise en usage, il était réservé à M. Chassaignac de la généraliser sous le nom d'écrasement linéaire.

M. Chassaignac pratique cette opération à l'aide d'un instrument spécial, facile à manœuvrer à la vérité, mais compliqué dans son mécanisme et qu'il désigne sous le nom û'écraseur linéaire ; il a pu à l'aide de son instrument enlever sans la moindre effusion de sang des tumeurs hémorrho!dales volumineuses , des tumeurs de la langue, il a pu pratiquer l'amputation de la langue, du testicule, extirper des polypes utérins, etc. (4). Entre les mains de M. Chassaignac la section instantanée des tissus était devenue une méthode toute nouvelle, elle n'a pas tardé à avoir des détracteurs et des adhérents plus ardents peutêtre que l'inventeur lui-même. Bientôt on s'est aperçu qu'il était difficile de couper une grande étendue et une grande épaisseur de téguments, on a vu aussi que l'écraseur pouvait être remplacé par un instrument moins compliqué, par un ancien serre-nœud légèrement modifié quant à sa forme , mais plus volumineux pourtant, plus solide ainsi que le conseille M. Maisonneuve. A

(1) Chassaignac^ Traité de Vécrfispmei^f linénire , in-18, figures. Paris, 4 856.

la chaîne de l'écraseur. susceptible de se briser, on a substitué des fils en tout semblables à ceux qui étaient en usa*:e lorsque Ton se servait des anciens «erre-nœuds, seulement on les a faits plus résistants. M. Maisonneuve emploie avec avantage des cordes formées par plusieurs fils de fer réunis : il obtient ainsi un lien assez solide pour faire la section de toutes les parties molles d^un membre dont il avait brisé les os à l'aide d'un appareil particulier.

Loin de nous l'idée de nous constituer le défenseur d'un semblable mode d*amputation, nous avons voulu seulement indiquer les effiBtsque Ton pourrait obtenir par la nouvelle méthode ; quoi qu'il en soit, que Ton emploie le serre-noBud de Graefe, celui de M. Charrière, Técraseur de M. Chassaignac, il est possible d*arriver toujours au même résultat. c*est-à-dire d'extirper des tumeurs sans effusion de sang et en laissant une plaie dont la cicatrisation se fait avec assez de rapidité. Cest donc à M. Chassatgnac que Ton doit rapporter tout le mérite de cette invention.

Noos n'insisterons pas davantage sur celte opération, que nous avons voulu faire connaître comme un des résultats que 1 on peut obtenir par la compression circulaire exercée sur une surface étroite. Encore un mot cependant : M. Chassaignac pense qu*il importe ao succès de Topera tion de couper les tissus par un mouvementalteniatif de gauche à droite et do droite à gauche, ce qu1l obtient facilement au moyen de Técraseur. Cest pour obtenir cet effet que M. Charrière a fabriqué un serre-nœud double qui opère la constriction alternativement de chaque côté, à Taide de deux vis de rappel qui tirent chacune sur les extrémités du lien.

La compression circulaire exercée sur une surface étroite et employée pour exercer une véritable compression trouve de nom* breoses applications dans la thérapeutique.

4* On suspend le cours du sang artériel et les hémorrhagies en appliquant une bande circulaire autour d*un membre, mais celle-ci devient bien plus efficace, lor8qu*une compresse graduée a été placée sur le trajet du vaisseau. Nous y reviendrons en décrivant la compression latérale.

2* Lorsque Ton veut pratiquer la saignée du bras, celle du pied, un lien circulaire placé au-dessous du point où l*on veut faire la section de la veine est indispensable, afin de distendre les vaisseaux par Taccumulation d'une certaine quantité de sang, et de forcer le sang à sortir par la plaie. Après Topéralion de la phlâ[)otomie, un bandage convenablement serré est encore nécessaire pour arrêter réconlement du sang.

3** Immédiatement après rinoculalion d'un virus ou d'un poison, on peut retirer des avantages de la compression circulaire pour empêcher l'absorption.

4° Elle réussit encore à prévenir et à arrêter les crampes ; elle s'oppose, dit-on, au développement d'un accès épileplique lorsque celui-ci est précédé d'un sentiment de froid , de tressaillement, de douleur dans un membre.

5° Un lien circulaire suffit dans quelques circonstances pour empêcher le pus de fuser entre les interstices celluleux des muscles.

6° Enfin, appliquée à l'extrémité des moignons, à la suite des amputations, elle s'oppose à la rétraction des parties molles.

Une bande, un lacs, sont suffisants pour faire cette espèce de compression ; si une constriction très-forte était nécessaire, il faudrait faire usage du garrot.

Lorsque le lien est médiocrement serré, ce mode de compression offre peu d'inconvénients : elle peut rester appliquée pendant un temps assez long. Il n'en est pas de même quand une constriction considérable est nécessaire ; un sentiment de torpeur, d'engourdissement dans toute la partie inférieure du membre comprimé, se fait remarquer aussitôt après lapplication du bandage ; le cours du sang, de la lymphe, est suspendu ; le membre se tuméfie, devient rouge, livide, se refroidit, et la gangrène ne tarderait pas à se produire si la compression était continuée pendant quelque temps. Nous ne conseillons la constriction violente d'une partie de membre que comme moyen provisoire.

Comme moyen préparatoire aux opérations, la compression circulaire n'est pas employée ; elle ne diminuerait que d'une manière bien imparfaite l'insensibilité des parties que l'on voudrait inciser: la découverte des agents anesthésiques l'a fait avec raison tomber dans l'oubli.

