‹ Manuel de petite chirurgieChapitre 88 sur 152 · PANSEMENTS RARES. U · texte numérisé non relu

PANSEMENTS RARES. U

douce tempéralore il le décompose, le rend infect, et certeBles pansegients rares ne sont pas favorables dans ce cas, car ils laissent en contact avec les pièces d'appareil du pus qui est altéré par le contact de Tair. A la vérité on peut, jusqa*à un certain point, invoquer la non-accessibililé de l'air à cause des bandelettes de diachylon qui recouvrent comme d'une cuirasse la solution de continuité. Dans ces circonstances l'avantage du pansement rare sera incontestable. Mais une partie de ces avantages cesse, si Ton réfléchit qu'on a exagéré l'action do Tair sur les plaies d'une petite étendue, et si l'on a soin, dans les larges plaies, dans les brûlures très étendues par exemple, de ne découvrir la plaie qu'incomplètement, et de terminer le pansement d'une partie avant d'en découvrir une autre.

Quant au repos, à l'immobilité, personne ne songe à contester cet avantage du pansement rare; mais n'est-il pas possible de faire un pansement sans faire éprouver aux parties un ébranlement préjudicable? Dans la plupart des cas il est possible d'arriver à ce résultat à l'aide d'appareils convenablement disposés.

Mais, nous le répétons, dans le pansement rare, la surveillance n'est plus possible, ou du moins est trop imparfaite pour que nous ne préférions renouveler le pansement dans le plus grand nombre des cas.

« Si le pansement est rare, le repos et la chaleur seront favorables au travail d'adhés'on; s'il est fréquent, les mouvements qu'on imprime pour ôter et remettre les pièces d'appareil pourront troubler ce travail. D'un autre côté, le pansement rare ne permet pas de combattre l'inflammation, si elle est trop intense; de relâcher les moyens protecteurs et unissants, si le gonflement est devenu considérable.

» En présence de deux indications contradictoires, repos et surveillance, que faut -il faire? Rien d'absolu. Si la plaie est petite ou peu profonde, et que par suite l'adhésion soit probable, si le malade ne souffre pas, il vaut mieux ne rien toucher ; si, au contraire, la plaie est étendue, profonde, composée d'éléments multiples; si cette adhésion imniédiate que l'on cherche a peu de chances de s'opérer, et que l'inflammation suppurative soit plus probable, toutes conditions qui se présentent, surtout à la suite des grandes opérations, il vaut mieux renouveler le pansement extérieur le lendemain et le surlendemain (1). »

(1) Gossclin, Des pansements rares, thèse de concours pour une cliairc (le clinique chirnrjîicalo. Paris, 1851, p. 29.

Kn résumé, nous croyons que le pansement rare |yeQl Mr utilo dans les plaies peu graves dont on no cherche pas la réunion jmmc'iiuto. dans colles qui suppurent peu abondamment, quand, d*ap:ès la naiure du mal, dans les ulcères parexenptef on ne croit pus avoir besoin d'une surveillance active, etsurloit (luand on no cruint pas do complications. Mais nous ne saonool l'adopter dans la réunion immédiate, à cause de la constrictîOB que Ton fait subir aux parties, conslriction nécessaire àlaiéinion; dans les plaies qui suppurent abondamment, danscelta ({ui exhalent uno mauvaise odeur, et lorsqu'on a lieu de craimkl des accidents .

Mais si nous nous montrons peu'partisan des pansements rani^ nous proscrivons aussi les pansements trop fréquents; cem-ci, \ en clVct, irritent les plaies, en déchirent la surface et lesboid^ s'op|>osent à la formation des cicatrices, ne permettent pas m médicaments d'agir convenablement, et fatiguent le malade ci^ Tarrachant au calme et au repos.

Los pansements ix)urraient à la rigueur être faits à heure du jour; mais lo plus ordinairement ils ont lien le m on procure ainsi aux malades une journée plus calme. Ilvai peut- être micu& panser les malados le soir, car souvent la gêH qu ils éprouvent, lorsqu'ils ne sont pas pansés, les emp^bc' dormir : c'est au chirurgien à déterminer lui-même à qofli heure il devra renouveler les pansements ; il est impossible dï blir de règles à co sujet. Si un pansement ne devait être vclé qu'une fois dans les vingt-quatre heures, si le malade i pouvait dormir, le pansement ne devrait pas être fait lo soir; ai,! contraire, lo malade n'éprouvait aucune gêne, T heure da paa** mont serait à peu près indifférente. Lorsque les pansements dé vent être renouvelés deux fois dans le mémo jour, ils doi«^ être faits le matin et le soir, environ à douze heures d'interni ï'un do l'autre.

Après avoir exi)Osé co qui a trait aux pansements tels (\^f les pratique liabiluellemcnt, nous croyons devoir reproduira l'opinion de M. Sédillot sur les pansements des plaies à la w». des amputations. j

Dans un article sur les moyens d'assurer la réussite rfei fl«»F talions des membres (1), M. Sédillot s'exprime ainsi *.

a Les pansements sont une des grandes causes delà mortaliV des amputés, par les graves accidents auxtiuels ils donnent liei Le moignon est étranglé par un appareil inextensible, les bori

'I. AnnnJcs tir Ihi'rninnitiiim', t. VI. p. 238, niin«v ÎR^S.