2* Compression circulaire sur une large surface» — Cette espèce de compression présente deux indications bien tranchées : 1** d«ins certains cas, elle a pour but de faciliter la circulation de la lymphe et du sang veineux, de diminuer le volume des parties œdématiées, de prévenir des engorgements œdémateux, de favoriser la résolution des liquides épanchés ; 2*^ elle maintient les parties dans leur position naturelle, rapproche les parties divisées, s'oppose aux contractions musculaires.

La compression circulaire a reçu de nombreuses applications en thérapeutique. Nous allons passer rapidement en revue les diverses affections contre lesquelles elle a été conseillée.

Depuis lès temps les plus anciens, les ulcères aloniqucs ont été combattus avec succès par la compression. Les ulcères variqueux ont aussi parfaitement ^uéri à Taido de ce moyen. II ne faudrait pas croire cependant que dans tous les cas la compression seule suffise pour faire dis^paraltro les ulcères ; mais ce moyen combiné avec une médication interne, lorsqu'elle est nécessaire, la cautérisation, le repos, la situation, peuvent apporter des changements notables dans la maladie. Si la compression seule ne guérit pas dans un certain nombre de cas, dans la plupart des circonstances elle est un auxiliaire puissant aux autres médications.

L*engorgement œdémateux des membres disparaît rapidement sous rinfluence d'une compression bien faite, mais celle-ci ne doit être appliquée que quand la cause de finnitration a cessé. En effet, il serait tout à fait inutile, il serait même dangereux d*appliquer un bandage compressif lorsque Tœdème coïncide avec une affection organique quelconque.

La compression rend chaque jour les plus grands services dans les cas de varices : ce n'est que dans des circonstances fort rares que Ton peut espérer la cure radicale de cette affection; mais du moins, .comme moyen palliatif, elle empêche Taugmentalion du volume des tumeurs variqueuses, soutient les veines, les empêche de se rompre, et fait disparaître chez les malades l'état de malaise et de gêne qui résulte de la dilatation de ces vaisseaux.

La compression a encore trouvé de nombreuses applications dans le traitement des brûlures un peu étendues, dans Térysipèle phlegmoueux, dans rinflammation du tissu cellulaire sous'Cutané des membres, dans celle du testicule, dans les phlegmasies articulaires, dans le renversement de Tintestin.

Dans les circonstances que nous venons d'indiquer, la corn* pression est modérée : elle ne s'oppose pas à la contraction des muscles ; dans certains cas même elle la favorise. Mais dans les fractures elle doit être plus énergique, car elle doit s'opposer aux contractions musculaires.

La consolidation dans les fractures ne peut être régulière, elle ne peut même être obtenue que par l'immobilité. L'état de contention permanente dans lequel se trouve placé le membre joue le plus grand rôle, à la vérité, dans le traitement des fractures; mais la compression ne laisse pas que d'avoir une grande importance : elle empêche les contractions musculaires qui pourraient déplacer les fragments, sinon suivant leur longueur, du moins suivant leur circonférence ; elle favorise l'absorption

392 INDICATIONS DES PANSEMENTS ET BANDAGES, des liquides épanchés autour du foyer de la fracture; elle s^oppose à Tengorgement œdémateux du membre après la consolidation des os ; enfin elle soutient le cal qui, après la levée de Tappareil, pourrait ne pas avoir une solidité suffisante.

La compression seule est employée dans le traitement des fractures des os courts et celle des os larges, tels que les côtes, le bassin.

Les moyens que Ton emploie pour obtenir cette espèce de compression sont extrêmement variés ; nous pouvons cependant les diviser en quatre catégories principales.

4° Bandes. — La partie est comprimée à l'aide d'un bandage spiral appliqué de bas en haut.

2° Bandelettes aggluïinalives, — Ce mode de compression est appliqué spécialement au traitement des ulcères et des plaies.

3° Bandages, — Ce sont des appareils à bandelettes séparées, tels que Tappareil de Scultet, le bandage à dix-huit chefs, etc. C*est dans cette catégorie que nous rangerons les bandages de corps appliqués pour combattre les fractures de la clavicule, celles des os du bassin.

4° Bas lacés. — De peau ou de coutil, ils sont fort souvent appliqués autour des membres variqueux ; les genouillères servent à comprimer le genou.

Les accidents que peut entraîner la compression circulaire exercée sur une surface étendue, sont assez nombreux et assez graves pour que le chirurgien doive mettre tous ses soins à les éviter.

Lorsque la compression est exercée pendant un temps trop long, le membre sur lequel elle est appliquée s*atrophie, diminue de volume. Ce résultat est un inconvénient de la médication, et nous Tavons rappelé afin que la compression ne soit pas portée au delà du temps nécessaire à la guérison de la maladie que Ton veut combattre.

La diminution graduelle de la partie comprimée nécessite une réapplication fréquente de Tappareil, car au bout de quelques jours le bandage ne remplit que très-imparfaitement l'usage auquel il est destiné.

La gangrène est souvent à redouter à la suite d'une compression trop forte ; le sang, en effet, ne circule qu'avec difficulté, n'arrive plus dans les capillaires, et la peau est frappée de sphacèle. D*un autre côté, la circulation du sang veineux et de la lymphe se trouvant ralentie au-dessous de la partie comprimée,

celle-ci s'engorge, s^œdématie et peut m^me être frappée do gangrène. Ces accidents sont fort graves, mais peuvent toujours tHre évités.

Lorsqu'on veut exercer la compression sur un des points d'un membre, il faut toujours comprimer le membre depuis son extrémité : c^est ainsi que pour la compression du bras on enveloppera les doigts, puis la main, ensuite Tavant-bras, enGn le bras ; c'est un précepte dont on ne doit jamais s'écarter lorsque la compression doit Hrc prolongée pendant quelque temps. Il faut éviter d'appliquer un appareil trop serré ; il ne faut même le serrer que médiocrement, lorsqu'on prévoit un gonflement inflammatoire. Dans ces cas l'appareil doit être surveillé avec le plus grand soin, car le gonflement des parties molles peut rendre id constriction trop forte, alors qu'on aurait cru appliquer un appareil même trop lâche. C'est surtout dans les fractures du bras que la gangrène esta redouter : car, outre un bandage spiral, le traitement de ces fractures nécessite lapplication de quatre attelles, dont Tune est placée en dedans dans la direction de Tartère humérale. Nous pensons que la compression de ce vaisseau n*est pas sans influence dans le développement de la gangrène.

Quand un appareil compressif doit être appliqué sur une •partie dont la peau est déjà malade; lorsque, par exemple, on y a fait mettre des sangsues, des ventouses sèches ou scarifiées, on doit le surveiller avec le plus grand soin, car la gangrène y est eucore plus à craindre que lorsque les parties sont saines.

Lorsqu'on applique un bandage compressif, il faut avoir soin qu'il n'y ait pas de plis ni d'ourlets qui, en comprimant certaines parties plus que d'autres, pourraient être cause d'accidents.

Pour éviter l'engorgement des parties inférieures, il faut toujours serrer plus fortement un bandage compressif à l'extrémité du membre et aller en diminuant vers la partie supérieure. Il faut encore, lorsque la constriction doit être portée très-loin, ne serrer que graduellement, c'est-à-dire réappliquer souvent l'appareil et chaque jour le serrer davantage; de cette manière les (issus s'accoutument à la compression et les accidents sont beaucoup moins à craindre.

Mais si la gangrène survient dans un appareil trop serré, on peut encore la rencontrer quand on abandonne trop tôt la compression. C'est à J. L. Petit qu'on doit cette observation. <• J'ai remarqué plusieurs fois dans les engorgements produits par des

bandages trop serrés que, quand on a laissé tout à conp la partie en pleine liberté sans rien opposer à son accroissement, l'endroit comprimé s'est gonflé considérablement, et que souvent la gangrène est survenue (1). •> Aussi, dit-il plus loin, et c'est dans les fractures qu'il a fait cette remarque : « Je me servais d'un appareil à bandelettes séparées ; mais loin de tenir le bandage lâche, je le serrais au contraire un peu plus que je ne l'aurais fait dans un autre cas ; je le relevais au contraire de trois heures en trois heures, plus ou moins, et chaque fois je le serrais moins ; de sorte que, ne l'ayant lâché au point convenable que par degrés, il n'est jamais survenu de gonflement excessif, et j'ai toujours eu la satisfaction de voir en peu de temps la fracture en état d'être bandée comme il convenait. »

Lorsqu'on juge nécessaire d'imbiber les linges et les bandes qui servent aux appareils contentifs de liqueurs résolutives, il faut se rappeler que les appareils se resserrent en séchant, et qu'une constriction qui paraissait convenable pourrait devenir trop forte.

B. Compreision latérale ou sur un point limité, — La compression latérale est celle qui agit uniquement sur des points du tronc ou d'un membre; souvent elle est combinée avec la compression circulaire : car dans certains cas cette dernière • est destinée à maintenir les pièces d'appareil destinées à la compression ; dans d'autres, un bandage spiral doit être appliqué depuis l'extrémité du membre afin d'en diminuer l'engorgement.

M. Jadioux (2) a rangé les cas qui réclament cette compression sous sept chefs :

4° Pour dilater certains organes ou certains conduits : dila-talion ,'

2° Pour diminuer légèrement la capacité d'une cavité et en soutenir les parois ;

3** Pour affaisser ou réunir les parois d'un foyer, d'un conduit ou d'un canal quelconque ;

4** Pour affaisser, atrophier des excroissances, ou même des organes;

5° Pour résister à la tendance qu'ont certains fluides à s'écou* 1er par leurs conduits excréteurs ;

(1) J. L. Petit, Œuvres chiruvgimffis.^ (Vlition Pigrné, 1 vol. in- 8, p. i32.

(2) Thpso. Pari», 1810, n^A.

6" Pour résister à la tendance de certains organes à sortir de leur cavité ;

7® Pour extraire ou déplacer certains corps étrangers ou organes.

Nous allbns examiner successivement chacun de ces diiïérents points auxquels nous ajouterons le suivant.

La compression que Ton exerce pour rapprocher les bords d'une solution de continuité d'une plaie en travers, ou d'une plaie kmgitudinale , ne doit être considérée que comme compression latérale, car la compression circulaire exercée dans ces circonsiances n'est qu'un moyen accessoire destiné à prévenir les' accidents d'une compression latérale, et à soutenir les agents compressifs.

I. De la compression considérée comme moyen de dilater cer^ tains organes ou certains comhtils. — Delà dilatation. — La dilataticm a pour but d'augmenter le calibre naturel d'un canal, d'une cavité ou d'une ouverture quelconque; de le rétablir lorsqu'il est diminué ou complètement effacé ; d entretenir le libre trajet do 'certaines fistules.

Lesoccasions d'employer la dilatation dans le but d'augmenter le calibre d'un des canau\ naturels sont assez rares : on ne dilate plus le canal inguinal qu'autrefois on n'osait inciser ; on ne dilate plus le canal de l'uièthre pour extraire les calculs vésicaux. Pour l'extraction de certains polypes de l'utérus, il est quelquefois nécessaire de dilater le vagin et le col utérin ; le vagin est encore dilaté par le spéculum pour l'examen on la cautérisation du col de l'utérus.