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de la plaie le sont par les bandelettes et les sutures. Los liquides, sang, sérosité et pus, retenus dans la plaie,, compriment les chairs, font obstacle à la circulatio:i, amènent Tocdème, le gonflement, rinflammation, des érysipèles, des foyers purulents, la fonte ulcéreuse des tissus, des phlébites, Térosion des veines, la pyohémie, la carie et la nécrose de l'os, etc. Que louslos chirurgiens fassent appel à leurs souvenirs, et qu'ils se demandent s'il» n'ont pas vu, à la levée du premier appareil, la peau œdomatiée, couverte de phlyctènes dans l'inlervalle des bandelettes agglutinatives, frappée de rougeur érysipclateuso, un pus sanieux et féiide s'écouler de l'intérieur du moignon, et tous les malades exprimer un soulagement marqué après le pansement.

» Qui n'a été témoin de ces plaies en apparence réunies presque en totalité, et qu'il fallait agrandir pour faciliter l'écouloment du pus rassemblé au-dessus d'un pertuis fisluloux en largo foyer? Combien d'abcès et de fusées purulentes ont compromis des guérisons ! que de caries et de nécroses qui retardent indéfiniment la cure! Ce sont là des faits très-fréquents, faciles à constater dans tous les services hospitaliers, et Ton ne s étonne plus de trouver des praticiens disposés à multiplier les pansements, pour préserver leurs malades do si redoutables chances. Sans doute, je crois plus avantageux de lever le premier appareil au bout de vingt-quatre heures, et de s'assurer de l'état du moignon, que d'attendre quatre ou cinq jours dans une ignorance complète des conditions de la plaie ; mais les pansements en eux-mêmes sont fatigants, douloureux, exposent aux refroidissements et par suite au tétanos; ils exigent un temps très-long et doivent être confiés à des aides dont l'expérience n'égale pas le zèle. Une hémorrhagie no peut être immédiatement reconnue : le membre amputé est trop ou trop peu comprimé, les bandes se relâchent, les chairs ne sont plus suffisamment soutenues, les muscles se rétractent; et, malgré la perfection de la manœuvre opératoire, l'os fait saillie, s'altère, et la vie du malade reste compromise.

» Un bandage bien fait est un faible palliatif des inconvénients que nous venons de signaler, et le remède doit être plus énergique et plus complet. Dès que les pansements fréquents ou retardés aggravent les dangers des malades, la question est tranchée : il faut les supprimer. Supprimer les pansements peut sembler incompréhensible aux praticiens nourris dans le respect du plumasseau et de la bande, et c'est cependant une réforme que nous avons adoptée, et à laquelle nous attribuons nos succès.

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» Mais comment alors prévenir la rétraction des chairs, la conicité du moignon, et obtenir la cicatrisation de la plaie? Par un moyen très-simple et très-facile. Les pansements n'ont pour but que de maintenir mécaniquement en contact les bords de la ])laio. Si ces derniers restent spontanément affrontés, les pansements deviennent donc inutiles, et tel est le but que nous proposons en abandonnant l'opération circulaire, et en recourant à la méthode d*un seul lambeau antérieur, comprenant les deux tiers de la circonférence du membre. Le dernier tiers est coupé perpendiculairement au niveau des angles du lambeau ; on dénude Tos plus ou moins haut, selon les indications, et lo lambeau, retombant naturellement sur la plaie par son propre poids, la recouvre et la ferme sans l'indispensable secours d*un appareil de pansement.

0 Un linge plié en double, et de deux travers do doigt de largeur, trompé dans le digestif, est appliqué sur l'os de manière à constituer un canal central pour l'écoulement des liquides. Deux épingles à suture cousent et maintiennent les angles du lambeau jU8qu*du moment où l'induration inûammatoire s'en est emparée, et l'on peut espérer une réunion immédiate latérale sans rétention du pus, puisque l'extraction du linge central laisse, au bout de trois ou quatre jours, une cavité verticale dans laquelle le sang, la sérosité et lopus ne sauraient s accumuler. Ld moigoon reste à nu, exposé aux regards du chirurgien, et les moindres accidents sont sur-le-champ aperçus et soumis à un traitement convenable. Si l'on veut recourir au froid ou à la chaleur, la plaie reste toujours accessible, et serait à volonté couverte de gliceou do coton. Les fomentations so font avec des pièces do molleton de laine taillées carrément, et les lotions, embrocations, frictions, injections, etc., sont faciles. Le pus répandu surlo drap d'alèze no ccmlracte pas d'odeur, et dans le cas où le memhro serait agité do soubresauts, on Tassujetlirait avec un mouchoir ou toute antre pièce de linge, dont les extrémités seraient fixées au lit ou au coté du cerceau destiné à supp rlcr lo poids des couvertures. Nous avons la précaution d'abattre l'angle des diaphyses osseuses, pour empêcher la trop grande irritation des tissus en contact, et l'interposition d'un linge pondant les premiers jours nous paraît concourir à ce résultat. La saillie de l'os devient dès lors impossible, à moins do perforation dans toute l'épaisseur du lambeau, co qui n'arrive pas quand on a ou le soin de couper l'os assez haut. Nous avons principalement en vue, en adoptant cette méthode, de prévenir la rétention des liquides dans la plaie : tel est. on ne saurait trop le redire, le

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