Il est à remarquer que dans ces circonstances ce sont des parties saines sur lesquelles on applique la dilatation, tandis que dans les cas que nous allons examiner, elle est exercée sur des parties malades.

Le rétrécissement et l'oblitération des canaux senties cas pour lesquels ta dilatation est le plus souvent employée.

Les moyens à l'aide desquels on obtient leur dilatation varient suivant les conduits qui sont affectés, leur genre de lésion et les procédés dont on fait usage. Quoi qu'il en soit, pour être utile la dilatation doit remplir les conditions suivantes : 4° les instruments ne doivent pas être introduits avec violence ; 2*" il faut éviter les déchirures, les fausses routes ; 3° il ne faut dilater le canal que dans le point affecté ; 4" un libro cours doit, autant que possible, être laissé aux matières qui traversent habituellemont le canal.

Les principaux agents do la dilatation sont :

(*' Les membrauen (Untendueii par des (jaz. I/idée du dilatateur est fort tincienne. Ducamp, daos son TraiU' des nUrécisfievienls de i'urèthrc^ p, 170, s'exprime ainsi : « Jeifai pas inventé le dilaialtiur. jo n*ai fait que le perfectioriEer et le rendre propre à l'usage auquel il est destiné. Je ne sais pas trop a qu fiiire honneur de IVidée preniicro de cet instrument; il ^e cotu^ pose d'une potito poche que 1 on introduit vide dans le lieu que Ton veut élargir et que Ton gonfle ensuîle avec de ïmr ou de l'eau, afin de distendre fortoment et de dilater les parti<?s sui lesquelles on agit. » En clTel, Periihe (///sfo/rt» de la chirurgie^ L Jl) ^arle d'un vétérinaire sreciiommù AbsyrLe, qui maintenaiCÎ en place la matrice rcnversco, à Faide d'une vessie de cochon. Desault parle de ctiiruriiicnsqui, jjour diblcr luréthre afin d'extraire les calculs de la vessie, introduisaient dans le canal u boyau de cliat vide et noué pur un bout, qne Ton remplissait en^ suile d air, alla de distendrtj et fP (agrandir le ciinal. Mais ce ûioye; a été surtout employé pour détruire Its rélrocissements é l uréthro. L'instrument d'Arnolt est trop volumineux et ne peut^ Ôlro introduit qu'à travers des rétrccisseuK^nls peu considérables, puisque lo boyau de chat est recouvert, d'un ruban de fil, et pour rendre rinstrumcnt plus glissant, il le recouvre avec yoj tecond morceau de boyau de chat, t'ormé de ces trois gaînej supei^joséeSi il ne peut pénétrer dans des rétréci ssetiien' étroits.

L'instrument de Ducam|> est applicable à un Irés-grand nombr de cas, car il réduit la principale pièce de Tappareil, le tube, une simplu membrane (|u il gonflait avec de Tair. Mais, ainsi qui le fait remarquer M. Costallat (I), la membrane se développer filans les parties saines situées au-dessus et au-dessous du ri récîssementj et acquerra le diamètre naturel à ces parties nvuri f exercer d'tietion sur le rétrécissement, et lorsqu'on augnientod la tension de la membrane pour agir sur lo rclrécissenien on agira en riR^rae tentps trune manière plus énergique si les parties saines, et l'on sera expose à des ruptures et à d hémotrhagies.

Mi%4ïriel a modibé d'une manière Tort ingénîpwsc 1 in^^irumenl de Ducamp. Son appareil se compose d'une sonde de caoutchoui ^■vulcanisé lorminée à son extrémité par unrenllemont. qui s'eflac omplétemont quand la sando n'est pas distendue^ de sorte qui

(1) £xmi sut* mt nouvettu mofie tk dikkîtion oppHtiuù miu rctréi

DL LA 1.'JMPKK:>SIUX. ;it»7

la sonde, |K>rl*'e sur un mjnJrin, peut tHro facileniont introluil «lans le canal ile ! urèlhre. ('eilt* s n lo so trouvo niunio à son oxtrémité d'ui robinet. | owrvu «1 un pis île vis iuiipiol saihiplo une p ifho do cùn'ilrIiou«' iviiipliL» iKair: rcîio [whi» p»rle lu num iViiisuffljtf'ur.

La sonde uréîhrj'e awc renlU^nenl esl deslinêe a la vomprestjion des tumeurs do la jïn'tsUilo et dt"S lon.irnsilcs du eol de la vessie, à îadd «lalion de^rolréris.seinj'nts du i\inal di» rurèihro.

Dans les deux eas, le renllenienl a un sié^o qui lui est propre.

Dans le premier (m>. lorsipu^ la son«le vided^air esl parvenue dans la vessie, on relire \o mandrin el Ton pro.luil, au moyeu do rinsufllaleur, un renllenienl qui so développo toujours el invariablement dans le [loinl préparé au moment de la l'ubriralion par une insufllalion préalable: on ferme le ro!>inet, et Pair no peut plus s^cch «pper. Rn exeri ant alors des mouvcmcn's de traction de dedans en dchor<;. on tend à engager dans le eol de In vessie le renilement qui prend une formi^ conique sous rinfluence de la traction, et (lélorminu rafVaissemenl par la compression des vaisso.nix en.:jor:zés, ou lo roroulement de la prostate. L'opération terunné*. on ouvre le robiiuM. l'air s'échappe, et la sonde, reprcn ml au niveau du renllemonl aaï diamètre primitif, est retirée aussi facilement qu'une sonde ordinaire.

La sonde à n^nflcment, api)1iqu '*e au Irailomenl dos rélrécissements de l'urèthro, ap:it d'uno aulro niiinièro.

Le siège du renflement doitôtro toul à Tait à l'exlré nité de lu sonde, que l'on inlrodnil jusqu'à c* qu'elle rencontre l'obslacle. L'insufflation, en produisant le renflement, dilate le Ciin.d immédiatement au-devant du rélréci<somoiit qui so irouve ainsi par< ticiper en partie à la dilalalion. La mr^no minKDuvre peut ùtre répétée plusieurs fois dans la métnc séance.

Nous ferons toutefois à l'instru nentdo M. Garlel le reprocJie que nou-^ avons fait à l'inslrumont d'ArnoIt, la sonde est trop Vdlumineuse ix)urétre engagée dans un rétrécissement un peu étroit; mais cet instrument peut rendre des scrviees beaucoup plus grands, quand le calibre de ror;rane dans lequel la son lee-l introduite est as^ez grand pour que 1 inlroduclion d'un tube d'uno dimension assez considérable s^oïl possible.

La sonde â renflement est surtout applicable a la diIal:ition des rétrécissements de l'œsapliagc, du rectum, du v.i^in, nU',.

Dans les rétrécissements du rortum en pirticulirM*, on p<;ui pour arrivera la dilatation du p/mt rélr6f:i, suisre un de- lU-.wx pro.'édésqui viennfjîit dèlre dé"rit=. ou mettre l'i renll'îni'id. au

398 INDICATIONS DES PANSEMENTS LT BANDAGES, niveau du point rétréci lui-môme, et obtenir une dilatation direcU*. M. Gariol donne à la sonde afTcctée à la dilatation du rectum le nom de suppositoire diUitateur.

2° Les corps solides susceplibles de se gonfler par l'humidité : telles sont la corde àboyau, la racine de gentiane. Cette substance a rinconvénient d'irriter les parties avec lesquelles elle est en contact. Enfin un des meilleurs moyens que l'on puisse employer, est V éponge préparée en petits cylindres de grosseur et d'étendue variables.

Les substances que nous venons d'examiner ont l'avantage do dilater lentement et d'une manière constante, tandis que celles que nous allons passer en revue agissent d'une manière brusque, l'effet est produit instantanément, et ces corps n'agissent plus quelque temps après leur introduction. Leur seul mode d'ac tion est d'empôcher les parois de revenir sur elles-mêmes, leur action, en un mot, est essentiellement passive. En efiet, lorsque ces corps ont séjourné pendant un certain temps dans un canal, celui-ci augmente de diamètre, ceux-ci deviennent plus ou moins libres, et l'on est obligé do les remplacer par d'autres plus volumineux : tels sont le clou de Scarpa, pour la dilatation du canal nasal ; les bougies métalliques ou emplastiques, pour le canal de l'urèlhre. Ces corps no remplissent pas la quatrième indication que nous avons posée, puisque les liquides ne peuvent traverser le canal : aussi, lorsqu'ils doivent rester à demeure, doit-on préférer, toutes choses égales d'ailleurs, les sondes aux bougies, qui remplissent exactement la même indication quant à la propriété d'écarter les parois de l'urèthre, mais qui permettent l'excrétion de l'urine.

Le séton formé de fils dont on augmente le nombre au fur et à mesure que le canal nasal s' élargit, a rendu et rend encore de grands services dans le traitement de la fistule lacrymale. Les mèches de charpie, dont on peut aussi augmenter la grosseur, sont très-fréquemment employées dans le pansement des fistules à l'anus opérées ; elles sont encore utiles lorsqu'on se propose d'entretenir lo trajet de certaines fistules; mais ces derniers moyens de dilatation, nous le répétons, sont peu énergiques : ils maintiennent les parties éloignées, ils pourraient plutôt être rangés dans cette espèce do pansement que Gerdy appelle pansement divisif, que dans la dilatation.

Dans la plupart des cas, lorsque l'on veut dilater un canal, on laisse le corps dilatant à demeure ; dans quelques circonstances, au contraire, celui-ci est retiré aussitôt qu'il a franchi l'obstaolo qu'il est destiné à vaincre : tel est, par exemple, le procédé de

DE hk COMPRESSION. 399

Beniquié, pour le traitement des rétrôoissenients du cunnl de Turèthre.

Enfin, on a réussi à guérir les fissures à fanus sans autre opération que la dilatation du spliincler.

Outre la compre>8ion quMls exercent de de<Ians on dehors, compression dont les effets sont identiques avec ceux que nous avons signalés au commencement do cet article, les corps dilatants causent dans les canaux où ils sont introduits une irritation plus ou moins vive, ils déterminent une sécrétion plus abondante des mucosités sécrétées à Pétat normal ; si leur action est prolongée pendant quelque temps, ii s'établit une légère irritation qui donne à cette sécrétion l'apparence du pus. (Quelquefois même TinQammation est tellement violente, que Ton est obligé de renoncer à la dilatation.

II. De la compression comme moyen dedimimuer les dimensions d'une cavité ou d^en soutenir les parois. — Â la suite de Toperation de la paracentèse, Mes parois de Tabdomen doivent être soutenues par un bandage de corps. Cette compression est dtstinée à s'opposer à la lipothymie, à Tcngor^Tniont trop rai)ide des vaisseaux qui no sont plus comprimés par le liquide ou les i>arois abdominales ; elle peut encore, einon prévenir la récidive do rhydropisie, du moins la retarder dans sa marche. Cette mémo compression est encore pratiquée à la suite de raccouchement, lorsque le ventre était très- volumineux [)endant la gestation, lorsque la femme a déjà eu plusieurs enfants, lorsque enfin le ventre est très-flasque et conserve après l'accouchement une grande capacité.

La compression sur la tumour dans Ihydrorachis, sur la tétc dans r hydrocéphalie, a été conseillée, mais n'a pas produit les résultats qu'on en attendait.

Enfin elle a été appliquée avec succès dans les hydroi)isies articulaires.

lll,*De la compression comme moyen d'affaisser ou de réunir les parois d'un conduit ou d'un canal, d'un foyer ou d*un kyste. — La compression est souvent appliquée sur les vaisseaux artériels et veineux ; nous avons déjà parlé de la ligature, nous avons parlé aussi de la compression circulaire appliquée au traitement des varices ; la compression latérale trouve aussi de nombreuses applications : c'est ainsi que les doigts d'un aide, le tourniquet. le garrot, arrêtent le cours du sang dans une artère pendant

MO INDICATIONS DES PANSEMENTS ET BANDAGES, la durée d'une opération, suspendent une hémorrhagie avant Tapplication de moyens hémostatiques définitifs. Dans quelques cas cette compression est employée d'une manière continue ou comme moyen hémostatique définitif, pour guérir un anévrysme ou une tumeur fongueuse sanguine. Ce mode de compression est souvent insuffisant comme moyen définitif : il n'agit avec un peu d'énergie que quand on peut avoir un point d'appui solide, un os par exemple; elle est d'autant plus sûre qu'il y a moins de parties molles entre les os et le vaisseau que l'on veut oblitérer.

Si la compression est exercée sur le vaisseau lui-même, on peut espérer une obhtération plus certaine et plus rapide. On l'exerce à l'aide de pinces à larges mors, de ligatures plates, de bourdonnets de charpie, etc. Enfin on obtient, par la compression pratiquée à l'aide de pinces d'une forme particulière que nous ne pouvons décrire dans cet ouvrage, la guérison des varices et surtout du varicocèle.

Dans certains cas d'incontinence d'urine, on a essayé la compression du canal de l'urèthro chez l'homme et chez la femme. On l'a encore appliquée sur le canal de Slénon, soit temporairement, soit définitivement, afin d'obtenir la guérison des fistules salivaires.

Lorsque de vastes foyers purulents ont été ouverts, on peut hâter l'évacuation du pus à l'aide d'une pression méthodique sur les parois du foyer. La compression serait un peu plus énergique dans le cas où le foyer est tellement disposé que le pus séjourne dans sa cavité. Ce mode de pansement est à plus forte raison indiqué, quand le pus croupit dans le fond des clapiers, qu'il prend une odeur fétide et détermine des accidents.

On obtiendra l'expulsion du pus en appliquant sur les points d'où on voudra le faire sortir des compresses épaisses, des compresses graduées, des boulettes de charpie, que l'on maintiendra à l'aide d'un bandage circulaire.

Ce même mode de traitement est aussi employé pour les ulcères fistuleux ou sinueux ; il peut encore aider au recollement de la peau, quand celle-ci a été séparée par la suppuration des parties qu'elle recouvre. Enfin dans certains cas de fistules à l'anus, on a obtenu la guérison à l'aide de mèches introduites dans le rectum. On comprendra facilement le mécanisme de ce mode de guérison, si l'on réfléchit que dans ces circonstances le chirurgien a pour but do rapprocher la paroi rectale de la paroi pariétale du foyer.

Les kystes dont triomphe plus facilement la compression sont ceux que Ton observe sur le dos de la main et au poignet, dans

1)E LA COMPRESSION. /lOl

le voisinage des tendons extenseurs : une comprossion violente brise ces kystes, une compression plus douce favori?c la reso-

lution du liquide et empêche la reproduction du ganglion. On peut employer dans ce but l'appareil représenté fig. 242.

IV. De la compression comme moyen de réunion des plaies, — Los bandages unissant des plaies longitudinales et des plaies en travers sont souvent employés pour rapprocher les lèvres des solutions de continuité. Ces appareils agissent en exerçant une certaine pression sur les téguments ; cette compression est exercée obliquement à la surface des parties molles, de manière à faire glisser en sens opposé les parties divisées. Quoique dans la plupart des cas un bandage circulaire soit nécessaire pour éviter l'engorgement des tissus au-dessous des parties divisées, nous avons rangé ici ce mode de pansement, car la compression circulaire n'est qu'un moyen auxiliaire destiné à prévenir des accidents; la compression réellement thérapeutique est exercée sur un point en général peu étendu et limité à la partie sur laquelle on l'applique.

Les fractures de certains os courts de Tolécrâne, du calcanéum, nécessitent le même modo de traitement que les plaies en travers.

Lorsque les téguments peuvent être facilement déplacés en sens contraire, lorsque la plaie est d'une petite étendue, la réunion peut être obtenue à l'aide des bandelettes agglutinatives. Dans ces circonstances il est le plus souvent inutile d'appliquer un bandage spiral ; cependant celui ci devient nécessaire lorsque les bandages compriment un peu fortement toute la circx)nférence d'un membre.

602 INDICATIONS DES PANSEMENTS Et BANDAGES.

Les sutures ne sont également qu'une compression beaucoup plus limitée, mais employée lorsque la plaie est profonde, lorsque la contraction des muscles sous- cutanés écarte trop fortement les bords de la plaie. La salure est aussi très-souvent pratiquée pour des plaies dans les régions où les bandages unissants et les bandelettes agglutinatives s'appliquent mal et sont facilement dérangés.

Nous ne décrirons pas les diverses espèces de bandages ni lés sutures, nous renvoyons aux articles qui traitent spécialement de ces moyens chirurgicaux. "

V. De la compression comme moyen d'affaisser^ d'atrophier des excroissances et même des organes. — C'est à l'aide de la compression que Ton a proposé d'alrophier la glande parotide dans les fistules salivaires. On a encore essayé d'affaisser certains polypes mous des fosses nasales à l'aide du tamponnement.

Dans la réduction du paraphimosis il faut toujours, pour faciliter le recouvrement du gland, l'affaisser plus ou moins. Celte pression doit être exercée latéralement de manière à allonger le gland, et non d'avant en arrière, car on l'élargirait davantage et l'on mettrait obstacle au glissement du prépuce.

La compression sur l'éperon qui existe entre les deux bouts du canal intestinal, dans les anus contre nature, a pu, dans beaucoup de cas, suffire pour la guérison.

. Les engorgements œdémateux qui attaquent le prépuce, et qui coïncident souvent avec le phimosis, sont puissamment combattus parla compression.

Enfin on exerce la compression sur des parties malades, comme les cancers, les tumeurs érectiles, dans le but, soit d'alrophier ces organes, soit d'y ralentir la circulation. 11 serait impossible de donner les règles applicables à tous les cas où la compression doit êlre pratiquée ; cependant il est des principes généraux dont il ne faut pas s'écarter. Ainsi, il faut toujours prendre un point d'appui solide et comprimer la tumeur dans tous les sens.

VI. De la compression comme moyen de résister à V écoulement de certains /ÎM/rftf«. *— Nous avons indiqué dans les paragraphes précédents les moyens à l'aide desquels on peut arrêter les hémorrhagies ; il est encore quelques cas cependant qui nécessitent une compression particulière. Ainsi, lorsque, par exemple, l'artère divisée est dans un canal osseux, comme l'artère nourrieière du *ibia, une des artères alvéolaires, etc., on peut empêcher l'écou-

OË LA COitfPIlESSlOxN. ^03

lemonl du sang à Taide d'un peu de cire ramollie que Ton inlroduit dans le canal ossebx ou dans Talvéolo. Le même moyen a été conseillé lorsque Tarière principale d'un membre a éié ossifiée : dans ces cas, on place un petit morceau de cire dans Tin* térieur de Tartère.

Lorsque Tépanchement se fait dans une cavité, on peut encore obtenir la cessation de Thémorrhagie en bouchant hermétiquement h s orifices par lesquels le sang peut s'écouler au dehors : c*est ainsi que Ton peut arrêter les hémorrhagies nasales à Taide du tamponnement. On arrête, par un moyen analogue, les hémorrhagies utérines et celles que Ton observe à la suite des opérations qui se pratiquent sur le rectum.

La nature fait quelquerois elle-même cette compression. C'est aiDsi que dans les cas d'épanchemonts sanguins dans la poitrine, le sang épanché se coagule, comprime Fouverture des vaisseaux qui Font laissé écliapper, et arrête de cette manière récoulement d'une nouvelle quantité de liquide.

Enfin, on exerce encore la compression sur lorifice des vais-^ seaux coupés transversalement; mais cette méthode est peu efficace et ne peut triompher que d'hémorrhagies produites par l'ouverture de petits vaisseaux. On se sert pour faire cette compression de petits morceaux d'agaric, de bourdonne! s de charpie saupoudrés de gomme arabique, de colophane.

On peut encore, à l'aide de la compression latérale, guérir certaines fistules : les fistules salivaires, les fistules stercorales, etc. Dans les premières, la compression peut être exercée ou sur la parotide, ou sur le canal deSténoa. Dans les secondes, ou bien on exerce la compression sur Torifico de la fistule» ou bien sur l'éperon formé par Tadossement des deux parois mésentériques de l'in testin .

VU. De la compression comme moyen de rési$ier à la tendance de quelques organes à sortir de leur cavité, — La compression est fort souvent employée : \° pour prévenir les hernies; 2° pour les réduire ; 3° pourjes maintenir réduites ; 4** pour les guérir radicalement.

i^ Chez les enfants qui crient beaucoup et qui ont l'anneau ombilical un peu dilaté, il est prudent d'empêcher l'intestin de s'engager dans cet anneau à l'aide d'un petit bandage dont on peut continuer l'usage pendant plusieurs mois.

A la suite des plaies des téguments de l'abdomen, on voit survenir des éventrations ; à la suite d'une distension considérable des parois abdominales, après l'accouchement ou l'évacua-

lion du liquide d'une hydropisie, on peut observer des hernies de la ligne blanche : aussi est-il prudent de soutenir les parois abdominales à l'aide d'un bandage de corps ou de tout autre bandage convenable. ,

g*" Lorsque la hernie existe, si l'intestin sort de la cavité abdominale, elle détermine des accidents qu'on ne saurait trop se hâter de faire disparaître en faisant la réduction de la hernie. Dans la plupart des cas, la hernie se réduit d'elle-même ; la position horizontale, quelques pressions exercées sur la tumeur par le malade lui-même, suffisent pour faire rentrer l'intestin dans la cavité abdominale. Mais lorsque la hernie est engouée, lorsqu'elle est étranglée, celle complication nécessite des manœuvres particulières que nous avons décrites sous le nom de taxis.

3' Pour maintenir les hernies réduites, on fait surtout usage des bandages herniaires ou broyer s. Ceux-ci ont une forme particulière pour chaque espèce de hernie : ils doivent, en effet, comprimer dans la direction du déplacement.

Il est assez rare qu'on ait l'occasion d'employer d'autres bandages que les bandages élastiques. Nous devons cependant mentionner le spica de l'aine dont on fait usage pour maintenir quelques hernies, alors que l'état des téguments est tel, que ceux-ci ne peuvent supporter la pression d'une pelote poussée par un ressort.

4° C'est à l'aide des brayers que Ton peut espérer de guérir radicalement les hernies par la compression ; dans ces circonstances, l'application du bandage doit être continuée pendant longtemps sans interruption.

La masse encéphalique peut s'échapper par les écartements qui existent quelquefois entre les os du crâne des enfants nouveau-nés, ou par une ouverture accidentelle faite aux parois do cette cavité après l'opération du trépan. On peut, à l'aide de plaques métalliques ou de cuir bouilli, prévenir lo déplacement, et s'il s'est opéré, on peut réduire peu à peu la tumeur à l'aide de très-douces pressions.

Dans la chute du rectum, on réduit l'intestin par la pression, et on le maintient en place à l'aide d'un tampon ou d'un pessaire d'ivoire soutenu par un bandage, ou de la ceinture périnéale de M. Gariel ; c'est également à l'aido d'un pessaire que l'on maintient en place la matrice dans les cas d'antéversion , de rétroversion ou de chute de l'utérus. On peut les remplacer par le tamponnement du vagin ou une éponge fine soutenue par un bandage approprié.

VIII. De laconipresiion comme moyen dedt'placer ei de redresser Certains organes ou d'extraire certains corps étrangers, ^ L*action des appareils orthopédiques sur les déviations des membres et du tronc n*est souvent qu'une compression. Celle-ci a été employée avec succès dan s plusieurs cas de dépression du thorax avec saillie du sternum ; elle fut exercée d'avant en arriire à l'aide d'un bandage analogue aux bandages herniaire>, mais à pelotes larges et plates.

C'est encore à la compression que le chirurgien a recours quand il fait une opération de cataracte. Opère-t-il par abaissement, il exerce une pression sur le cristallin. Opère-t-il par extraction, il comprime légèrement le globe do l'œil pour faire sortir le cristallin par la plaie de la cornée.

£n6n, à l'aide de la pression, on peut faire sortir des calculs engagés dans le canal do l'urèthre, on peut encore extraire des corps étrangers placés superficiellement.

On peut voir, par l'énuméralion rapide que nous venons de faire, combien sont nombreuses les applications do la compression ; combien il existe d'instruments et d'appareils destinés à exercer une pression sur nos tissus ; on en trouvera décrits un grand nombre dans les divers articles de cet ouvrage. Si, dans quelques cas, nous sommes, ici, entré dans plus de détails, c'est que ces appareils ou instruments étaient moins connus ou n'avaient pas trouvé place dans d'autres articles

Nous sommes loin d'avoir énuméré toutes les atfections qui nécessitent une compression. Nous avons omis les unes, parce que l'analogie qu'elles offrent avec d'autres maladies nous aurait exposé à des répétitions inutiles; les autres, parce que la compression n'est pas exercée d'une manière aussi directe : le massage, les efforts que l'on fait pour obtenir le redressement des ankyloses angulaires, des cals difformes, etc.

Nous terminerons cet article par la description d'un mode de

Fig. 243.

cx»mpres8ion fort ingénieux imaginé par M. le docteur Gariel ; le désigne sous le nom de compression rémittente,

Son appareil se compose : 4** d'une genouillère, ou d'un brassard de caoutchouc vulcanisé qui entoure le membre au niveau du point où Ton veut exercer la compression : cette genouillère peut d'ailleurs être remplacée par quelques tours de bande appliqués circulairement autour du point à comprimer ; 2* d'une pelote de caoutchouc vulcanisé, de forme ou de dimension que Ton peut faire varier avec les indications. Cette pelote est munie d*un robinet.

Voici comment s'exprime M. le docteur Gariel sur Tapplication de son procédé :

« Je place sur la tumeur la pelote vide d'air, et je la recouvre de quelques tours de bande assez serrés pour donner lieu à une compression efficace, assez lâches pour ne pas provoquer de douleur. Telle est la compression normale, habituelle, que doit supporter le malade. Maintenant, une, deux, trois fois, quatre fois ou plus par jour, j'augmente cette compression autant et aussi peu que je le veux, en introduisant de l'air extérieur dans la pelote. Cette introduction d'air peut se faire avec la bouche lorêqu*elle ne doit pas être considérable; 'mais, ordinairement, elle est mieux faite au moyen d'un insufûateur ; l'air est maintenu dans la pelote par un petit robinet qui s'adapte au robinet de l'insufQateur. pendant tout le temps que le malade peut supporter cette exagération de compression. Lorsqu'il survient de l'engourdissement ou de la douleur, on fait cesser immédiatement et à volonté ces accidents, en donnant issue à l'air contenu dans la pelote, et sans qu'il soit nécessaire de défaire le bandage. »

9 4. — De la saspenslon.

La suspension est destinée à soutenir les organes qui, par leur augmentation de volume ou de poids à la suite des inflammations ou des dégénérescences, fatiguent le malade en exerçant des tiraillements extrêmement pénibles. La suspension sert encore à soutenir des hernies trop volumineuses, qui ne peuvent être réduites, etc.

La suspension se fait au moyen de bandages suspensifs, de bandages croisés, etc., mais surtout au moyen de petites bourses que nous avons déjà désignées sous le nom de suspensoirs. Lorsqu'il existe des déplacements trop considérables, dans les éventrations par exemple, lorsque le poids de l'utérus est tropfatigant pour une femme en teinte, une serviette ou une ceinture lacée sont les moyens suspensifs qui doivent être emplayés; des cor-

sets bien fails et peu serrés sont souvent mis en usage pour soutenir les seins engorgés. Enfin, on se sert des pessairos pour soutenir la matrice qui tombe par son propre poids, ou pour la maintenir en place dans les antéversions et les rétroversions de r^et organe.

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